Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

En Islande, une grande fracture s’est ouverte il y a quelques jours dans la partie sud du Grímsfjall, près du volcan sous-glaciaire Grímsvötn. Les images montrent qu’il y a beaucoup d’activité hydrothermale dans cette fracture, mais il n’y a pas d’éruption pour le moment.
La fracture s’est ouverte entre les points de conduite A1 et A2, il est donc conseillé aux voyageurs de conduire un peu plus au sud de l’itinéraire traditionnel. La fracture est peut-être en train de s’agrandir et on observe des trous dans le glacier suffisamment grands pour engloutir de grosses voitures.
Il est intéressant de noter que la fracture s’est ouverte moins de deux semaines après le début d’une crue glaciaire du Grímsvötn, ce qui a conduit les autorités à relever la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Uncertainty » (Incertitude).

 

Fissure sur le Grimsfjall (Crédit photo: Andri Gunnarsson / Facebook)

Toujours en Islande, un essaim sismique incluant environ 1 400 événements a été enregistré dans les environs du Herðubreið à partir du 22 octobre 2022. Hormis un séisme de M 4,1, deux ont présenté des magnitudes supérieures à M 3,0.
Selon le Met Office islandais, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Bien que le dernier essaim sismique ait été plus intense que d’habitude, les secousses sont fréquentes dans cette zone.

 Herðubreið et Odadahraun au premier plan (Photo: C. Grandpey)

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Le 24 octobre 2022, le satellite Copernicus Sentinel-2 a pris une superbe photo d’Alaid, le volcan le plus haut et le plus septentrional des îles Kouriles. On peut voir une coulée de lave descendre le versant sud du volcan.
L’Alaid est en éruption depuis plusieurs semaines. Une forte anomalie thermique a été détectée le 15 septembre 2022, indiquant le début d’une nouvelle éruption strombolienne, après plusieurs années de calme. La couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune le 15 septembre et du Jaune à l’Orange le 18 septembre, car les cendres peuvent causer des problèmes aux avions survolant la région. L’activité éruptive s’est intensifiée le 15 octobre, avec un panache de cendres s’élevant jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer
Source : Copernicus, KVERT.

Source: Copernicus EU/Sentinel-2

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Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption explosive a eu lieu sur le Bezymianny (Kamtchatka) le 23 octobre 2022. Le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption s’est accompagnée de coulées pyroclastiques sur le versant sud-est du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant l’événement, puis a été abaissée à l’Orange.

En ce qui concerne les autres volcans de la région, la couleur de l’alerte aérienne pour l’Alaid, l’Ebeko et le Sheveluch est également Orange. Elle est Jaune pour le Karymsky.

Source : KVERT.

 

Evénement explosif sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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A la Martinique, l’OVSM a enregistré 31 séismes de type volcano-tectonique d’une magnitude inférieur à M 0.3 sous la Montagne Pelée entre le 14 et le 21 octobre 2022, soit 22 de plus que la semaine précédente. Selon l’Observatoire, ces séismes se produisent à l’intérieur de l’édifice volcanique, à environ 1 km de profondeur sous le sommet. Ils sont liés à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique.

Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population. Le niveau d’alerte reste JAUNE : Vigilance.

 

Photo: C. Grandpey

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Une activité éruptive mineure est observée sur le Cotopaxi (Equateur) avec des émissions de gaz et de cendres. De petites retombées de cendres et une odeur de soufre ont été signalées par des randonneurs. Le VAAC de Washington a indiqué que les 21 et 22 octobre 2022, les panaches de cendres ont atteint 7,6 à 8,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a été élevé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 22 octobre.
Les données sismiques et des rapports des médias montrent que de petits lahars secondaires générés par la fonte de la glace sous les dépôts de cendres ont parcouru de courtes distances sur les flancs du volcan.
Source: Instituto Geofísico.

