Bogoslof (Alaska): Pas de nouvelle activité éruptive // No new eruptive activity

L’activité sismique détectée le 15 avril 2017 (voir ma note du 16 avril) n’a pas eu de suite eruptive. Aucune activité volcanique n’a été observée sur le Bogoslof depuis cette date dans les données sismiques et satellitaires. Le dernier événement explosif a eu lieu le 8 mars 2017. Les images satellites disponibles quand les conditions météorologiques le permettent ne montrent pas de modifications significatives à la surface du volcan. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à Jaune et l’alerte volcanique a été ramenée à Surveillance.

Source: AVO.

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The seismic activity detected on April 15th 2017 (see my note of April 16th) was not followed by any eruption. No new volcanic activity has been observed at Bogoslof Volcano in satellite or seismic data since that day. The last major explosive event occurred on March 8th, 2017, and occasional satellite images show no significant superficial changes. As a consequence, AVO has lowered the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Source: AVO.

Source: AVO.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans un bulletin diffusé le 7 mars 2017, l’OVPF indique qu’une semaine après la fin de l’éruption le 27 février dernier, deux séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) ont été enregistrés en une semaine sous les cratères sommitaux. Depuis le 3 mars, la sismicité profonde diminue.

L’inflation du cône terminal qui s’est maintenue pendant l’éruption se poursuit.

S’agissant des émissions gazeuses, les flux de SO2 dans l’air sont en dessous du seuil de détection.

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In a new report released on March 7th 2017, OVPF indicates that one week after the end of the eruption (27 February), two shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) were recorded within a week beneath the summit craters. Deep seismicity has been decreasing since March 3rd.
The inflation of the summit cone that was observed all through the eruption is continuing.
As far as gaseous emissions are concerned, SO2 levels in the atmosphere are below the detection threshold.

Crédit photo: Wikipedia.

Mission à haute altitude au-dessus d’Hawaii // High altitude mission above Hawaii

drapeau-francaisDepuis la fin janvier et jusqu’à la fin du mois de février 2017, la NASA effectue une campagne de collecte de données à haute altitude au-dessus de l’archipel hawaiien avec un avion ER-2. Cet aéronef est un avion de reconnaissance U-2 qui a été modifié pour recueillir des données scientifiques à haute altitude. Plusieurs projets pluriannuels financés par la NASA utiliseront ces données pour étudier les récifs coralliens et les processus volcaniques.
Les données seront également utilisées pour permettre la mise au point d’un futur instrument satellitaire d’observation de la Terre baptisé Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). Si la NASA obtient le financement nécessaire, l’instrument fournira des informations cruciales pour l’étude des écosystèmes de la planète, ainsi que des événements liés aux catastrophes naturelles, comme les éruptions volcaniques, les feux de forêt et la sécheresse.
Pour reproduire les données recueillies par les capteurs d’observation de la Terre à bord des satellites, l’ER-2 naviguera à une altitude d’environ 20 000 mètres (au-dessus de 95% de l’atmosphère terrestre) avec une série d’instruments conçus pour mesurer la lumière réfléchie et émise en centaines de longueurs d’onde distinctes. Ces données donneront des informations quantitatives sur la composition de surface, la texture et la température du sol. Ces informations, couplées à des mesures sur le terrain, permettront également aux scientifiques d’étudier toute une gamme de processus atmosphériques, géologiques et écologiques dans le but de mieux comprendre notre environnement naturel et comment notre environnement réagit face aux activités humaines.
Sur la Grande Ile d’Hawaï, en collaboration avec les scientifiques du HVO et du National Park Service, les chercheurs effectuent des travaux sur le terrain et recueillent des données. Ils utilisent ces données pour étudier (1) les liens entre la santé de la végétation et les émissions de gaz volcanique; (2) les anomalies thermiques volcaniques; (3) la composition et l’évolution chimique des panaches de gaz du Kilauea; (4) les processus et les risques volcaniques tels que l’activité des coulées de lave.
Les objectifs de cette mission et les projets de recherche scientifique connexes sont de caractériser les principaux processus volcaniques, tels que la vitesse d’ascension du magma vers la surface, la quantité de lave émise quotidiennement par le Kilauea et l’interprétation des précurseurs possibles d’une éruption. Les conclusions devraient permettre aux scientifiques d’informer la Protection Civile et le public avant, pendant et après les éruptions futures.
Les chercheurs qui travaillent sur le projet Volcan utilisent également les images pour mieux étudier la composition du panache de gaz qui s’échappe du Kilauea et son évolution au fur et à mesure qu’il se déplace. Une partie clé du projet est de voir comment ce panache affecte la qualité de l’air à Hawaï. Par exemple, les chercheurs utiliseront les nouvelles données pour déterminer avec précision la vitesse à laquelle le dioxyde de soufre émis par le volcan se transforme en aérosol, autrement dit comment il se combine avec d’autres composés pour former des particules susceptibles d’être nocives pour la santé humaine.
Sources: NASA, USGS.

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drapeau-anglaisFrom late January through February 2017, NASA is conducting a high-altitude airborne remote sensing data collection campaign over the State of Hawai‘I with an ER-2 aircraft.

