Bilan d’activité volcanique 2022

A l’aube de l’année 2023, voici un petit bilan de l’activité volcanique dans le monde en 2022.

L’année 2022 a commencé avec la poursuite de l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Elle avait commencé le 22 décembre 2021 et a pris fin le 17 janvier 2022.

Une nouvelle éruption a débuté le 19 septembre 2022 sur le flanc sud-ouest, dans le secteur du cratère Rivals, à environ 2200 m d’altitude. L’éruption s’est arrêtée brutalement vers 10h10 (heure locale) le 5 octobre 2022.

Photo: C. Holveck

Une éruption a commencé sur le volcan Wolf (Galapagos / Equateur) le 7 janvier 2022. La dernière éruption de ce volcan avait eu lieu en 2015 après 33 ans de sommeil, avec un VEI 4.

Débutée le 13 janvier 2022, l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) est indéniablement l’événement de l’année. Sa puissance ne cesse de surprendre les scientifiques. Je vous invite à lire les différentes notes parues sur ce blog à propos de cette éruption cataclysmale.

Source: NASA

Une éruption phréato-magmatique s’est produite sur le Taal (Philippines) le 26 mars 2022). En conséquence, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte de 2 à 3. L’événement a été de courte durée et a été suivi d’une activité phréatomagmatique quasi continue qui a généré des panaches montant à 1 500 m au-dessus du cratère. Le PHIVOLCS a recommandé l’évacuation de Volcano Island et des barangays proches du lac en raison du risque de coulées pyroclastiques et de tsunami si des éruptions plus fortes devaient se produire.

Une crise sismique faisant craindre une éruption a été enregistrée au mois de mars à São Jorge (Açores). Le niveau d’alerte a été relevé à 2, puis à 3 (sur une échelle de 0 à 6) et même à 4 le 20 mars. Bien qu’aucune évacuation officielle n’ait été décrétée, les personnes vulnérables ont été déplacées vers d’autres endroits de l’île. La population totale de l’île est d’environ 8 400 personnes; environ 1 250 habitants ont décidé de quitter l’île les 23 et 24 mars. A ce jour, aucune éruption n’a eu lieu.

Des variations de température ont été observées dans le lac de cratère du Ruapehu (Nouvelle Zélande), mais aucune activité éruptive ne s’est produite.

L’activité de l’Anak Krakatau a connu une hausse à la fin du mois d’avril 2022, obligeant les autorités à relever le niveau d’alerte de 2 à 3 le 24 avril. La sismicité a fortement augmenté. L’activité éruptive oscillait entre des explosions avec émissions de panaches de cendres et des événements de type strombolien. Une coulée de lave a été observée jusque dans la mer le 23 avril. Le public n’est pas autorisé à s’approcher de l’Anak Krakatau dans un rayon de 5 km.

Une éruption a débuté le 3 août 2022 en Islande. Elle a fait suite à l’intense activité sismique observée au cours des semaines précédentes. Le magma a atteint la surface dans la Meradalir sur la péninsule de Reykjanes. Une fissure de 100 mètres s’est ouverte près du Fagradalsfjall, site de la précédente éruption. L’éruption a pris fin officiellement le matin du 21 août 2022.

Le niveau d’alerte du Semeru (Indonésie) a été relevé de 3 à 4 le 4 décembre 2022 après l’éruption du volcan. Le panache de cendres a atteint une hauteur de 15 kilomètres, avec des retombées sur plusieurs villages où des masques ont été distribués. L’agence indonésienne de gestion des catastrophes (BNPB) a conseillé aux gens de ne pas mener d’activités dans un rayon de 5 kilomètres du sommet du Semeru et a déclaré que près de 100 habitants, dont des enfants et des personnes âgées, ont été évacués vers des abris temporaires. Le Semeru a également déclenché des coulées pyroclastiques atteignant 7 kilomètres. Aucun blessé ou décès n’a été signalé.

On enregistre toujours plusieurs explosions par heure sur le Fuego (Guatemala). Elles envoient des matériaux incandescents à une hauteur de 100 à 350 m et génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent à environ 1 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Des ondes de choc secouent les structures dans les localités autour du volcan. Des avalanches de blocs descendent dans les ravines sur les flancs du Fuego.

