Tempêtes, neige, vagues et érosion côtière à Hawaii // Storms, snow, waves and coastal erosion in Hawaii

Les événements extrêmes se sont multipliés à travers le monde au cours des derniers mois. Ce qui se passe actuellement à Hawaii est un bon exemple des conséquences du changement climatique.
Hawaii connaît en ce moment une période de très mauvais temps, avec une puissante tempête hivernale susceptible de produire une accumulation de neige et de glace sur l’Haleakala à Maui, ainsi que sur le Mauna Loa et le Mauna Kea à Big Island. En plus de la neige, les services météorologiques prévoient des conditions très venteuses et des températures exceptionnellement basses. Le National Weather Service a publié un bulletin d’alerte hivernal avec risque d’épisodes de neige, de grésil ou de pluie verglaçante qui poseront des problèmes de déplacement. Les gens doivent s’attendre à des routes glissantes, une visibilité réduite et faire preuve de prudence au volant.
Dans le même temps, la division hawaïenne en charge des State Parks a annoncé que, pour la toute première fois dans l’histoire d’Hawaii, la neige est tombée dans un parc national le samedi 9 février 2019. Le parc national de Polipoli à Maui est recouvert de neige qui n’était jamais tombée à une aussi basse altitude (1860 m) à Polipoli.
Le personnel du Department of Land and Natural Resources (DLNR) évalue les impacts de la tempête hivernale qui s’abat sur Hawaii. Sur la rive nord de l’île d’Oahu, l’érosion côtière et les inondations provoquées par les vagues inquiètent les autorités et la population. L’ampleur de la perte de sable sur les plages exposées au nord n’est pas encore connue mais elle est considérable. Les météorologues avaient raison avec leurs prévisions. Ils avaient prévu un événement sans précédent, avec une combinaison rare, voire jamais observée, de vagues énormes associées à des vents violents. Comme je l’ai déjà écrit, c’est pendant les tempêtes que l’on peut constater les effets du changement climatique sur les océans et l’érosion qu’il provoque sur le littoral.
Le DLNR est particulièrement préoccupé par les effets des vagues sur le littoral dont l’érosion menace les fondations de certaines maisons de la côte nord, déjà victimes d’événements semblables par le passé. La tempête a entraîné la fermeture de nombreux parcs d’État. De nombreux campeurs ont dû partir et plusieurs routes ont été fermées.
À Lahaina (Maui), des bateaux ont rompu leurs amarres et sont allés s’écraser sur des rochers. Des toilettes portables ont également été emportées.
Les équipes sur le terrain évalueront les dégâts causés aux parcs d’État, aux forêts et aux sentiers avant leur réouverture au public.

Source: Presse hawaiienne. .

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Extreme events have been multiplying around the world during the past months. What is currently happening in Hawaii is a good example of the consequences of climate change.

There is a period of very bad weather in Hawaii with a powerful winter storm likely to produce accumulating snow and ice over the Haleakala and Big Island Summits. In addition to snow and ice accumulations, very windy conditions and unusually cold temperatures are expected. The National Weather Service has issued a Winter Weather Advisory which means that periods of snow, sleet or freezing rain will cause travel difficulties. People should be prepared for slippery roads and limited visibilities and use caution while driving.

Meantime, the Hawaiian Division of State Parks reports that for perhaps the first time ever, snow fell in a Hawai‘i State Park on Saturday, February 9th, 2019. Polipoli State Park on Maui is blanketed with snow. It could also be the lowest elevation snow ever recorded in the state. Polipoli is 1860 metres above sea level.

Personnel from numerous DLNR Divisions continue monitoring the impacts of the major winter storm bearing down on Hawaii. On Oahu’s north shore, there is particular concern about coastal erosion and wave inundation. The conditions are impressive and extremely dangerous. The extent of sand loss on north-facing beaches is not known yet but is considerable. Weather forecasters were right with their predictions. They predicted an unprecedented event, with a rare, if ever seen, combination of record high on-shore waves, coupled with gale force winds. As I put it before, it is during the storms that we can see the effects of climate change on the oceans and the erosion it causes on the coastline.