This aircraft is a modified U-2 reconnaissance plane designed to collect scientific data at high altitudes. Several NASA-funded, multi-year projects will use these data to study coral reefs and volcanic processes.

The data will also be used to help develop a future Earth observing satellite instrument called the Hyperspectral Infrared Imager (HyspIRI). If funded, the instrument will provide crucial information for studying the world’s ecosystems, as well as natural hazard events, such as volcanic eruptions, wildfires and drought.

To replicate the characteristics of data collected by Earth observing sensors aboard orbiting satellites, the ER-2 will cruise at an altitude of about 65,000 feet (above 95% of Earth’s atmosphere) with a diverse suite of instruments designed to measure reflected and emitted light in hundreds of distinct wavelengths. Such data give quantitative information about surface composition, texture and temperature of the ground. This information, combined with field-based measurements, enables scientists to study a variety of atmospheric, geologic and ecological processes to better understand our natural environment and how our environment responds to human activities.

On the Island of Hawaii, with the support of Hawaiian Volcano Observatory scientists and the National Park Service, research scientists are conducting field work and collecting data. They are using these data to investigate (1) links between vegetation health and volcanic gas emissions; (2) volcanic thermal anomalies; (3) the composition and chemical evolution of volcanic gas plumes from Kilauea Volcano; and (4) active volcanic processes and hazards, such as surface lava flow activity.

The overarching goals of this mission and the related scientific research projects are to characterize key volcanic processes, such as the rate of magma ascent to the surface, the amount of lava being erupted per day at Kilauea, and interpretation of possible eruption precursors. Lessons learned should help scientists inform emergency response agencies and the public before, during, and after future eruptions.

The researchers who are working on the volcano project are also using the images to better study the composition of the gas plume that arises from Kilauea, and how it changes as the plume spreads out. A key part of the project is looking at how the plumes affect Hawaii’s air quality. For example, one question the volcano researchers are trying to answer with the new data is exactly how quickly the sulfur dioxide gas that the volcano emits becomes aerosolized, meaning it combines with other compounds to form particulate matter, which can be harmful to human health.

Sources : NASA, USGS.

er2

Avion ER-2 de la NASA. (Crédit photo : NASA)

Panache-Kilauea

Vue du panache de gaz émis par le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

Bulusan & Mayon (Philippines) : Risque élevé de lahars // High lahar hazard

drapeau-francaisLe PHILVOCS conseille à la population de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent (PDZ) de quatre kilomètres – étendue à 6 km sur le versant sud – autour du Bulusan. En effet, l’épaisse couche de cendre déposée par l’éruption de novembre pourrait se trouver remobilisée et provoquer des lahars en cas de forte pluies pendant la mousson.
Le dernier bulletin de l’Institut rappelle également aux habitants vivant dans les vallées et le long des rivières, en particulier dans les secteurs du sud-est, sud-ouest et nord-ouest du volcan, d’être vigilants car il y a un risque élevé de coulées de boue en cas de pluies abondantes et prolongées.
Le Bulusan reste en alerte volcanique de niveau un, ce qui signifie que des processus hydrothermaux sont en cours sous le volcan et ils peuvent déclencher des éruptions phréatiques. Les pilotes d’aéronefs doivent éviter de voler à proximité du sommet du volcan car la cendre émise pendant une éruption phréatique peut représenter un danger pour les moteurs.

Le PHILVOCS n’a pas pu réaliser de bonnes observations du Mayon ces derniers jours en raison de la couverture nuageuse apportée par les pluies de la mousson. Cependant, aucun lahar n’a, pour le moment, été détecté sur les pentes du volcan.
Le Mayon reste en alerte de niveau 1. Il est conseillé de ne pas entrer dans le PDZ de six kilomètres en raison des fortes pluies qui peuvent se produire sur la volcan. Malgré cette mise en garde, certains agriculteurs et cueilleurs d’orchidées continuent à travailler à l’intérieur de la zone de danger. Ainsi va la vie sur les volcans des Philippines …

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drapeau-anglaisPhilvocs advises residents not to enter Bulusan’s four-kilometer radius PDZ and its six-km extended danger zone on the southern slopes. Indeed, the thick ash layer deposited during the November eruption could be mobilized into lahar in case of heavy downpour due to the prevailing monsoon rains in the province.

The Institute’s latest bulletin also reminds people living within valleys and along rivers especially on the southeastern, southwestern and northwestern sectors of the volcano, to be vigilant against sediment-laden stream flows and lahars in case of heavy and prolonged rainfall.

Bulusan Volcano remains at alert level one, which means that hydrothermal processes are underway beneath the volcano that may lead to steam-driven or phreatic eruptions. Pilots should avoid flying close to the volcano’s summit as ash from any sudden phreatic eruption can be hazardous to aircraft.

Philvocs had difficulty making physical observations of Mayon in the past days due to thick clouds brought by the monsoon rains. However, no lahar movement has yet been detected along Mayon’s slopes.

Mayon volcano remains under alert level one. The public should not enter the six-kilometer PDZ due to the occasional heavy downpour over Mayon. Despite the warning, some farmers and orchid pickers continue to be spotted inside the danger zone. So goes life on the Philippine volcanoes…

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Le Mayon: Un superbe cône, mais un volcan très dangereux.

(Crédit photo: Wikipedia)