Protection Civile et Champs Phlégréens (Campanie / Italie) // Civil Protection and Campi Flegrei (Italy)

Il y a quelques jours, j’indiquais sur ce blog qu’en ce moment la situation n’avait rien d’alarmant dans les Champs Phlégréens.

Sur son site web, la Protection Civile de Pouzzoles donne, dans deux opuscules, une foule d’explications sur les zones à risques et sur les procédures à suivre en cas d’éruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Un chapitre est consacré au scénario éruptif dans les Champs Phlégréens. On peut lire que, compte tenu de la complexité du système volcanique dans la région, caractérisé par la présence de nombreux cratères et en l’absence d’éruptions récentes, il n’est pas possible de prédire avec certitude quand, comment et où aura lieu la prochaine éruption, ni prédire la durée de l’activité.
Une étude a montré qu’en cas de réactivation du volcan, il y aurait environ 95% de probabilité qu’une éruption inférieure ou égale à un événement de taille moyenne se produise. La probabilité d’une éruption plus importante (grande ou très grande). est inférieur à 5 %.
Les phénomènes possibles suivants sont attendus en cas d’éruption :
• formation d’une colonne éruptive composée de gaz et de lambeaux de lave incandescents, jusqu’à des dizaines de kilomètres de hauteur ;
• chute de matériaux volcaniques importante dans la zone la plus proche de la bouche éruptive, et même à plusieurs dizaines de kilomètres, en fonction de la direction du vent;
• coulées pyroclastiques générées par l’effondrement de la colonne éruptive. Ces phénomènes ont des vitesses et des températures élevées et peuvent atteindre plusieurs kilomètres.
En outre, des explosions phréatiques, peuvent survenir dans les Campi Flegrei à cause de l’implication de sources d’eau externe (zone Solfatara/Pisciarelli), ou là où il existe actuellement une disponibilité importante en eau, tels que les milieux lacustres (Agnano), les lacs de cratères (Averno) et marins (Golfe de Pouzzoles).

La Solfatara est une zone très sensible des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

Vue du lac d’Averno (Photo: C. Grandpey)

Sur la base de l’ampleur de l’événement éruptif de référence et des scénarios associés, des zones rouge et jaune sont envisagées.

La zone rouge comprend la zone exposée au danger d’invasion de coulées pyroclastiques qui, en raison de leurs températures élevées et de leur vitesse représentent le phénomène le plus dangereux pour la vie humaine.

La zone jaune concerne les zones exposées aux retombées de lapilli et de cendres volcaniques. Seront également pris en compte les effets liés aux phénomènes d’invasion par des coulées de boue rapides (lahar).

Par ailleurs, on peut lire dans les opuscules rédigés par la Protection Civile que toute personne qui habite ou se trouve dans une zone volcanique doit s’informer sur le plan d’urgence pour pouvoir adopter, en cas d’éruption, les comportements indiqués par la Protection Civile et mettre en œuvre correctement les opérations d’évacuation, si elles sont prévues.
Le plan pour le risque volcanique de la zone des Champs Phlégrées implique l’évacuation d’un tel nombre de personnes et d’un si vaste territoire (la zone rouge) qu’il doit nécessairement être coordonné par un organisme supérieur, en l’occurrence le Département de la Protection Civile.
Ce qu’il est important de savoir, c’est que le plan comprend deux méthodes d’évacuation, Les deux doivent être activées pendant la phase d’alerte, bien avant le début d’une éventuelle éruption :
• une évacuation avec ses propres moyens, contrôlée et régulée par le plan et les structures territoriales ;
• une évacuation assistée, pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’éloigner en utilisant leur propre voiture

La Protection Civile a effectué un énorme travail pour définir les procédures à suivre en cas d’éruption. Au terme de leur lecture, je me pose plusieurs questions :

– La population très dense qui vit dans la zone des Champs Phlégérens est elle au courant de toutes les mesures et procédures prévues par la Protection Civile ?