Le Fuego peut être très destructeur. Tout le monde garde à l’esprit l’éruption du 3 juin 2018 qui a causé la mort de 190 personnes et fait 256 disparus. Ce sont les chiffres officiels, mais le nombre réel de morts est beaucoup plus élevé. On estime que probablement 2000 personnes ont péri sous les coulées pyroclastiques. Il s’agit de l’éruption la plus meurtrière au Guatemala depuis 1929.

Crédit photo: CONRED

Une éruption a débuté sur la zone de rift NE du Mauna Loa (Hawaii) dans la soirée du 27 novembre 2022. Le volcan n’avait pas émis de lave depuis 1984. On a craint un moment que les coulées coupent la Saddle Road, mais l’éruption a pris fin le 13 décembre 2022.

Crédit photo: USGS

L’éruption du Kilauea (Hawaii) qui avait débuté le 29 septembre 2021 s’est poursuivie tranquillement avec un petit lac de lave dans le cratère de l’l’Halema’uma’u, mais l’éruption du Mauna Loa a tout chamboulé et le Kilauea est, lui aussi, parti en vacances le 12 décembre 2022.

En Sicile, l’Etna a connu plusieurs crises éruptives comme celle du 21 février. Ces crises débutent en général dans le Cratère SE par une activité strombolienne qui se transforme en puissantes fontaines de lave et un panache éruptif atteignant plusieurs km de hauteur. Un débordement de lave du cratère peut accompagner ces crises éruptives. Des retombées de cendres sont observées dans les zones sous le vent.

Deux nouvelles bouches se sont ouvertes au mois de mai sur l’Etna, dans la partie haute de la Valle del Bove. La lave se déplaçait lentement vers le Monte Simone.

A partir de 17h00 (UTC) le 27 novembre 2022, le réseau de vidéosurveillance de l’Etna a mis en évidence l’ouverture d’une bouche effusive à la base nord-est du cratère SE, à une altitude d’environ 2800 m d’altitude. A l’heure actuelle, la lave continue de s’écouler dans le Val del Leone.

Image webcam

De toute évidence, l’accès à la zone sommitale du Stromboli (Sicile) n’est pas pour demain! Le volcan continue à montrer des crises explosives pouvant être violentes. On observe de temps à autre une activité particulièrement forte dans la zone cratèrique Nord, avec des explosions et des débordements de lave le long de la Sciara del Fuoco. Des coulées pyroclastiques sont également observées, comme le 9 octobre et le 4 décembre 2022.

La situation s’est aggravée à Stromboli à cause d’un violent incendie de végétation au mois de mai 2022 qui s’est déclaré au cours du tournage d’un film. Depuis cette époque, les fortes pluies génèrent des coulées de boue qui envahissent les ruelles de San Vincenzo.

L’île éolienne de Vulcano reste sous surveillance à cause des émissions gazeuses qui restent supérieures à la normale. L’accès au cratère de La Fossa reste interdit. A noter le 23 mai une décoloration de l’eau de mer le long de la plage de Levante, avec des odeurs nauséabondes.

Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne pour le Sheveluch est Orange. Le volcan émet de temps à autre de volumineux panaches de cendres susceptibles d’affecter le trafic aérien dans la région. La couleur est Jaune pour le Bezymiaznny, le Karymsky et le Klyuchevskoy.

Le Sabancaya (Pérou) est régulièrement mentionné dans les bulletins d’activité volcanique. On enregistre en moyenne 30 à 40 explosions pas jour. Elles génèrent des panaches qui montent à 3 ou 4 km au-dessus du volcan.

Crédit photo: IGP

Le Sakurajima (Japon) est entré de nouveau en éruption le 24 juillet 2022. Le niveau d’alerte volcanique est passé de 3 à 5, le plus élevé. Les matériaux éjectés par le volcan sont retombés jusqu’à 2,5 kilomètres du cratère, mais il n’est fait état d’aucun blessé. Il a été demandé au public d’évacuer la zone concernée par l’éruption.

