La survie des plus aptes // The survival of the fittest

Dans une note publiée le 22 juillet 2020, j’expliquais que, contrairement à l’idée reçue, la vie est présente dans les environnements les plus extrêmes. Par exemple, des espèces extrémophiles se développent autour de «fumeurs noirs», bouches hydrothermales au fond des océans.

La vie est également présente à très haute altitude. Au cours d’une expédition dans le nord du Chili au début de l’année 2020, des biologistes américains et chiliens ont mis la main sur une souris à croupion jaune (Phyllotis xanthopygus rupestris) au sommet du volcan chilien Llullaillaco (6600 m.). Cette souris a battu le record du monde d’altitude pour un mammifère observé par les scientifiques. En 2019, la même espèce de souris avait été repérée à 6100 m. d’altitude.

On vient d’apprendre que des scientifiques ont redécouvert une espèce rare de souris vivant en milieu volcanique que l’on pensait disparue à jamais. Le petit rongeur a survécu à l’éruption cataclysmale du Pinatubo (Philippines) en 1991. L’éruption a tué quelque 800 personnes et détruit le paysage tout autour. Plusieurs années après l’éruption, des expéditions ont étudié la région et ont été surpris de constater qu’une faune très diversifiée avait survécu au cataclysme, avec en particulier des chauves-souris et une souris très rare vivant en milieu volcanique.

Les biologistes ont publié les résultats de leurs recherches dans le Philippine Journal of Science en janvier 2021. On peut lire que lorsque le Pinatubo est entré en éruption, une unique espèce de souris était censée vivre sur le volcan, et les scientifiques étaient persuadés que l’espèce s’était éteinte avec l’éruption. En fait, ils avaient tort d’être aussi pessimistes.

Apomys sacobianus, la souris du Pinatubo, avait été identifiée à partir d’un spécimen unique décrit en 1962 et conservé au Musée national d’histoire naturelle des États-Unis. Les chercheurs sont retournés sur le Pinatubo plusieurs dizaines d’années après l’éruption pour dresser un bilan des mammifères qui y vivaient autrefois. Leur visite a offert beaucoup de surprises. Les forêts d’autrefois étaient remplacées par une végétation clairsemée et broussailleuse au sein de laquelle les rongeurs indigènes pullulaient.

Parmi eux figurait la souris du Pinatubo qui avait certes survécu, mais sa population était aussi en plein essor. Les biologistes ont eu du mal à croire qu’une espèce vivant dans une zone aussi restreinte ait pu survivre à une catastrophe volcanique qui avait détruit des forêts entières.

Au vu de ces découvertes, le Pinatubo pourrait devenir un laboratoire naturel servant à observer le rétablissement de l’habitat et le réassemblage de la vie animale après une éruption. Une telle étude pourrait aussi être utile dans le cadre de la régénération des nombreuses zones de déforestation.

Source: Cnet.

———————————————

In a post released on July 22nd, 2020, I explained that, contrary to what many people think, life is present in the most extreme environments. For instance, extremophile species develop around « black smokers », hydrothermal vents at the bottom of the oceans.

Life is also present at very high altitude. During a mountaineering expedition in northern Chile in early 2020, U.S. and Chilean biologists spotted and captured a yellow-rumped leaf-eared mouse (Phyllotis xanthopygus rupestris) atop the 6,600 m summit of the Chilean volcano Llullaillaco. The mouse broke the world record for the highest-dwelling mammal documented by scientists to date. In 2019, the same species of mouse was spotted at 6,100m.

Scientists have rediscovered a rare volcano mouse species thought to be extinct. It survived the devastating eruption of M Pinatubo (Philippines) in 1991. The eruption  killed an estimated 800 people and destroyed the landscape around it. Later expeditions to study the wildlife in the area turned up the surprising survival of a diverse group of fauna, including bats and a very rare volcano-dwelling mouse.

The researchers published their findings in the Philippine Journal of Science in January 2021. One can read that when Pinatubo erupted, a little species of mouse was thought to live only on that one mountain, and biologists thought it had become extinct as a result of the event. Actually, they were wrong.

Apomys sacobianus, the Pinatubo volcano mouse, was previously known from a single specimen described in 1962 and kept at the US National Museum of Natural History.  Researchers returned to Mt Pinatubo a couple of decades after the eruption to find out what had become of the mammals that once lived there. Their visit offered quite a lot of surprises. Despite the fact that all areas surveyed supported sparse, scrubby second-growth vegetation rather than forest, native rodents were abundant everywhere.