– Les habitants de la zone menacée sauront-ils adopter le comportement adéquat pour se mettre hors de danger ? À ma connaissance, la Protection Civile n’a procédé à aucune simulation d’évacuation de la zone autour de Pouzzoles. Les mesures prises suite à la dernière activité sismique se ont limitées à une vérification de la solidité des bâtiments.

Au cours de séjours à Pouzzoles et dans sa région, je me suis demandé quelle serait la meilleure procédure d’évacuation. Au vu de l’urbanisme dans la région, avec des bourgades aux rues étroites et très vite encombrées, je ne suis pas certain qu’une évacuation terrestre sera la plus facile. L’indiscipline de la population risque également d’être un obstacle majeur. Au final, je me demande s’il ne faudrait pas prévoir également une évacuation par le mer.

Vue de Pouzzoles, zone à forte densité de population (Photo: C. Grandpey)

Quoi qu’il en soit, la tâche de la Protection Civile sera compliquée en cas d’éruption, d’autant plus qu’il faudra probablement agir vite. J’ai toujours en tête ce que me disait un jour Franco Barberi, alors en charge de la Protection Civile italienne, à propos de l’évacuation de Naples en cas d’éruption du Vésuve : « Si j’évacue et qu’il ne se passe rien, je passe pour un imbécile ; si je n’évacue pas et qu’une catastrophe se produit, je vais en prison. »

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A few days ago I indicated on this blog that at the moment the situation in the Phlegraean Fields was not alarming.
On its website, the Civil Protection of Pozzuoli provides, in two pamphlets, a wealth of explanations on the risk areas and the procedures to follow in the event of an eruption.

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

A chapter is dedicated to the eruptive scenario in the Phlegraean Fields. We can read that, given the complexity of the volcanic system in the area, characterized by the presence of numerous craters and in the absence of recent eruptions, it is not possible to predict with certainty when, how and where the next eruption will take place, nor to predict the duration of the activity.
A study has shown that in the event of a reactivation of the volcano, there would be about a 95% probability of an eruption less than or equal to a medium-sized event. The probability of a larger eruption (large or very large) is less than 5%.
The following possible phenomena are expected in the event of an eruption:
• formation of an eruptive column composed of gases and incandescent lava fragments, up to tens of kilometers high;
• significant fall of volcanic material in the area closest to the eruptive vent, and even several tens of kilometers, depending on the wind direction;
• pyroclastic flows generated by the collapse of the eruptive column. These phenomena have high speeds and temperatures and can reach several kilometers.
Furthermore, phreatic explosions may occur in the Campi Flegrei due to the involvement of external water sources (Solfatara/Pisciarelli area), or where there is currently significant water availability, such as lacustrine (Agnano), crater lakes (Averno) and marine (Gulf of Pozzuoli) environments.
Based on the magnitude of the reference eruptive event and the associated scenarios, red and yellow zones are considered (see images above) :

