Evacuation des Champs Phlégréens : un sacré casse-tête ! // Evacuation of the Phlegrean Fields : quite a headache!

Le récent essaim sismique dans les Champs Phlégréens (voir mes notes du 28 septembre et du 2 octobre 2023) n’a causé ni dégâts ni blessés, mais il a suscité de nouvelles inquiétudes quant à l’impact d’une évacuation d’urgence de milliers de personnes. Les autorités locales et le Gouvernement italien ont pris conscience de la responsabilité qui pèserait sur eux dans de telles circonstances. Il est bon de rappeler qu’environ 360 000 personnes vivent dans la zone des Campi Flegrei.
Suite aux derniers séismes, des scientifiques ont conseillé à la mairie de Naples de procéder à des contrôles de sécurité dans les hôpitaux, les écoles et les bâtiments publics. Le ministre de la Protection Civile, Nello Musumeci, a déclaré que le gouvernement allait accélérer l’élaboration de « plans d’évacuation en cas d’urgence » ; ils devraient être discutés lors de la prochaine réunion de Cabinet.
Selon les plans d’évacuation en vigueur, une fois le niveau d’alerte atteint, les centaines de milliers de personnes vivant dans les zones les plus dangereuses seront transférées vers d’autres régions italiennes. Si cela se produit, le gouvernement italien devra mettre la main à la poche. Une étude de 2022 publiée par le Conseil National de la Recherche (CNR) estime qu’une évacuation immédiate de l’ensemble de la zone des Champs Phlégréens, telle qu’elle est décrite par les plans d’urgence, coûtera environ 30 milliards d’euros par an, avec un impact négatif d’environ 1% sur le produit intérieur brut italien.
On estime également que le risque d’une éruption volcanique dans cette région du sud de la Campanie – qui comprend Naples – pourrait affecter quelque trois millions de personnes vivant dans une zone située à environ 15 à 20 kilomètres d’une éventuelle éruption. Ces chiffres montrent à quel point une évacuation serait difficile. Ceux qui, comme moi, ont parcouru les rues et ruelles étroites de communes comme Pozzuoli ou Bacoli savent pertinemment que les voies d’évacuation doivent être élargies pour permettre à la population de partir rapidement. Le gouvernement doit absolument prendre les mesures adéquates.
Par ailleurs, les facteurs psychologiques ne doivent pas être négligés. L’histoire possède des exemples d’éruptions où les habitants ont refusé de quitter leur domicile et ont préféré y rester et finalement y mourir. Je me souviens d’une émission télévisée sur la Campanie dans laquelle un membre du personnel de la Protection civile déclarait qu’il n’accepterait pas d’être évacué.
La situation ne sera pas facile pour les volcanologues et les responsables de la Protection Civile. Il ne faudra pas qu’ils se trompent en décidant une évacuation des Campi Flegrei. S’ils évacuent et que l’éruption attendue ne se produit pas, ils perdront la confiance de la population. En revanche, s’ils n’évacuent pas et qu’une catastrophe se produit, ils risquent de se retrouver en prison pour leur incompétence ! C’est ce qui s’est passé en 2009 suite au séisme qui a secoué la province italienne de L’Aquila…
Source  : abc News et médias d’information locaux.

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The recent seismic swarm in the Phlegrean Fields (see my posts of 28 September and 2 October, 2023) caused no damage or injuries, but raised fresh worries over the impact of an emergency evacuation of thousands of people, putting pressure on local authorities and the Italian government. I reminded that about 360,000 people live in the area of the Campi Flegrei.

Following the latest earthquakes, experts have advised the Naples city council to conduct safety checks on hospitals, schools and public buildings. Civil protection minister Nello Musumeci has said that the government was going to accelerate the drafting of “exodus plans in the event of an emergency,” which should be discussed at the next cabinet meeting.

According to the evacuation plans in place, once the alert level has been reached, hundreds of thousands of people living in the most dangerous areas are to be transferred to other Italian regions. Should this happen, it would cost the government a lot of money. A 2022 study published by the National Research Council (CNR) estimated that an immediate evacuation of the whole Campi Flegrei area, as described by the emergency plans, would cost about 30 billion euros a year, with a negative impact on Italy’s gross domestic product of around 1%.