DLNR is particularly concerned about the possible impacts of wave inundation and shoreline retreat undercutting the foundations of some north shore homes, already under siege from previous coastal events. The storm has forced the closure of numerous state parks across the state. Many campers had to leave and several roads were closed.

There are reports in Lahaina (Maui) of boats breaking free from their moorings and ending up on rocks. Portable toilets were also blown away.

Field crews will be assessing damage to state parks, forests, and trails, prior to reopening them.

Source: Hawaiian newspapers.

Neige sur le Mauna Loa (Photos: C. Grandpey)

La fonte des glaciers himalayens et ses dangers // The melting of Himalayan glaciers and its dangers

Dans mon dernier livre «Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique», j’attire l’attention sur le risque de la fonte des glaciers de l’Himalaya et les dangers pour les populations. J’aurai également l’occasion d’aborder ce sujet au cours de la conférence que je proposerai demain 8 février à 18h30 à la Médiathèque de Verneuil sur Vienne.

Selon une étude menée par l’International Centre for Integrated Moutain Development – Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) – et publiée début février, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya, le «troisième pôle glaciaire» du monde, pourraient fondre d’ici 2100 si les émissions mondiales ne sont pas réduites. L’étude est le résultat de cinq années de travail par 350 chercheurs et experts. Les scientifiques y expliquent que même si l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris consistant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C est atteint, un tiers des glaciers disparaîtront.
La région montagneuse de Hindou-Kouch-Himalaya (HKH), qui s’étire sur plus de 3 500 kilomètres de l’Afghanistan à la Birmanie, comprend des glaciers qui constituent une source d’approvisionnement en eau essentielle pour quelque 250 millions de personnes dans les montagnes ainsi que pour 1,65 milliard d’autres dans les vallées fluviales en aval. .
Les glaciers alimentent 10 des réseaux hydrographiques les plus importants du monde, notamment le Gange, l’Indus, le Fleuve Jaune, le Mékong et l’Irrawaddy, et approvisionnent directement ou indirectement des milliards de personnes en nourriture, en énergie et en revenus.
Les effets de la fonte des glaciers sur les populations vont de l’aggravation de la pollution de l’air aux phénomènes météorologiques extrêmes, tandis que la baisse des débits des rivières d’avant la mousson déstabilise les systèmes d’approvisionnement en eau urbains ainsi que la production alimentaire et énergétique. Selon l’ICIMOD, «le réchauffement climatique est en passe de transformer en un peu moins d’un siècle les sommets recouverts de glace de huit pays en rochers nus».
L’objectif central de l’Accord de Paris de 2015 était de maintenir au cours de ce siècle la hausse globale de température bien au-dessous de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius.
En décembre, les participants à la COP24 en Pologne se sont mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord, avec engagement à limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de deux degrés Celsius. Toutefois, les principaux pollueurs, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, ont contesté un rapport scientifique publié en octobre dans lequel il était demandé aux pays de réduire de moitié l’utilisation de combustibles fossiles en un peu plus d’une décennie.
La nouvelle étude de l’ICIMOD indique que même si l’objectif de 1,5°C est atteint, cela signifiera une augmentation de 2,1°C dans la région de l’Himalaya. Si les émissions ne sont pas réduites, la hausse sera de cinq degrés. Les glaciers de l’Himalaya, formés il y a environ 70 millions d’années, sont extrêmement sensibles aux variations de température. Depuis les années 1970, ils ont perdu de l’épaisseur et ont reculé, et les zones recouvertes de neige ont diminué. Comme je l’explique dans mon livre, la zone d’accumulation des glaciers des Alpes et de l’Himalaya est à peu près identique, autour de 3000 mètres d’altitude, mais les glaciers des Alpes disparaîtront plus tôt car les sommets les plus hauts ne dépassent guère 4 000 mètres, alors qu’ils dépassent souvent plus de 7 000 mètres dans l’Himalaya.
En même temps que les glaciers reculent, des centaines de lacs glaciaires risquent de rompre les fragiles moraines qui les retiennent et déclencher des inondations. Les données satellitaires montrent que le nombre de lacs de ce type dans la région est passé de 3 350 en 1990 à 4 260 en 10 ans.
La pollution atmosphérique provenant des plaines de l’Indus et du Gange – l’une des régions les plus polluées au monde – dépose également du carbone noir et de la poussière sur les glaciers, ce qui accélère leur fonte et modifie la circulation de la mousson.
Selon les estimations du rapport, la région aura besoin de 4,6 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour s’adapter au changement climatique, et cette somme pourrait atteindre 7,8 milliards de dollars par an d’ici 2050.
Source: ICIMOD.