The red zone includes the area exposed to the danger of invasion by pyroclastic flows which, due to their high temperatures and speed, represent the most dangerous phenomenon for human life.
The yellow zone concerns the areas exposed to the fallout of lapilli and volcanic ash. The effects related to the phenomena of invasion by rapid mudflows (lahar) will also be taken into account.
Furthermore, we can read in the pamphlets written by the Civil Protection that anyone who lives or is in a volcanic area must find out about the emergency plan in order to be able to adopt, in the event of an eruption, the behaviors indicated by the Civil Protection and to correctly implement the evacuation operations, if they are planned.
The volcanic risk plan for the Phlegrian Fields area involves the evacuation of such a number of people and such a vast territory (the red zone) that it must necessarily be coordinated by a higher body, in this case the Civil Protection Department.
What is important to know is that the plan includes two evacuation methods. Both must be activated during the alert phase, well before the start of a possible eruption:
• an evacuation with its own means, controlled and regulated by the plan and the territorial structures;
• an assisted evacuation, for those who cannot or do not want to move away using their own car
The Civil Protection has done a huge amount of work to define the procedures to follow in the event of an eruption. After reading them, I ask myself several questions:
– Is the very dense population living in the Phlegerian Fields area aware of all the measures and procedures planned by the Civil Protection?
– Will the inhabitants of the threatened area be able to adopt the appropriate behavior to get out of danger? To my knowledge, the Civil Protection has not carried out any simulation of evacuation of the area around Pozzuoli. The measures taken following the last seismic activity were limited to a check of the solidity of the buildings.
During several stays in Pozzuoli and its region, I wondered what the best evacuation procedure would be. Given the urban planning in the region, with small towns with narrow streets that quickly become congested, I am not sure that a land evacuation would be the easiest. The indiscipline of the population could also be a major obstacle. In the end, I wonder if the authorities should not also plan for an evacuation by sea. In any case, the task of the Civil Protection will be complicated in the event of an eruption, especially since it will probably be necessary to act quickly. I always remember what Franco Barberi, then in charge of the Italian Civil Protection, once told me about the evacuation of Naples in the event of an eruption of Vesuvius: « If I evacuate and nothing happens, I look like an idiot; if I don’t evacuate and a disaster occurs, I go to prison. »

Champs Phlégréens (Campanie / Italie) : rien d’alarmant en ce moment // Phlegraean Fields (Campania / Italy) : nothing alarming at the moment

En Italie, la Campanie est une destination touristique très populaire, en particulier au printemps, saison où il ne fait pas trop chaud et où on peut gravir tranquillement les pentes du Vésuve et déambuler agréablement dans les rues de Pompéi. Si les visiteurs potentiels ne semblent pas préoccupés par les colères du Vésuve, ils hésitent à se rendre à Pouzzoles car les médias ont indiqué que la région des Champs Phlégréens – où se trouve cette localité -pourrait un jour exploser comme une cocotte-minute incapable de résister à la pression du magma qui frémit dans les profondeurs.

La presse s’est largement fait écho d’un essaim sismique qui a secoué les Champs Phlégréens le 26 septembre 2023, avec certaines secousses de magnitude jusqu’à M 4,2. Un nouvel essaim sismique a été enregistré dans la zone des Campi Flegrei le 18 mai 2024. avec 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8. En octobre 2023, le gouvernement italien a décidé de rassurer la population et de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité dans les villes et villages de cette région, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.
En 2023, les scientifiques ont attribué la hausse de l’activité sismique au bradyséisme. Ce phénomène bien connu se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Des preuves de l’activité bradysismique sont visibles sur le temple de Sérapis à Pouzzoles. Les coquillages incrustés sur les colonnes montrent que dans le passé la mer recouvrait le site.

Photo: C. Grandpey

Le site web de la Protection Civile à Pouzzoles fournit une foule d’explications sur le volcanisme dans la région et sur la conduite à tenir en cas d’éruption ou de séisme. Des plans d’évacuation sont présentés, mais il y aura forcément un fossé entre la théorie et la pratique en cas d’éruption. La population n’a jamais été entraînée à évacuer la région avec ses bourgades aux ruelles étroites et sa population pas toujours disciplinée…

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Les derniers rapports scientifiques de l’INGV montrent que la situation volcanique dans les Champs Phlégréens est stable et qu’elle ne présente rien d’inquiétant. Les touristes peuvent donc visiter la Campanie sans avoir peur que le ciel leur tombe sur la tête. À noter que la visite de la Solfatara reste interdite depuis l’accident qui a coûté la vie à un jeune garçon et ses parents en septembre 2017, faute d’avoir respecté les protections installées sur le site.

