Islande: l’éruption continue, les fermiers craignent pour leur bétail // Iceland: The eruption continues, farmers fear for their cattle

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Cela fait maintenant un mois que la lave s’échappe de plusieurs fractures éruptives.

Le débit effusif moyen pour ces 30 journées d’éruption est de 5,6 m3/seconde ; il est relativement stable mais pas très important. Il ne représente que la moitié du débit de l’éruption de Fimmvörðuháls en 2010 qui était déjà une petite éruption. Il représente aussi entre 6 et 7% de l’éruption de 2014 dans Holuhraun.

Les scientifiques s’attendent à ce que la coulée de lave qui est en passe de sortir de la Geldingadalir rejoigne la lave déjà présente dans la Meradalir. Si la jonction s’effectue (probablement très bientôt), l’un des meilleurs points de vue sur l’éruption deviendra une île dans une mer de lave. Il ne sera accessible que par hélicoptère. Cependant, d’autres bons points de vue demeurent. Un de mes amis qui a visité l’éruption a expliqué que le champ de lave s’était tellement agrandi qu’il était devenu plus difficile de s’approcher des nouvelles coulées. Il me dit aussi que l’un des cônes jumeaux du début de l’éruption a cessé son activité effusive et dégaze abondamment. L’éruption est très dynamique au point que les webcams ont du mal à suivre son évolution.

Une nouvelle ouverture d’où s’est échappée une coulée de lave est apparue au sein des autres fractures au cours du week-end, mais l’éruption reste globalement stable. En y réfléchissant, on se rend compte qu’elle est stable depuis un mois maintenant !. La fracture la plus active semble être l’une de celles qui se sont ouvertes le 13 avril. Elle laisse échapper une rivière de lave de plus de deux mètres d’épaisseur qui recouvre désormais l’ancien sentier d’accès au site éruptif. La lave se déplace à vitesse variable, de un à trois mètres par heure. Les visiteurs doivent faire un détour important pour contourner cette coulée qui semble susceptible de se diriger vers la Meradalir.

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Les fermiers de la péninsule de Reykjanes craignent que l’éruption dans la  Geldingadalir et la Meradalir provoque un pic de pollution au fluor qui les empêcherait de récolter le foin cet été et les empêcherait aussi de laisser paître les moutons. Sans leurs pâturages et sans le foin, les paysans devraient abattre une partie de leurs troupeaux et / ou recevoir une aide financière importante. Il y a environ 330 moutons dans les fermes près de Grindavík pendant l’hiver, et beaucoup plus après l’agnelage au printemps. Les animaux peuvent paître n’importe où dans larégion pendant les mois d’été, comme c’est le cas dans toute l’Islande.

Le vent jouera un rôle important. Heureusement, le vent dominant vient du sud-est dans la région, de sorte que les gaz volcaniques ne viennent pas vers Grindavik. Si le vent soufflait du nord-est, la situation serait beaucoup plus compliquée.

Source: www.ruv.is

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The eruption continues on the Reykjanes Peninsula. Lava has flowed for one month now.

The average lava flow for the first 30 days is 5.6 m3/second and is relatively stable. It is only half of the average flow of the first 10 days at Fimmvörðuháls in 2010, which itself was a relatively small eruption. Compared to the large 2014 Holuhraun eruption, the current eruption only produces 6-7% of the average lava flow.

Scientists expect the lava tongue pushing its way out of Geldingadalir to merge with the lava already in Meradalir. If this happens (probably very soon), one of the best eruption viewpoints of the eruption will become an island in a sea of lava. It will be accessible only by helicopter. However, other good viewpoints remain. A friend of mine who visited the eruption said that the lava field has enlarged so much that it has become more difficult to get near the new lava. He also told me that one of the original  twin cones has apparently stopped lava production and is just smoking heavily now. It’s a really dynamic eruption changing almost too fast to keep up with even with all the live cams.

A small new opening started erupting amid the other fissures over the weekend and the eruption remains globally stable. Thinking about it, it has been stable for a month now!.

The most powerful fissure vent now appears to be one of those that opened up on April 13th; it is producing a stream of lava over two metres thick that now covers the old hiking trail. The lava is moving at variable speed, from one to three metres per hour. People need to take a significant detour around the lava, which seems likely to head into Meradalir.

