White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

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A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

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Bulusan & Mayon (Philippines) : Risque élevé de lahars // High lahar hazard

drapeau-francaisLe PHILVOCS conseille à la population de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent (PDZ) de quatre kilomètres – étendue à 6 km sur le versant sud – autour du Bulusan. En effet, l’épaisse couche de cendre déposée par l’éruption de novembre pourrait se trouver remobilisée et provoquer des lahars en cas de forte pluies pendant la mousson.
Le dernier bulletin de l’Institut rappelle également aux habitants vivant dans les vallées et le long des rivières, en particulier dans les secteurs du sud-est, sud-ouest et nord-ouest du volcan, d’être vigilants car il y a un risque élevé de coulées de boue en cas de pluies abondantes et prolongées.
Le Bulusan reste en alerte volcanique de niveau un, ce qui signifie que des processus hydrothermaux sont en cours sous le volcan et ils peuvent déclencher des éruptions phréatiques. Les pilotes d’aéronefs doivent éviter de voler à proximité du sommet du volcan car la cendre émise pendant une éruption phréatique peut représenter un danger pour les moteurs.

Le PHILVOCS n’a pas pu réaliser de bonnes observations du Mayon ces derniers jours en raison de la couverture nuageuse apportée par les pluies de la mousson. Cependant, aucun lahar n’a, pour le moment, été détecté sur les pentes du volcan.
Le Mayon reste en alerte de niveau 1. Il est conseillé de ne pas entrer dans le PDZ de six kilomètres en raison des fortes pluies qui peuvent se produire sur la volcan. Malgré cette mise en garde, certains agriculteurs et cueilleurs d’orchidées continuent à travailler à l’intérieur de la zone de danger. Ainsi va la vie sur les volcans des Philippines …

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drapeau-anglaisPhilvocs advises residents not to enter Bulusan’s four-kilometer radius PDZ and its six-km extended danger zone on the southern slopes. Indeed, the thick ash layer deposited during the November eruption could be mobilized into lahar in case of heavy downpour due to the prevailing monsoon rains in the province.

The Institute’s latest bulletin also reminds people living within valleys and along rivers especially on the southeastern, southwestern and northwestern sectors of the volcano, to be vigilant against sediment-laden stream flows and lahars in case of heavy and prolonged rainfall.

Bulusan Volcano remains at alert level one, which means that hydrothermal processes are underway beneath the volcano that may lead to steam-driven or phreatic eruptions. Pilots should avoid flying close to the volcano’s summit as ash from any sudden phreatic eruption can be hazardous to aircraft.

Philvocs had difficulty making physical observations of Mayon in the past days due to thick clouds brought by the monsoon rains. However, no lahar movement has yet been detected along Mayon’s slopes.

Mayon volcano remains under alert level one. The public should not enter the six-kilometer PDZ due to the occasional heavy downpour over Mayon. Despite the warning, some farmers and orchid pickers continue to be spotted inside the danger zone. So goes life on the Philippine volcanoes…

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Le Mayon: Un superbe cône, mais un volcan très dangereux.

(Crédit photo: Wikipedia)

Un lahar sur le Merapi (Indonésie) // A lahar on Merapi volcano (Indonesia)

drapeau-francaisAlors que le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1 sur une échelle de 4, le Badan Nacional Penanggulangan Bencana (BNPB) – la structure en charge de la gestion des catastrophes en Indonésie – indique qu’un lahar provoqué par les fortes pluies a emporté neuf camions d’une mine de sable dans le lit de la rivière Bebeng, sur le flanc SO du Merapi. Au moins un camion a été enseveli et six autres ont été gravement endommagés. Il n’y a pas eu de victimes car les mineurs et les autres personnes sur les lieux ont eu le temps de s’échapper. On estime à 20-25 millions de mètres cubes le volume de matériaux accumulés au sommet et sur les flancs du Merapi lors de l’éruption d’octobre-novembre 2010. Une telle quantité favorise le déclenchement des lahars pendant les périodes de fortes pluies. Le BNPB a recommandé à la population de rester vigilante car un lahar qui se déclenche sur les flancs supérieurs du Merapi peut atteindre le pied du volcan en moins de 30 minutes.