It has also been estimated that the risk of a volcanic eruption in the whole Southern Campania region – which includes Naples – would affect about three million people living in an area lying about 15-20 kilometers from a possible eruption. These numbers do show how difficult such an evacuation would be. Those who, like me, have visited municipalities like Pozzuoli or Bacoli and their narrow streets perfectly know that escape routes will have to be enlarged to allow a quick exodus. The government should definitely take adequate measures.

Besides, the psychological factors should not be neglected. There are historical experiences of eruptions where citizens refused to leave their homes and preferred to stay and eventually die there. I can remember a TV programme about Campania in which a member of the Civil Protection staff said he would not accept to be evacuated.

The situation would not be an easy one for volcanologists and Civil Protection officials. They should not be wrong when deciding to start an evacuation of the Campi Flegrei. If they evacuate and the expected eruption does not happen, they will lose the confidence of the population. On the other hand, if they do not evacuate and a disastrous eruption occurs, they may be sent to prison for their incompetence ! This is what happened in 2009 after the earthquake that shook the Italian province of L’Aquila…

Source : abc News and local news media.

La Solfatara est l’un des points chauds des Champs Phlégréens

Pouzzoles et son entrelacs de ruelles sera difficile à évacuer

Le bradyséisme est un phénomène récurrent dans les Champs Phlégréens

(Photos : C. Grandpey)

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’INGV indique que le 3 octobre 2023 à partir de 06h33 UTC (8h33 heure locale), un débordement de lave était visible sur le Stromboli (Sicile) dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Dans le même temps, une activité de spattering était observée dans la zone du cratère Nord.
D’un point de vue sismique, on a enregistré une hausse de l’amplitude moyenne du tremor volcanique qui a atteint un niveau élevé.

 

La coulée de lave vue par la caméra thermique de l’INGV

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Dans un bulletin diffusé en fin de soirée le 2 octobre 2023 (heure locale), l’AVO indique que l’activité éruptive du Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) a de nouveau augmenté, avec des fontaines de lave. À partir de 21h00, l’activité sismique a commencé à augmenter de manière significative. À peu près au même moment, les images satellite ont montré une hausse de la température de surface correspondant à la présence d’une fontaine de lave. Cette situation a été confirmée par les images webcam. Cette fontaine a produit de petites avalanches de roches et de lave sur la pente du volcan. Le Shishaldin a ensuite émis un panache de cendres qui a atteint 12 k d’altitude. En conséquences, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à Warning (Danger).

Comme les fois précédentes, l’éruption a décliné au cours des heures suivantes pour se terminer dans la matinée du 3 octobre. La couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange et ne niveau d’alerte volcanique à Watch (Vigilance).

Crédit photo: AVO

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Le niveau d’alerte du Mayon (Philippines) est maintenu à 3, sur une échelle de 5 niveaux. L’activité volcanique reste soutenue avec des séismes d’origine volcanique et des coulées de lave dans plusieurs ravines. Une inflation du versant supérieur NO du volcan est observée depuis la 4ème semaine de juillet 2023, alors qu’une phase de déflation est enregistrée plus en aval sur ce versant. De manière plus globale, l’ensemble du Mayon reste en phase d’inflation. Des lahars se déclenchent pendant les périodes de pluie. Les émissions de SO2 se situent en moyenne entre 716 et 1 593 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester en dehors de la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 6 km. Il est déconseillé aux pilotes de survoler le volcan.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’éruption se poursuit dans le cratère sommital du Villarrica (Chili) avec une activité strombolienne observée presque toutes les nuits. Des matériaux sont parfois éjectés au-delà du cratère sur les flancs supérieurs du volcan. Les images satellite montrent un spatter cone sur le fond du cratère avec une bouche mesurant 10 x 14 m et une autre bouche plus petite à environ 35 m au nord-est du cône. Lors d’un survol le 29 septembre 2023, les scientifiques ont observé de la lave dans cette bouche et des dépôts de blocs dans le cratère. Le niveau d’alerte volcanique reste à Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et le public est prié de rester à au moins 8 km du cratère. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le niveau intermédiaire sur une échelle à trois couleurs) pour les communautés de Villarrica, Pucón, Curarrehue et Panguipulli.
Source : SERNAGEOMIN.

