Eruption du Fuego (Guatemala): Un bilan toujours plus lourd // The death toll is still mounting

Le bilan de l’éruption du Fuego ne cesse de s’alourdir. Il atteignait 99 morts le 6 juin 2018 et de nombreuses personnes sont toujours portées disparues.

 Le volcan a envoyé une nouvelle coulée pyroclastique mercredi après-midi, ce qui a mis les sauveteurs encore plus en danger et les a obligés à suspendre la recherche des victimes. Les restes des 99 personnes ont été envoyés à la morgue ; seuls 28 corps ont été identifiés jusqu’à présent. Les autorités locales possèdent des données avec des noms et des lieux où se trouvent 192 personnes disparues.
L’éruption du Fuego a provoqué des évacuations dans les localités au pied du volcan. Les zones touchées par les coulées pyroclastiques montrent des scènes de désolation. Les maisons sont enfouies dans la cendre qui est parfois encore chaude au toucher. Un silence macabre a envahi ces villages où ne subsistent que quelques poulets qui ont réussi à échapper à l’éruption. Des roches volcaniques de la taille des balles de baseball, ou plus volumineuses, jonchent le sol. Des pneus de voiture gisent dans des flaques de caoutchouc et d’acier tordu.
Un autre danger est que les fortes pluies provoquent des lahars, rivières de boue qui peuvent remobiliser la cendre volcaniques.
Un état de catastrophe naturelle a été déclaré pour les régions d’Escuintla, Sacatepequez et Chimaltenango, qui ont le plus souffert de la catastrophe.
Source: Associated Press.

En tout, environ 300 personnes sont probablement mortes pendant l’éruption de dimanche. Le bilan est à peu près le même que pour le Merapi (Indonésie) en 2010. Les deux volcans appartiennent à la Ceinture de Feu du Pacifique et comme les autres volcans dans cette partie du monde, ils sont extrêmement explosifs et leurs éruptions sont très difficiles à prévoir, comme on l’a vu avec le Mont Agung à Bali où de dizaines de milliers de personnes ont été évacuées sans que se produise la moindre avalanche pyroclastique. De plus, les explosions sont très soudaines. Un couple vivant sur les pentes du Fuego a déclaré qu’ils se sont mis à courir dimanche après qu’un de leurs enfants leur ait crié de fuir. Au moment où ils ont atteint un abri dans la ville d’Escuintla, ils étaient couverts de cendre. Malheureusement, il n’y a aucun moyen efficace d’avertir les gens. Les sirènes suggérées par certains seraient inutiles car les coulées pyroclastiques se déplacent trop vite, à plusieurs centaines de kilomètre par heure. La seule solution est d’évacuer les habitants le plus loin possible lorsque les instruments des volcanologues annoncent  une possible éruption et de leur demander d’attendre dans les refuges jusqu’à la fin de l’alerte. Une telle situation est très difficile à gérer par les autorités.

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The death toll from Guatemala’s Fuego volcano rose to at least 99 on June 6th, 2018, with many people still missing.

The volcano triggered a new pyroclastic flow on Wednesday afternoon, which put rescuers even more in danger and forced them to suspend the search for victims. The remains of the 99 people have been sent to morgues, while just 28 have been identified so far. Local authorities have data with names and locations where there are missing persons and that number is 192

The volcano’s increased activity prompted evacuations of nearby communities. The areas affected by the pyroclastic flows show scenes of desolation. Homes are buried in ash, some of it still hot to the touch. An eery silence hangs in the air, apart from the presence of chickens that somehow managed to survive the explosion. Volcanic rocks the size of baseballs and larger litter the ground. Melted car tires lay in puddles of rubber and twisted steel.

Another danger is that heavy rains in the area could provoke lahars due to the large flows of volcanic mud.

A state of disaster has been declared for the departments of Escuintla, Sacatepequez and Chimaltenango, which suffered the most in the disaster.

Source: Associated Press.