Emission de cendre sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

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Des panaches de vapeur et de cendres du Kerinci (Sumatra / Indonésie) se sont élevés jusqu’à 750 m au-dessus du sommet entre le 18 et le 24 octobre 2022. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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Le Popocatepetl (Mexique) montre ses émissions habituelles de vapeur et de gaz, contenant parfois de petites quantités de cendres. Le réseau sismique enregistre quotidiennement des épisodes de tremor. Une petite explosion a été observée le 25 octobre 2022. Selon un article de presse, un nouveau dôme de lave, d’environ 60 m de diamètre, serait apparu au fond du cratère depuis le 7 octobre. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase 2.
Source : CENAPRED.

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L’activité du Villarrica (Chili) est en hausse régulière depuis quelques jours. Le nombre et l’amplitude des séismes longue période ont augmenté en octobre 2022. Le 14 octobre, des images satellites ont montré que le lac de lave actif couvrait une superficie de 36 mètres carrés dans la partie E du fond du cratère. Des fontaines de lave et des explosions stromboliennes étaient visibles sur les images de la webcam le 18 octobre. L’anomalie thermique la plus intense au-dessus du cratère depuis septembre 2019 a été détectée sur les images satellites le 23 octobre et l’incandescence du cratère était visible sur les images de la webcam. Ce même jour, des touristes ont décrit des projections de lave émises depuis une profondeur de 80 m et ils ont entendu de forts bruits de dégazage. Des dépôts de tephra éjecté étaient visibles sur la lèvre du cratère et sur les flancs supérieurs le 24 octobre. Une intense incandescence au niveau du cratère était visible sur les images le 25 octobre. Le niveau d’alerte reste toutefois au Vert, le plus bas.
Source : SERNAGEOMIN.

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Une hausse de l’activité éruptive a été observée sur l’Anak Krakatau (Indonésie) ces derniers jours. 7 explosions ont été enregistrées du 24 au 26 octobre 2022, portant à 78 le nombre total d’événements depuis le début de l’année.
Lors des éruptions, les panaches de cendres sont montés jusqu’à environ 150 – 300 m au-dessus du cratère
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : PVMBG.
Vous verrez une galerie d’images de la webcam sur cette page :

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans les zones de rift.
La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère. Elle de déverse ensuite dans le lac de lave actif et se répand aussi sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées lors d’un survol le 5 octobre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption actuelle le 29 septembre 2021. Les émissions de SO2 atteignaient environ 700 tonnes par jour le 22 octobre 2022.
Source : HVO.

En lisant le dernier livre de Dominique Decobecq et Claude Grandpey, « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » (Editions Omniscience), vous rencontrerez Jules Tavernier, le peintre du Kilauea….

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

In Iceland, a large fissure opened up a few days ago in the southern part of Grímsfjall, near Grímsvötn subglacial volcano. Pictures show that there is a lot of hydrothermal activity in this fissure, but there is no eruption at this moment.

The fissure opened between driving points that are often called A1 and A2, so it is advisable for travellers to drive a little south of the traditional route. The fissure is possibly growing and has made holes in the glacier large enough to swallow large cars.

It is interesting to notice that the fissure formed less than two weeks after a glacial flood started at Grímsvötn, prompting authorities to raise the Aviation Color Code to Yellow and the Volcanic Alert Level to Uncertainty.

Still in Iceland, a seismic swarm with about 1,400 events occurred in the vicinity of Herðubreið since October 22nd, 2022. Apart from the largest M 4.1 earthquake, two have registered magnitudes greater than M 3.0.

According to the Icelandic Met Office, there is no need to worry. lthough the latest seismic swarm was more intense than usual, earthquakes are frequent in this area.

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On October 24th, 2022, the Copernicus Sentinel-2 satellite took a great photo of Alaid, the highest and northernmost volcano of the Kuril Islands. One can see a lava flow travelling down the southern slope of the volcano.