The Pinatubo volcano mouse had not only survived, its population was booming. The biologists could hardly believe that a species found in such a localized area made it through a volcanic catastrophe that wiped out entire forests.

It seems Mt. Pinatubo could become a natural laboratory to monitor habitat recovery and community re-assembly following the eruption. Such information would be helpful in efforts to regenerate the many areas that have been deforested by people.

Source : Cnet.

La souris du Pinatubo (Source : Field Museum)

Il y a un an, le Taal (Philippines) entrait en éruption… // One year ago, Taal erupted in the Philippines…

Aujourd’hui 12 janvier 2021 est l’anniversaire de l’éruption du Taal aux Philippines. A cette occasion, l’agence Associated Press a publié une galerie de photos montrant Volcano Island, au cœur du Lac Taal, au lendemain de l’éruption qui n’a pas causé de pertes humaines mais provoqué d’importants dégâts matériels.

https://us.yahoo.com/news/ap-photos-only-ash-shells-070248562.html

Si le volcan n’a pas connu de séquences éruptives majeures avec déclenchement de coulées pyroclastiques capables de tuer, il a émis de volumineux panaches de cendre qui s’est déposée sur toute la région. Aujourd’hui, un an après l’éruption, Volcano Island est une île fantôme avec des arbres qui dressent leurs branches mortes comme des bâtons dans un paysage où le gris domine. Les maisons et les écoles sont couvertes de cendre et ont été endommagées par les séismes.

Pour les habitants de l’île, la vie ne sera plus jamais comme avant. Une femme a déclaré: «En ce moment, la vie est très dure, nous ne sommes pas habitués à cela. Nous ne savons pas par où commencer. » Comme les autres habitants, elle aimerait retourner sur l’île, mais le gouvernement ne le permet pas pour le moment. Elle pourrait y cultiver des légumes et élever du bétail chez elle, ce qui lui éviterait d’avoir à acheter de la nourriture. Les animaux étaient souvent utilisés pour transporter des touristes désireux d’admirer le cratère.

Au moment de l’éruption du 12 janvier 2020, plus de 5000 personnes, dont beaucoup travaillaient comme guides touristiques, ont été obligées de fuir Volcano Island. Des centaines de chevaux, vaches et autres animaux ont été abandonnés.

Quelques mois après l’évacuation de plus de 376000 personnes, la pandémie de COVID-19 a frappé le pays. De nombreuses personnes évacuées sont restées un certain temps dans des centres d’hébergement d’urgence, puis sont retournées dans les villes encore couvertes de cendre de la province de Batangas quand le danger a été moins présent.

Cependant, Volcano Island dans le lac Taal reste trop dangereuse et le gouvernement interdit à la population de revenir. Certains ont trouvé un autre logement, mais une cinquantaine de familles vivent toujours dans des tentes un an après l’éruption, en ayant recours à de petits boulots.

Source: Yahoo News.

——————————————-

Today January 12th, 2021 is the anniversary of the Taal eruption in the Philppines. On this occasion, the Associated Press agency released a gallery of photos showing Taal Volcano Island in the wake of the eruption which did not cause humans losses but extensive material damage.

https://us.yahoo.com/news/ap-photos-only-ash-shells-070248562.html

Even though the volcano did not go through major eruptive episodes and did not trigger deadly pyroclastic flows, it emitted voluminous plumes of ash that fell on the surrounding region. Today, one year after the eruption, the island is a ghost island with trees that are just dead sticks in a grey landscape. Homes and schools are covered with ash and damaged by the earthquakes.

For the residents on the island, life will never be the same. A woman said: “Right now life is very hard, we are not used to this. We don’t know where to start.” She wants to return to the island if the government allows it. She could grow vegetables and raise livestock at her home on the island, saving her from needing to buy food. The animals also once carried tourists to see the picturesque crater.

At the time of the January 2020 eruption, more than 5,000 people, many of them working as tour guides, fled Volcano Island. Hundreds of horses, cows and other animals were left behind.

A couple of months after the volcano sent more than 376,000 people fleeing to safety, the COVID-19 pandemic hit the country. Many evacuees stayed in emergency shelters for a while, then returned to the ash-blanketed towns and cities in Batangas province as the dangers subsided.

However, Volcano Island in Taal Lake is too dangerous, and the government bans former residents from returning. Some have found other housing, but about 50 families are still living in tents a year after the eruption and are resorting to odd jobs.

Source: Yahoo News.