White Island (Nouvelle Zélande), le Lewotolok et le Merapi (Indonésie), le Villarrica (Chili), le Nevado del Ruiz (Colombie), le Popocatepetl (Mexique), le Semisopochnoi et le Pavlof (Alaska), Nishinoshima (Japon), le volcan sous marin de Home Reef (Tonga), ou encore le Grimsvötn (Islande) et ses crues glaciaires sont d’autres volcans actifs de la planète. J’ai eu l’occasion de donner de leurs nouvelles au cours de l’année 2022. Pour les retrouver, il suffit de taper leur nom dans le petit moteur de recherche dans la colonne de droite de ce blog.

Nishinoshima (Crédit photo: Japan Coast Guard)

Réchauffement climatique : une pluie de records en Europe // Global warming : record temperatures in Europe

Selon les chiffres provisoires du Met Office, confirmés dans quelques jours, l’année 2022 a été la plus chaude jamais enregistrée au Royaume-Uni qui, rappelons le, englobe l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de galles (Grande Bretagne) et l’Irlande du Nord. La température annuelle a été la plus élevée de l’histoire des observations dans ce pays avec une moyenne de près de 10°C, dépassant le précédent record établi en 2014 (9,88 °C). Les 10 années les plus chaudes ont toutes été observées depuis 2003 sur une série qui remonte à 1884.

Ce record arrive après celui en enregistré en France où l’on a enregistré en 2022 une moyenne d’environ 14,5°C, au-dessus du record de 2020 (14,07°C).

L’Espagne devrait elle-aussi battre son record de chaleur. D’après l’organisme Aemet, la moyenne en 2022 dépassera de 0,6°C les deux années les plus chaudes à ce jour, 2017 et 2020. Les quatre années les plus chaudes auront ainsi toutes été observées après 2015. La moyenne annuelle devrait atteindre 15,3°C, il s’agira de la première année au-dessus de 15°C.

En Allemagne, 2022 se soldera probablement par un record mais les météorologues d’outre-Rhin attendent les relevés de décembre pour confirmation. Jamais depuis 1881 la période de janvier à novembre en Allemagne n’avait été aussi chaude qu’en 2022. La moyenne est de 11,3°C sur janvier-novembre. Le pic précédent pour la période avait été observé en 2020 avec 11,1 °C.

En Suisse, selon les dernières prévisions jusqu’à la fin de l’année, la température annuelle à l’échelle du pays atteindra 7,4 °C, soit 1,6 °C au-dessus de la norme 1991-2020. C’est de loin la valeur la plus élevée depuis le début des mesures en 1864. Les sept années les plus chaudes depuis le début des mesures ont toutes été enregistrées après 2010.

Source : global-climat.

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According to provisional figures from the Met Office, confirmed in a few days, 2022 was the hottest ever recorded in the United Kingdom which includes England, Scotland, Wales (Great Britain) and Northern Ireland. The annual temperature was the highest in the history of observations in this country with an average of almost 10°C, exceeding the previous record set in 2014 (9.88°C). The 10 hottest years have all been observed since 2003 on a series that dates back to 1884.

This record comes after the one recorded in France where an average of around 14.5°C was recorded in 2022, above the 2020 record (14.07°C).

Spain will probably break its heat record. According to Aemet, the average in 2022 will be 0.6°C higher than the two hottest years to date, 2017 and 2020. The four hottest years will thus all have been observed after 2015. The annual average is likely to reach 15.3°C, This will be the first year above 15°C.

In Germany, 2022 will probably end with a record, but meteorologists across the Rhine are awaiting December readings for confirmation. Never since 1881 has the period from January to November in Germany been as hot as in 2022. The average is 11.3°C in January-November. The previous peak for the period was observed in 2020 with 11.1°C.

In Switzerland, according to the latest forecasts until the end of the year, the annual temperature nationwide will reach 7.4°C, which is 1.6°C above the 1991-2020 norm. This is by far the highest value since measurements began in 1864. The seven hottest years since measurements began have all been recorded after 2010.

Source : global-climat.

Evolution des températures au Royaume Uni (Source: Met Office)

Réchauffement climatique : 2022 une année de catastrophes // Global warming : 2022 a disaster year

L’année 2022 restera dans les annales aux États-Unis pour ses inondations et ses tempêtes dévastatrices, ainsi que pour ses vagues de chaleur et ses sécheresses extrêmes. 2022 s’est terminée avec une tempête de neige encore jamais vue dans certaines régions du pays.
En octobre 2022, les États-Unis avaient connu depuis le début de l’année 15 catastrophes causant chacune plus d’un milliard de dollars de dégâts.

