Histoire de subduction aux Aléoutiennes (Alaska) // A story of subduction in the Aleutians (Alaska)

drapeau-francaisLa communauté scientifique dans son ensemble a aujourd’hui accepté l’idée que la croûte terrestre est composée de plusieurs plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. Certaines  entrent en collision tandis que d’autres s’écartent ; il arrive parfois qu’une plaque glisse sous une autre, un processus baptisé « subduction », mais très peu de gens savent qui l’a découvert, où et comment.
Quelque temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le volcan Okmok est entré en éruption sur l’île Umnak dans la Chaîne des Aléoutiennes, dans la partie sud-ouest de l’Alaska. Le volcan ayant émis un important nuage de cendre, les avions d’une base militaire à Unmak ont été cloués au sol car la cendre est abrasive et peut endommager les moteurs.
Les autorités militaires ont alors voulu avoir davantage d’informations sur les volcans qui se dressent sur presque toutes les îles de l’arc aléoutien. Ils ont financé l’Alaska Branch, un organisme essentiellement composé de géologues qui ont été envoyés effectuer une « reconnaissance géologique » afin de cartographier quelques unes des îles et peut-être savoir quand les volcans entreraient en éruption..
A bord de la goélette Eider, construite en 1912 à l’attention des chasseurs de phoques des îles Pribilof, l’équipe de géologues a longé la Chaîne des Aléoutiennes. Ils ont fait des escales dans de nombreuses îles afin de les étudier. Une double question est alors apparue: Quand les îles se sont-elles formées et comment?
Bob Coats – un géologue expérimenté de l’équipe – savait que le manteau terrestre fond au contact de l’eau, phénomène qui peut se solder par une remontée du magma. Il avait étudié l’immense fosse des Aléoutiennes qui s’étire juste au large et au sud des îles. Il avait constaté que les volcans les plus éloignés de la fosse étaient plus âgés. Il avait aussi remarqué que les sismologues qui cartographiaient les séismes avaient constaté que leur profondeur augmentait au fur et à mesure que l’on s’éloignait de la fosse.

Bob Coats eut alors l’intuition que l’une des plaques tectoniques s’enfonçait sous sa voisine, attirant l’eau avec elle. Il esquissa un diagramme montrant la rencontre des plaques tectoniques sous les Aléoutiennes, comme d’autres l’avaient fait avant lui. Mais, contrairement aux autres scientifiques, il ajouta des flèches qui montraient le mouvement de plongée de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine, phénomène qui provoque des séismes et entraîne la remontée de la roche en fusion, parfois en quantité suffisante pour faire naître une nouvelle île.
Bob Coats avait donc répondu à une question essentielle : Que devient la croûte terrestre quand elle s’étire ? Où va-t-elle? Comme le volume de la planète ne change pas, il faut bien que la croûte aille se loger quelque part !

A l’époque, personne n’a accordé beaucoup d’attention à l’idée et au diagramme que Coats avait consignés dans son journal.

Sept ans plus tard, lors d’une conférence à Asilomar en Californie, les scientifiques ont utilisé le mot d’origine latine « subduction » pour décrire ce qui se passe sous l’Alaska et en d’autres endroits de la terre qui se trouvent à la frontière des immenses plaques tectoniques. En fait, plusieurs années avant la conférence d’Asilomar, une grande partie du puzzle avaient déjà été résolue par Bob Coats! Comme l’a dit un scientifique, « le travail de Coats a été piétiné par la communauté scientifique. »
Bob Coats ne fut pas choqué par le fait que son idée n’avait pas obtenu le crédit qu’elle méritait, sans doute parce que ses proches collaborateurs, comme George Plafker qui a effectué un gros travail sur le séisme du Vendredi Saint de 1964, avaient lu son travail et avaient appuyé leurs interprétations sur ses conclusions. Comme Coats était satisfait de ce qu’il avait rédigé dans le document de 1962, il n’estimait pas nécessaire de fanfaronner. Son diagramme de la zone de subduction des Aléoutiennes s’applique aujourd’hui aux autres zones de subduction de notre planète …
Source: Fairbanks Daily News-Miner.

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drapeau-anglaisIt is an accepted idea among the scientific community that the Earth’s crust is made of several plates that are moving the ones against the others. Some of them are colliding while others are moving apart and it sometimes happens one plate slides beneath another, a process called subduction. Very few people know who discovered it, where and how.

Just after World War II, Okmok Volcano on Umnak Island erupted in the Aleutians, in the southwestern part of Alaska, spitting ash in the air. Because ash is abrasive and may damage the engines, the planes were grounded on a military base at Umnak.

Officials at the War Department needed more knowledge about the volcanoes that make up almost every island in the Aleutian arc. They funded the Alaska Branch with geologists that were sent on a “reconnaissance geology” trip to map a few islands and perhaps learn when they might erupt.

Aboard the schooner Eider, built in 1912 to aid seal hunters of the Pribilof Islands, the team of geologists sailed the length of the Aleutians. They stopped to study many islands. Several questions popped up: When were the islands made? How did this enormous chain get built?

