Onde de tempête // Storm surge

Les ondes de tempête sont souvent considérées comme la plus grande menace pour la vie et les biens pendant les violentes tempêtes et les ouragans. Le National Hurricane Center (NHC) aux États-Unis rappelle que sur les quelque 1 500 personnes décédées lors de l’ouragan Katrina en 2005, beaucoup ont perdu la vie directement ou indirectement à cause d’une onde de tempête.
Le NHC explique que les ondes de tempête s’expliquent par « une montée anormale de l’eau générée par une tempête, au-delà des marées astronomiques normales ». Ces ondes peuvent provoquer des inondations extrêmes. À Naples, en Floride, le long du Golfe du Mexique, des voitures ont été submergées et un enfant a failli être emporté lorsque l’ouragan Ian a touché terre.
Les ondes de tempête se forment lorsque les vents poussent l’eau vers la terre, provoquant son accumulation. Les ondes de tempête sont un phénomène complexe. Le NHC explique que même les moindres changements dans les paramètres la tempête – qu’il s’agisse de l’intensité, de la vitesse, de la taille, de la pression au centre, ou encore de la proximité et la topographie de la côte – peuvent modifier une onde de tempête.
Quand l’ouragan Ian a touché terre, il appartenait à la catégorie 4, avec des vents atteignant 240 km/h. C’est l’une des tempêtes les plus violentes jamais enregistrées aux États-Unis. Elle a inondé les rues et arraché des arbres le long de la côte ouest de la Floride.
Voici une vidéo qui montre à quel point l’ouragan Ian était puissant. La deuxième partie du document explique pourquoi les scientifiques sont persuadés que les ondes de tempête deviendront plus dévastatrices en raison du réchauffement climatique.

https://youtu.be/TUjQfU_PntE

En France, de telles ondes peuvent se produire, notamment le long de la côte atlantique, lors de violentes tempêtes. Elles sont encore plus dangereuses si elles surviennent lors des grandes marées, quand le niveau de la mer est déjà haut. Des enrochements ont été construits pour tenter d’atténuer les assauts des vagues contre la côte. Si la tempête est vraiment violente, ils ne peuvent que ralentir la puissance destructrice des vagues.

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Storm surges are often considered the greatest threat to life and property during powerful storms and hurricanes. The National Hurricane Center (NHC) in the U.S. reminds people that of the roughly 1,500 people who died during Hurricane Katrina in 2005, many lost their lives directly or indirectly as a result of storm surge.

The NHC explains that storm surges are “an abnormal rise of water generated by a storm, over and above the predicted astronomical tides.” They can cause extreme flooding. In Naples, Florida, along the Gulf of Mexico, cars were submerged and a child was reportedly almost swept away when Ian made landfall.

Surges form as winds from the storm push water toward the land, causing it to pile up. Because of their complexity, the NHC says even the slightest changes in the storm – whether it be intensity, speed, size, central pressure, or approach to the coast, or the shape and features of the coast – can alter a storm surge.

Hurricane Ian made landfall as a powerful Category 4 hurricane, bringing maximum sustained winds of 240 kmph. It’s one of the most powerful storms ever recorded in the U.S., swamping city streets with water and smashing trees along Florida’s western coast.

Here is a video that shows how powerful Hurricane Ian was. The second part explains why scientists are warning that storm surge will become more severe due to global warming.

https://youtu.be/TUjQfU_PntE

In France, similar surges may happen, especially along the Atlantic coast, during powerful storms. They are all the more dangerous when they happen during king tides, when sea level is already high. Ripraps were built to try to alleviate the assaults of the waves agains the coast. However, if the storm is very powerful, they can only slow down the destructive power of the waves.

Enrochements à Lacanau et à La Martinique (Photos: C. Grandpey)

Tempêtes, hausse du niveau des océans et populations côtières // Storms, ocean level rise and coastal populations