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Farmers on the Reykjanes Peninsula fear the Geldingadalir/Meradalir eruption could cause a spike in fluorine pollution that stops them producing hay this summer and prevents them from allowing sheep out to graze. Without their pastures and hay fields, they would need to cull their flocks and/or receive significant financial assistance. There are around 330 sheep on farms close to Grindavík during the wintertime, and many more after lambing each spring. Nearly all are usually allowed to roam freely during the summer months, as is the case all over Iceland.

The wind will play an important part. Luckily, the prevailing wind is from the southeast in the region, so volcanic gas does not go over Grindavik. Should it blow from the north-east, it would be much worse.

Source: www.ruv.is

Nouvelle vue de l’éruption (Source: www.ruv.is)

Errare humanum est!

Les volcanologues de l’Université des Antilles (UWI) et les habitants de St Vincent ont eu beaucoup de chance. L’éruption de La Soufrière a commencé progressivement. Le 8 avril 2021, une évolution rapide de l’activité sismique a été observée. L’ampleur des épisodes de tremor, généralement associés à l’ascension du magma vers la surface, a augmenté progressivement. Le réseau sismique a également enregistré quelques séismes longue période, généralement associés au mouvement du magma. De plus, les observations visuelles de la zone sommitale du volcan ont révélé que quelque chose allait se passer.

Au vu de tous ces paramètres, il ne faisait guère de doute que du magma s’approchait de la surface, avec le risque d’une éruption explosive. En conséquence, le niveau d’alerte a été élevé à la couleur ROUGE et il a été décidé d’évacuer tous les habitants de la zone Rouge de Saint-Vincent.

Bonne décision car, comme on pouvait s’y attendre, l’éruption a commencé à 8h40 le 9 avril avec une colonne éruptive qui est montée jusqu’à 8 km, avec les inévitables retombées de cendres qui accompagnent généralement ce genre d’éruption. Le dôme sommital du volcan n’a pas explosé et l’éruption n’a pas déclenché de coulées pyroclastiques pendant cette phase initiale, de sorte qu’il n’y a pas eu de victimes et que les autorités ont eu le temps de mettre en sécurité la population menacée. Au final, personne n’a vraiment été pris par surprise.

A côté de cette bonne prévision à court terme, les volcanologues de l’UWI se sont trompés lorsqu’une nouvelle crise éruptive a eu lieu le 16 avril 2021, une semaine après l’éruption initiale. Après 41 heures sans exploser, le volcan s’est réveillé à 6 h 16 ce jour-là. Le 15 avril, le chef de l’équipe scientifique de l’UWI avait déclaré qu’il lui semblait que le volcan était sorti de la période explosiven. Malheureusement pour lui, la prévision était mauvaise t la volcan avait décidé autrement. L’épisode éruptif du 16 avril a émis un panache qui a atteint 7 000 à 8 000 mètres.

Le volcanologue a reconnu son erreur – ce qui est tout à son honneur –  et déclaré que la période explosive n’était pas encore terminée et qu’il fallait s’attendre à de nouvelles explosions dans les prochains jours. On verra si cette nouvelle prévision est exacte…

Source: médias d’information locaux.

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UWI volcanologists – and residents – at St Vincent were very fortunate. The eruption of La Soufriere started progressively. A rapid change in seismic activity was observed on April 8th. The tremor episodes, usually associated with the movement of magma to the surface, slowly increased in magnitude. The seismic network also recorded a few long-period earthquakes, usually associated with the movement of magma. Moreover, visual observations of the volcano’s summit area revealed that something was going to happen.

All these parameters showed that a fresh batch of magma was probably getting close to the surface, with the risk of an explosive eruption.  As a consequence, the alert level was elevated to RED and an evacuation order was issued for residents in the St Vincent’s Red Hazard Zone.

With no surprise, the eruption started at 8:40 on April 9th with an eruptive column rising up to 8 km and the inevitable ashfall that usually accompanies this kind of explosions. The volcano did not produce a blast and did not trigger pyroclastic flows during this initial phase of the eruption so that there were no casualties and authorities had time to put residents at risk in safe places. In short, nobody was really taken by surprise.

However, the volcano UWI volcanologists were wrong when it exploded again on April 16th, one week after the initial eruption. After 41 hours without exploding, the volcano went off at 6:16 a.m. on that day. On April 15th, the head of the team of UWI volcanologists had said that it looked as if the volcano was out of the period of exploding. Unfortunately, this proved completely wrong. The 16 April explosion emitted an eruption plume that rose to about 7,000- 8,000 metres.

