Eruptions 2018: Un lourd bilan // A heavy toll

Selon le Centre de recherches sur l’épidémiologie des désastres (CRED), on a comptabilisé en 2018 281 événements liés au climat et à la géophysique. Ils incluent des séismes et des tsunamis, des tempêtes, des inondations, des éruptions volcaniques, des sécheresses et des températures extrêmes, ainsi que des incendies de forêt. Au total, ces catastrophes naturelles ont causé la mort de 10 733 personnes et affecté 61 millions de personnes dans le monde. Cependant, on constate en 2018 la poursuite de la tendance à la baisse du nombre de décès par rapport aux années précédentes. Cela démontre probablement l’amélioration des niveaux de vie et une meilleure gestion des catastrophes.
L’activité volcanique a été assez élevée en 2018. Cela a entraîné plus de décès que pendant les 18 années précédentes combinées. L’un des événements les plus meurtriers s’est produit en juin, lorsque Fuego est entré en éruption au Guatemala. Le dernier bilan du CONRED le 22 août 2018 était de 169 morts et 256 disparus.
Plus tard en décembre, l’éruption de l’Anak Krakatau en Indonésie a déclenché un tsunami. Le dernier bilan en date du 2 janvier 2019 était de 437 morts, 14 059 blessés et 16 disparus.
Source: CRED, The Watchers..

Ces chiffres montrent que notre capacité à prévoir des événements volcaniques majeurs reste faible. Les volcanologues guatémaltèques ont été critiqués pour ne pas avoir su anticiper le déclenchement de coulées pyroclastiques meurtrières. Leurs homologues indonésiens n’ont pas subi le même sort, mais force est de reconnaître qu’ils n’avaient pas prévu l’effondrement d’un flanc de l’Anak Krakatau et les vagues meurtrières qui ont suivi.

Aujourd’hui, la plupart des rapports d’activité se contentent de résumer l’activité éruptive et ses conséquences. On évacue les populations, mais trop souvent après le déclenchement des éruptions. C’est ce qui vient de se passer à Manam. Il arrive aussi que l’on évacue des populations et qu’il ne se passe rien ; c’est ce qui s’est passé il y a quelques mois quand l’Agung menaçait de se mettre en colère. Certes, la volcanologie a progressé au cours du siècle écoulé, mais il reste beaucoup à faire !

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According to the Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED), there were 281 climate-related and geophysical events in 2018. These include earthquakes and tsunamis, storms, floods, volcanic eruptions, droughts and extreme temperatures, wildfires. Altogether, they caused the deaths of 10 733 people and affected 61 million people across the world. However, the ongoing trend of lower death tolls from previous years continued into 2018, potentially demonstrating the efficacy of improved standards of living and disaster management.

Volcanic activity was quite high in 2018. It resulted in more deaths than in the previous 18 years combined. The most deadly events occurred in June, when Fuego erupted in Guatemala. CONRED’s last toll on 22 August, 2018 was 169 deaths and 256 missing.

Later in December, the eruption of Anak Krakatau in Indonesia triggered a tsunami. The last toll on January 2nd, 2019 was 437 dead, 14 059 injured and 16 missing.

Source: CRED, The Watchers.

These figures show that our ability to predict major volcanic events remains low. Guatemalan volcanologists have been criticized for failing to anticipate the triggering of deadly pyroclastic flows. Their Indonesian counterparts were not criticised, but it is clear that they did not anticipate the collapse of a flank of Anak Krakatau and the deadly waves that followed.
Today, most activity reports simply sum up eruptive activity and its consequences. People are evacuated, but too often after an eruption has started. This is what has just happened in Manam. Authorities sometimes evacuate people and nothing happens; this was the case a few months ago when My Agung threatened erupt. Even though volcanology has progressed in the last century, much remains to be done!

En comparant les images des volcans (ici le Fuego et l’Anak Krakatau) avant et après les éruptions, il est facile de comprendre – mais trop tard – pourquoi ces événements ont tué tant de personnes.

Kilauea (Hawaii) : Un lourd bilan de destruction // A heavy toll of destruction

L’éruption continue dans la Lower East Rift Zone du  Kilauea. En seulement trois jours, 150 à 160 maisons ont été recouvertes par la lave à Vacationland. 320 des 350 maisons de Kapoho Beach Lots ont été détruites. Aucun chiffre officiel n’a été publié, mais la lave du Kilauea a probablement détruit plus de 600 maisons depuis le début de l’éruption le 3 mai 2018.
La Protection Civile a estimé qu’un minimum de 5 millions de dollars par mile (1,6 km) serait nécessaire pour réparer les routes détruites.
L’État a débloqué 12 millions de dollars pour le comté d’Hawaï pour aider à prendre des mesures dans le district de Puna. Cet argent peut être utilisé pour l’achat d’équipements d’urgence et de biens et services temporaires liés au logement, mais il n’est pas destiné à la réparation des infrastructures ou à la reconstruction des maisons.
Source: Protection Civile et journaux locaux.