Alaid has been erupting for several weeks. An intense thermal anomaly was detected on September 15th, 2022, signaling the beginning of a new Strombolian eruption after several years of quiescence. The Aviation Color Code was raised from Green to Yellow on September 15th and from Yellow to Orange on September 18th, as the ash can cause problems to aircraft flying over the region. Eruptive activity increased on October 15th, with an ash plume rising up to 5 km above sea level

Source: Copernicus, KVERT.

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As this happens from time to time, a strong explosive eruption took place at Bezymianny (Kamchatka) on October 23rd, 2022. The ash plume rose up to 10 km above sea level. The eruption was accompanied by pyroclastic flows along the southeastern slope of the volcano. Thé Aviation Color Code was raised to Red during the event and later lowered back to Orange.

As far as the other volcanoes of the region are concerned, the aviation colour code for Alaid, Ebeko and Sheveluch is Orange too. It is Yellow for Karymsky. 

Source: KVERT.

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In Martinique, OVSM recorded 31 volcano-tectonic earthquakes with a magnitude of less than M 0.3 under Mount Pelee between October 14th and 21st, 2022, This means 22 more events than the previous week. According to the Observatory, these earthquakes occur inside the volcanic edifice, about 1 km deep beneath the summit. They are linked to the formation of micro-fractures in the volcanic edifice.
None of these earthquakes were felt by the population. The alert level remains YELLOW: Watch.

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Minor eruptive activity is observed at Cotopaxi (Ecuador) with gas-and-ash emissions. Minor ashfall and a sulfur odour were reported by mountaineers. The Washington VAAC reported that on October 21st and 22nd, 2022 ash plumes rose to 7.6-8.5 km a.s.l. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on October 22nd.
Based on seismic data and media reports, small secondary lahars generated from the melted glacier beneath the ash deposit and traveled short distances down the flanks.

Sources: Instituto Geofísico.

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Steam and ash plumes from Kerinci (Sumatra / Indonesia) rose as high as 750 m above the summit between October 18th and 24th, 2022. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Popocatepetl (Mexico) is showing its usual steam-and-gas emissions, sometimes containing minor amounts of ash, The seismic network records daily periods of tremor. A small explosion was recorded on October 25th, 2022. According to a news article a small new lava dome, about 60 m in diameter, had been growing on the crater floor since October 7th. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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Activity at Villarrica (Chile) has been gradually increasing in the past few days. Both the number and amplitude of long-period earthquakes increased during October 2022. On October 14th, satellite images showed the active lava lake covering an area of 36 square meters in the E part of the crater floor. Lava fountaining and Strombolian explosions were visible in webcam images on October 18th. The most intense thermal anomaly over the crater since September 2019 was detected in satellite images on October 23rd and crater incandescence was visible in webcam images. That same day tourists described seeing splashes of lava ejected from a depth of 80 m and hearing loud degassing sounds. Deposits of ejected tephra were visible around the crater rim and on the upper flanks on October 24th, and intense crater incandescence was visible in images on October 25th. The Alert Level remains at Green.

Source: SERNAGEOMIN.

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An increase in eruptive activity has been observed at Anak Krakatau (Indonesia) in the past few days. 7 explosions were recorded from October 24th to October 26th, 2022, bringing the total number of eruptions since the start of the year to 78.

During the eruptive events, the ash plumes rose up to about 150 – 300 m above the crater

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source: PVMBG.

You will see a gallery of webcam images on this page:

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in the rift zones.

Lava is erupting from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from October 5th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021. SO2 emissions were measured at about 700 tonnes per day on October 22nd, 2022.