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In my new book “Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique”, I draw attention to the risk of glacier melting in the Himalayas and the dangers to the populations.

According to a study led by the International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD) and published in early February, two-thirds of Himalayan glaciers, the world’s ‘Third Pole’, could melt by 2100 if global emissions are not reduced. The study is the result of five years of work by 350 researchers and experts. The scientists explain that even if the most ambitious Paris Agreement goal of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius is achieved, one-third of the glaciers will go.

Stretching over 3 500 kilometres from Afghanistan to Burma, the mountainous region of Hindu-Kush-Himalaya (HKH) includes glaciers that are a critical water source for some 250 million people in the mountains as well as to 1.65 billion others in the river valleys below.

The glaciers feed 10 of the world’s most important river systems, including the Ganges, Indus, Yellow, Mekong and Irrawaddy, and directly or indirectly supply billions of people with food, energy, clean air and income.

Impacts on people from their melting will range from worsened air pollution to more extreme weather, while lower pre-monsoon river flows will throw urban water systems and food and energy production off-kilter. According to ICIMOD, “global warming is on track to turn the frigid, glacier-covered mountain peaks across eight countries into bare rocks in a little less than a century.”

The 2015 Paris Agreement’s central aim was to keep a global temperature rise this century well below two degrees Celsius above pre-industrial levels and to pursue efforts to limit the temperature increase even further to 1.5 degrees Celsius.

In December, world leaders COP24 in Poland agreed on a common rule book to implement the accord, in which countries committed to limiting global temperature rises to well below two degrees Celsius. However, major polluters, including the United States and Saudi Arabia, disputed a landmark scientific report released in October that suggested nations must slash fossil fuel use by nearly half in a little over a decade.

The new ICIMOD study says that even if the 1.5-degrees target is achieved, it would mean a rise of 2.1 degrees in the Himalayas region. If emissions are not reduced, the rise would be five degrees. The Himalayan glaciers, formed some 70 million years ago, are highly sensitive to changing temperatures. Since the 1970s, they have thinned and retreated, and areas covered by snow and snowfall have decreased. As I explain in my book, the accumulation zone for glaciers in the Alps and the Himalayas is roughly the same, about 3000 metres a.s.l., but glaciers in the Alps will disappear sooner because the highest peaks are only about 4,000 metres high whereas in the Himalayas they are often more than 7,000 metres high

As the glaciers shrink, hundreds of dangerous glacial lakes maintained by fragile moraines can burst and unleash floods. Satellite data shows that numbers of such lakes in the region grew to 4,260 in a decade from 3,350 in 1990.

Air pollution from the Indo-Gangetic Plains – one of the world’s most polluted regions – also deposits black carbon and dust on the glaciers, hastening melting and changing monsoon circulation.

The region would require up to $4.6 billion per year by 2030 to adapt to climate change, rising to as much as $7.8 billion per year by 2050, according to an estimate in the report.

Source : International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD).

Carte reconstituée montrant l’Hindou Kouch – au premier plan – et le Pamir (Source : NASA)

 

Température globale sur Terre : Janvier 2019 encore au-dessus de la normale // Global Earth temperature : January 2019 still above normal

Selon les premières estimations d’institutions américaines comme le National Center for Environmental Prediction (NCEP) et le National Center for Atmospheric Research (NCAR)  (celles de la NASA arriveront vers la mi février), le mois de janvier 2019 a été le 4ème plus chaud des archives de ces deux organismes. La température globale de la planète se situe à +0,34°C au-dessus de la moyenne 1981-2010 L’anomalie thermique se situe donc dans la lignée des derniers mois de l’année 2018. Elle est en très légère baisse par rapport à décembre 2018 et au même niveau que novembre dernier.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, l’événement de ce début 2019 est le réchauffement stratosphérique soudain qui a provoqué l’éclatement du vortex polaire. L’un des lobes est descendu jusqu’aux Etats-Unis (Midwest et Nord-est), avec comme conséquence une vague de froid intense. Le réchauffement stratosphérique soudain peut perturber les températures des moyennes latitudes sur près de deux mois. Dans le même temps, les régions arctiques comme l’Alaska ont connu des températures au-dessus de la normale, à tel point que la fonte de la neige et de la glace a perturbé les courses de chiens de traîneau.