Voici une nouvelle vidéo de l’éruption réalisée le 7 juin 2018:

https://vimeo.com/274011392

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The eruption continues in Kilauea’s Lower East Rift Zone. In just three days, 150 to 160 homes have been lost in Vacationland. Approximately 320 of 350 homes are gone at Kapoho Beach Lots,

No official count has been released, but lava from Kilauea volcano has probably destroyed more than 600 homes since the start of the eruption on May 3rd, 2018..

Civil Defense has estimated a minimum of $5 million a mile (1.6 km) is needed to repair destroyed roads.

The State released $12 million to Hawaii County to support its response to the volcanic eruption in Lower Puna. The funding can be used for emergency supplies and temporary shelter-related goods and services but is not intended for long-term infrastructure repairs, or repairs or rebuilding of homes.

Source: Civil Defense & local newspapers.

Here is a new video of the eruption shot on June 7th, 2018:

https://vimeo.com/274011392

Crédit photo: USGS

Eruption du Fuego (Guatemala): Dernier bilan // Latest toll

Après l’éruption du Fuego le 3 juin 2018, les secouristes ont travaillé dans des conditions périlleuses pour essayer de retrouver des corps sous les couches de cendre et de boue. Le nombre de victimes de l’éruption s’élève actuellement à 69 mais est susceptible d’augmenter car tous les secteurs n’ont pas encore été explorés. Les recherches se sont arrêtées après une nouvelle éruption. Un glissement de terrain – ou un lahar ? – sur le versant sud du Fuego a déclenché de nouvelles évacuations. Un responsable de la CONRED, l’agence nationale qui gère les catastrophes au Guatemala, a déclaré que seules 17 victimes avaient pu être identifiées parce que la chaleur intense des matériaux rejetés par le volcan rendait la plupart des corps méconnaissables. Les structures et les arbres au pied du Fuego ont pris une couleur brune et grise.
Le site web ABC News présente une galerie de photos montrant les opérations de secours. On voit un policier portant un masque chirurgical bleu trébucher dans la boue alors qu’il tente d’échapper à un nuage de cendre qui dévale la pente derrière lui.
http://www.abc.net.au/news/2018-06-05/guatemala-fuego-volcano-death-toll-climbs/9834448

Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du Fuego dimanche fut l’une des plus puissantes depuis plus de 40 ans. Elle a entraîné la fermeture de l’aéroport international. Les pluies de cendre sur des milliers d’hectares de plantations de café ont provoqué une perte estimée à 0,91% de la production totale de café du Guatemala. L’éruption a propulsé des colonnes de cendre et de gaz à 10 kilomètres dans le ciel, avec des retombées de cendre sur plusieurs régions.
Près de 2 000 personnes sont hébergées dans des abris et plus de 3 200 ont été évacuées des zones proches du volcan.
Source: ABC News.

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After Fuego’s eruption on June 3rd, 2018, rescue workers struggled in perilous conditions to find bodies under rivers of ash and mud. The number of fatalities from the eruption that now rises to 69 but may increase as all sectors have not yet been explored. The task of pulling out bodies was halted after a new eruption and an apparent landslide on the southern slopes of Fuego triggered fresh evacuations. Guatemala’s national disaster agency CONRED said only 17 victims had been identified because the intense heat of the volcanic debris left most bodies unrecognisable. Structures and trees at the base of the Fuego volcano were completely coated in brown and grey.

On the ABC News website, on can see a photo gallery of the rescue operation. A policeman wearing a blue surgical mask stumbled in the muck as he ran from a cloud of ash pouring down the slope behind him.

http://www.abc.net.au/news/2018-06-05/guatemala-fuego-volcano-death-toll-climbs/9834448

As I put it before, the eruption of Fuego on Sunday was the biggest in more than four decades, forcing the closure of Guatemala’s main international airport and dumping ash on thousands of hectares of coffee farms on the volcano’s slopes, causing an estimated loss of 0.91 per cent of Guatemala’s coffee production,. The eruption sent columns of ash and smoke 10 kilometres into the sky, dusting several regions with ash.

Nearly 2,000 people are in shelters and more than 3,200 have been evacuated from the areas near the volcano.