Source: HVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Nouvelles données sur le volcanisme lunaire // New data on lunar volcanism

Une analyse d’échantillons lunaires fournis par la mission lunaire chinoise Chang’e 5 apporte peut-être une nouvelle réponse au volcanisme récent sur la Lune.
Les échantillons obtenus grâce aux missions Apollo et Luna ont tous été datés à environ 3 milliards d’années, mais les échantillons rapportés par la mission Chang’e 5 fin 2020 montrent que les roches de la région où le vaisseau spatial s’est posé étaient relativement jeunes, âgées de seulement 2 milliards d’années.
La mission Chang’e 5 a permis de collecter 1,73 kilogrammes de poussière et de roches lunaires dans une région appelée Oceanus Procellarum sur la face la plus proche de la lune en décembre 2020. Les scientifiques chinois avaient ciblé cette zone d’alunissage en raison de la densité apparente plus faible de cratères. Cela laissait supposer que la zone était nettement plus jeune que les zones échantillonnées par les missions Apollo américaine et Luna soviétique.

Voir vidéo de l’alunissage de Chang’e 5:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Image agrandie d’un échantillon de roche lunaire collecté lors de la mission chinoise Chang’e 5 en décembre 2020. (Source : CNSA/GRAS/NAOC)

Plusieurs équipes scientifiques ont essayé de savoir ce que les roches peuvent nous apprendre sur la Lune et l’histoire de notre système solaire.

Des chercheurs avaient précédemment émis l’hypothèse qu’une teneur en eau relativement élevée ou la présence d’éléments radioactifs producteurs de chaleur à l’intérieur de la Lune était susceptible de provoquer du volcanisme à un stade avancé de la vie de la Lune, dans certaines régions. Cependant, de nouvelles données fournies par la mission Chang’e-5 et publiées dans la revue Nature semblent écarter cette hypothèse.
Des chercheurs de l’Institut de géologie et de géophysique de l’Académie chinoise des sciences ont découvert qu’un point de fusion plus bas de certaines parties du manteau lunaire pourrait être dû à la présence de composants fusibles donnant naissance à un jeune volcanisme lunaire. L’étude a été publiée dans la revue
Science Advances le 21 octobre 2022.
Un des scientifiques auteurs de l’étude a expliqué que « la fusion récente du manteau lunaire peut être obtenue soit en augmentant la température, soit en abaissant le point de fusion. Pour mieux comprendre ce problème, nous devons évaluer la température et la pression dans lesquelles le jeune volcanisme a été créé ».
Les chercheurs ont mené une série de simulations de cristallisation fractionnée et de fusion du manteau lunaire afin de comparer 27 échantillons de clastes de basalte issus de la mission Chang’e 5 avec des basaltes fournis par les missions Apollo. Ils ont découvert que le jeune magma collecté par Chang’e 5 avait des teneurs en oxyde de calcium et en dioxyde de titane plus élevées que les magmas Apollo plus anciens. Ce sont des cumulats océaniques de magma lunaire de stade tardif, riches en calcium et en titane, qui fondent plus facilement que les cumulats plus anciens.
L’étude présente des preuves du premier mécanisme viable susceptible d’expliquer le jeune volcanisme sur la Lune, compatible avec les derniers échantillons rapportés par la mission Chang’e 5. Cela pourrait aider à comprendre l’évolution thermique et magmatique de la Lune.
Source : space.com.

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An analysis of lunar samples returned by China’s Chang’e 5 moon mission has produced a new possible answer for recent volcanism in the moon’s history.

Lunar samples returned by the Apollo and Luna missions are all older than about 3 billion years, but samples returned by Chang’e 5 in late 2020 showed that rocks in the area were relatively young, at only 2 billion years old.

China’s Chang’e 5 spacecraft collected 1.73 kilograms of lunar dust and rocks (see sample above) from a region called Oceanus Procellarum on the near side of the moon in December 2020. The mission team targeted this landing area because of its apparent lower density of craters, suggesting it was significantly younger than areas sampled by the Apollo and Soviet Luna missions.

See video of Chang’e 5’s landing:

https://youtu.be/VS9zr6MrCiM

Various teams of scientists have been working to learn what the rocks can tell us about the moon and the history of our solar system. The researchers previously speculated that either a relatively high water content or the presence of radioactive, heat-producing elements in the lunar interior might have driven volcanism in a late stage of the moon’s life in some areas. However, new Chang’e-5 data published in the journal Nature appears to have ruled out these hypotheses.