Après la très violente tempête qui a fait des ravages en Alaska, et Fiona et qui a causé une vague de destruction dans l’est du Canada, l’ouragan Ian a frappé la côte sud-ouest de la Floride, une onde de tempête destructrice et extrêmement dangereuse. Cette onde de tempête a été amplifiée par l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique. La situation a été d’autant plus extrême que l’arrivée de Ian coïncidait avec un épisode de grandes marées.
Selon les données de la NOAA, le niveau de la mer autour de la Floride a augmenté en moyenne de 20 centimètres depuis 1950, et l’essentiel de cette hausse est intervenu ces dernières années. En effet, l’augmentation des températures à l’échelle de la planète a accéléré la fonte des calottes glaciaires polaires. En raison de différents facteurs, l’élévation du niveau de la mer ne se produit pas de manière uniforme; ainsi, le niveau de l’océan a monté de plus de 22 centimètres à Saint-Pétersbourg, dans la baie de Tampa.
L’onde de tempête n’est pas la seule menace qui accompagne Ian. Les vents ont dépassé 200 kilomètres à l’heure lorsque l’ouragan a touché terre et il a déversé des trombes d’eau. sur certaines régions de la côte ouest.
Des études récentes ont montré que le réchauffement climatique rend les ouragans plus humides et les fait s’intensifier plus rapidement. C’est pourquoi les scientifiques ont averti que la Floride, l’État le plus plat des États-Unis, faisait face à des risques extrêmes.
Les prévisions montrent que le sud de la Floride doit s’attendre à une élévation supplémentaire du niveau de la mer de 28 centimètres d’ici 2040. Cette hausse est due à la fonte des glaces polaires en raison de la hausse des températures causée par la combustion de combustibles fossiles. Au cours de la même période, le réchauffement des eaux océaniques continuera à dynamiser les ouragans à un rythme plus rapide que celui observé jusqu’à présent

Malgré la menace d’élévation du niveau de la mer, les populations du monde entier continuent de se diriger vers les côtes. D’ici 2060, un milliard de personnes pourraient vivre le long des côtes, à des altitudes inférieures ou égales à 10 mètres. Si l’on prend en compte le fait que les eaux océaniques montent régulièrement, on sait d’ores et déjà que beaucoup de personnes seront confrontées à des inondations causées par des ondes de tempête, à l’érosion côtière et à d’autres problèmes résultant de l’élévation du niveau de la mer.
Les deux tiers des mégapoles de la planète sont situées dans des zones côtières et cette tendance à la migration vers les zones côtières devrait se poursuivre. Plusieurs études confirment que plus de 80% des populations vivant à faible altitude se trouvent dans des pays en voie de développement, en particulier en Asie et en Afrique. Cependant, plusieurs pays développés figurent sur la liste des plus exposés à l’élévation du niveau de la mer.
Aux États-Unis, neuf pour cent de la population, soit 23,4 millions de personnes, vivent dans les zones côtières de basse altitude et ces chiffres pourraient atteindre 43,8 millions d’ici 2060, en prenant en compte une croissance démographique très élevée.

L’avenir s’annonce compliqué…
Source : Yahoo Actualités, NOAA.

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After the powerful storm that wreaked havok in Alaska and Fiona that sent a wave of des truction across eastern Canada, Hurricane Ian smashed Florida’s southwest coast, bringing with it a potentially catastrophic and life-threatening storm surge that were made worse by rising sea levels due to global warming. Making things worse are climate change and Ian overlapping with a king tide.

Sea levels around Florida have risen on average 20 centimeters since 1950, according to NOAA data, with the bulk of that rise coming in recent years as increasing global temperatures have sped up the melting of the polar ice caps. Due to a variety of factors, sea level rise does not happen uniformly, and the ocean has risen by more than 22 centimeters in St. Petersburg, on Tampa Bay.

Storm surge is not the only threat from Ian, which packed winds exceeding 200 kilometers per hour when it made landfall. It dropped incredible quantities of rain on sections of the west coast.

While recent studies have found that climate change makes hurricanes wetter and causes them to intensify more quickly, for years scientists have warned that Florida, the flattest state in the U.S., faces extreme risks due to climate change.

Forecasts show that South Florida can count on another 28 centimeters of sea level rise by 2040 as polar ice melt continues apace due to rising temperatures caused by the burning of fossil fuels. Over that same span of time, warming waters will continue to energize hurricanes at a faster rate than previously observed.

Despite the threat of sea level rise,people around the world keep heading for the shores. By the year 2060, a billion could live along the coasts, at or below elevations of 10 meters. Couple that with the fact that ocean waters are steadily increasing, and many more people could potentially face storm-surge flooding, coastal erosion and other challenges resulting from sea-level rise.