Source : NOAA

L’année a commencé et s’est terminée par de violentes tempêtes hivernales du Texas au Maine, affectant des dizaines de millions de personnes et causant des dégâts importants. Le mois de mars a établi le record du nombre de tornades avec 233 événements.
Au cours d’une période de cinq semaines au cours de l’été 2022, cinq événements majeurs de précipitations se sont produits à Saint-Louis, dans l’est du Kentucky, dans le sud de l’Illinois, dans la Vallée de la Mort en Californie et à Dallas (Texas), provoquant des crues dévastatrices et parfois mortelles. De graves inondations dans le Mississippi ont perturbé l’approvisionnement en eau pendant des semaines dans certaines régions. Une inondation historique dans le Montana, provoquée par de fortes pluies et la fonte des neiges a entraîné l’évacuation de plusieurs portions du Parc national de Yellowstone.
À l’automne, les ouragans Ian et Fiona ont provoqué des précipitations extrêmes et des ondes de tempête meurtrières en Floride et Porto Rico. Ian est devenu l’un des ouragans les plus destructeurs de l’histoire des États-Unis. Sans oublier le typhon qui a frappé 1 600 km de côtes en Alaska.
Alors que l’on observait un excès de précipitations dans certaines régions, une chaleur extrême et trop peu de précipitations étaient enregistrées ailleurs. Des vagues de chaleur persistantes ont persisté dans de nombreuses régions des Etats Unis, avec des records de température. Des incendies de végétation ont fait rage en Arizona et au Nouveau-Mexique. La sécheresse a également fait baisser le niveau du Mississippi à un tel point près de Memphis en automne que les barges ne pouvaient pas passer sans un dragage préalable et des envois d’eau en amont. Le long du fleuve Colorado, les autorités ont envisagé un renforcement des restrictions d’utilisation de l’eau qui atteignait un niveau critique dans les principaux réservoirs.
Au Pakistan, des pluies de mousson record ont inondé plus d’un tiers du pays, tuant plus de 1 500 personnes. En Inde et en Chine, des vagues de chaleur et des sécheresses prolongées ont asséché les rivières, perturbé les réseaux électriques et menacé la sécurité alimentaire de milliards de personnes. Des inondations à grande échelle et des glissements de terrain provoqués par des pluies torrentielles ont également tué des centaines de personnes en Afrique du Sud, au Brésil et au Nigeria.
En Europe, les vagues de chaleur ont fait apparaître des températures record en Grande-Bretagne et dans d’autres parties du continent, avec de graves sécheresses et des incendies de forêt dans de nombreuses régions comme le sud-ouest de la France. Une grande partie de l’Afrique de l’Est est toujours en proie à une sécheresse pluriannuelle, la pire depuis plus de 40 ans, selon les Nations Unies. Des millions de personnes se retrouvent exposées aux pénuries alimentaires et à la famine.
Contrairement à ce que pensent et ce qu’affirment certains, y compris sur ce blog, 2022 n’a pas été une année exceptionnelle. Ces événements extrêmes se produisent avec une fréquence et une intensité croissantes. Ils sont intensifiés par le réchauffement climatique qui affecte l’ensemble de la planète. La plus récente évaluation du climat dans le monde par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) a révélé une augmentation significative de la fréquence des températures extrêmes et de l’intensité des précipitations, ce qui entraîne davantage de sécheresses et d’inondations.
Selon une étude publiée en 2022, les inondations et les sécheresses extrêmes deviennent également plus meurtrières et plus coûteuses, malgré une amélioration de notre capacité à gérer les risques climatiques. Cela s’explique en partie par le fait que les événements extrêmes d’aujourd’hui, accentués par le réchauffement climatique, dépassent souvent les capacités de gestion des autorités responsables.
Une grande partie de ce qui se passe aujourd’hui apparaît de manière cohérente dans les modèles climatiques. À mesure que le climat se réchauffe, un changement dans la répartition des températures conduit à davantage d’extrêmes. Par exemple, à l’échelle mondiale, une augmentation de 1 degré Celsius de la température moyenne annuelle correspond à une augmentation de 1,2 °C à 1,9 °C de la température maximale annuelle.
De plus, le réchauffement climatique entraîne des changements de comportement de l’atmosphère et de l’océan. La différence de température entre l’équateur et les pôles est ce qui induit la force des vents. Comme les régions polaires se réchauffent beaucoup plus vite que l’équateur, la plus faible différence de température provoque un affaiblissement global des vents et un jet-stream qui devient plus sinueux.
Certains de ces changements peuvent créer des conditions telles que des systèmes de hautes pressions persistants et un blocage atmosphérique qui entraînent des vagues de chaleur plus intenses. Les dômes de chaleur au-dessus des plaines du sud des États-Unis en juin et dans l’ouest en septembre en sont deux exemples.
Le réchauffement peut également être amplifié encore davantage par des rétroactions positives. Par exemple, des températures plus élevées ont tendance à assécher le sol. Le manque d’humidité du sol réduit la capacité calorifique de la terre, ce qui facilite son réchauffement. Des vagues de chaleur plus fréquentes et persistantes entraînent une évaporation excessive qui, combinée à une diminution des précipitations dans certaines régions, provoque des sécheresses plus intenses et des incendies de forêt plus fréquents
Les températures plus élevées augmentent la capacité de l’atmosphère à retenir l’humidité à un taux d’environ 7 % par degré Celsius. Cette augmentation de l’humidité entraîne des précipitations plus importantes. Même s’il est difficile de lier directement des événements extrêmes spécifiques au réchauffement climatique, lorsque ces événements soi-disant rares se produisent avec une plus grande fréquence dans un monde qui se réchauffe, il est difficile d’ignorer le changement que subit notre climat. 2022 est probablement un aperçu de ce qui nous attend dans un avenir proche car les événements climatiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents.
Source : médias d’information américains.