Researchers from the Institute of Geology and Geophysics at the Chinese Academy of Sciences found that a lower melting point for portions of the lunar mantle could be due to the presence of fusible components, leading to young lunar volcanism. The study was published in the journal Science Advances on October 21st, 2022.

One of the sientists explained that « recent melting of the lunar mantle can be achieved by either raising the temperature or lowering the melting point. To better understand this problem, we should estimate the temperature and pressure in which the young volcanism was created. »

The researchers conducted a series of fractional crystallization and lunar mantle melting simulations to compare 27 samples of Chang’e 5 basalt clasts with Apollo basalts. They found that the young magma collected by Chang’e 5 had higher calcium oxide and titanium dioxide contents than older Apollo magmas. These are calcium-titanium-rich late-stage lunar magma ocean cumulates are more easily melted than early cumulates.

The research presents evidence for the first viable mechanism to account for young volcanism on the Moon that is compatible with the newly returned Chang’e 5 samples and could help understand the Moon’s thermal and magmatic evolution.

Source : space.com.

Comme la plume au vent… une « plume de chaleur »…!

« Inédite », « exceptionnelle », tels sont les qualificatifs utilisés par Météo France pour parler de la vague de chaleur qui touche la France en cette fin de mois d’octobre. Malheureusement, on le voit avec les événements extrêmes à répétition, le « jamais vu » ou l' »exceptionnel » ont tendance à se répéter!

Actuellement, sur l’ensemble du territoire français, les températures dépassent largement les normales de saison, avec des pointes supérieures à 30°C relevées localement dans le Sud. C’est bien sûr une conséquence directe du réchauffement climatique, une expression beaucoup plus parlante que « changement » ou « dérèglement » régulièrement utilisées par les médias français.

Météo France confirme que l’on a bien affaire à une vague de chaleur car les températures nettement supérieures (souvent de 4 ou 5 degrés, voire plus) à la normale se sont installées durablement et concernent une large zone géographique.

Comme d’habitude, Météo France rechigne à inclure d’emblée la vague de chaleur actuelle dans le cadre plus global du réchauffement climatique. On nous parle d’une « poussée d’air chaud nord-africain », et même d’une « plume de chaleur » (!) qui serait à l’origine des canicules de l’été 2022. [NDLR :Je sens qu’on ne va pas tarder à nous parler de « duvet » pour faire référence au peu de neige qui va bientôt recouvrir nos montagnes!]

Météo France constate que des périodes de chaleur ont déjà été observées à l’automne, en septembre et en octobre, mais elles étaient généralement plus courtes et pas aussi tardives. En 2022, les prévisions la font s’étendre jusqu’à la fin du mois. Après, on ne sait pas.

Avec la vague de chaleur que nous connaissons, tout porte à croire qu’octobre 2022 sera le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés en France. Une climatologue de Météo France reconnaît que « c’est un signal de l’emballement du changement climatique. » [NDLR: toujours pas de « réchauffement »!!]

Les données ne livreront une réponse définitive qu’en janvier 2023, mais l’année 2022 est bien partie pour figurer, une fois de plus, parmi les années les plus chaudes en France et ailleurs dans le monde. A moins que les mois de novembre et décembre ne soient particulièrement froids, mais les instituts météorologiques qui osent faire des prévisions à long terme ne vont pas dans ce sens. Toujours est-il qu’au vu des températures enregistrées entre le 1er janvier et le 24 octobre, l’année 2022 est bien, pour le moment, l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le pays.

Un climatologue au CNRS explique que la situation soit-disant exceptionnelle de cette année « pourrait être la norme au cours du siècle. » et le réchauffement (enfin!!) climatique actuel, lié aux activités humaines, s’annonce pire que prévu en France. En 2100, la hausse de la température moyenne en France hexagonale risque d’atteindre ou même dépasser 3,8°C, soit un réchauffement potentiellement beaucoup plus important que prévu.