Le dernier rapport de l’INGV diffusé début décembre 2024 indique que 42 séismes de magnitude maximale M2,2±0,3 ont été localisés, ce qui correspond à la tendance habituelle.
S’agissant de la déformation du sol, depuis début août 2024 la valeur moyenne de la vitesse de soulèvement dans la zone de déformation maximale est d’environ 10 ± 3 mm par mois à la station RITE de Rione Terra. Le soulèvement du sol est d’environ 17,5 cm depuis janvier 2024. La région de Pouzzoles est donc soumise actuellement à une phase bradysismique ascendante.
L’INGV n’observe pas de variations significatives dans les paramètres géochimiques. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C. Les émissions de CO2 ne montrent aucun changement significatif par rapport aux périodes précédentes
Dans la conclusion de son rapport, l’INGV indique qu’il ne faut pas s’attendre à une évolution significative de la situation dans le court terme. Pour le long terme, c’est une autre histoire ; nous ne savons pas prévoir les éruptions et encore moins les séismes.

Déformation Pouzzoles

Graphiques montrant la déformation du sol dans les Champs Phlégréens (Source : INGV)

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Dernière minute : Un nouvel essaim sismique, d’une durée d’environ 11 heures, a commencé dans les Champs Phlégréens à 04h33 UTC le 6 décembre 2024. L’INGV a signalé une série préliminaire de 26 événements, la plupart d’une magnitude inférieure à 1,0. Le plus significatif avait une magnitude de M3,4. De légères secousses ont été signalées par au moins 72 habitants.
Comme je l’ai déjà écrit, de tels événements sont courants dans les Champs Phlégréens en raison de la structure géologique et du volcanisme de la région, qui est étroitement surveillée. Donc, rien de vraiment alarmant.

Sismicité dans les Champs Phlégréens entre janvier et décembre 2024 (Source: INGV)

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In Italy, Campania is a very popular tourist destination, especially in spring, when it is not too hot and you can calmly climb the slopes of Vesuvius and stroll pleasantly through the streets of Pompeii. If potential visitors do not seem concerned about a possible eruption of Vesuvius, they hesitate to go to Pozzuoli because the media have indicated that the Phlegraean Fields region, where this town is located, could one day explode like a pressure cooker unable to withstand the pressure of the magma simmering in the depths.
The press has widely echoed a seismic swarm that shook the Phlegraean Fields on September 26th, 2023, with some tremors of magnitude up to M 4.2. A new seismic swarm was recorded in the Campi Flegrei area on 18 May 2024. with 16 events with a magnitude of up to M 2.8. In October 2023, the Italian government decided to reassure the population and take a series of new measures to ensure safety in the towns and villages of this region, including assessments of the solidity of buildings.
In 2023, scientists attributed the increase in seismic activity to bradyseism. This phenomenon is characterized by a cyclical rise or fall of the Earth’s surface due to the filling or emptying of magma chambers beneath the region. Evidence of bradyseismic activity can be seen on the Temple of Serapis in Pozzuoli. The shells embedded on the columns show that in the past the sea covered the site.

The website of the Civil Protection in Pozzuoli provides a wealth of explanations on volcanism in the region and on what to do in the event of an eruption or earthquake. Evacuation plans are presented, but there will inevitably be a gap between theory and practice in the event of an eruption. The population has never been trained to evacuate the region with its small towns with narrow streets and its not always disciplined population…
https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

The latest scientific reports from the INGV show that the volcanic situation in the Phlegraean Fields is stable and does not present any cause for concern. Tourists can therefore visit Campania without fear of the sky falling on their heads. It should be noted that visits to the Solfatara have remained prohibited since the accident that cost the lives of a young boy and his parents in September 2017, due to failure to respect the protections installed on the site.
The latest INGV report released in early December 2024 indicates that 42 earthquakes with a maximum magnitude of M2.2±0.3 have been located, which corresponds to the usual trend.
Regarding ground deformation, since the beginning of August 2024 the average value of the uplift speed in the maximum deformation zone has been approximately 10 ± 3 mm per month at the RITE station in Rione Terra. The ground uplift has been about 17.5 cm since January 2024. The Pozzuoli region is therefore currently subject to an ascending bradyseismic phase.
The INGV does not observe any significant variations in the geochemical parameters. The temperature sensor installed near the Pisciarelli fumarole shows an average value of about 97 °C. CO2 emissions do not show any significant change compared to previous periods
In the conclusion of its report, the INGV states that no significant change in the situation is to be expected in the short term. For the long term, it is a different story; we are not yet able to predict eruptions and even less the earthquakes.