Activité strombolienne dans le cratère du Villarrica (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

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L’éruption du Fuego (Guatemala) se poursuit sans changement significatif. En général, 3 à 8 explosions sont enregistrées par heure. Elles éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. Comme d’habitude, elles génèrent aussi des panaches de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. De petites retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Des grondements se font entendre quotidiennement et des ondes de choc sont parfois détectées. Les explosions provoquent quotidiennement des avalanches de blocs dans plusieurs ravines. Des lahars sont parfois observés, charriant des branches d’arbres, des troncs et des blocs pouvant atteindre 1 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

Activité éruptive au sommet du Fuego (Crédit photo: CONRED)

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L’éruption du Nevado del Ruiz (Colombie) se poursuit à des niveaux faibles à modérés. La sismicité, indiquant le mouvement de fluides à l’intérieur de l’édifice volcanique, est stable. Plusieurs anomalies thermiques dans le cratère sont identifiées sur les images satellite. Les émissions de cendres et de gaz continuent, atteignant 2 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées à Manizales. Le niveau d’alerte reste à Jaune, niveau III (le deuxième niveau sur une échelle de quatre niveaux).
Source : Servicio Geológico Colombiano.

Carte des risques sur le Nevado del Ruiz (Source: SGC)

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Il n’y a pas d’éruption en ce moment sur le Kilauea (Hawaii), mais la zone située juste au sud du sommet montre une hausse de la sismicité. On est passé de moins de 10 événements par jour à plus de 140 au cours des dernières 24 heures. La plupart des secousses se produisent dans le secteur au sud de la caldeira, à des profondeurs de 2,5 à 3 km sous la surface. La tendance de l’activité sismique est parallèle, mais légèrement au sud, des bouches laissées par l’éruption de décembre 1974.
Source : HVO.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

INGV indicates that on October 3rd, 2023 from 06:33 UTC (8:33 local time), a lava overflow was visible on Stromboli (Sicily) in the upper part of the Sciara del Fuoco. At the same time, spattering activity was observed in the North Crater area.
From a seismic point of view, an increase in the average amplitude of the volcanic tremor was recorded, reaching a high level.

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In a bulletin released late in the evening on Obtober 2nd, 2023 (local time), AVO indicates that eruptive activity at Shishaldin (Aleutians / Alaska) again increased, with lava fountaining. Starting at 9:00 pm, seismic activity began to increase significantly. Around the same time, satellite images showed an increase in surface temperature consistent with lava fountaining, which was confirmed in webcam images. This fountaining produced small hot avalanches of rock and lava down the slope of the volcano. An ash cloud from Shishaldin reaching 12 km above sea level was observed in satellite data. In response, the Aviation Color Code was raised to RED and the Volcano Alert Level to WARNING.

Like previous times, the eruption declined over the next few hours, ending on the morning of October 3rd. The aviation color code was lowerered to Orange and the volcano alert level went back to Watch.

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The alert level for Mayon (Philippines) is kept at 3, on a scale of 5 levels. Volcanic activity remains sustained with volcanic earthquakes and lava flows in several drainages. Inflation of the upper NW slope of the volcano has been observed since the 4th week of July 2023, while a deflation phase is recorded further downslope. More generally, the whole of Mayon remains inflated. Lahars are triggered during rain periods. SO2 emissions average between 716 and 1,593 tonnes per day. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ). Pilots are advised not to fly over or close to the volcano.
Source: Phivolcs.

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The eruption continues in Villarrica’s summit crater (Chile) with strombolian activity observed almost nightly. Material is somrtimes ejected beyond the crater onto the upper flanks of the volcano. Satellite images show a spatter cone on the crater floor with one vent measuring 10 x 14 m, and a smaller vent about 35 m NE of the cone. During an overflight on 29 September 2023, scientists observed lava in the vent and deposits of blocks in the crater. The Volcanic Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-level scale) and the public is asked to stay 8 km away from the crater. The Alert Level is kept at Yellow (the middle level on a three-color scale) for the communities of Villarrica, Pucón, Curarrehue, and Panguipulli.

Source : SERNAGEOMIN.