L’article paru sur le site de France Info n’en parle pas, mais les épisodes de sécheresse à répétition vont faire apparaître des problèmes d’alimentation en eau dans certaines régions. Sans parler de la réduction de la couche neigeuse, avec ses conséquences sur les glaciers qui, rappelons le, participent à notre approvisionnement en eau.

Source: Adapté d’un article paru sur le site de la radio France Info.

Photo: C. Grandpey

Glaciers et virus // Glaciers and viruses

Ces dernières semaines, on a pu lire dans la presse française plusieurs articles alertant sur l’apparition de nouveaux virus avec la fonte des glaciers, avec le risque de nouvelles pandémies. Il serait temps que nos journalistes se réveillent car il y a longtemps que la presse internationale alerte sur le sujet. J’ai d’ailleurs consacré plusieurs notes sur ce blog aux conséquences sanitaires de la fonte des glaciers et du dégel du permafrost dans les zones arctiques.

On peut lire sur le site web de la chaîne BFMTV que « pour l’heure, les travaux n’ont pas encore révélé combien de virus avaient été identifiés, ni combien d’entre eux sont inconnus de la science. » Il reste certes des zones d’ombre, mais la présence de virus potentiellement dangereux pour l’Homme est une quasi certitude.

Dans une note rédigée le 23 février 2021, je mettais particulièrement l’accent sur le dégel du permafrost arctique car on s’est rendu compte que des virus et autres microbes jusqu’alors congelés pourraient refaire surface.

Ainsi, le virus de la Grippe Espagnole est resté présent dans des cadavres enterrés au Svalbard en 1918. L’histoire fait froid dans le dos :

En septembre 1918, sept jeunes pêcheurs et fermiers norvégiens embarquent à destination du Spitzberg où ils ont l’intention de se faire un peu d’argent dans les mines de charbon. A bord du bateau qui les conduit à leur destination,  ils contractent le virus de la Grippe Espagnole qui a tué plus de 20 millions de personnes au cours de cette même année. Ils décèdent au bout de quelques jours et sont enterrés en catastrophe dans le petit cimetière de Longyearbyen.

En août 1997, en prenant moult précautions, une équipe scientifique exhume les corps et effectue des prélèvements de tissus provenant des poumons, du cerveau, des reins. Les organes sont relativement bien conservés, ce qui suppose que le terrible virus l’est lui aussi ! Les échantillons de tissus prélevés sont envoyés dans quatre laboratoires aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Norvège. Certains virologues critiquent cette opération qui pourrait s’avérer dangereuse. Il ne faudrait pas que le virus s’échappe dans les couloirs d’un laboratoire !

Les travaux en laboratoire ont révélé que le virus responsable de la Grippe Espagnole était né de la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche H1N1, lointain ancêtre de la variante qui fit trembler le monde en 2009, et 10.000 fois plus virulente. La première vague de Grippe Espagnole, au printemps 1918, fut assez peu meurtrière. La seconde, à l’automne suivant, à la suite d’une probable mutation, s’avéra bien plus agressive, notamment, contre les jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans.

Une équipe de chercheurs américains et chinois a publié le 7 janvier 2020 une étude mettant en garde sur les conséquences du réchauffement climatique. Partis en 2015 pour forer des glaciers de l’Himalaya, ces scientifiques ont extrait deux carottes de glace qui leur ont permis de mettre au jour pas moins de 33 virus dont 5 seulement étaient connus du monde scientifique. D’après les relevés, «les microbes différaient considérablement à travers les deux carottes de glaces, représentant vraisemblablement des conditions climatiques très différentes au moment du dépôt». Car même si elles proviennent toutes les deux du plus vieux glacier de la terre, le Guliya au Tibet, les carottes ont été prélevées à deux époques différentes, en 1992 et 2005. Il a donc fallu gratter près 1,5 cm afin d’atteindre la couche de glace non contaminée par les bactéries d’aujourd’hui.