Dans l’hémisphère sud, l’Australie a connu une vague de chaleur exceptionnelle. Le mois de janvier 2019 a été dans ce pays le plus chaud jamais enregistré, tous mois confondus, avec une température moyenne de 30,8°C. La barre des 30°C a été dépassée pour la première fois depuis le début de l’ère instrumentale. Le précédent record datait de janvier 2013 avec 29,8°C. A Borrona Downs, dans l’Etat de New South Wales, une température de 36,6°C a été relevée au plus « froid » lors d’une nuit de ce mois de janvier 2019. C’est la température minimale la plus élevée jamais observée en Australie. Port Augusta, dans le sud, a connu une pointe à 49,5°C.

Les observations récentes et les modèles climatiques suggèrent que le risque immédiat d’El Niño est moins grand que ne le prévoyaient les modèles il y a quelques semaines. Les conditions sont considérées comme neutres actuellement. Les températures à la surface et sous la surface de la mer du Pacifique tropical restent plus chaudes que la moyenne, mais depuis fin 2018, elles sont passées à des valeurs neutres.

En retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle), l’anomalie thermique est de +1,12°C en janvier 2019, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Source : global-climat.

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According to early estimates from US institutions such as the National Center for Environmental Prediction (NCEP) and the National Center for Atmospheric Research (NCAR) (NASA’s will arrive in mid-February), January 2019 was the 4th warmest month in the archives of these two institutions. The global temperature of the planet is + 0.34°C above the 1981-2010 average. The thermal anomaly is therefore in the line of the last months of the year 2018. It is very slightly down compared to December 2018 and at the same level as last November.
As I put it in a previous post, the main event of early 2019 is the sudden stratospheric warming that caused the split of the polar vortex. One of the lobes descended toward the United States (Midwest and Northeast), resulting in an intense cold wave. The sudden stratospheric warming can disrupt mid-latitude temperatures for almost two months. At the same time, Arctic regions such as Alaska experienced temperatures above normal, so much so that melting snow and ice disrupted sled dog racing.
In the southern hemisphere, Australia has experienced an exceptional heat wave. January 2019 was the hottest ever recorded in the country, all months combined, with an average temperature of 30.8°C. The 30°C bar was exceeded for the first time since the beginning of the instrumental era. The previous record was January 2013 with 29.8°C. At Borrona Downs, in New South Wales, a temperature of 36.6°C was recorded during the coldest night of January 2019. This is the highest minimum temperature ever seen in Australia. Port Augusta, in the south, peaked at 49.5°C.
Recent observations and climate models suggest that the immediate risk of El Niño is less than predicted by models a few weeks ago. Conditions are considered neutral at this time. The surface and subsurface temperatures of the tropical Pacific Ocean remain warmer than average, but since the end of 2018 they have moved to neutral values.
Based on 1880-1899 (representative of the pre-industrial period), the thermal anomaly is + 1.12°C in January 2019, which is below the most ambitious objective of COP 21 (+1.5°C).
Source: global-climat.
Anomalies thermiques à la surface de la Terre pour le mois de janvier 2019. (Source : NCEP-NCAR)