Il y aura toujours des gens pour dire que les événements extrêmes ne sont pas liés au réchauffement climatiques et ce seront ces mêmes personnes qui brailleront le plus fort le jour où elles en seront elle-mêmes victimes.

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The year 2022 will be remembered across the U.S. for its devastating flooding and storms—and also for its extreme heat waves and droughts. It came to an end with a snowstorm never seen before in some parts of the country.

By October 2022, the U.S. had already seen 15 disasters causing more than $1 billion in damage each. (see map above)

The year started and ended with widespread severe winter storms from Texas to Maine, affecting tens of million of people and causing significant damages. Then, March set the record for the most reported tornadoes in the month, with 233 events.

During a period of five weeks over the summer, five 1,000-year rainfall events occurred in St. Louis, eastern Kentucky, southern Illinois, California’s Death Valley and Dallas, causing devastating and sometimes deadly flash floods. Severe flooding in Mississippi troubled water supply for weeks in some areas. A historic flood in Montana, brought on by heavy rain and melting snow, forcing large areas of Yellowstone National Park to be evacuated.

In the autumn, hurricanes Ian and Fiona deluged Florida and Puerto Rico with extreme rainfall and deadly, destructive storm surges. Ian became one of the most expensive hurricanes in U.S. history. And a typhoon pounded 1,600 km of the Alaska coast.

While too much rainfall threatened some regions, extreme heat and too little precipitation worsened risks elsewhere. Persistent heat waves lingered over many parts of the country, setting temperature records. Wildfires raged in Arizona and New Mexico. Drought also left the Mississippi River so low near Memphis in autumn that barges couldn’t get through without additional dredging and upstream water releases. Along the Colorado River, officials discussed tightening water-use restrictions as water levels neared dangerously low levels in the major reservoirs

In Pakistan, record monsoon rains inundated more than one-third of the country, killing over 1,500 people. In India and China, prolonged heat waves and droughts dried up rivers, disrupted power grids and threatened food security for billions of people. Widespread flooding and mudslides brought on by torrential rains also killed hundreds of people in South Africa, Brazil and Nigeria.