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drapeau-anglaisWhile the alert level for the volcano is kept at 1 on a scale of 4, Badan Nacional Penanggulangan Bencana (BNPB) the Indonesian National Board for Disaster Managementreports, indicates that a lahar induced by moderate to heavy rain swept nine sand mining trucks down the Bebeng River on Merapi’s SW flank. At least one truck was buried and six were severely damaged. There were no fatalities as the miners and other people at the scene escaped. Material at the summit and on the flanks produced during the October-November 2010 eruption was an estimated 20-25 million cubic metres, contributing to the continuing high potential of lahars during heavy rain. BNPB recommended that the public remain vigilant during rainy weather because a lahar formed on the upper flanks of Merapi can reach the bottom in less than 30 minutes.

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Des structures ont été édifiées sur les flancs du Merapi pour freiner l’ardeur des lahars qui restent, malgré tout, une menace très sérieuse pour les populations autour du volcan (Crédit photo: Wikipedia)

Turrialba (Costa Rica) & Fuego (Guatemala)

drapeau-francaisLe Turrialba est très actif ces jours-ci, avec plusieurs épisodes éruptifs générant des émissions de cendre, de gaz et de vapeur. Il est fait état de retombées de cendre et d’une odeur de soufre dans certaines régions de Valle Central.
Un violent épisode éruptif le 22 septembre a produit un panache de cendre qui montait jusqu’à 2 km de hauteur.
Un autre épisode ce même jour a généré un panache de cendres qui est monté jusqu’à 1 km au-dessus du volcan.

La sismicité est restée élevée, caractérisée par des événements longue période.

Le 25 septembre, une éruption a été détectée sismiquement et la couverture nuageuse a empêché de bonnes observations.
Une autre éruption le 26 septembre a produit un panache de cendre de 1 km.

Source: OVSICORI.

Le Fuego est très actif lui aussi, avec des fontaines de lave jusqu’à 200 mètres au-dessus du cratère à la fin septembre, et des coulées de lave qui ont parcouru 3,5 km au SE, dans la ravine de Las Lajas. Les explosions se produisent à raison de 3-4 événements par heure et elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 450-850 m au-dessus du volcan. Le 26 septembre, un lahar de 10 mètres de large et 1 mètre de hauteur, déclenché par de fortes pluies dans la région, a dévalé la ravine de Santa Teresa, un affluent de la rivière Pantaleón. Le lahar véhiculait des blocs de 50 cm de diamètre, ainsi que des troncs et des branches d’arbres. Des retombées de cendre ont été signalées dans des zones habitées sur les flancs ouest et sud-ouest du Fuego.
Source: INSIVUMEH.

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drapeau-anglaisTurrialba is quite active these days, with multiple eruptive episodes generating ash, gas, and steam emissions. Ashfall and a sulphur odour have been reported in some areas of Valle Central.

An energetic episode on 22 September produced an ash plume that rose up to 2 km.

Another episode on that same day generated an ash plume that rose 1 km. Seismicity remained high, characterized by long-period events.

On 25 September an eruption was detected seismically, but cloud cover prevented good observations.

Another eruption on 26 September produced an ash plume that rose 1 km.

Source: OVSICORI.

Fuego is quite active too, with lava fountains that rose as high as 200 metres above the crater rim by the end of September, and lava flows that travelled 3.5 km SE in the Las Lajas drainage. Explosions occur at a rate of 3-4 per hour and produce ash plumes that rise 450-850 m above the volcano. On 26 September a 10-metre-wide and 1-metre-deep lahar, triggered by heavy rain in the area, descended the Santa Teresa drainage, a tributary of the Pantaleón river. The lahar carried blocks 50 cm in diameter, branches, and tree trunks. Ashfall has been reported in areas on the W and SW flank.

Source: INSIVUMEH.

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Episode éruptif sur le Turrialba (Source: OVSICORI)

Histoire de lahars // About lahars

drapeau-francaisLes chaînes de télévision ont récemment diffusé les images impressionnantes d’une coulée de boue et de pierres sur les flancs du Mont Granier (Isère), suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur la région. Les géologues ont baptisé le phénomène « lave torrentielle », mélange très visqueux d’eau, de boue et de débris rocheux. La coulée de quelque 15 000 mètres cubes a coupé une route départementale en quatre endroits et la préfecture a interdit toutes les activités sur l’ensemble du massif. Toutefois, selon les autorités, il n’y a aucun risque pour la population et les habitations. A noter que des éboulements sont toujours observés sur le Mont Granier qui reste sous surveillance.