After this mistake in eruptive prediction, the scientist admitted he was wrong and said that the explosive period was not over yet and there could be more explosions in the future. Let’s see if the new prediction proves right!

Source: Local news media.

Panache éruptif du 16 avril 2021 (Source : UWI)

Dernières nouvelles de La Soufrière de St Vincent // Latest news of St Vincent’s La Soufriere

Dans un premier rapport rendu public le matin du 17 avril 2020, et confirmé par un autre rapport publié dans la soirée, l’UWI a indiqué que l’essaim sismique longue période (LP) accompagné d’événements hybrides se poursuivait à La Soufrière. La fréquence de ces séismes avait chuté de manière significative vers 20 heures le 16 avril et était restée quasiment constante depuis lors. Aucun épisode de tremor n’avait été enregistré au cours des 12 heures précédant la publication du rapport. Le réseau GPS a montré un changement dans les données horizontales et verticales depuis la déflation observée après l’épisode explosif du 9 avril.

Une nouvelle image du cratère sommital a été élaborée à partir d’images satellites. Le nouveau cratère mesure environ 900 m du nord au sud et au moins 750 m de l’est à l’ouest. On estime sa profondeur à au moins 100 m. Il est situé dans le secteur sud-ouest du cratère sommital.

Le rapport indique qu’il y a plusieurs bouches à l’intérieur du nouveau cratère, mais une seule peut être clairement identifiée. D’autres bouches, signalées par les panaches de cendres et de vapeur qui s’en échappent, sont situées dans la partie nord du nouveau cratère.

L’éruption se poursuit, même si l’activité explosive semble avoir cessé pour le moment. Au vu du profil de l’activité sismique, il se peut que l’on assiste à la croissance d’un dôme de lave et que du magma continue à monter des profondeurs sous l’édifice volcanique, mais ces hypothèses doivent être confirmées.

Des explosions accompagnées de retombées de cendres, d’une ampleur similaire ou supérieure aux précédentes, pourraient être à nouveau observées, avec un impact sur Saint-Vincent et les îles voisines.

Le volcan est maintenu en alerte Rouge.

Source: UWI.

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In a first report released on the morning of April 17th, 2020, and confirmed by another report published in the evening, UWI indicated that the swarm of long-period and hybrid earthquakes continued at St Vincent’s La Soufrière. The rate of occurrence of these earthquakes had dropped significantly at about 8 pm on April 16th and had remained near-constant since then. No episodes of tremor had been recorded in the last 12 hours. The GPS network has shown a change in the horizontal and vertical movement since the initial deflation observed after the April 9th explosive episode.

A revised picture has been constructed of the summit crater based on satellite images. The new crater, measures approximately 900 m N to S and at least 750 m E to W. It is thought to be at least 100 m deep and is located in the SW sector of the summit crater.

The report says there are several vents within the new crater, but only one can be identified clearly. Other vents, as indicated by the ash and steam plumes are located in the northern part of the new crater.

The volcano continues to erupt, although explosive activity appears to have ended for the moment. Its current pattern of seismic activity may indicate growth of a lava dome and that magma is being added from deep within the sub-volcanic system, but this has not yet been confirmed.

Explosions with accompanying ashfall, of similar or larger magnitude, could restart in the future impacting St. Vincent and neighbouring islands.

The volcano is kept at alert level Red.

Source: UWI.

Effets de la cendre volcanique sur la santé // Effects of volcanic ash on human health

Les scientifiques pensent que l’éruption actuelle de La Soufrière de Saint-Vincent aura un impact plus important que celle de 1979 car elle n’a produit jusqu’à présent qu’environ le tiers des matériaux rejetés par le volcan il y a 42 ans. Il faut donc s’attendre à de nouvelles retombées de cendres, avec des effets dangereux mais bien connus sur la santé humaine. L’USGS a dressé une liste des effets de la cendre sur notre système respiratoire.

Au cours de certaines éruptions, les particules de cendre sont si fines qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons. Pendant une exposition prolongée, même les personnes en bonne santé peuvent ressentir une gêne thoracique accompagnée de toux et d’irritation des voies respiratoires. Les symptômes les plus courants à court terme comprennent une irritation du nez et de la gorge, parfois accompagnée d’une toux sèche. Les personnes souffrant de troubles thoraciques préexistants peuvent développer des symptômes bronchitiques sévères.