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Last minute: A new seismic swarm, lasting about 11 hours, began in Campi Flegrei at 04:33 UTC on December 6th, 2024. INGV reported a preliminary number of 26 earthquakes, with most of them under M1.0 and the strongest registered as M3.4. Light shaking was reported by at least 72 residents.

As I put it before,such events are common in the Campi Flegrei because of the geology and volcanism in the area which is closely monitored. Nothing really alarming.

Prévention éruptive en Islande // Eruptive prevention in Iceland

Le 2 septembre 2024, plus de 200 personnes ont participé à une simulation d’intervention à grande échelle suite à une éruption volcanique. L’exercice faisait partie de manoeuvres militaires incluant 1200 personnes qui se sont déroulées pendant quelques jours et se sont terminées le 3 septembre 2024.
15 personnes ont joué le rôle de blessés pendant une éruption volcanique et des installations ont été mises en place pour les accueillir. En plus du personnel médical de l’armée américaine, l’exercice comportait six personnes de l’équipe d’intervention de l’hôpital de Reykjavik et six personnes de l’Institut de Santé de la région du Suðurnes.
Parmi les blessés, une personne avait été frappée au visage par une bombe volcanique et avait été gravement blessée à la tête. Une autre personne avait reçu en pleine figure un jet de vapeur et de gaz provenant de l’éruption et était sévèrement intoxiquée.
Des installations étaient disponibles pour les personnes nécessitant une intervention chirurgicale et des chirurgiens de l’armée américaine étaient sur place. L’un des participants à l’exercice a joué le rôle d’un patient décédé des suites de ses blessures.
Il ne fait aucun doute que les professionnels de santé ont tiré profit de cet exercice. Ils ont pu voir l’équipement mis à leur disposition et se faire une idée des améliorations pouvant y être apportées. L’équipe d’intervention doit en effet pouvoir disposer d’un bon équipement pour faire face à ce type de situation. L’un des médecins était habitué à travailler à bord d’un hélicoptère ; il a donc pu voir ce qui pouvait être amélioré sur l’appareil.
Un soutien militaire serait nécessaire en cas de très nombreuses victimes. À partir de 2020, les plans de situation de catastrophe ont été réactualisés en raison des éruptions sur la péninsule de Reykjanes. Au cours de l’exercice, il a été possible de voir comment se comporteraient les intervenants en cas de pertes humaines dues aux éruptions. Dans le cas d’un nombre important de victimes dans le pays, l’aide des soldats serait nécessaire. Il y avait 1 300 personnes dans le Blue Lagoon lorsque la dernière éruption a commencé. Si la situation était devenue périlleuse, les sauveteurs locaux n’auraient pas pu à eux seuls prendre en charge simultanément autant de monde et il aurait été très important d’obtenir l’aide de l’armée pour mettre en place un hôpital de campagne.
Au final, l’exercice s’est bien déroulé et il a été intéressant d’observer le comportement de l’armée. Des équipes de l’hôpital de Reykjavik, de l’Institut de santé du Suðurnes (HSS), de la brigade métropolitaine de pompiers, de la Protection Civile et des garde-côtes ont participé à l’exercice avec l’armée américaine. Il s’est déroulé sur la base d’un accord bilatéral entre l’Islande et les États-Unis signé en 1951 et qui doit normalement avoir lieu tous les deux ans.
Source : Médias d’information islandais.

Capture image webcam de la dernière éruption

Cet exercice de prévention est intéressant, même si l’Islande n’est pas la terre volcanique la plus exposée à une catastrophe majeure en cas d’éruption volcanique. D’autres régions du monde sont davantage menacées. Je pense en particulier aux Champs Phlégréens (Campanie / Italie) où il serait intéressant et utile – pour ne pas dire indispensable – de procéder régulièrement à de tels exercices. La population est beaucoup plus dense qu’en Islande et le risque éruptif est d’un autre niveau.