In all, about 300 people probably died during Sunday’s eruption. The toll is about the same as for Mount Merapi (Indonesia) in 2010. Both volcanoes belong to the Pacific Ring of Fire and like the others in that part of the world they are highly explosive and their eruptions are very difficult to predicy, as could be seen with Mt Agung in Bali where thousands of people were evacuated and no pyroclatic flow ever occurred. Besides, their explosions are very sudden. A couple living on the slopes of Fuego said they ran Sunday after one of their children urged them to flee. By the time they reached a shelter in the city of Escuintla, they were covered in ashes. Unfortunately, there are no means to warn people. The sirens suggested by some would be useless as the pyroclastic flows travel too fast. The only solution is to evacuate the residents as far as possible when the experts’ instruments announce a possible eruption and then ask them to wait in shelters until the eruption has ended. Such a situation is very difficult to manage by the authorities.

         Vue aérienne d’un village recouvert par la cendre du Fuego (Crédit photo: CONRED)

Fuego (Guatemala): Le bilan s’alourdit // The death toll is mounting

Au moins 192 personnes sont portées disparues et 75 sont mortes à la suite de l’éruption du Fuego le 3 juin 2018. Plusieurs villages sur les pentes du volcan ont été ensevelis sous la cendre et la boue. Les opérations de secours du 5 juin ont été perturbées par l’arrivée d’une nouvelle coulée pyroclastique sur le versant sud du volcan. Plus de 1,7 million de personnes ont été touchées par l’éruption et plus de 3 000 ont été évacuées.
La dernière éruption du 5 juin a surpris beaucoup de gens car les volcanologues avaient déclaré que l’éruption était terminée et ne se reproduirait pas dans un proche avenir. Selon l’INSIVUMEH, il n’y aurait « pas d’éruption imminente au cours des prochains jours ».
Remarque personnelle: Une telle déclaration de la part des volcanologues guatémaltèques est très surprenante car nous savons que les coulées pyroclastiques peuvent se déclencher sans prévenir. Lors de la visite d’un observatoire sur les flancs du Merapi en Indonésie, j’ai été très surpris par le laps de temps très bref entre l’apparition du signal sur les sismographes et le déclenchement de la coulée pyroclastque au sommet du volcan. Le délai aurait été beaucoup trop bref pour avertir du danger. Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de prévoir ce genre d’événements. Nous connaissons les volcans où ils sont le plus susceptibles de se produire, mais la prévision s’arrête là.
Source: BBC News.

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At least 192 people are missing and 75 are dead as a result of the explosion of Fuego volcano on June 3rd, 2018. Villages on the slopes were buried in volcanic ash and mud. Rescue work on June 5th was disrupted when a new eruption sent another pyroclastic flow down the volcano’s south side. More than 1.7 million people have been affected by the eruption, with more than 3,000 evacuated.

The last eruption of June 5th took many by surprise after volcanologists said the eruption was over for the near future. Indeed, INSIVUMEH had predicted « no imminent eruption over the next few days ».

Personal remark: Such a statement from volcanologists is very surprising as we know that pyroclastic flows can be triggered without warning. While visiting an observatory on Mt Merapi, I was very surprised when I saw on the seismographs the very short time between the signal end the event. Today, we are not able to predict this kind of events. We know the volcanoes where they are the most likely to occur, but prediction stops here.

Source: BBC News.

Vue de l’Acatenango et du Fuego depuis Antigua (Photo: C. Grandpey)

Eruption du Fuego (Guatemala): Dernier bilan // Latest toll

Après l’éruption du Fuego le 3 juin 2018, les secouristes ont travaillé dans des conditions périlleuses pour essayer de retrouver des corps sous les couches de cendre et de boue. Le nombre de victimes de l’éruption s’élève actuellement à 69 mais est susceptible d’augmenter car tous les secteurs n’ont pas encore été explorés. Les recherches se sont arrêtées après une nouvelle éruption. Un glissement de terrain – ou un lahar ? – sur le versant sud du Fuego a déclenché de nouvelles évacuations. Un responsable de la CONRED, l’agence nationale qui gère les catastrophes au Guatemala, a déclaré que seules 17 victimes avaient pu être identifiées parce que la chaleur intense des matériaux rejetés par le volcan rendait la plupart des corps méconnaissables. Les structures et les arbres au pied du Fuego ont pris une couleur brune et grise.
Le site web ABC News présente une galerie de photos montrant les opérations de secours. On voit un policier portant un masque chirurgical bleu trébucher dans la boue alors qu’il tente d’échapper à un nuage de cendre qui dévale la pente derrière lui.
http://www.abc.net.au/news/2018-06-05/guatemala-fuego-volcano-death-toll-climbs/9834448

Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du Fuego dimanche fut l’une des plus puissantes depuis plus de 40 ans. Elle a entraîné la fermeture de l’aéroport international. Les pluies de cendre sur des milliers d’hectares de plantations de café ont provoqué une perte estimée à 0,91% de la production totale de café du Guatemala. L’éruption a propulsé des colonnes de cendre et de gaz à 10 kilomètres dans le ciel, avec des retombées de cendre sur plusieurs régions.
Près de 2 000 personnes sont hébergées dans des abris et plus de 3 200 ont été évacuées des zones proches du volcan.
Source: ABC News.

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After Fuego’s eruption on June 3rd, 2018, rescue workers struggled in perilous conditions to find bodies under rivers of ash and mud. The number of fatalities from the eruption that now rises to 69 but may increase as all sectors have not yet been explored. The task of pulling out bodies was halted after a new eruption and an apparent landslide on the southern slopes of Fuego triggered fresh evacuations. Guatemala’s national disaster agency CONRED said only 17 victims had been identified because the intense heat of the volcanic debris left most bodies unrecognisable. Structures and trees at the base of the Fuego volcano were completely coated in brown and grey.

On the ABC News website, on can see a photo gallery of the rescue operation. A policeman wearing a blue surgical mask stumbled in the muck as he ran from a cloud of ash pouring down the slope behind him.

http://www.abc.net.au/news/2018-06-05/guatemala-fuego-volcano-death-toll-climbs/9834448

As I put it before, the eruption of Fuego on Sunday was the biggest in more than four decades, forcing the closure of Guatemala’s main international airport and dumping ash on thousands of hectares of coffee farms on the volcano’s slopes, causing an estimated loss of 0.91 per cent of Guatemala’s coffee production,. The eruption sent columns of ash and smoke 10 kilometres into the sky, dusting several regions with ash.

Nearly 2,000 people are in shelters and more than 3,200 have been evacuated from the areas near the volcano.

Source: ABC News.

Volcans Agua, Acatenango & Fuego vus depuis le Pacaya (Photo: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii): Bilan de l’éruption le 25 mai 2018 // The eruption on May 25th, 2018

Trois semaines se sont écoulées depuis le début de l’éruption à Lower Puna. L’activité reste élevée et stable le long de l’East Rift Zone du Kilauea. Des quantités importantes de lave continuent à s’échapper des fractures dans les Leilani estates et Lanipuna Gardens, avec au moins deux entrées de lave dans l’océan.
Depuis son début le 3 mai 2018, l’éruption a détruit une cinquantaine structures et couvert plus de 7 kilomètres carrés. Environ 2 000 personnes ont été évacuées
Le Kilauea est en éruption quasi permanente depuis 35 ans. Entre janvier 1983 et janvier 2018, la lave a détruit 215 structures, principalement à Kalapana ou dans l’ancienne subdivision des Royal Gardens, et couvert 145 kilomètres carrés.
La lave n’a pas progressé vers les puits de la centrale géothermique Puna Geothermal Venture.
Au sommet du Kilauea, de nombreux panaches de cendre continuent d’être émis par l’Overlook Crater. Des retombées de cendre ont été observées sur le district de Ka’u, et une station météorologique spécifique reste en place dans cette zone.
La plus grande partie du Parc National des Volcans d’Hawaï est fermée depuis deux semaines. Aucun employé n’a été licencié. Les employés travaillent autant que possible depuis leur domicile ou dans d’autres lieux. Des équipes réparent les conduites d’eau et autres infrastructures endommagées par les derniers séismes. Avec la fermeture du Parc, Big Island a perdu jusqu’à présent  une somme estimée à environ 6,5 millions de dollars.
Sources: HVO et Protection Civile.