Bob Coats – a seasoned geologist in the team – knew that the Earth’s mantle melts when water comes in contact, inspiring the rise of lava. He knew the immense Aleutian Trench lay just offshore and to the south of the islands. He found that volcanoes farther from the trench were older, and that seismologists mapping earthquakes found they happened deeper as distance increased from the trench.

Coats had the epiphany that one of Earth’s giant plates was sliding down beneath another, pulling water as it went. He sketched a diagram showing the Earth’s plates meeting beneath the islands, as others had. But, unlike the others, he included arrows that showed movement: what we now call the Pacific Plate diving beneath the North American plate, causing earthquakes and forcing up molten rock, sometimes enough to make an island.

His idea solved a problem. As the Earth’s crust expanded, where did it go? Unless the planet was growing larger, the crust needed to go somewhere. Nobody paid much attention to the subtle idea in his paper. He published the diagram and nobody gave it a damn!

Seven years later, at a conference in Asilomar, California, scientists borrowed the Latin/French term subduction to describe what happens beneath Alaska and other places at the boundary of Earth’s giant plates. Actually, years before the Asilomar conference, a big part of the puzzle had already been solved! As one scientist put it, “it was stepped over by a community of scientists.”

Coats did not mind not getting full credit for the idea, probably because his close colleagues, like George Plafker who did so much work on the 1964 Good Friday Earthquake, had read his work and based their interpretations on it. Because Coats was satisfied with what he had done in the 1962 paper, he felt no need to trumpet the idea. The diagram he drew of the Aleutian subduction zone applies to others all over the Earth…

Source : Fairbanks Daily News-Miner.

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Arc et fosse des Aléoutiennes (Source: AVO).

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Sommets volcaniques des Aléoutiennes (Photo: C. Grandpey)

Restrictions d’accès au Bromo (Indonésie) // Access restrictions to Mt Bromo (Indonesia)

drapeau-francaisSuite à une éruption mineure avec un panache de cendre de quelques centaines de mètres de hauteur observée jeudi, les autorités indonésiennes ont décidé d’interdire l’accès du Bromo à l’intérieur d’une zone de 2,5 km de rayon par rapport au volcan. On craint que cet événement en annonce d’autres plus importants.  Pour mémoire, le niveau d’alerte du Bromo a été élevé à 3 – Siaga (sur une échelle de 4) le 26 septembre dernier.

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drapeau-anglaisIndonesian authorities are restricting tourists from visiting Mount Bromo because a small eruption which spewed smoke hundreds of metres into the air on Thursday could be a precursor to something much bigger. As a consequence, villagers, hikers and tourists are not allowed within 2.5 km from the volcano.  The alert level was raised to 3 – Siaga (on a scale of 4) on September 26th 2016.

Vidéo de l’Halema’uma’u (Hawaii)

drapeau-francaisL’US Geological Survey  (USGS) a mis en ligne une superbe vidéo réalisée avec une caméra 4K qui a permis d’obtenir des images d’une très haute résolution.
La vidéo propose des séquences de l’éruption sommitale du Kilauea qui a débuté en mars 2008. Elle se concentre sur le lac de lave actif à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u. Contrairement à ce que certaines revues volcanologiques amateur pourraient laisser penser, la zone autour de l’Halema’uma’u est fermée au public en raison des risques volcaniques évidents.
Voici les points forts de la vidéo de 11 minutes:
– Des gros plans sur le lac de lave actif dans le cratère de l’Halema’uma’u.
– Des gros plan et des vues grand angle de l’activité du lac de lave, avec les bulles de gaz qui éclatent à sa surface.
– Prises de vues aériennes du sommet du Kilauea.
– Scientifiques de l’USGS travaillant sur le terrain et à l’intérieur de l’Observatoire (HVO).

Vous verrez la vidéo en cliquant sur ce lien:
https://www.usgs.gov/media/videos/k-lauea-volcano-halema-uma-u-crater-summit-vent-lava-lake-4k

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drapeau-anglaisThe U.S. Geological Survey has produced a great video, filmed using a 4K camera, the highest resolution images of the volcano that USGS has ever produced for the public.

The high-definition video offers images of Kīlauea Volcano’s summit eruption, which began in March 2008. It focuses on the active lava lake within Halema’uma’u Crater. Contrary to what some amateur volcanological reviews might suggest, that area is closed to the public due to obvious ongoing volcanic hazards.

Highlights of the 11-minute footage include:

– Close ups of the active lava lake within Halema’uma’u Crater.

– Close up and wide angle views of lava lake activity, such as gas bubble bursts and spattering.

– Aerial shots of the summit of Kilauea volcano.

– USGS scientists working in the field and inside the Observatory.