Photo: C. Grandpey

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On September 2nd, 2024, over 200 people took part in a defense exercise where the response to a group accident due to a volcanic eruption was practiced. The exercise was part of a 1,200-person military exercise that has been going on for the past few days and was to end on September 3rd, 2024.

15 people played patients who had received injuries due to a volcanic eruption and facilities were set up to receive them. In addition to medical personnel from the US Army, there were six from the Reykjavik hospital response team and six from the Suðurnes Health Institute.

Among the injured people, there was one who got hit in the face by a rock and had a serious head injury as a result. Another person had got a plume of steam and gas from the eruption in his face and therefore got serious poisoning.

Facilities were available for the people requiring surgery and there were surgeons on site from the US Army. One of the participants in the exercise played a patient who died from his injuries.

Health care workers benefit from defensive exercises. They can see the equipment they have and get ideas on how it is possible to improve this equipment. Especially the response team needs to be able to have good equipment to do what it has to do on site. One of the doctors is a helicopter doctor, so he can look at what can be improved on the helicopter.

Military support would be necessary in a large mass casualty. From 2020 onwards, group disaster plans have been reviewed again due to the volcanic eruptions on the Reykjanes Peninsula and it has been seen how the response would be if there were losses to people due to volcanic eruptions. If there was a major mass casualty in the country, the help of soldiers would be needed. There were 1,300 people in the Blue Lagoon when the eruption started. If it had become serious there, local rescuers alone wouldn’t have been able to handle 1,300 people at once, and then it would have been very important to get help from the army to set up an on-the-field hospital

In the end, the exercise went well and it was interesting to observe how the army behaves. People from Landspítali, Suðurnes Health Institute (HSS), the Metropolitan Fire Brigade, Civil Defense and the Coast Guard came to the exercise together with the US Army. The defensive exercise is held on the basis of the bilateral defense agreement between Iceland and the United States from 1951 and normally takes place every two years.

Source : Icelandic news media.

This prevention exercise is interesting, even if Iceland is not the volcanic land most exposed to a major disaster in the event of a volcanic eruption. Other regions of the world are more threatened. I am thinking in particular of the Phlegraean Fields (Campania / Italy) where it would be interesting and useful – not to say essential – to carry out such exercises regularly. The population is much denser than in Iceland and the eruption risk is much higher.

Nouvelles d’Islande, de Campanie et d’Hawaï // News of Iceland, Campania and Hawaii

Dans sa dernière mise à jour (30 juillet 2024), le Met Office islandais indique que la sismicité quotidienne au sein de la chaîne de cratères Sundhnúkur (péninsule de Reykjanes, Islande) augmente régulièrement. Les modélisations montrent qu’il y a maintenant suffisamment de magma dans le réservoir sous Svartsengi pour déclencher une nouvelle éruption. Dans les mises à jour précédentes, le Met Office expliquait qu’une éruption pourrait se produire avant le 15 août. On peut lire dans la dernière mise à jour qu’ « il y a une probabilité de plus en plus grande que l’éruption se produise dans les 7 à 10 prochains jours. »
Le soulèvement du sol a légèrement diminué au cours des derniers jours. Ceci, ainsi que le type de sismicité détecté au cours des dernières heures, tend à confirmer qu’une intrusion ou une éruption est peut-être imminente.