Two-thirds of the world’s megacities are located in the coastal zone and this trend of migration to coastal areas is likely to continue. Several studies confirm that more than 80 percent of low-lying communities reside in less developed countries, many of which are in Asia and Africa. However, several developed countries are on the list of those with highest exposure to sea-level rise.

In the United States, nine percent of the population or 23.4 million people live in the low-elevation coastal zones and these numbers could grow up to 43.8 million by 2060, assuming very high population growth.

We are heading to a difficult future…

Source: Yahoo News, NOAA.

L’ouragan Ian vu depuis l’espace (Crédit photo: NOAA)

Bella et l’érosion de la côte atlantique

La tempête Bella a soufflé sur les départements de la Gironde et des Landes le 28 décembre 2020. Le département des Landes avait été placé en vigilance orange pour vagues et submersion. Quand la mer se déchaîne, le spectacle est impressionnant et attire de nombreux curieux. Si la plupart se tiennent en sécurité sans des lieux élevés, des imbéciles n’hésitent pas à s’approcher des déferlantes, parfois au péril de leur vie, avec mise en danger des sauveteurs qui viendront leur porter secours en aide en cas de problème.

La tempête Bella fait partie de ces tempêtes hivernales qui font reculer le trait de côte. Heureusement, les coefficients de marée étaient relativement faibles (65 – 69) au plus fort de l’événement météo. Ils seront plus élevés, autour de 80 pour le Jour de l’An.

Les autorités et les habitants de la côte redoutent ces tempêtes car les assauts des vagues causent de graves dégâts au littoral et menacent de plus en plus souvent certaines zones habitées.

On connaît l’histoire de l’immeuble « Le Signal » qui a dû être évacué et va être détruit à Soulac-sur-Mar en Gironde. A Lacanau (Gironde), des enrochements sont censés freiner l’ardeur des vagues, mais quand on voit leur violence avec un faible coefficient de marée, on se dit que ces gros blocs ne pèseront pas lourd en cas de tempêtes avec un fort coefficient. L’océan gagne environ deux mètres sur la terre chaque année. La ville balnéaire réfléchit à déplacer 1 200 logements et 120 commerces du front de mer à l’intérieur des terres après 2050.

La situation ne vaut guère mieux à Biscarosse (Landes) où la maire a pris trois arrêtés municipaux « portant injonction d’évacuation en raison d’un péril grave présenté par un risque naturel » le 28 décembre 2020. Ces trois arrêtés concernaient le Grand Hôtel de la Plage et les célèbres « maisons jumelles », des emblèmes de Biscarrosse-Plage, situés en front de mer. La première magistrate de Biscarrosse a expliqué qu’il s’agissait de l’application du principe de précaution avec des »arrêtés municipaux préventifs » pour éviter de faire courir des risques aux occupants des bâtiments concernés. La décision a été prise en raison de l’amplification du phénomène d’érosion engendré par la tempête Bella. La police municipale s’est rendue dans les bâtiments concernés par ces arrêtés portant injonction d’évacuation pour informer les propriétaires ou/et occupants. A noter que Le Grand Hôtel de la Plage n’accueille pas de clients en ce moment en raison de la crise sanitaire.

Voici une petite vidéo montrant la tempête Bella à Lacanau :

https://youtu.be/WRCvJP7uXuY

Enrochements à Lacanau (Photo : C. Grandpey)

Du jamais vu, mais que l’on reverra !

Au cours de la tempête Alex, les cumuls d’eau de pluie enregistrés en l’espace de 24 heures dans les Alpes-Maritimes dépassent tous ceux jamais observés dans le département. Ainsi, 500 mm ont été enregistrés à Saint-Martin-Vésubie.

Les météorologues de Météo France expliquent que c’est une véritable « bombe météorologique » qui a explosé au-dessus de la région. Le phénomène se caractérise  par la rapidité de sa formation. Les baromètres ont parfaitement traduit la chute de pression atmosphérique d’une trentaine d’hectopascals en 12 heures, d’où l’expression « bombe météorologique ».

Le problème est que ces dépressions de petite taille et très localisées sont mal appréhendées par les modèles de simulation atmosphérique. Un décalage géographique de quelques dizaines de kilomètres peut ainsi avoir d’importantes conséquences car ces bombes météorologiques peuvent laisser derrière elles des dégâts très importants.

Les bombes météorologiques restent relativement rares. Météo France indique que la dernière s’était produite en Bretagne le 6 mars 2017, avec des rafales atteignant 193 km/h. Elle a provoqué la mort de 12 personnes.

