Coup de chaud sur l’Islande // Warm weather in Iceland

La situation me rappelle celle de Tintin dans L’Etoile Mystérieuse lorsque la glace au large de l’Islande a fondu après la chute de l’aérolithe. Aujourd’hui, comme dans le dixième volume des Aventures de Tintin, le temps est exceptionnellement doux en Islande, mais c’est le réchauffement climatique qui est responsable de la situation. Comme l’avait prévu le Met Office, les températures ont atteint environ une quinzaine de degrés au-dessus de zéro le 10 janvier 2019, en particulier dans l’est du pays. Encore plus surprenant, il n’y a pas la moindre plaque de glace sur la route N°1 qui relie Reykjavik à Akureyri. Un météorologue a fait remarquer que «la route le long de la côte verse Thórshöfn est facilement praticable jusqu’à Vopnafjörður et qu’il n’y a même pas de neige ou de glace à Fjarðarheiði, connu pour être une route de montagne très difficilement praticable en hiver. Même la route entre Ísafjörður et Patreksfjörður est aussi sèche que pendant l’été.» Cependant, les personnes qui souhaitent voyager doivent savoir que le temps peut être très changeant et il est conseillé de vérifier l’état des routes avant de partir.
Source: Iceland Review.

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The situation reminds me of Tintin in The Shooting Star when the ice off Iceland melted away after the fall of a meteorite. Today, like in the tenth volume of The Adventures of Tintin, the weather is abnormally warm in Iceland but global warming is responsible for the situation. As predicted by the Met Office, temperatures in Iceland reached about 15°C on January 10th, 2019, especially in the eastern part of the country. Even more surprising, there is not one spot of ice on the Number One road from Reykjavik to Akureyri. A meteorologist points out that “the road along to coast to Þórshöfn is easily passable to Vopnafjörður and there is not even snow or ice on Fjarðarheiði which is known to be a very difficult mountain road to pass in winter. Even the road between Ísafjörður and Patreksfjörður is like on a summer day.” However people intending to travel are warned that the weather can be very changeable and are advised to check road conditions before leaving.

Source: Iceland Review.

Un de mes albums préférés…

La glace de mer antarctique au plus bas // Antarctic sea ice at its lowest

Dans un article publié le 3 janvier 2019, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre national de données sur la neige et la glace, nous informe que le 1er janvier 2019 la glace de mer en Antarctique couvrait une superficie de 5,47 millions de kilomètres carrés, la plus faible étendue enregistrée à ce jour en 40 années de données satellitaires. Cette superficie est inférieure de 30 000 kilomètres carrés au précédent record établi le 1er janvier 2017, et inférieure de 1,88 million de kilomètres carrés à la moyenne de 1981 à 2010. La surface de glace de mer a diminué de 253 000 km2 par jour en décembre, bien plus rapidement que la moyenne de 214 000 km2 pour les mois de décembre de 1981 à 2010. La vitesse de perte de glace en Antarctique pour décembre 2018 est la plus rapide depuis que les données satellitaires existent.
Le 26 décembre 2018, l’étendue de glace de mer en Antarctique est tombée en dessous du niveau le plus bas établi en 2016 pour cette date, et a continué de se situer en dessous de toutes les autres années. Ce changement de comportement de la banquise, qui a débuté au printemps austral de 2016, contredit les affirmations précédentes selon lesquelles la glace de mer antarctique connaissait une expansion lente, bien que très variable. La fonte rapide de la glace en décembre 2018 et début janvier 2019 a mis à l’air libre de vastes zones de l’Océan Austral qui sont généralement recouvertes de glace à cette époque de l’année. Au début du mois de décembre 2018, une importante bande de glace encerclait la majeure partie du continent antarctique, même si des zones d’eaux libres avaient commencé à apparaître le long de la côte près de la Barrière d’Amery et dans la banquise à l’est de la Mer de Weddell. Bien qu’elles fussent couvertes de glace au début du mois de décembre, les concentrations étaient assez faibles dans l’est de la Mer de Weddell, l’est de la Mer de Ross et la région nord (de part et d’autre) de la Barrière d’Amery. La glace a totalement disparu de ces zones depuis cette époque. De nombreuses autres zones à faible concentration de glace demeurent, notamment dans le nord-est de la Mer de Weddell et le nord de la Mer de Ross. On s’attend à ce que la glace disparaisse rapidement dans ces secteurs.
Il reste six à huit semaines avant que se termine la saison de fonte de la glace en Antarctique et il est impossible de dire si de nouveaux records de perte de glace seront battus. Bien qu’il soit trop tôt pour déterminer les causes du déclin rapide de la glace en décembre et des records enregistrés récemment, il est probable que des conditions atmosphériques inhabituelles et la température de surface de la mer anormalement élevée – facteurs qui ont expliqué les records précédents de 2016 et 2017 – soient responsables de cette situation. Malheureusement, la source habituelle de données atmosphériques dont dispose habituellement le NSIDC n’est pas accessible en ce moment en raison du « shutdown » qui paralyse les administrations américaines. .
Source: NSIDC.