Voici l’une des images de Volcano Island proposées par l’agence Associated Press

Les Philippines et le Mayon

Avec le confinement, les activités sont réduites et je consacre plus de temps à la lecture – même si les librairies sont fermées – et je passe davantage de temps devant la télévision à regarder des émissions enregistrées, ou devant mon ordinateur à visionner des documentaires en rediffusion.

C’est ainsi que j’ai voyagé en train dans plusieurs pays en compagnie de Philippe Gougler dans le cadre de l’émission « Des trains pas comme les autres. » Le dernier périple m’a conduit aux Philippines, un archipel de 7 000 îles où je me suis régalé en retrouvant l’ambiance du sud-est asiatique, avec ses couleurs, sa simplicité et ses sourires.

Après s’être attardé dans les magnifiques rizières du nord du pays, et à Manille, la capitale , Philippe a pris le train pour Legazpi, une ville de 180 000 habitants à proximité du Mayon, un volcan  dont le cône serait, géométriquement parlant, le plus parfait au monde. C’est un beau volcan aux éruptions fréquentes, dont celle de 1993 qui a tué plus de 70 paysans en train de travailler sur ses pentes fertiles. Le Mayon inspire donc à la fois respect et crainte.

Au cours du trajet entre Manille et Legazpi, Philippe Gougler rencontre un passager du train qui lui explique ce que le Mayon représente pour lui Voici l’intégralité de ses propos : «  Dans le train, on a une vue sur le Mont Mayon que l’on n’a pas en avion. Vu du ciel, le volcan est masculin, dur. Mais vu du train, c’est une dame ; elle est belle, beaucoup plus sensuelle, féminine ; elle représente les Philippines. Elle est le monument naturel unique qui représente les Philippines. Quand tu penses Philippines, tu penses Mont Mayon, et quand tu penses Mont Mayon, tu penses Philippines. Surtout, c’est un cadeau. Quand Dieu a créé les montagnes, il a piétiné la terre ; il a créé les montagnes, mais celle-ci, il l’a soignée. Ce volcan, c’est comme la fille de Dieu, et Dieu crée de belles choses. »

J’adore ces témoignages spontanés venant de la population locale. Ils sont souvent pleins de sincérité, d’amour et d’authenticité.

Vous pourrez regarder le documentaire en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=abc4XpyVFKA

°°°°°°°°°°°

Ayons une pensée pour les Philippins qui viennent de subir les assauts du super typhon « Goni », avec des vents de 225 km/h et des rafales à 280 km/h. On déplore une vingtaine de morts. Les dégâts sont estimés à 230 millions de dollars. La région du Mayon a dû faire face à des lahars qui ont bloqué les routes. Le site touristique des Ruines de Cagsawa est sous les eaux. L’aéroport de Legazpi a été fortement endommagé.

Le Mayon : un volcan au cône parfait, mais aux redoutables coulées pyroclastiques (Crédit photo : Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

 Le volcan de l’île Nishinoshima (Japon) est très actif en ce moment. La JMA indique qu’une colonne de cendres s’élevait à 8 300 m au-dessus du niveau de la mer le 4 juillet 2020. C’est la plus haute colonne de cendres observée depuis 2013.
Comme je l’ai déjà écrit, l’activité volcanique se caractérise par de fréquentes explosions et coulées de lave. Les coulées de lave avancent actuellement sur le versant sud-ouest et entrent dans la mer.
Source: JMA.

++++++++++

Suite à une intensification de l’activité sismique, le PHIVOLCS a fait passer le niveau d’alerte du Bulusan (Philippines) de 0 (normal) à 1 (anormal) le 6 juillet 2020.
Le réseau de surveillance volcanique a enregistré 53 séismes d’origine volcanique du 3 au 6 juillet 2020, avec 43 événements basse fréquence associés à une activité hydrothermale ou magmatique sous l’édifice. Il existe un risque d’éruptions phréatiques au niveau du cratère sommital ou sur les hautes pentes du volcan.
En vertu du niveau d’alerte 1, il est rappelé au public que l’entrée dans la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 km est strictement interdite. Il est conseillé aux pilotes d’éviter de voler près du sommet du volcan. Les personnes vivant dans les vallées et le long des rivières doivent être vigilantes car des lahars peuvent survenir brutalement en cas de pluies abondantes et prolongées.
Source: PHIVOLCS.

++++++++++

Une éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) n’est plus d’actualité. Même si on observe toujours une inflation de l’édifice volcanique, la sismicité a diminué et le calme est revenu.

La préfecture annonce le retour en phase de Vigilance à partir de jeudi 9 juillet2020 à 8 heures. L’interdiction d’accès du public à la partie haute de l’Enclos est donc levée à compter de cette date, avec les restrictions habituelles.