Source: ABC News.

Volcans Agua, Acatenango & Fuego vus depuis le Pacaya (Photo: C. Grandpey)

Souvenirs volcaniques: L’éruption du Paricutin (Mexique) // Volcanic memories: The eruption of Paricutin (Mexico)

Il y a tout juste 75 ans, des êtres humains ont pu observer en direct la naissance d’un volcan. L’histoire se passe au Mexique. Le 20 février 1943, un fermier nommé Dionisio Pulido fut le premier à assister à cet événement exceptionnel. Pendant des semaines, la terre n’avait eu cesse de trembler autour du village d’Uruapan, à environ 300 kilomètres à l’ouest de Mexico, et la population locale entendait régulièrement le sol gronder. Le 20 février, la terre se souleva de près de deux mètres et une fracture apparut ; elle émettait de la cendre et de la vapeur avec un fort sifflement. Pendant la nuit, un cône de cendre a commencé à se former. Le nouveau volcan a été baptisé Parícutin, le nom d’un village voisin. De nombreux scientifiques vinrent visiter le site de l’éruption et la croissance du volcan a été soigneusement documentée.
Le Parícutin a surtout été actif au cours de sa première année de vie. Son style d’éruption a ensuite évolué. Après que la cendre ait formé un cône de 300 mètres de hauteur, de la lave a commencé à sortir des fractures. Elle a enterré la ville de San Juan Parangaricutiro, n’épargnant que le clocher de l’église qui sort encore aujourd’hui du champ de lave.
S’agissant du bilan, l’éruption du Paricutin n’a pas laissé la région indemne. Comme je l’explique dans mon livre Killer Volcanoes, après 1949, le volcan a connu des explosions vulcaniennes extrêmement violentes et, au final, un millier de personnes ont perdu la vie, sans parler des victimes de la foudre et des décès dus à des problèmes respiratoires.
Voici une vidéo de l’événement:
https://youtu.be/I2r7RTQ6SNk

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75 years ago, human beings could observe in real time the birth of a volcano. The story took place in Mexico. On February 20th, 1943, Dionisio Pulido, a local farmer, had the rare opportunity to observe this exceptional event. For weeks, there had been an increase in seismicity around the village of Uruapan, about 300 kilometres west of Mexico City, and rumblings could be heard by the local population. On February 20th, there was a ground uplift of nearly two metres and a fracture emitted ash and vapour with a loud hissing sound. During the night, a cone of ash began to form. The new volcano was named Parícutin, after a nearby village. Many scientists came to visit the site of the eruption. The growth of the volcano was carefully documented.

The Parícutin Volcano was most active in its first year. Its eruption style changed over time. After ash had formed a 300-metre-high cone, lava started to come out of the fractures. It buried the surrounding town of San Juan Parangaricutiro, leaving only the church steeple sticking out of the rocks.

Regarding the toll, the eruption of Paricutin did not leave the area unscathed. As I explain in my book Killer Volcanoes, after 1949, the volcano went through extremely violent vulcanian explosions and, in the end, a thousand people lost their lives, not to mention the victims of lightning and deaths due to respiratory problems.
Here is a video of the event:
https://youtu.be/I2r7RTQ6SNk

Source: Wikipedia

L’Etna : un volcan à péage ? // Mt Etna : a toll volcano ?

drapeau-francaisLes autorités siciliennes en charge des Territoires et de l’Environnement ont décrété qu’il faudrait désormais payer, dès 2016, un droit d’entrée de 4 euros pour entrer dans les zones naturelles protégées de Sicile, parmi lesquelles figure évidemment le Parc de l’Etna. Le décret du 20 octobre 2015 a été publié dans le Journal Officiel de la Sicile le 31 décembre de l’année écoulée. La mesure vise à créer de nouveaux emplois qui permettront de mieux gérer et entretenir les zones naturelles protégées où, il est vrai, la propreté laisse souvent fortement à désirer. Il semblerait que la région Sicile n’ait pas les moyens financiers d’assurer une telle tâche.
Les tarifs seraient les suivants: (il faut utiliser le conditionnel car la mesure doit encore être validée) :
Plein tarif € 4,00
Billet à tarif réduit € 2,00
Carte hebdomadaire € 20,00
Billet hebdomadaire réduit € 10,00
Le problème, c’est que les règles du jeu ne semblent pas très claires et certains aspects sont assez discutables. Le billet à tarif réduit est réservé, entre autres, aux « personnes résidant dans les localités se trouvant dans la zone protégée ». En bref, un habitant à Catane devra payer le plein tarif alors qu’un habitant de Nicolosi s’acquittera du demi-tarif !
Si l’idée de récolter l’argent des visiteurs pour entretenir des zones protégées n’est pas mauvaise en soi, son application semble beaucoup plus difficile. Le civisme n’est pas le point fort de notre société et il y a fort à parier que beaucoup de randonneurs trouveront des chemins détournés (il y en a un grand nombre sur l’Etna !) pour ne pas payer les 4 euros. La mise en place de ce péage demandera du personnel qu’il faudra payer et je ne suis pas certain que les sommes récoltées suffiront à éponger l’addition !
De plus, ces 4 euros s’ajouteront au 30€ qu’il faut débourser pour atteindre l’altitude 2500 mètres avec la funivia, ou la soixantaine d’euros demandés pour profiter de l’excursion en bus 4X4 pour s’approcher de la zone sommitale!
Comme me l’écrivait un ami sicilien : « Credo che nascerà un grande bordello…Tra il dire ed il fare…la Sicilia è un posto meraviglioso… » [Je pense que ça va faire naître un beau bordel…Entre les paroles et les actes…la Sicile est un endroit merveilleux…]