Réchauffement climatique et cycle de l’eau // Climate change and water cycle

Les climatologues ont prévenu que l’un des principaux effets du changement climatique serait la perturbation du cycle de l’eau. La vie quotidienne et les activités humaines étant déterminées par les systèmes hydrologiques, il est important de comprendre l’impact du changement climatique sur l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement, la production alimentaire et énergétique.
La relation entre eau, énergie, agriculture et climat est aussi importante que complexe. Le changement climatique risque de déséquilibrer l’équilibre relativement stable dans lequel notre civilisation s’est construite et de compromettre la sécurité des systèmes d’approvisionnement en eau, d’alimentation et d’énergie. Au fil du temps, les effets du réchauffement planétaire provoqué par les gaz à effet de serre générés par l’homme sont devenus se plus en plus évidents. En 2017, les gaz tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) ont atteint des niveaux record. La concentration de dioxyde de carbone a atteint aujourd’hui une moyenne de plus de 410 parties par million à l’échelle de la planète, ce qui est le plus haut niveau jamais enregistré.
Alors que la température moyenne de la Terre continue d’augmenter, nous pouvons nous attendre à un impact significatif du changement climatique sur les ressources en eau et à des effets dévastateurs. Le réchauffement climatique perturbe le cycle de l’eau et les précipitations. Selon des scientifiques du GIEC, les risques de sécheresse et de précipitations extrêmes sont de plus en plus importants. Avec des températures moyennes plus élevées et un air plus chaud pouvant contenir plus d’eau, il est possible que de longues périodes sèches se mêlent à des épisodes de précipitations brèves mais importantes, avec risque d’inondations, et le changement climatique est susceptible d’exacerber ces événements.

Des recherches récentes ont lié certains événements de précipitations extrêmes au changement climatique. C’est ainsi que plusieurs études ont conclu que le changement climatique créait des conditions favorables à des excès de précipitations qui ont entraîné plusieurs inondations dévastatrices. Ce fut le cas lors de l’ouragan Florence en Caroline du Nord en 2018 et l’ouragan Harvey dans le sud-est du Texas en 2017.
Les montagnes sont le point de départ de nombreuses rivières et autres sources d’eau douce. Au total, les eaux de fonte et les eaux de ruissellement en provenance des montagnes fournissent plus de 50% des ressources en eau douce de la planète. Cependant, à mesure que la température augmente, les glaciers et le manteau neigeux fondent à une vitesse sans précédent. De nombreux glaciers reculent et certains risquent de disparaître au 21ème siècle. En conséquence, les zones qui dépendaient des glaciers pour leur approvisionnement en eau douce devront chercher d’autres sources.
La capacité de stockage de l’eau en montagne sera rendue encore plus compliquée si la hausse des températures remplace les précipitations sous forme de neige par celles sous forme de pluie. Bien que plus de pluie que de neige puisse sembler un avantage, cela risque de signifier une disponibilité réduite de l’eau. Comme l’eau de pluie s’écoule plus vite que la neige en train de fondre, il est possible que les niveaux d’humidité du sol et de recharge des nappes souterraines soient affectés et réduits. Les régions dont l’eau de fonte est la principale source d’alimentation en eau douce pourraient être confrontées à des pénuries, en particulier vers la fin de l’été.
Il existe de nombreuses autres relations entre le changement climatique et l’eau. Par exemple, le changement climatique a réchauffé la surface des océans et entraîné une prolifération d’algues indésirables. C’est ce qui s’est passé récemment avec les sargasses dans les Caraïbes (voir mes notes à ce sujet). Ces événements peuvent nuire à l’économie et à la santé humaine, mais aussi entraver le tourisme et la pêche.

En Inde, où vivent 1,3 milliard d’habitants, près de la moitié de la population fait face à une crise de l’eau. Plus de 20 villes du pays, comme New Delhi ou Bangalore, auront épuisé leurs nappes phréatiques d’ici deux ans. Cela signifie qu’une centaine de millions de personnes devront vivre sans eau issue de puits. Dans le Pendjab, l’un des principaux greniers agricoles de l’Inde, les paysans se plaignent du niveau des nappes phréatiques, qui a baissé de 12, 18 ou 30 mètres en une seule génération. L’eau accumulée sur des milliers d’années depuis la dernière ère glaciaire est pompée pour les besoins de l’agriculture industrielle, pour la révolution verte. Le gouvernement envisage de construire de nouveaux et importants barrages (l’Inde en compte déjà 5 000) et dévier des cours d’eau vers les régions asséchées. En attendant, le changement climatique donne lieu à des précipitations de plus en plus irrégulières durant la mousson, vitale pour les populations, alors que la demande en eau douce ne cesse d’augmenter avec les 16 millions de citoyens indiens supplémentaires chaque année.