 

Image de la déformation du sol actuellement (point vert) à Svartsengi. Les décrochements montrent le déclenchement des dernières éruptions (Source : Met Office)

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Dans son dernier bulletin du 30 juillet 2024, l’INGV indique que pendant la semaine du 22 au 28 juillet 2024, dans les Champs Phlégréens (Campanie, Italie) 74 séismes ont été enregistrés avec une magnitude maximale de M4.0. Une secousse de cette intensité a secoué le Golfe de Pouzzoles le 26 juillet sur le coup de midi, avec l’inquiétude habituelle au sein de la population, même si un tel événement est relativement fréquent dans la région.
S’agissant de la déformation du sol, on reste dans une phase inflationniste à raison d’environ 20 ± 3 mm par mois à la station de Rione Terra. Le soulèvement à cette station atteint 12,5 cm depuis janvier 2024. (voir les différents relevés ci-dessous).
Il n’y a pas de variation significative dans les paramètres géochimiques. La principale fumerolle, celle de Pisciarelli, montre une température moyenne de 95°C.
L’INGV ne s’attend pas à une évolution significative de la situation dans les Champs Phlégréens à court terme.

 

Évolution chronologique des mouvements du sol aux stations Rione Terra, Via Napoli, Porto, Solfatara, Cimitero de Pouzzoles et Accademia Aeronautica, entre le 1er janvier et le 28 juillet 2024. (Source : INGV).

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À Hawaï, le Kilauea n’est pas en éruption. Il n’y a pas eu de réactivation de l’essaim sismique des 22-25 juillet 2024 dans la partie supérieure de la zone de rift est (Upper East Rift Zone – UERZ). On n’a enregistré que quelques séismes sous le sommet du volcan et sur la zone de rift est. Les inclinomètres du sommet enregistrent une légère inflation tandis qu’un inclinomètre de la zone de rift est enregistre une légère déflation. Le HVO prévient que de nouveaux essaims sismiques pourraient se produire sans prévenir ou presque, annonçant une intrusion magmatique ou une éruption. Les émissions de SO2 au sommet sont faibles, avec environ 65 tonnes par jour en moyenne.
La sismicité et la déformation du sol sous la Middle East Rift Zone et la Lower East Rift Zone restent faibles.

 

Tout est calme dans le cratère de l’Halema’uma’u (Capture image webcam)

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In its latest update (July 30th, 2024), the Icelandic Met Office indicates that daily sismicity within the Sundhnúkur crater row (Reykjanes Peninsula, Iceland) is steadily increasing. Model calculations show that enough magma has now been recharged in the Svartsengi reservoir to trigger a new eruption. In previous updates, the Met Office warned that an eruption might occur before August 15th. One can read in the latest update that « there is an increased likelihood that this will occur within the next 7-10 days. »

The rate of ground uplift has decreased slightly during the past few days. This, along with the type of seismicity that was detected in the past hours, are indicators that a dike intrusion or a volcanic eruption may be imminent.

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In its latest bulletin of 30 July 2024, INGV indicates that during the week between July 22nd and July 28th in the Phlegraean Fields (Campania, Italy) 74 earthquakes were recorded with a maximum magnitude of M4.0. A tremor of this intensity was recorded in the Gulf of Pozzuoli on 26 July at noon, with the usual concern among the population, even if such an event is relatively frequent in the region.
As for the deformation of the ground, we remain in an inflationary phase at a rate of about 20 ± 3 mm/month at the Rione Terra station. The uplift at this station has reached 12.5 cm since January 2024. (see graphs above for the other stations).
There are no significant variations in the geochemical parameters. The main fumarole of Pisciarelli shows an average temperature of 95°C. INGV does not expect any significant developments in the situation of the Phlegraean Fields in the short term.

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In Hawaii, Kilauea is not erupting. There has been no reactivation of the July 22-25 seismic swarm in the upper East Rift Zone (UERZ). Only a few earthquakes are registered beneaththe volcano’s summit and the UERZ. Summit tiltmeters are recording minor inflation while an UERZ tiltmeter is recording minor deflation. HVO warns that additional seismic swarms may occur with little or no warning and result in either a magma intrusion or an eruption. SO2 emissions at the summit are low at about 65 tonnes per day on average.

Seismicity and ground deformation beneath the middle and lower East Rift Zone and lower Southwest Rift Zone remain low.