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In an article released on January 3rd, 2019, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) informs us that on January 1st; 2019, Antarctic sea ice extent stood at 5.47 million square kilometres, the lowest extent on this date in the 40-year satellite record. This value is 30,000 square kilometres below the previous record low for January 1st, set in 2017, and 1.88 million square kilometres below the 1981 to 2010 average. Sea ice extent declined at a rate of 253,000 square kilometres per day through December, considerably faster than the 1981 to 2010 mean for December of 214,000 square kilometres per day. Indeed, the rate of Antarctic ice extent loss for December 2018 is the fastest in the satellite record.

On December 26th, 2018, Antarctic sea ice extent fell below the low mark for this date, set in 2016, and has continued to track below all other years. This change in behaviour, which began during the austral spring of 2016, contradicts prior characterizations of Antarctic sea ice cover as slowly expanding, yet highly variable.

The rapid ice loss through December 2018 and into early January 2019 has exposed large areas of the Southern Ocean that are typically ice-covered at this time of year. At the beginning of December 2018, a substantial band of ice ringed most of the Antarctic continent, although regions of open water had begun to appear along portions of the coast near the Amery Ice Shelf and within the ice pack to the east of the Weddell Sea. Despite being ice-covered at the beginning of the month, concentrations were quite low in the eastern Weddell, eastern Ross Sea, and the region north (and to either side) of the Amery. These areas have since melted out completely. Many other areas of low concentration ice remain, particularly in the northeastern Weddell Sea and the northern Ross Sea. These areas are expected to melt out soon.

Six to eight weeks remain in the Antarctic melt season. Whether the record low daily extents now being seen will persist and lead to a record seasonal minimum cannot be predicted.

Although it is too soon to isolate what caused the rapid December decline and recent record low extents, it is likely that unusual atmospheric conditions and high sea surface temperatures—important factors in the 2016 and 2017 record lows—are playing a role. Unfortunately, as the usual source of atmospheric data is not accessible due to the US government shutdown.

Source: NSIDC.

Etendue de la glace de mer antarctique le 1er janvier 2019 (Source : NSIDC)

Graphique montrant la perte de glace en Antarctique (Source : NSIDC)

2018 : Probablement la 4ème plus chaude année dans le monde et la plus chaude en France // Probably the 4th warmest in the world and the hottest in France

J’attends les données officielles publiées habituellement mi janvier par la NASA et la NOAA aux Etats-Unis. Ils se peut cette année qu’elles arrivent avec du retard à cause du « shutdown » qui affecte les administrations américaines. En attendant, on peut s’appuyer sur un communiqué du C3S (Copernicus Climate Change Service) qui confirme des prévisions émises fin 2018. Sur les cinq dernières années, la température moyenne a été 1,1°C au-dessus de la moyenne préindustrielle et 2018 a été la quatrième année la plus chaude enregistrée depuis le début de l’ère industrielle. En parallèle, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) a poursuivi sa progression dans l’atmosphère, avec une hausse comprise entre 1,7 et 3,3 ppm (parties par million de molécules d’air) par an, comme le montre la courbe de Keeling ci-dessous. Il est bon de rappeler que le CO2 est le principal responsable de l’effet de serre puisqu’il contribue à piéger le rayonnement solaire et à faire augmenter la température de l’atmosphère. On remarquera que la courbe de Keeling atteint actuellement plus de 411 ppm, du jamais vu !

Le plus inquiétant, c’est que le réchauffement s’accélère. La température de l’air à la surface du globe a augmenté en moyenne de 0,1 °C tous les cinq à six ans depuis le milieu des années 1970 et les cinq dernières années ont été d’environ 1,1 °C supérieures aux températures de l’ère préindustrielle.

Il faut attendre les chiffres officiels, mais 2018 risque fort d’être en France l’une des années les plus chaudes, voire la plus chaude depuis 1900 et le début des relevés météorologues.

Les climatologues indiquaient au mois de novembre 2018 que jamais un tel écart à la moyenne n’avait été observé en métropole sur la période entre janvier et octobre. Avec 1,3°C de plus que la moyenne, cet écart dépasse nettement le +1,1°C de la période janvier-octobre 2014, qui détenait le record jusqu’à présent.

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I’m waiting for the official data usually released in mid January by NASA and NOAA in the United States. This year they may arrive late because of the shutdown affecting US administrations. In the meantime, we can rely on a C3S (Copernicus Climate Change Service) press release confirming forecasts issued at the end of 2018. Over the last five years, the average temperature has been 1.1°C above the pre-industrial average and 2018 was the fourth warmest year since the beginning of the industrial era. In parallel, the concentration of carbon dioxide (CO2) continued to increase in the atmosphere, with an increase ranging between 1.7 and 3.3 ppm (parts per million of air molecules) per year, as shown by the Keeling Curve below. It is worth remembering that CO2 is one of the main greenhouse gases as it helps to trap solar radiation and increase the temperature of the atmosphere.
Most disturbing is that global warming is accelerating. Global air temperature has risen by an average of 0.1°C every five to six years since the mid-1970s, and the last five years have been about 1.1°C above temperatures of the pre-industrial era. One can notice that the Keeling curve lies currently above 411 ppm, a level never observed before!