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The eruption of Fuego (Guatemala) continues with no significant changes. In general 3-8 explosions are recorded per hour. They eject incandescent material as high as 300 m above the summit. As usual, they generate ash-and-gas plumes that rise as high as 1.1 km above the crater. Minor ashfall is reported in downwind areas. Rumbling is heard daily, and shock waves are occasionally detected. Explosions cause daily block avalanches in several drainages. Lahars are sometimes observed, carrying tree branches, trunks, and blocks as large as 1 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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The eruption at Nevado del Ruiz (Colombia) continues at low-to-moderate levels. Seismicity indicating the movement of fluids is stable.Several thermal anomalies in the crater are identified in satellite images. Ash-and-gas emissions continue, rising to 2 km above the crater rim. Ashfall was reported in Manizales. The Alert Level remains at Yellow, Level III (the second level on a four-level scale).

Source : Servicio Geológico Colombiano.

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There is currently no eruption on Kilauea (Hawaii), but the area just south of thr summit is showing signs of elevated unrest as earthquake rates beneath the region has just increased from less than 10 earthquakes per day to over 140 earthquakes in the last 24 hours. Most of the earthquakes are now occurring in the region south of the caldera at depths of 2.5 – 3 km below the surface. The trend of the seismic activity parallels, but is slightly south of the December 1974 eruption vents.

Source : HVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Parcs nationaux et volcans : Europe / Etats Unis // National parks and volcanoes : Europe vs. United States

Lorsque le tourisme est bien géré et ne se résume pas à des interdictions d’accès aux sites volcaniques actifs, les visiteurs viennent en nombre et contribuent à l’économie locale. C’est ce qui se passe dans les parcs nationaux américains et notamment à Hawaii. Certains sites volcaniques en Europe et outre-mer feraient bien de s’inspirer de la politique hawaiienne.
Une analyse effectuée par des économistes du National Park Service a révélé que 1,6 million de visiteurs ont fréquenté le Parc national des volcans d’Hawaii en 2022, et dépensé également 149 millions de dollars dans les localités proches du parc. Ces rentrées d’argent ont permis de créer 1500 emplois dans la région et apporté 195 millions de dollars à l’économie locale
Rhonda Loh, surintendante du Parc national des volcans d’Hawaii (que je salue ici), a déclaré : « Le tourisme est un moteur essentiel de l’économie locale. Les gens visitent le parc national pour découvrir les éruptions volcaniques, la riche biodiversité insulaire et profiter des paysages culturels. »
Le rapport montre également qu’à l’échelle nationale près de 312 millions de visiteurs ont dépensé 23,9 milliards de dollars dans un rayon de 100 km autour d’un parc national. Ces dépenses ont permis de créer 378 400 emplois. Le bénéfice cumulé pour l’économie américaine s’élève à 50,3 milliards de dollars.

En matière de parcs nationaux, la politique américaine n’a rien à voir avec celle pratiquée sur le vieux continent. En France par exemple, les parcs nationaux sont gratuits et les infrastructures touristiques sont beaucoup plus modestes. Il est vrai que nous ne nous trouvons pas à la même échelle. Les parcs nationaux outre-Atlantique sont beaucoup plus vastes que les nôtres.

S’agissant des sites volcaniques, à Hawaii les secteurs les plus dangereux sont certes interdits au public, mais tout est fait dans le Parc national des volcans pour que les visiteurs profitent des paysages. Lors de la dernière éruption du Kilauea, plusieurs belvédères ont été aménagés pour pouvoir admirer le lac de lave au fond de l’Halema’uma’u.

En Europe, que ce soit en Sicile ou dans le département français de l’île de la Réunion, les interdictions d’accès pleuvent dès qu’un volcan se manifeste et rien n’est vraiment fait pour attirer les touristes. Seule l’Islande tire son épingle du jeu et encourage les visiteurs à aller admirer les éruptions. Au final, des dizaines de milliers de personnes visitent l’île nordique et contribuent à la prospérité de l’économie du pays. Un exemple à suivre !

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When tourism is well managed and not only made of interdictions to active volcanic sites, visitors come in numbers ond contribute to the local economy. This is what is happening in American national parks and especially in Hawaii. Some volcanic sites in Europe and overseas should have a look at the Hawaiian policy and follow this example.