Ce ne serait pas la première fois qu’un péage serait mis en place sur un volcan. Il faut maintenant mettre la main au porte-monnaie avant de grimper sur la Fossa de Vulcano, mais l’accès est beaucoup plus facile à contrôler que sur l’Etna!

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drapeau-anglaisSicilian authorities in charge of Territories and Environment have decreed that visitors should now pay in 2016 a fee of 4 euros to enter the protected natural areas of Sicily, with Etna Natural Park among them. The decree of October 20th, 2015 was published in the Official Journal of Sicily on December 31st 2015. The measure aims to create new jobs to better manage and maintain the protected natural areas whose cleanliness is not the main quality. It seems that the Sicily Region does not have the financial means to ensure such a task.
The rates would be as follows (in the conditional as the measure needs to be confirmed) :
Full price € 4.00
Discounted ticket € 2.00
Weekly ticket € 20.00
Reduced weekly ticket € 10.00
The problem is that the rules do not seem very clear and certain aspects seem quite questionable. The reduced fare ticket is reserved, among others, to « persons residing in localities situated in the protected area. » In short, a resident in Catania will pay the full price while an inhabitant of Nicolosi will pay half price!
If the idea to collect money from visitors to maintain protected areas is not bad in itself, its application seems much more difficult. Citizenship is not the main quality of our society and it is likely that many hikers will find ways (there are many of them on Mt Etna Etna!) for not paying the 4 euros. The implementation of the toll it will require more staff to pay and I am not sure that the money raised will be sufficient to pay off the bill!
Moreover, these 4 euros will have to be added to the 30 tourists have to pay to reach 2500 meters with the funivia or the sixty euros or so to enjoy the 4X4 bus tour to approach the summit area!

It would not be the first time a toll would be set up on a volcano. You now need to pay before climbing the Fossa di Vulcano, but its access is easier to control than on Mt Etna!

Etna-blog

Photo: C. Grandpey

Arrêt des recherches sur le Mont Ontake (Japon) // Search has stopped on Mount Ontake (Japon)

drapeau francaisLes autorités japonaises ont décidé hier jeudi d’interrompre définitivement les recherches pour trouver les corps de sept randonneurs qui sont toujours portés disparus sur les flancs du Mont Ontake. Les conditions météorologiques sont très mauvaises, avec de la neige et de fortes pluies provoquées par plusieurs typhons, de sorte que les recherches dont devenues de plus en plus difficiles.
Le bilan officiel pour l’instant est de 56 morts. Il s’agit de l’éruption la plus meurtrière au Japon depuis près de 90 ans. Une opération de recherche de moindre envergure pourrait être organisée au printemps de l’année prochaine. Les pentes du volcan sont actuellement couvertes d’une couche de cendre collante dont l’épaisseur atteint souvent cinquante centimètres. Certaines victimes ont été trouvées à moitié enterrées. Il faut donc craindre que d’autres randonneurs aient été ensevelis eux aussi.

Source : The Japan Times.

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drapeau anglaisJapanese authorities called off yesterday the search for seven hikers still missing on Mount Ontake as poor weather conditions, with snow and heavy rain triggered by typhoons, made the search operation increasingly difficult.

The official death toll at the moment is 56, in Japan’s deadliest eruption for almost 90 years. A small-sized search operation may be carried out next year when spring comes. The slopes of the volcano are currently covered with thick, sticky ash, up to half a metre deep, where some of the dead were found half-buried, leading to fears others may be entombed.

Source : The Japan Times.