You will see the video by clicking on this link :

https://www.usgs.gov/media/videos/k-lauea-volcano-halema-uma-u-crater-summit-vent-lava-lake-4k

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/wp-content/uploads/2016/09/kila-02.jpg

Vue du lac de lave de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)

Réveil du Mont Meager (Canada)? // Is Mount Meager waking up in Canada?

drapeau-francaisLes volcanologues de Natural Resources Canada (NRC) surveillent le Mont Meager après avoir découvert que le volcan montre certains signes d’activité. Cependant, les autorités locales indiquent qu’il n’y a actuellement aucune raison de s’inquiéter.
Le NRC a publié un rapport qui a été transmis aux autorités locales le 19 septembre. Le plus grand risque pour le public se situe en ce moment au niveau du Job Glacier, qui montre d’importantes fumerolles d’environ 15 à 20 mètres de profondeur et une trentaine de mètres de diamètre. Bien que l’on sache que le champ fumerolle existe depuis une quarantaine d’années, en juillet un pilote d’hélicoptère spécialisé en géologie a remarqué les fumerolles sur le glacier. De plus, tout au long de l’été, le NRC a reçu des rapports faisant état d’une odeur de soufre dans la vallée au pied du Mont Meager.
En août, des responsables locaux ont survolé le glacier en hélicoptère et ont recueilli des données scientifiques, mais il n’y avait pas de SO2 ou de CO sur le site, ce qui aurait été un signe d’ascension du magma. Par ailleurs, il y aurait aussi des centaines de petits séismes si une éruption devait se produire dans le court terme. Entre janvier 2011 et février 2016, on a enregistré seulement 92 séismes de M 1 à M 2 dans le secteur du volcan.
Le principal danger au Mont Meager est la longue histoire de glissements de terrain. Ainsi, la montagne, qui abrite les populaires Meager Creek Hot Springs, a connu un énorme glissement de terrain en 2010.

Le Mont Meager, initialement connu sous le nom de Meager Mountain, est un massif volcanique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique au Canada. Situé sur l’arc volcanique des Cascades et sur la ceinture volcanique de Garibaldi, il se dresse à 150 km au nord de Vancouver, à l’extrémité nord de la vallée de Pemberton où il atteint une altitude maximale de 2680 mètres.
La ceinture volcanique de Garibaldi a une longue histoire d’éruptions. Bien que le Mont Meager ne se soit pas manifesté depuis plus de 2000 ans, il pourrait connaître une éruption majeure. Il a produit la plus grande éruption volcanique au Canada au cours des 10 000 dernières années. Il y a environ 2400 années, une éruption explosive a formé un cratère sur le flanc nord-est et envoyé des coulées pyroclastiques sur le flanc nord du volcan. L’activité volcanique la plus récente se manifeste sous forme de sources chaudes et séismes. Le Mont Meager a également été à l’origine de plusieurs grands glissements de terrain, comme l’avalanche de débris qui a déferlé en 2010 dans les vallées de la Meager Creek et de la Lillooet.
Source: Journaux locaux et la Smithsonian Institution.

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drapeau-anglaisVolcanologists with Natural Resources Canada (NRC) are monitoring Mount Meager after discovering that the mountain shows signs of low-level volcanic activity. However, officials say there is currently no cause for alarm.

NRC released a situation report that was forwarded to local officials on September 19th. The biggest risk to the public right now is on Job Glacier, which has large fumaroles measuring about 15 to 20 metres deep and about 30 metres in diameter. While there is some indication that the fumarole field has been around for the last 40 years, in July a helicopter pilot who is trained as a geologist noticed the fumaroles on the glacier. On top of that, throughout the summer NRC received reports of a sulphuric smell around the valley of Mount Meager.

In August, various officials toured the glacier by helicopter and collected data but there was no SO2 or CO detected at the scene, which would be an indicator of magma ascent. Besides, there would also be hundreds of small earthquakes before an eruption. Between January 2011 and February 2016, only 92 earthquakes with magnitudes varying from one to two were recorded around the mountain.

The main hazard at Mount Meager, which has been known for quite a long time, is its long history of landslides. The mountain, which is home to the popular Meager Creek Hot Springs, experienced a massive landslide in 2010.

Mount Meager, originally known as Meager Mountain, is a volcanic massif in southwestern British Columbia, Canada. Part of the Cascade Volcanic Arc and the Garibaldi Volcanic Belt, it is located 150 km north of Vancouver, at the northern end of the Pemberton Valley and reaches a maximum elevation of 2,680 m.

The Garibaldi Volcanic Belt has a long history of eruptions. Although Mount Meager has not erupted for more than 2,000 years, it could produce a major eruption. It produced the largest volcanic eruption in Canada in the last 10,000 years. About 2,400 years ago, an explosive eruption formed a crater on its northeastern flank and sent avalanches of hot ash, rock fragments and volcanic gases down the northern flank of the volcano. Evidence for more recent volcanic activity has been documented at the volcano, such as hot springs and earthquakes. Mount Meager has also been the source of several large landslides in the past, including a massive debris flow in 2010 that swept down Meager Creek and the Lillooet River.

Source: Local newspapers and Smithsonian Institution.

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Photo: C. Grandpey