L’Ile de la Déception (Iles Shetland du Sud) : Baleines, manchots, science…et pétrole // Deception Island (South Shetlands): Whales, penguins, science…and oil

drapeau francaisL’île de la Déception appartient à l’archipel des Shetland du Sud dans l’Océan austral. Elle est située à environ 120 km au nord de la Péninsule Antarctique. Les seuls lieux habités sont des bases de recherche scientifique dépendantes des forces armées argentines et espagnoles.

L’île est connue pour sa baie, Port Foster, l’une des mieux protégées des vents et de la houle, et pour son volcan dont les dernières éruptions, en 1967 et 1969, infligèrent de gros dégâts aux bases scientifiques. L’île de la Déception abrite plusieurs importantes colonies de manchots à jugulaire. Elle est une destination prisée des croisières en Antarctique.

La Déception présente une caldeira en forme de fer à cheval qui s’est formée il y a plus de 10 000 ans pendant une éruption explosive qui a émis plus de 30 km³ de matériaux. Elle a été découverte par le Capitaine britannique William Smith en 1820 et a ensuite été utilisée dans le cadre de la chasse au phoque et à la baleine avant de trouver sa vocation moderne comme site scientifique et touristique.
Convoitée autrefois par le Royaume-Uni, le Chili et l’Argentine, la Déception offre un environnement clos exceptionnel pour étudier et surveiller un « volcan sous la glace ». Cependant, deux éruptions successives en 1967 et 1969 ont surpris tout le monde et causé de sérieux dégâts aux infrastructures scientifiques existantes. Les observatoires argentin et espagnol sont les seuls à exister encore de nos jours.
Les éruptions qui ont secoué l’Ile de la Déception sont de type sous-glaciaire. L’île possède un glacier d’une centaine de mètres d’épaisseur qui repose sur le plancher océanique. Normalement, on pourrait s’attendre à ce que le contact de la lave avec la glace entraîne une vaporisation de cette dernière et génère de simples panaches de vapeur. Mais il en va autrement sur l’Ile de la Déception. Au cours de son ascension, la lave se déplace lentement et elle a une forte teneur en eau. En conséquence, elle provoque la fonte du glacier qui, en plus de la vapeur, déverse des flots de boue qui ont causé la destruction des stations scientifiques britannique et chilienne.

D’un point de vue volcanique, l’Ile de la Déception est un mystère. De nombreux volcans comme ceux de la Chaîne des Cascades aux Etats-Unis naissent  par phénomène de subduction et les éruptions se produisent en général sur terre. La plupart des volcans en mer, comme Hawaï et les Açores, sont généralement décrits comme des points chauds. .
Pendant un temps, les scientifiques ont pensé que la Déception pourrait être un exemple exceptionnel de subduction océanique. Toutefois, une étude récente a révélé que les Shetland du Sud sont probablement une zone de rift. Au lieu d’entrer en collision, les plaques s’éloigneraient l’une de l’autre, entraînant la création d’une nouvelle croûte océanique.
Des relevés géophysiques détaillés sont effectués dans la zone de l’Ile de la Déception depuis 2000 ; ils sont principalement financés par les Espagnols. Les recherches géologiques entreprises par le Royaume Uni ont, elles aussi, pris de l’ampleur. On peut se demander pourquoi les gouvernements investissent autant d’argent dans la recherche autour de l’île de la Déception. Ce n’est malheureusement pas dans un but purement scientifique. On sait que les zones de rift se remplissent de matériaux laissés par les éruptions volcaniques et d’autres sédiments provenant de l’érosion des bordures du rift. Ce processus est essentiel dans l’apparition du pétrole. Par sa situation, la Déception est l’endroit idéal pour observer les processus de rift car Port Foster, le port naturel, met les scientifiques à l’abri des fureurs du climat antarctique.
Ce processus de rift est la raison pour laquelle on trouve du pétrole en Mer du Nord. Le pétrole ne se trouve pas exactement sur le rift, mais à une certaine distance de celui-ci. De la même manière, on ne découvrira probablement pas de pétrole sur l’Ile de la Déception, mais la compréhension du processus de rift donnera une forte indication de la présence ou non du pétrole au nord des îles Shetland du Sud. La Déception sans pétrole est donc aussi précieuse que la Déception avec pétrole !
Source: Université d’Aberdeen (Royaume-Uni).