Cette coulée de boue n’est pas sans rappeler les lahars, mot indonésien qui fait référence à un phénomène semblable en terrain volcanique, quand les fortes pluies mobilisent les dépôts de cendre. Ces lahars sont souvent observés dans des pays comme les Philippines et l’Indonésie au moment des pluies intenses de la mousson. On en a également observé – de taille beaucoup plus modeste – en Auvergne ces dernières années sur les flancs du Sancy au-dessus du Mont Dore et dans la Vallées de Chaudefour, suite à de fortes précipitations.

Voici une vidéo de la coulée sur le flanc du Mont Granier :

http://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/isere-des-laves-torrentielles-sur-les-flancs-du-mont-granier_1450823.html

Voici une autre vidéo montrant un lahar  sur le Semeru (Indonésie) :

https://www.youtube.com/watch?v=bt05FIIZPgM

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drapeau-anglaisFrenchTV channels have recently released the impressive images of a mudslide on the slopes of Mount Granier (Isère), following heavy rains that have battered the region. Geologists have dubbed the phenomenon « debris flow », a highly viscous mixture of water, mud and rock debris. The flow, with a voulume estimated at about 15 000 cubic meters, cut a road in four places and the prefecture prohibited all activities on the whole massif. However, according to the authorities, there is no risk to the population and the houses. More landslides are still observed on Mount Granier which remains under surveillance.
This mudslide reminded me of the lahars, an Indonesian word that refers to a similar phenomenon in volcanic terrain, when heavy rains mobilize ash deposits. These lahars are often observed in countries like the Philippines and Indonesia during intense monsoon rains. We also observed them – at a smaller scale – in the French Auvergne in recent years, on the slopes of Mount Sancy above Le Mont Dore and in the Valley of Chaudefour, following heavy rainfall.

Here is a video of the debris flow on the slopes of Mont Granier:
http://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/isere-des-laves-torrentielles-sur-les-flancs-du-mont-granier_1450823.html
Here is another video showing a lahar on Semeru volcano  (Indonesia):
https://www.youtube.com/watch?v=bt05FIIZPgM

Nevado

Les lahars peuvent être destructeurs, comme celui généré par l’éruption  du Nevado del Ruiz (Colombie) en  1985. Il a balayé la ville d’Armero, tuant 26 000 personnes. (Crédit photo: Wikipedia).

Détresse sur le Ruapehu (Nouvelle Zélande) // Surviving Ruapehu (New Zealand)

drapeau-francaisS’ils pouvaient parler, certains volcans de notre planète auraient des histoires à raconter, certaines drôles, d’autres dramatiques. J’ai relaté certaines dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé. Voici le récit d’une situation particulièrement difficile vécue par deux jeunes Néo-Zélandais sur le Ruapehu…