Les chercheurs expliquent que «dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète. […] Dans le pire des cas, le réchauffement climatique pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement».

Une telle remarque doit être prise très au sérieux. En 2016 en Sibérie, un enfant de 12 ans est mort après avoir contracté l’anthrax, également connu sous le nom de maladie du charbon. Cette maladie n’avait plus été signalée depuis 1941. Le jeune garçon aurait été contaminé après avoir mangé de la viande de renne, infectée par l’absorption de végétaux contaminés suite à la fonte du permafrost.

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In recent weeks, several articles were published in the French press alerting to the appearance of new viruses with the melting of the glaciers, with the risk of new pandemics. It is time for our journalists to wake up because the international press has been warning about this for a long time. I have also devoted several post on this blog to the health consequences of the melting of glaciers and the thawing of permafrost in the Arctic.
One can read on the BFMTV website that « for the time being, research has not yet revealed how many viruses have been identified, nor how many of them are unknown to science. » There are certainly gray areas, but the presence of virus that could be potentially dangerous to humans is almost certain.

In a note written on February 23rd, 2021, I insisted on the thawing of the Arctic permafrost because it has been shown that viruses and other microbes previously frozen could resurface.
Thus, the Spanish Flu virus remained present in corpses buried in Svalbard in 1918. The story is rather chilling :

In September 1918, seven young Norwegian fishermen and farmers embarked for Spitsbergen where they planned to make some money in the coal mines. On board the boat that took them to their destination, they contracted the Spanish fFu virus which killed more than 20 million people during the same year. They died after a few days and were hastily buried in the small cemetery of Longyearbyen.
In August 1997, taking a lot of precautions, a scientific team exhumed the bodies and took samples of tissues from the lungs, the brain and the kidneys. The organs were relatively well preserved, which means that the terrible virus was too! The tissue samples collected were sent to four laboratories in the United States, Canada, England and Norway. Some virologists criticized this operation, which could prove to be dangerous. The virus should not escape into the corridors of a laboratory!
Lab work has revealed that the virus responsible for the Spanish Flu was born from the combination of a human strain (H1), originating from the seasonal flu H1N8, circulating between 1900 and 1917, with avian genes of the N1 type. Thus was born, in 1917 or 1918, a strain H1N1, a distant ancestor of the variant which made the world tremble in 2009, and
10,000 times more virulent. The first wave of Spanish Flu, in the spring of 1918, was not very deadly. The second wave, the following autumnl, due to a probable transfer, proved to be much more aggressive, in particular, among young adults aged 25 to 29.

A team of American and Chinese researchers published on January 7th, 2020 a study warning about the consequences of global warming. While drilling the Himalayan glaciers over the past 5 years, these scientists extracted two ice cores which allowed them to uncover no less than 33 viruses of which only 5 were known to the scientific world.
According to the scientists’ reports, « the microbes differed considerably across the two ice cores, presumably representing very different climatic conditions at the time of deposition. » Indeed, even though the ice cores both come from the oldest glacier on earth, Guliya in Tibet, they were collected at two different times, in 1992 and 2005. It was therefore necessary to scrape nearly 1.5 cm in order to reach the layer of ice not contaminated by today’s bacteria.
The researchers explain that “in the best of cases, the melting of the ice will make us lose precious microbial and viral data that could tell us about the past climates of our planet. […] In the worst case, global warming could release of new pathogens into our environment. ”

Such a remark must be taken very seriously. As I mention in my conference, in 2016 in Siberia, a 12 year old boy died after contracting anthrax. This disease had not been reported since 1941. The young boy was infected after eating reindeer meat, infected by the absorption of contaminated plants following the melting of permafrost.

Glacier du Rhône dans le Valais (Photo: C. Grandpey)