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drapeau anglaisDeception Island belongs to the South Shetland Archipelago, about 120 km north of the Antarctic Peninsula.  It is a scientific outpost, with Argentine and Spanish research bases. It is known for its bay, Port Foster, one of the best shelters against the winds and the swell, and for its volcano whose last eruptions in 1967 and 1969 caused severe damage to the scientific bases. Deception has become a popular tourist stop in Antarctica because of its several colonies of chinstrap penguins.

Deception Island evinces a horseshoe-shaped caldeira that was produced more than 10,000 years ago by an explosive eruption that scattered more than 30km³ of material. It was discovered by the British Captain William Smith in 1820 and was subsequently used for purposes such as seal hunting and whaling before finding its modern calling as a site for science and tourism.

Claimed in the past by the UK, Chile and Argentina, it provides a unique enclosed environment in which to monitor a “volcano under the ice”.  However, the two consecutive eruptions of 1967 and 1969 went unpredicted and caused heavy damage. Only the Argentinian and the Spanish observatories still exist.

The volcanic events at Deception were subglacial eruptions. The island is situated in a place where there is a glacier on the ocean floor about 100 metres thick. Scientists would normally expect that if this were hit by lava from below, it would evaporate benignly into steam.

But the lava moving upwards at Deception has several qualities that made things happen differently: it moves slowly and it has high water content. This meant that it turned the glacier into meltwater as well as steam, creating a large overflow of mud to the surface. This was the main cause of the destruction of the UK and Chilean scientific stations.

From a volcanic point of view, Deception is a great puzzle. Many volcanoes are caused by subduction, like the Cascade Range in the U.S. The eruptions that scientists have observed happened on land. Most volcanoes at sea are like Hawaii and the Azores, and usually described as hot spots.  .

For a time, scientists thought that Deception might be an unusual example of subduction happening in the ocean. But a more recent hypothesis is that the South Shetlands may be a rift zone. Instead of colliding, the plates might be moving away from each other, creating new oceanic crust in the process.

Detailed geophysical surveys have been carried out across Deception since 2000, mainly financed by Spanish projects. UK geological research on the island has also been extensive. One may be wondering why governments have spent so much money on research in the Deception Island area. Unfortunately, it was not only with a purely scientific purpose. Rifts fill up with the remains of volcanic explosions and other sediment eroded from the margins of the valley. This process is critical for the production of oil. Located at the western edge of the arc, Deception is the ideal place to observe rift processes because Port Foster, the natural harbour, shelters scientists from the harsh Antarctic weather.

Rifting is the reason for all the oil in the North Sea. The oil is not deposited where the rift is located, but some distance away. In the same way, there is almost no likelihood of an oil discovery on Deception Island. But understanding the process of rifting there will be a strong indication that there is oil to the north of the South Shetland Islands. So Deception without oil is as valuable as Deception with oil.

Source : University of Aberdeen (UK).

Deception-blog

Source:  Wikipedia

Etna (Sicile): Une belle coulée de lave // A nice lava flow

drapeau francaisDans son dernier bulletin émis le 14 mai au soir, l’INGV indique que l’activité éruptive du NCSE continue. Après avoir marqué le pas dans l’après-midi du 13 mai, elle a repris de plus belle avec des explosions stromboliennes parfois accompagnées d’émissions de cendre. Par son intensité, cette activité ressemble à celle de décembre 2013 et de l’été 2014.

La lave continue à sortir de plusieurs bouches qui se sont ouvertes dans une fracture sur le versant NE du cône. La coulée s’est tout d’abord dirigée vers le NE en direction du Monte Ritmann puis elle a obliqué vers l’est, en direction du Monte Simone, comme le montre parfaitement la webcam thermique.

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drapeau anglaisIn its latest update released on May 14th in the evening, INGV indicates that eruptive activity at the NCSE continues. After decreasing for some time in the afternoon of 13 May, it rose again with Strombolian explosions and occasional ash emissions. By its intensity, this activity resembles that of December 2013 and the summer of 2014.
Lava continues to be emitted by several vents that opened along a fracture on the NE side of the cone. The flow first travelled to the NE towards Monte Ritmann then veered eastwards towards Monte Simone, as can be seen on the images of the thermal camera.

Etna-14-mai

Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLa dernière éruption du Mauna Loa a eu lieu en1984 et le volcan est placé sous haute surveillance. Les paramètres montrent qu’il est actif et qu’une éruption est probable à plus ou moins long terme.