La pénétration des particules de cendre dans les voies respiratoires dépend en grande partie de la taille des particules. Les particules plus grosses (diamètre 10-100 µm) se logent dans les voies respiratoires supérieures, tandis que celles dans la gamme de taille 4-10 µm se déposent dans la trachée et les bronches. Des particules très fines (<4 µm de diamètre) peuvent pénétrer plus profondément dans les poumons, jusque dans la région alvéolaire.

Le dépôt de particules relativement grossières dans les voies respiratoires supérieures est principalement associé à des symptômes tels qu’une irritation du nez et de la gorge. On pense que le dépôt de particules plus petites dans la région thoracique (bronches et bronchioles) a pour conséquence des formes aiguës de la maladie telles que les crises d’asthme et la bronchite. Les particules très fines sont dites «respirables» et peuvent pénétrer profondément dans les poumons profonds, occasionnant des maladies respiratoires chroniques telles que la silicose.

Les éruptions les plus dangereuses sont celles générant des cendres à grains fins avec une teneur élevée en silice cristalline car ce minéral est susceptible de provoquer la silicose, une maladie associée à des professions telles que la taille de la pierre, la construction de routes et le travail dans les mines. Certains volcans produisent des quantités importantes de silice cristalline au niveau des dômes de lave qui peuvent s’effondrer en générant des cendres à grains fins en suspension dans l’air, et riches en silice cristalline.

L’éruption de Soufrière Hills à Montserrat en 1995 a généré des cendres au moment de l’effondrement du dôme. Elles contenaient jusqu’à 25% en poids de silice cristalline, ce qui a incité le gouvernement britannique à mettre en œuvre des contrôles pour minimiser l’exposition de la population.

Des études sur l’exposition de la population à la silice cristalline ont toutefois révélé que la majorité de la population n’est pas exposée à des concentrations atmosphériques suffisamment élevées pour être à risque de développer une silicose, mais un petit groupe d’individus (comme les travailleurs en extérieur) peut être à risque de développer une silicose légère.

Source: USGS.

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The ongoing eruption of St Vincent’s La Soufriere is expected to be bigger than in 1979 but has only so far produced about one-third of the new material that the volcano did 42 years ago. More ashfall is expected, with dangerous but well-known effects on human heath. USGS has made a list of respiratory effects.

In some eruptions, ash particles can be so fine that they are breathed deep into the lungs. With high exposure, even healthy individuals will experience chest discomfort with increased coughing and irritation. Common short-term symptoms include nasal and throat irritation, sometimes accompanied by dry coughing. People with pre-existing chest complaints may develop severe bronchitic symptoms.

Penetration of ash particles into the respiratory tract is largely dependent on particle size. Larger particles (10-100 µm diameter) lodge in the upper airways, while those in the 4-10 µm size range deposit in the trachea and bronchial tubes. Very fine (< 4 µm diameter) particles may penetrate deeper into the lungs, into the alveolar region. (see image above)

Deposition of relatively coarse particles in the upper airways is primarily associated with symptoms such as irritation of the nose and throat. Deposition of smaller particles in the thoracic region (bronchial tubes and bronchioles) is thought to be associated with acute disease outcomes such as exacerbation of asthma and bronchitis. Very fine particles are termed ‘respirable’ and may penetrate into the deep lungs where chronic, particle-related respiratory diseases, such as silicosis, are activated.

The most hazardous eruptions are those generating fine-grained ash with a high content of free crystalline silica, as this mineral has the potential to cause silicosis, an occupational disease associated with occupations such as stone-cutting, road and building construction and quarrying.

Some volcanoes mass-produce crystalline silica in lava domes which are prone to collapse, generating airborne fine-grained ash rich in free crystalline silica. At Soufrière Hills volcano, Montserrat, the 1995 eruption generated dome collapse ash composed of up to 25 wt.% crystalline silica, prompting the UK government to implement controls to minimise population exposure. However, comprehensive studies of population exposure to respirable crystalline silica have suggested that the majority of the population are not exposed to sufficiently high airborne concentrations to be at risk of developing silicosis, but a smaller group of individuals (such as outdoor workers) may be at risk of developing mild silicosis.

Source : USGS.