A new spending analysis conducted by economists at the National Park Service revealed 1.6 million visitors flooded the Hawaiian Volcanoes National Park in 2022, spending 149 million dollars in communities near the park. That spending supported 1,500 jobs in the area and 195 million dollars in economic output in local gateway economies surrounding the park.

Hawaiʻi Volcanoes National Park Superintendent Rhonda Loh.(that I greet here) said “We recognize that tourism is a critical driver to the local economy. People come to the national park to experience volcanic eruptions, the rich island biodiversity, and cherish cultural landscapes.”

The report also showed 23.9 billion dollars of direct spending nationwide by nearly 312 million park visitors in communities within 100 km of a national park. This spending supported 378,400 jobs nationally. The cumulative benefit to the U.S. economy was 50.3 billion dollars.

As far as national parks are concerned, theAmerican policy has nothing to do with the one practiced on the old continent. In France, for example, national parks are free and tourist infrastructures are much more modest. It is true that we are not on the same scale. The national parks across the Atlantic are much larger than ours.
With regard to volcanic sites, in Hawaii the most dangerous areas are closed to the public, but everything is done in the Volcanoes National Park so that visitors can enjoy the landscapes. During Kilauea’s last eruption, several lookouts were built to view the lava lake at the bottom of Halema’uma’u.
In Europe, whether in Sicily or in the French department of Reunion, access bans rain down as soon as a volcano is erupting and nothing is really done to attract tourists. Only Iceland holds its own and encourages visitors to go and admire the eruptions. In the end, tens of thousands of people visit the northern island and contribute to the prosperity of the country’s economy. An example to follow !

Photo: C. Grandpey

Champs Phlégréens (Italie) : on se sait pas prévoir… // Phlegrean Fields (Italy) : we cannot predict…

C’est formidable de dire que l’on est capable de prévoir les éruptions de volcans comme le Piton de la Fournaise (La Réunion) ou le Kilauea (Hawaï). Ce sont des volcans effusifs qui présentent peu ou pas de danger pour les zones habitées. La prévision devient très différente quand il s’agit des volcans explosifs. Elle est encore plus compliquée lorsque ces volcans sont situés à proximité ou au milieu de zones densément peuplées.
C’est le cas du Vésuve près de la ville de Naples, et des Champs Phlégréens autour desquels vivent quelque 360 000 habitants. Si le Vésuve ou les Campi Flegrei devaient se réveiller, il faudrait prendre des mesures très rapidement pour mettre les habitants en sécurité.
Ces derniers jours, l’inquiétude a grandi autour de Pouzzoles devant le risque d’éruption des Champs Phlégréens. En effet, la région a été secouée par le séisme le plus puissant (M 4,2) depuis 40 ans. L’activité sismique dans la région s’est intensifiée au cours de l’année écoulée et en particulier ces derniers mois, avec plus de 80 événements enregistrés au petit matin du 27 septembre 2023.
Bien entendu, tout le monde souhaite que l’activité sismique cesse, comme cela a été le cas après une longue période d’agitation du sol au début des années 1980. La pire situation serait une éruption semblable à la dernière qui a eu lieu en 1538 ; elle a donné naissance au Monte Nuovo et a détruit une cité médiévale. .
Les scientifiques de l’INGV surveillent étroitement la situation mais sont forcés d’admettre qu’ils ne savent pas comment elle va évoluer. En cas d’éruption, ils ne savent pas, non plus, quand ni où un tel événement pourrait se produire. Aussi minime que soit une telle éruption, elle provoquerait de sérieux problèmes de société. Il suffit de voir toutes les maisons autour de la Solfatare, l’un des points les plus chauds des Campi Flegrei, pour comprendre les difficultés qu’impliquerait une évacuation.
Contrairement au Vésuve voisin, dont l’éruption en 79 après JC a détruit Pompéi et Herculanum, les Campi Flegrei ne présentent pas la forme conique d’un volcan. Ils se trouvent dans une caldeira de 11 kilomètres de long qui s’est formée il y a 39 000 ans après qu’une éruption l’ait vidée de son magma. Cependant, le secteur est beaucoup plus actif que le Vésuve.
Depuis les années 1950, des milliers de petits séismes ont affaibli la caldeira, favorisant les conditions d’une rupture. C’est ce que l’on peut lire dans une étude publiée en juin 2023 par l’INGV italienne et l’University College London (UCL). Les recherches ont conclu que le volcan était sur le point d’atteindre un « point de rupture » et se trouverait dans un « état extrêmement dangereux ».
Giuseppe De Natale, directeur de l’INGV, a déclaré qu’il y avait un « risque élevé de fortes secousses », ajoutant qu’il avait écrit à la municipalité de Naples le 18 septembre pour que des contrôles de sécurité soient effectués dans les bâtiments publics, en commençant par les écoles et les hôpitaux, et que des procédures d’évacuation soient mises en œuvre si nécessaire.
Le séisme du 27 septembre dernier, qui a été ressenti jusqu’à Rome, a provoqué la fuite des habitants et des perturbations dans le trafic ferroviaire, même si aucun blessé ni aucun dégât majeur n’ont été signalés. Nello Musumeci, en charge de la Protection civile, a déclaré qu’il rencontrerait les responsables locaux à Naples dans les prochains jours pour demander une « accélération dans l’élaboration des plans d’évacuation en cas d’urgence ». Il a ajouté : « Nous devons être prêts à toute éventualité, mais nous devons aussi éviter l’alarmisme car, pour le moment, cela n’est pas justifié. »
Sources  : The Guardian et médias d’information italiens.