Tous les témoins s’accordent pour dire que la catastrophe dans les Alpes-Maritimes est « du jamais vu » dans la région. Le problème est que le « jamais vu » a tendance à se répéter à travers le monde. Je me tiens au courant très régulièrement de ce type d’actualité et je ne peux que constater que la situation dramatique vécue en France affecte de nombreuses populations à travers le monde. En voici quelques exemples recensés au cours du mois de septembre :

  • Pas très loin des Alpes-Maritimes, un épisode méditerranéen a tué deux personnes dans le Gard le 19 septembre 2020, avec une hauteur de précipitations de 468 mm enregistrée en 6 heures à Valleraugue. Du jamais vu depuis l’année 1900.
  • Le 18 septembre 2020, la tempête subtropicale « Alpha », la 22ème et la plus précoce de la saison dans l’Atlantique en 2020, a frappé le Portugal en occasionnant d’importants dégâts.
  • Le 18 septembre également, au moins dix personnes ont perdu la vie quand la tempête tropicale “Noul” a frappé le Sud-est Asiatique entre le Vietnam, le Laos le Thaïlande et le Myanmar (ex-Birmanie) en causant de gros dégâts.
  • Plus de 240 000 personnes ont été affectées et 140 000 déplacées quand des inondations catastrophiques ont frappé quelque 80 localités en Ethiopie au mois de septembre. Du jamais vu selon les autorités.
  • Toujours en Afrique, de très sévères inondations ont affecté le Ghana. Le bilan est de 5 morts, avec quelque 1 700 habitations endommagées ou détruites.
  • En Indonésie, des inondations et des glissements de terrain ont frappé Jakarta et ses environs au cours du mois de septembre. On déplore deux morts et une vingtaine de blessés. Les autorités font remarquer que depuis le mois de janvier 2020, au moins 123 personnes ont péri au cours de catastrophes naturelles provoquées par des intempéries. De tels chiffres n’avaient encore jamais été atteints. Les inondations continuent d’affecter à l’heure actuelle l’ouest de l’île de Java où l’on déplore des personnes disparues et des maisons submergées.

Le mois d’octobre suit la même tendance. Outre les victimes dans les Alpes-Maritimes, on peu citer les 40 personnes qui ont péri dans les pires inondations de tous les temps au Nigeria, avec la perte de 2 millions de tonnes de riz.

La tempête tropicale “Gamma” est la 24ème de la saison à s’être formée dans l’Atlantique Nord. C’est aussi la plus précoce ; elle est apparue le 3 octobre et bat ainsi le record établi le 27 octobre 2005.  Cette tempête vient d’atteindre la Péninsule du Yukatan au Mexique avec de très fortes pluies et des inondations, en particulier dans les zones montagneuses, comme cela s’est produit dans le secteur de Saint-Martin-Vésubie. On déplore au moins 6 morts et plusieurs milliers de personnes ont dû être évacuées.

Obnubilée qu’elle est par la Covid-19, la presse française ne mentionne pas ces événements qui sont pourtant aussi dramatiques que ceux survenus dans le sud-est de notre pays.

S’agissant des causes, on est en droit de se poser des questions car la répétition et l’accélération des événements extrêmes est inquiétante. Le principal coupable semble bien le réchauffement climatique. Pourtant, je n’en ai guère entendu parler au cours des dernières heures. Il est vrai que je ne fais qu’effleurer les bulletins d’informations. L’urgence de la situation humanitaire est telle qu’il faut avant tout essayer de panser les blessures infligées par la tempête Alex.

Je remarque que, comme au Portugal et au Mexique, la tempête Alex est historiquement précoce. Aucune tempête majeure n’avait été enregistrée par Météo France avant le 15 octobre depuis 1980. Le problème, c’est que la Méditerranée est encore très chaude ce qui amplifie les précipitations. Avec le réchauffement climatique, la mer se réchauffe de plus en plus et cette température élevée joue un rôle de carburant dans les phénomènes extrêmes comme la tempête Alex

Qu’on le veuille ou non, il faudra se demander si les activités humaines et les émissions de gaz à effet de serre ne portent pas une part de responsabilité !

Du jamais vu, mais que l’on reverra !

Des épisodes pluvieux de plus en plus fréquents et intenses

(Source : Météo France)