Tous ces facteurs et exemples montrent que l’eau deviendra un élément clé dans le monde au cours des années à venir. Le manque d’eau dans certains pays entraînera inévitablement des migrations de population et même des conflits. Si nos gouvernements ne font aucun effort pour prendre des mesures visant à réduire les gaz à effet de serre et le réchauffement de la planète, ils seront confrontés à de très graves problèmes.

Source : Presse et organismes internationaux.

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Climate scientists have warned that one of the primary effects of climate change would be the disruption of the water cycle. Since everyday life and human activities aredetermined by hydrological systems, it is important to understand the impact that climate change will have on drinking water supplies, sanitation, food and energy production.

The relationship between water, energy, agriculture and climate is as important as it is complex. Climate change has the potential to tip out of balance the relatively stable climate in which civilization has been built and jeopardize the security of water, food and energy systems. Over time, the effects of global warming due to human-generated greenhouse gases in the atmosphere have become more evident. In 2017, major gases, like carbon dioxide (CO2), methane (CH4) and nitrous oxide (N2O) hit record levels. The year’s carbon dioxide concentration reached a global average of 410 parts per million, which was the highest ever recorded.

As the earth’s average temperature continues to rise, we can expect a significant impact on water resources with the potential for devastating effects on these resources. Climate change disrupts the water cycle and precipitation. According to scientists from the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), there is increasing probability for more intense droughts and precipitation events. With higher average temperatures and warmer air that can hold more water, a pattern might emerge of lengthy dry spells interspersed with brief but heavy precipitation and possible flooding. Climate change can exacerbate these events.

Recent research has tied certain extreme precipitation events to climate change. Several studies concluded that climate change created conditions that made torrential rainfall more likely, leading to several recent devastating flooding events, for example, Hurricane Florence in North Carolina in 2018 and Hurricane Harvey in southeastern Texas in 2017.

Mountains are critical headwaters to numerous rivers and other freshwater sources. In all, mountain meltwater and runoff provide more than 50 percent of the world’s freshwater. Yet as global temperatures elevate, mountain glaciers and snowpack are melting at an unprecedented rate. Many mountain glaciers are in retreat, and some are in danger of disappearing within the 21st century. Thus, areas that previously depended on glaciers for freshwater will then have to seek other sources.

Further complicating mountain water storage capability is the greater likelihood that warmer temperatures make precipitation fall as rain rather than snow. Although more rain than snow may seem like a plus, it could mean reduced water availability. Because rain flows faster than melting snow, levels of soil moisture and groundwater recharge may be reduced. Areas that rely on meltwater as their primary freshwater source could increasingly experience water shortages, especially towards the end of summer, and will have to seek other sources.

Numerous other relationships between climate change and water exist. For instance, climate change has warmed up water bodies and caused harmful algal blooms to become greater problem in rivers, lakes and oceans around the world. This is what recently happened with sargassum in the Caribbean.  These events can hurt the economy and human health, hampering tourism and shutting down fisheries and shellfish harvesting.

In a recent article, the National Geographic gave the example of the water crisis in India, home to 1.3 billion people. Nearly half of the population is facing a water crisis. More than 20 cities in the country, such as New Delhi or Bangalore, will have depleted their water tables within two years. This means that a hundred million people will have to live without water from wells. In Punjab, one of India’s largest agricultural granaries, peasants complain about groundwater levels, which have dropped 12, 18 or 30 metres in a single generation. Water accumulated over thousands of years since the last ice age is pumped for the needs of industrial agriculture, for the green revolution. The government plans to build new and large dams (India already has 5,000) and divert rivers to dry areas. In the meantime, climate change is giving rise to increasingly erratic rainfall during the monsoon season, which is vital for the population, while demand for freshwater continues to grow with an additional 16 million Indian citizens each year.

All these factors and examples show that water will become a key element in the world in future years. The lack of water in some countries will inevitably trigger population migrations and even wars. If our governments make no efforts to take measures to reduce greenhouse gases and global warming, they will be confronted with very serious problems.

Source: International press and institutions.

L’eau, d’origine glaciaire ou autre, représentera un atout majeur dans les prochaines décennies (Photo: C. Grandpey)