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It’s great to say we are able topredict eruptions of volcanoes like Piton de la Fournaise (Reunion Island) or Kilauea (Hawaii). These are effusive volcanoes with little or no danger to populated areas. Prediction becomses greatly different on explosive volcanoes, all the mare when they are located close to, or in the middle of densely populated areas.

This is the case of Mount Vesuvius close to the city of Naples and the Phlegrean Fields which are surrounded by 360,000 residents. Should an eruption occur on Vesuvius or the Campi Flegrei, measures would have to be taken very fast to send residents out of danger.

These days, concern is mounting over the risk of an eruption on the Phlegrean Fields after the area was struck by the strongest earthquake (M 4.2) in 40 years. Seismic activity in the region has intensified over the past year and especially in recent months, with more than 80 events occurring in the early hours of September 27th, 2023 in the morning.

Of course, the best-case scenario would be that the activity ends, as it did after a long period of unrest in the early 1980s, while the worst would be an eruption similar to the last one in 1538, which created Monte Nuovo and destroyed a medieval city. .

INGV scientists are monitoring the situation but they admit they don’t know how it will evolve. In the event of an eruption, they don’t know when or where it could happen. However small, it would cause social unrest. You just need to see all the houses around the Solfatara, one of the hottest spots of the Campi Flegrei, to understand the difficulties an evacuation would include.

Unlike nearby Mount Vesuvius, whose eruption in AD79 destroyed the ancient Roman cities of Pompeii and Herculaneum, Campi Flegrei is an 11-kilometer-long caldera that was formed 39,000 years ago after an eruption emptied it of magma. However, it is much more active than Vesuvius.

Thousands of small earthquakes since the 1950s have weakened the caldera, favouring the conditions for a rupture, according to a study published in June 2023 by Italy’s INGV and University College London (UCL). The research concluded that the volcano was edging towards “breaking point” and in an “extremely dangerous state”.

Giuseppe De Natale, a director at INGV, said there was a “high risk of strong tremors”, adding that he had written to Naples council on September 18th, suggesting safety checks be carried out on public buildings, starting with schools and hospitals, and for evacuation procedures to be enacted if necessary.

The earthquake of September 27th, which was felt in Rome, caused people to flee their homes and trains to be disrupted, although no injuries or major damage were reported. Nello Musumeci, minister for Civil protection, said he would be meeting local officials in Naples over the next few days to ask for an “acceleration in the drafting of exodus plans in the event of an emergency”. He added : “We need to be ready for any eventuality, but we need to avoid alarmism because, at the moment, it is not justified.”

Sources : The Guardian and Italian news media.

Pouzzoles est l’un des centres urbains les plus importants de la région des Champs Phlégréens.

La Solfatara est l’un des points chauds des Champs Phlégréens.

(Photos: C. Grandpey)