We’ll have to wait for the official figures, but 2018 is likely to be in France one of the hottest years, even the hottest since 1900 and the beginning of meteorological surveys.
Climatologists indicated in November 2018 that such a deviation from the average had never been observed in mainland France between January and October. At 1.3°C above average, this difference clearly exceeded 1.1°C for the January-October 2014 period, which held the record so far.

Niveau de concentration de CO2 dans l’atmosphère (Source: Scripps Institution)

La fonte du permafrost (1ère partie) // Permafrost thawing (Part one)

Le permafrost a longtemps été négligé en tant que cause potentielle du changement climatique. Aujourd’hui, avec le réchauffement rapide de l’Arctique, les scientifiques prennent conscience de son impact sur notre environnement.
Voici trois articles qui montreront 1) ce qu’est le permafrost 2) ce qui se passe lorsqu’il est en train de fondre et 3) ses impacts sur les structures, les écosystèmes et la santé humaine.

Le mot « permafrost » (aussi appelé «pergélisol») fait référence au sol qui reste gelé pendant deux années consécutives ou plus. Il est composé de roches, de terre, de sédiments et de quantités variables de glace qui lient les éléments. Une partie du permafrost est restée gelée depuis des dizaines, voire des centaines de milliers d’années.
Le permafrost peut avoir une épaisseur de deux à 1500 mètres. Il stocke les restes de plantes et d’animaux contenant du carbone qui ont gelé avant de se décomposer. Les scientifiques estiment que le permafrost dans le monde contient 1500 milliards de tonnes de carbone, soit près du double de la quantité de carbone actuellement dans l’atmosphère. Malheureusement, lorsque le permafrost se réchauffe et dégèle, il libère du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère. En conséquence, il pourrait largement contribuer au réchauffement de la planète. Le permafrost est déjà en train de fondre dans certaines régions du globe et si le phénomène s’amplifie, les scientifiques craignent qu’il provoque un processus accéléré de réchauffement de la planète.
Le permafrost recouvre environ 24% de la surface continentale de l’hémisphère Nord, ce qui représente plus de 23 millions de kilomètres carrés. On le trouve sous les hautes latitudes et les hautes altitudes, principalement en Sibérie, sur le plateau tibétain, en Alaska, dans le nord du Canada, au Groenland, dans certaines parties de la Scandinavie et en Russie. Les plateaux continentaux situés sous les eaux de l’Océan Arctique, qui étaient exposés au cours de la dernière période glaciaire, contiennent également du permafrost.
Le problème, c’est que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, avec une élévation de la température qui n’a jamais été observée depuis au moins 2 000 ans. En Alaska, la température du pergélisol s’est accrue jusqu’à 2°C au cours des dernières décennies. Une étude récente indique qu’à chaque augmentation de 1°C de la température, 3,8 millions de kilomètres carrés de permafrost disparaissent lors du dégel.

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Permafrost has long been neglected as a potential source of climate change. Today, with the rapid warming of the Arctic, scientists are becoming aware of its impact on our environment.

Here are three posts that will show 1) what permafrost is 2) what happens when it is thawing and 3) its impacts on structures, ecosystems and human health.

The word “permafrost” refers to ground that remains frozen for two or more consecutive years. It is composed of rock, soil, sediments, and varying amounts of ice that bind the elements together. Some permafrost has been frozen for tens or hundreds of thousands of years.

Found under a layer of soil, permafrost can be from two to 1,500 metres thick. It stores the carbon-based remains of plants and animals that froze before they could decompose. Scientists estimate that the world’s permafrost holds 1,500 billion tons of carbon, almost double the amount of carbon that is currently in the atmosphere. Unfortunately, when permafrost warms and thaws, it releases carbon dioxide and methane into the atmosphere. As a consequence, it could become a significant source of planet-heating emissions. Permafrost is already thawing in some places, and if the problem spreads, scientists worry it could initiate a runaway process of global warming.

Permafrost covers about 24 percent of the exposed landmass of the Northern Hemisphere, which means more than 23 million square kilometres. It is found at high latitudes and high altitudes, mainly in Siberia, the Tibetan Plateau, Alaska, Northern Canada, Greenland, parts of Scandinavia and Russia. The continental shelves below the Arctic Ocean, which were exposed during the last ice age, also contain permafrost.

The problem is that the Arctic is warming twice as fast as the rest of the planet, at a rate of temperature change that has not been observed in at least the last 2,000 years. In Alaska, permafrost temperatures have warmed as much as 2˚C in the last few decades. A recent study indicates that with every 1˚C increase in temperature, 3.8 million square kilometres of permafrost could be lost through thawing.

Le sol de la toundra en Alaska et au Canada reste gelé en permanence (Photos: C. Grandpey)