Le Ruapehu, l’un des volcans les plus actifs de Nouvelle Zélande, est entré en éruption le 25 septembre 2007 à 20h26, en générant deux lahars et une colonne de cendre et autres matériaux qui est montée jusqu’à environ 4.500 mètres de hauteur, avec des retombées sur tout le sommet du volcan. L’événement explosif s’est accompagné d’une séquence sismique qui a duré 8 minutes. Il a été précédé d’une activité sismique mineure d’environ 10 minutes, beaucoup trop faible et de trop courte durée pour avertir de l’imminence de l’éruption.
Le 25 septembre 2007, William Pike et son ami, James Christie, avaient escaladé le Ruapehu et ils avaient décidé de faire une halte sur le chemin du retour dans le Shelter Dome, un petit refuge édifié en cas d’urgence près du lac de cratère.
A 8h26, le volcan est entré en éruption. Le premier signe de cet événement ressenti par les deux hommes fut une énorme « vague de pression » – autrement dit une onde de choc – dont le souffle fit ouvrir la porte du refuge. Encore enfoui dans son sac de couchage, William Pike s’avança afin de jeter un coup d’œil à l’extérieur. Horrifié, il assista au spectacle de la montagne qui commençait à cracher des pierres, avant de recevoir de plein fouet un lahar de boue, d’eau et de débris. La coulée de boue le projeta contre le mur du fond du refuge où il se retrouva en position assise, tandis que la boue formait comme un ciment autour de lui. Sa jambe droite avait été horriblement brisée et restait prisonnière de l’amas de matériaux.
Les deux hommes ont fait tout ce qui était possible pendant une quinzaine de minutes pour libérer William Pike, mais leurs efforts sont restés vains car la jambe était coincée dans l’amas de débris. Il fallait donc que James Christie parcoure la pente du volcan pour demander de l’aide. Vêtu seulement de sous-vêtements thermiques, il réussit à extraire ses chaussures de la boue, ainsi que la veste de Pike, une lampe frontale et un piolet, mais il ne put récupérer des crampons ou des chaussettes pour les chaussures de montagne.
Environ une demi-heure après le départ de James Christie, Pike perdit conscience, convaincu qu’il allait mourir. Lorsque les secouristes sont arrivés au refuge vers une heure du matin, il était en état d’hypothermie avancée, avec une température de 25 degrés Celsius. Il fut finalement héliporté vers l’hôpital de Waikato où il arriva vers 4h du matin. L’un des médecins dit plus tard que la première chose qu’il observa au moment de l’arrivée de Pike aux urgences fut une « puanteur de soufre ».
Quand William Pike sortit de son coma un jour plus tard, son père était à ses côtés et il lui a dit tout de suite que sa jambe droite avait été amputée au-dessous du genou pour lui sauver la vie.
Pike est sorti de l’hôpital au bout de neuf semaines. Après s’être d’abord déplacé sur des béquilles, il reçut sa première prothèse de jambe en février 2008. Il est retourné enseigner à l’école primaire Murrays Bay du North Shore d’Auckland seulement six mois après l’accident, avec un emploi à temps partiel.
Fin 2008, William Pike a effectué sa première marche en pleine nature.
En 2009, le directeur adjoint de l’Hilltop School de Taupo et un parent d’élève lui ont demandé de piloter un programme d’éducation en plein air qui a conduit à la création du William Pike Challenge Award, malgré la réticence de Pike à utiliser son nom. Le Prix s’adresse à des collégiens de 11 à 13 ans et vient en complément du Prix Edmund Hillary. Les élèves participent à six activités de plein air durant l’année; ils doivent aussi s’acquitter de 20 heures de service communautaire et passer 20 heures à développer un nouveau hobby.
Aujourd’hui, des milliers de petits Néo-Zélandais participent au programme d’éducation en plein air de William Pike.
Source: Manawatu Evening Standard (http://www.stuff.co.nz/manawatu-standard)

Cette anecdote me rappelle l’histoire poignante que Stanley Williams a racontée dans son livre «Le Cri du Volcan » (« Surviving Galeras » dans la version anglaise). Une équipe de volcanologues été surprise par une explosion soudaine et violente du Galeras en Colombie en 1993. Neuf personnes sont mortes et plusieurs autres, parmi lesquelles Stanley Willimas, ont été grièvement blessées.

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drapeau anglaisIf volcanoes could speak, some of them would have stories to tell. Some of them are funny, others quite tragic. I related some of them in a book entitled Volcanecdotes, unfortunately no longer available. Here is the story of what happened to two young New-Zealanders on Mount Ruapehu…

Mt Ruapehu, one of the most active volcanoes in New Zealand, erupted on September 25th 2007 in the evening at 8:26 pm and produced two lahars, an eruption column to about 4,500 metres, with ash fall and rock falls across the summit of the volcano. The explosive eruption was accompanied by an earthquake that lasted 8 minutes. It was preceded by about 10 minutes of minor earthquake activity. This initial seismic activity was too small and of too short a duration to provide a useful warning of the impending eruption.
On September 25, 2007, William Pike and his friend, James Christie, climbed Mt Ruapehu and had decided to stay in Dome Shelter, near the crater lake, on the way down.
At 8:26 that night, the mountain unexpectedly erupted. The climbers’ first hint of trouble was a huge pressure wave hitting the hut and blowing its door wide open. William Pike pulled himself across the floor in his sleeping bag to peek out of the door, horrified to witness the mountain was beginning to spew rocks onto the hut before a deadly volcanic lahar of mud, water and debris struck. The mudflow rammed him against the hut’s opposite wall in a sitting position before forming like cement around him, his right leg horribly broken and crushed under the floorboards.
The two young men frantically tried to free William Pike for about 15 minutes, but their efforts were useless with his leg firmly stuck in the debris. So they decided James Christie had to run down the volcano’s slopes to seek help. Clad only in thermal underwear, he managed to dig out his boots, Pike’s jacket, a headlamp and an ice axe, but no crampons or socks for his boots.
About half an hour after Christie left, Pike lost consciousness, convinced he would die. By the time rescuers reached him about 1am the next day, he was extremely hypothermic with a temperature of 25 degrees Celsius. He was eventually airlifted to Waikato Hospital, arriving about 4am that day. One of the doctors later told Pike when he walked into the emergency department, all he could smell was the stench of sulphur.
When he awoke from his coma a day later, his dad was there and immediately broke the news that his right leg had been amputated below the knee to save his life.
He was discharged after nine weeks in hospital and after initially managing on crutches, he got his first prosthetic leg in February 2008. And he also returned to primary school teaching only six months after the accident, taking a part-time job at Murrays Bay School on Auckland’s North Shore.
By the end of 2008, William Pike managed his first bush walk.
In 2009, the deputy principal of Taupo’s Hilltop School, along with a parent, asked him to be a role model for an outdoor education programme, which led to the creation of the William Pike Challenge Award, despite Pike’s reluctance to use his name.
The award targets 11 to 13-year-old school kids, dovetailing with the Hillary Award, which runs in high schools. Pupils participate in six outdoor activities at the school during the year, as well as completing 20 hours of community service and 20 hours developing a new hobby.
Today, thousands of Kiwi kids follow William Pike’s inspirational footsteps in his outdoor education programme.
Source : Manawatu Evening Standard (http://www.stuff.co.nz/manawatu-standard)