In Europe, heat waves set record temperatures in Britain and other parts of the continent, leading to severe droughts, and wildfires in many parts of the continent. Much of East Africa is still in the grips of a multiyear drought—the worst in over 40 years, according to the United Nations—leaving millions of people vulnerable to food shortages and starvation.

This is not an exceptional year. Such extreme events are occurring with increasing frequency and intensity. They are intensified by the global warming that is affecting the whole planet. The most recent global climate assessment from the United Nations Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) found significant increases in both the frequency and intensity of extreme temperature and precipitation events, leading to more droughts and floods.

According to a study published in 2022, extreme flooding and droughts are also getting deadlier and more expensive, despite an improving capacity to manage climate risks. Part of the reason is that today’s extreme events, enhanced by global warming, often exceed communities’ management capabilities.

Much of what is happening today is well understood and consistently reproduced by climate models. As the climate warms, a shift in temperature distribution leads to more extremes. For example, globally, a 1 degree Celsius increase in annual average temperature is associated with a 1.2°C to 1.9°C increase in the annual maximum temperature.

In addition, global warming leads to changes in how the atmosphere and ocean move. The temperature difference between the equator and the poles is the driving force for global wind. As the polar regions warm at much higher rates than the equator, the reduced temperature difference causes a weakening of global winds and leads to a more meandering jet stream.

Some of these changes can create conditions such as persistent high-pressure systems and atmospheric blocking that bring more intense heat waves. The heat domes over the U.S. Southern Plains and South in June and in the West in September were both examples.

Warming can also be further amplified by positive feedbacks. For example, higher temperatures tend to dry out the soil, and less soil moisture reduces the land’s heat capacity, making it easier to heat up. More frequent and persistent heat waves lead to excessive evaporation, combined with decreased precipitation in some regions, causing more severe droughts and more frequent wildfires

Higher temperatures increase the atmosphere’s capacity to hold moisture at a rate of about 7% per degree Celsius. This increased humidity leads to heavier rainfall events.

Even though it is difficult to link specific extreme events directly to climate change, when these supposedly rare events occur with greater frequency in a warming world, it is hard to ignore the changing state of our climate. 2022 might provide a glimpse of our near future, as these extreme climate events become more frequent.

Source : U.S. News media.

There will always be people who will say that extreme events are not linked to global warming and it will be these same people who will shout the loudest the day when they are victims of these events. .

Evolution des températures (Sources : NOAA, NASA, ERA5, Berkeley Earth)

2023 sera une autre année chaude // 2023 will be another hot year

D’après le Met Office, l’année 2023 sera l’une des plus chaudes jamais observées. La température moyenne à l’échelle de la planète devrait se situer entre 1,08°C et 1,32°C, avec une estimation centrale de 1,20°C au-dessus de la moyenne de la période préindustrielle (1850-1900). Il s’agirait alors de la dixième année consécutive avec des températures atteignant au moins 1°C au-dessus des niveaux préindustriels. L’estimation centrale de 1,20°C pour 2023 représenterait la 4ème anomalie la plus élevée des annales. L’année 2022, quant à elle, est en passe d’être la 5ème ou 6ème année la plus chaude sur la planète. On sait d’ores et déjà (voir la note du 7 décembre 2022) que ce sera l’année la plus chaude jamais enregistrée en France.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la température globale de 1880 à 2022 (données provisoires pour 2022) par rapport à la période préindustrielle (moyenne 1850-1900) :

 

Sources : NOAA, NASA, ERA5, Berkeley Earth

Un phénomène doit être pris en compte dans les prévisions climatiques globales. La température mondiale au cours des trois dernières années a été influencée par l’effet de refroidissement généré par un long épisode La Niña dans le Pacifique oriental.

Pour l’année 2023, le modèle climatique du Met Office indique la fin des trois années consécutives avec La Niña et un retour à des conditions relativement plus chaudes dans certaines parties du Pacifique tropical. Il y aura une première transition entre l’épisode La Niña et une phase neutre, elle même suivie d’une épisode El Niño. Ce changement conduira très probablement à une hausse de la température mondiale.

Jusqu’à présent, 2016 et 2020 ont été les années les plus chaudes depuis le début des observations en 1850. 2016 a été une année El Niño où la température mondiale a été dopée par des eaux plus chaudes dans certaines parties du Pacifique tropical lors de l’hiver 2015-2016. 2020 a été stimulée par les conditions relativement chaudes du Pacifique en 2019, mais dans une bien moindre mesure que l’épisode majeur de 2016.