La sismicité est élevée dans plusieurs parties du volcan. Ainsi, sur l’Upper Southwest Rift Zone et sur le Mokuaweoweo Crater, on a enregistré près de 200 événements en avril. Aucun essaim sismique n’a été enregistré sur le flanc ouest mais la sismicité reste supérieure à la normale avec 13 événements pour le seul mois d’avril. Toutefois, cette sismicité est beaucoup plus faible que celle enregistrée avant les éruptions de 1975 et 1984.

Le gonflement de l’édifice est stable et semblable à celui observé depuis le milieu de l’année 2014.
Aucun changement significatif n’a été enregistré dans les mesures de SO2, CO2 au cours du mois d’avril.

A partir du 3 avril, la température des fumerolles dans le Mokuaweoweo Crater a connu une certaine hausse et est passée de 79,5°C à 83°C. C’est la plus forte hausse enregistrée par les capteurs jusqu’à présent.

Source : HVO.

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drapeau anglaisMauna Loa’s last eruption was in 1984 and the volcano is closely monitored. All parameters show it is active and an eruption is likely in the future.

Seismicity remains elevated in several parts of the volcano. Earthquake rates on the Upper Southwest Rift Zone and Mokuaweoweo Crater remain elevated, with nearly 200 events in April. Though there were no swarms on the west flank of Mauna Loa, earthquake rates remained above background with approximately 13 events occurring in April. However, all earthquakes in the past month have been small relative to sequences observed before eruptions in 1975 and 1984.
Inflation continues and is similar to the average rates measured since the start of the current inflationary period in mid-2014.

No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors during April.

Beginning around April 3rd, fumarole temperature rose  om 79.5°C to 83°C by the end of the month. This is the highest temperature recorded by the fumarole monitor, thus far.

Source: HVO.

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Vue du cratère sommital du Mauna Loa  (Photo:  C.  Grandpey)

Hawaii (Etats Unis): Dégonflement du Kilauea et baisse du lac de lave // Deflation of Kilauea and drop of the lava lake

drapeau francaisLe sommet du Kilauea connaît actuellement un épisode significatif de dégonflement qui s’est accéléré au cours des dernières heures (voir la courbe du tiltmètre ci-dessous). Comme d’habitude, le lac de lave réagit à ce comportement du sommet. Sa surface se trouve en ce moment à plusieurs mètres sous le plancher du cratère de l’Halema’uma’u et aucun débordement n’a été observé au cours des derniers jours. Le lac de lave est maintenant à peine visible depuis la terrasse du Jaggar Museum.
La sismicité reste élevée sous le sommet du Kilauea ainsi que sur l’East Rift Zone et la Southwest Rift Zone. Par précaution, en raison de l’augmentation de l’activité sismique ces derniers jours (voir mes notes précédentes), le Parc des Volcans n’accordera plus, jusqu’à nouvel ordre, d’autorisations pour camper dans les zones situées en aval de la Crater Rim Drive. Le camping de Kulanaokuaiki est également fermé. Les sentiers sous le sommet sont ouverts pour une utilisation de jour seulement. Cependant, une grande partie du Parc reste ouverte, y compris la terrasse d’observation du Musée Jaggar.
L’augmentation de la sismicité et la chute du niveau de la lave dans l’Overlook Crater rappellent la situation vécue au moment de l’éruption fissurale de Kamoamoa en 2011. A cette époque, le HVO n’avait pas été en mesure de dire à quel endroit la lave sortirait. Un tel événement pourrait mettre en danger la vie des personnes qui se trouveraient sur l’East Rift Zone.

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drapeau anglaisThe summit of Kilauea is going through a significant deflation episode that has been accelerating in the past hours (see tiltmeter curve below). As usual, the lava lake is responding to the deflation. Its surface is now several metres below the original floor of Halema’uma’u crater and no more overflows have been observed over the past days. The surface of the lava lake is now barely visible from the terrace of the Jaggar Museum.  Seismicity remains elevated beneath Kilauea’s summit and upper East and Southwest Rift Zones. As a precaution due to the increased seismic activity of the past few days (see my previous notes), Hawaii Volcanoes National Park will not issue overnight backcountry permits for areas below Crater Rim Drive until further notice. Kulanaokuaiki Campground is also closed. The trails below the summit are open for daytime use only. However, much of the Park remains open, including the Jaggar Museum observation deck.
The increase in seismicity and the drop in the summit lava lake are similar to what was experienced with the Kamoamoa fissure eruption in 2011. When this happened, HVO was not able to tell where lava would emerge, and it could impact safe visitation anywhere along the East Rift Zone.

Kilauea 12 mai