This story reminds me of the heart-rending story Stanley Williams told in his book “Surviving Galeras”. A team of volcanologists was surprised by a sudden and violent explosion of the Colombian volcano in 1993. Nine people died and several others, among whom Stanley Williams, were seriously injured.

Ruapehu general

Ruapehu sommet

Ruapehu lac

Vues du Ruapehu, de son sommet et du lac de cratère (Photos: C. Grandpey)

Alertes en Indonésie

drapeau francaisLes autorités indonésiennes ont élevé à 3 (Siaga) le niveau d’alerte du Soputan. Les émissions de gaz et de vapeur montent à 50-200 mètres au-dessus du cratère, avec une augmentation de la sismicité. Il est demandé à la population de respecter une zone de sécurité de 6,5 km de rayon autour du cratère. Les évacuations ne sont pas nécessaires car la zone habitée la plus proche se trouve à 8 km du cratère.
Avec cette hausse du niveau d’alerte du Soputan, six volcans indonésiens sont maintenant en alerte de niveau 3 (siaga); les autres sont le Gamalama (depuis la mi-décembre 2014), le Slamet (depuis août 2014), le Sinabung (depuis avril 2014), le Karangetang (depuis septembre 2013) et le Lokon (depuis juillet 2011).
Suite à l’éruption du Gamalama la semaine dernière, une alerte aux lahars a été émise pour les habitants de la ville de Ternate, en particulier ceux qui vivent près des berges. Avec les fortes pluies de jeudi soir, certains habitants de trois sous-districts du Nord Ternate s’apprêtaient à évacuer les lieux car les digues de terre n’arrivaient plus à contenir la rivière Tugurara.
Une autre alerte aux lahars concerne les habitants sur les pentes du Merapi. Cependant, le risque de coulées de boue est faible car le volume de matériaux accumulés près du cratère n’est pas très important. De plus, ces matériaux ont durci, ce qui réduit le risque d’être emportés par la pluie.
Source: Asia One.

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drapeau anglaisIndonesian authorities have raised the status of Mount Soputan to level 3 (Siaga) as white smoke was reaching 50-200 metres above the crater, with an increase in sismicity. Residents are urged not go within a 6.5-km radius of the crater. Evacuations were not necessary as the nearest residential area is located 8 km from the crater.

With the increased warning level for Soputan, six volcanoes are now on alert status; the others are Gamalama (since mid-December 2014), Slamet (since August 2014), Sinabung (since April 2014), Karangetang (since September 2013) and Lokon (since July 2011).

Following Gamalama’s eruption last week, a lahar-flood warning has been issued to residents of Ternate city, specifically those living near riverbanks. Amid heavy rains on Thursday night, some residents in three subdistricts in North Ternate began preparing to evacuate as water containing volcanic material overflowed into the Tugurara River.

Another lahar warning was issued to residents on the slopes of Mt. Merapi. However, the possibility of a lahar flood is low as the volume of material near the crater is not great and it has hardened, making it more difficult to be flushed down by rain.

Source : Asia One.