Sans épisode El Niño significatif, 2023 ne sera peut-être pas une année record. Malgré tout, avec l’augmentation en cours des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est probable que l’année prochaine sera une autre année remarquablement chaude. Certains modèles prévoient l’émergence de conditions El Niño dans la 2ème partie de l’année 2023 mais les effets devraient principalement se faire sentir fin 2023 et surtout en 2024.

Il faut noter que les prévisions du Met Office sont basées sur les principaux moteurs du climat mondial, mais elles n’incluent pas les événements imprévisibles tels que les grandes éruptions volcaniques qui provoqueraient un refroidissement temporaire.

D’après une analysée publiée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) début 2022, il est extrêmement probable que l’une des cinq prochaines années soit la plus chaude jamais enregistrée, battant le record de 2016, avec un dépassement de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 (COP 21), les pays ont convenu de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, et de préférence de le limiter à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. D’après l’OMM, c’est désormais du 50/50 pour qu’au moins une année dépasse 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2026. Une seule année de dépassement de 1,5°C ne signifie pas que la planète a dépassé officiellement le seuil emblématique de l’Accord de Paris. Elle révèle que nous nous rapprochons de plus en plus d’une situation où une température de 1,5°C pourrait être dépassé sur une période prolongée.

Source : Met Office, global-climat.

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According to the Met Office, 2023 will be one of the hottest years on record. The average global temperature is projected to be between 1.08°C and 1.32°C, with a central estimate of 1.20°C above the average for the pre-industrial period (1850-1900 ). It would then be the tenth consecutive year with temperatures reaching at least 1°C above pre-industrial levels. The central estimate of 1.20°C for 2023 would represent the 4th highest anomaly on record. 2022, meanwhile, is on track to be the 5th or 6th hottest year. We already know (see my post of December 7th, 2022) it will be the hottest year ever in France.
The graph above shows the evolution of global temperature from 1880 to 2022 (provisional data for 2022) compared to the pre-industrial period (average 1850-1900).
A phenomenon should be taken into account in global climate forecasts. Global temperature over the past three years has been influenced by the cooling effect generated by a long La Niña episode in the eastern Pacific.
For the year 2023, the Met Office climate model indicates the end of three consecutive years with La Niña and a return to relatively warmer conditions in parts of the tropical Pacific. There will be a first transition between the La Niña episode and a neutral phase, itself followed by an El Niño episode. This change will most likely lead to a rise in global temperatures.
So far, 2016 and 2020 have been the warmest years since observations began in 1850. 2016 was an El Niño year where global temperature was boosted by warmer waters in parts of the tropical Pacific during winter 2015-2016. 2020 was boosted by relatively warm Pacific conditions in 2019, but to a much lesser extent than the major episode of 2016.
Without a significant El Niño episode, 2023 may not be a record year. Even so, with the ongoing increase in global greenhouse gas emissions, next year is likely to be another remarkably hot year. Some models predict the emergence of El Niño conditions in the second half of 2023, but the effects should mainly be felt at the end of 2023 and especially in 2024.
It should be noted that the Met Office forecasts are based on the main drivers of global climate, but they do not include unpredictable events such as large volcanic eruptions which would cause temporary cooling.
According to an analysis published by the World Meteorological Organization (WMO) in early 2022, it is extremely likely that one of the next five years will be the hottest on record, breaking the record of 2016, with an overshoot of 1.5 °C above pre-industrial levels.
Under the 2015 Paris Agreement (COP 21), countries agreed to keep global warming well below 2°C, and preferably limit it to 1.5°C above pre-industrial levels. According to WMO, it is now 50/50 for at least one year to exceed 1.5°C above pre-industrial levels by 2026. Only one year exceeding 1.5°C does not mean that the planet has officially crossed the emblematic threshold of the Paris Agreement. It reveals that we are getting closer and closer to a situation where a temperature of 1.5°C could be exceeded for an extended period.
Source: Met Office, global-climat.

Les glaciers n’ont pas fini de fondre….