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La situation à 22 heures (heure française): Une coulée de lave en provenance de la fracture 21, dans la partie centrale des Leilani Estates avance vers le nord-est et pourrait menacer la Highway 132, une route d’accès importante pour les autorités et qui permettrait d’évacuer les habitants qui restent dans la subdivision. La coulée s’est déplacée vers le nord le long de Kaupili Street jusqu’à environ 200 mètres au sud de Kahukai Street, à la limite de la subdivision des Leilani Estates, mais sa progression est lente vers le nord-est. Une autre émission de lave du même système de fractures a été observée près de Mohala Street et la fracture n° 3 dans le même secteur est également active.
Si des fractures commencent à s’ouvrir vers le nord, les autorités redoutent une coupure de la Highway 132 qui relie Pahoa à Kapoho et est devenue une importante voie de communication depuis la coupure de la Highway 137 sur la côte au sud de Pohoiki. Si la Highway 132 est coupée près de son intersection avec Pohoiki Road, la Highway 137 qui longe la côte entre Kapoho et Hawaiian Beaches deviendrait la dernière route permettant d’entrer et de sortir des secteurs de Pohoiki et de Kapoho.
Les scientifiques attendent les résultats d’un survol de la zone et devraient donc avoir plus d’informations sur la menace potentielle qui pèse sur la Highway 132.

La lave en provenance de la fracture n° 22 continue de se diriger vers l’océan et finit sa course dans la mer, tandis que les fractures n° 6 et n° 13 alimentent une deuxième entrée de lave dans l’océan.
Source: Protection Civile.

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It’s been three weeks since the eruption started in Lower Puna and activity remains high and stable along Kilauea’s East Rift Zone. Significant amounts of lava continue to pour out of fissures in Leilani Estates and Lanipuna Gardens, with at least two rivers of lava entering the ocean.

Since its start on May 3rd, 2018, the Lower Puna eruption has destroyed about 50 structures and covered more than 7 square kilometres. About 2,000 people have been evacuated

Kilauea has been erupting almost continuously for 35 years. Between January 1983 and January 2018, lava destroyed 215 structures, mostly in Kalapana or the former Royal Gardens subdivision, and covered 145 square kilometres.

Lava has not progressed any closer toward the geothermal wells at Puna Geothermal Venture.

At the summit, numerous ash plumes continue to be emitted by the Overlook Crater. Ash has been falling over communities in Ka‘u, and a special weather statement remains in place over that district.

The majority of the Hawaii Volcanoes National park has been closed for two weeks. No employees have been laid off, and staff is working as much as they can from home or other locations. Crews also are continuing to make repairs to water lines and other infrastructure damaged by recent earthquakes. With the closure of the Park, Big Island has lost an estimated 6.5 million dollars so far.

Sources: HVO & Civil Defense.

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The situation at 10 p.m. (French time): A lava flow originating near the centre of the Leilani Estates subdivision is moving to the northeast and could threaten Highway 132, an important access road for authorities and an evacuation route for remaining residents. The flow from fissure 21 has been moving north along Kaupili Street to about 200 metres south of Kahukai Street at the edge of the Leilani subdivision, but the flows are sluggish in the northeast direction. Another lava breakout from the same fissure system has occurred nearer to Mohala Street, and fissure 3 in the same area has also been active.

If fissures start opening up north, authorities may be confronted with an  inundation of Highway 132 that extends from Pahoa village to Kapoho, and has become an increasingly important transportation route since lava severed Highway 137 on the Puna coast south of Pohoiki. If Highway 132 is cut near its intersection with Pohoiki Road, Highway 137 along the coast from Kapoho to Hawaiian Beaches would become the last remaining route in and out of the Pohoiki and Kapoho areas.

Scientists are waiting for data from an observation overflight, and expect to have more details about the potential threat to Highway 132 later in the day (which will be night in Europe).

Lava from fissure 22 continues to feed one lava river that is flowing into the ocean, while fissures 6 and 13 are feeding a second ocean entry.

Source: Civil Defense.

Carte thermique de la zone de fractures et des coulées de lave (Source : USGS)