++++++++++

La sismicité reste anormalement élevée sur le Laguna del Maule (frontière Chili-Argentine), dans une zone d’environ 5 km de diamètre qui correspond à de fortes émissions de CO2. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.
Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

Le SERNAGEOMIN indique que la lave a commencé à percer la lèvre du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) vers le 27 juin 2020 avant de s’écouler sur une quarantaine de mètres le long du flanc N le 1er juillet. Une explosion le 6 juillet a généré un panache de gaz et de cendres qui s’est élevé à 1,2 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

++++++++++

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange sur l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch.
Source: KVERT.

++++++++++

Un survol du Sabancaya (Pérou) à l’aide de drone le 20 juin 2020 a révélé que le dôme de lave dans le cratère principal avait été détruit. Le plancher du cratère est jonché de blocs. On enregistre une moyenne de 20 explosions quotidiennes qui génèrent des panaches de gaz et de cendres atteignant 1,8 km de hauteur. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent.
Source: INGEMMET.

++++++++++

Un survol du Sangay (Equateur) a révélé trois anomalies thermiques: la première se trouve dans le cratère sommital ; elle correspond à des explosions ; la seconde se situe près du bord SE du cratère sommital et peut-être liée à une petite coulée de lave ; la troisième correspond à l’accumulation de dépôts de coulées pyroclastiques dans la partie inférieure de la ravine SE. Des changements morphologiques importants ont été détectés dans la zone sommitale.
Source: Instituto Geofisico.

———————————————

 Here is some news of volcanic activity around the world.

The volcano on Nishinoshima Island (Japan) is very active these days. JMA reports an ash column rising up to 8 300 m above the sea level on July 4th, 2020. It was the highest ash column observed since 2013.

As I put it before, volcanic activity at the volcano is characyerised by frequent explosions and lava flows. Lava is currently flowing down the southwest coast and into the sea.

Source: JMA.

++++++++++

Due to an increase in seismic activity under the volcanic edifice, PHIVOLCS raised the alert level of Bulusan (Philippines) from 0 (normal) to 1 (abnormal) on July 6th, 2020.

Bulusan’s monitoring network recorded a total of 53 volcanic earthquakes from July 3rd to 6th, 2020 including 43 low-frequency events associated with hydrothermal or magmatic gas activity within the edifice. There is the risk of phreatic eruptions at the summit crater or from flank vents on the upper slopes.

With alert level 1, the public is reminded that entry into the 4-km radius Permanent Danger Zone (PDZ) is strictly prohibited. Pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit. People living within valleys and along rivers should be vigilant against lahars in the event of heavy and prolonged rainfall.

Source: PHIVOLCS.

++++++++++

An eruption is no longer predicted at Piton de la Fournaise (Reunion Island). Even if the volcanic edifice is still inflating, seismicity has decreased and the situation is quiet again.
The prefecture announces the return to “Vigilance” (Watch) on Thursday, July 9th, 2020 at 8 a.m. Access to the upper part of the Enclos is therefore again allowed, with the usual restrictions.

++++++++++

Seismicity at Laguna del Maule (Chile-Argentina border) remains anomalously elevated within an area about 5 km in diameter, and corresponds to elevated levels of CO2 emissions. The alert level remains at Yellow.

Source: SERNAGEOMIN.

++++++++++

SERNAGEOMIN reports that lava began breaching the rim of Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) around June 27th, 2020 and flowed 40 m down the N flank by July 1st. An explosion on July 6th generated a gas-and-ash plume that rose 1.2 km above the crater. The alert level remains at Yellow.

++++++++++

In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange on Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch.

Source: KVERT.

++++++++++

A drone footage acquired at Sabancaya (Peru) on June 20th, 2020 revealed that the lava dome in the main crater had been destroyed, leaving blocks on the crater floor. An average of 20 daily explosions produces gas-and-ash plumes that rose as high as 1.8 km above the summit. Ashfall has been reported in several downwind areas.

Source: INGEMMET.

++++++++++

An overflight of Sangay (Ecuador) revealed three thermal anomalies: the first is in the summit crater and associated with explosions, the second is near the SE rim of the summit crater and possibly related to a small lava flow, and the third corresponds to the accumulation of deposits of pyroclastic flows at the lower part of the SE drainage. Significant morphological changes have been detected in the summit area.

Source: Instituto Geofisico.

L’éruption de Nishinoshima le 29 juin 2020 (Crédit photo: Japan Coast Guard)