Des similitudes entre El Tatio (Chili) et la planète Mars // Similarities between El Tatio (Chile) and Mars

drapeau-francaisEn 2007, Spirit, le module d’exploration de la planète Mars – Mars Exploration Rover (MER) – a atteint une plate-forme légèrement surélevée que les scientifiques ont baptisée Home Plate. Cet affleurement rocheux avait une base composée de cendres solidifiées avec, à proximité, des dépôts de basaltes riches en gaz. A côté de cette plate-forme, on apercevait sous la surface un sol de couleur claire mis à jour par les roues du robot. Les spectres des minéraux de ce sol ont été envoyés vers la Terre et les analyses ont révélé qu’il était composé presque entièrement de silice.
D’un point de vue géologique, il semblait y avoir deux hypothèses: Home Plate avait peut-être été une fumerolle volcanique, ou bien il pouvait s’agir des restes d’une source chaude riche en minéraux. Quoi qu’il en soit, l’eau et la chaleur avaient probablement joué un rôle, et la découverte a fait naître de nouvelles questions et de nouveaux projets d’études.
C’est à ce moment que le robot Spirit a décidé de se taire et de ne plus émettre ! Pour essayer de percer le mystère de la Home Plate martienne, les chercheurs ont parcouru la Terre dans l’espoir de trouver des signaux minéralogiques semblables à ceux observés sur Mars. Ils pensaient qu’en découvrant des conditions identiques ou quasiment identiques à l’environnement martien, ils pourraient être en mesure de reconstituer les événements qui ont ponctué l’ancien passé de la planète.
C’est pourquoi une équipe scientifique de l’Université d’Arizona s’est rendue à El Tatio, un ensemble de sources chaudes de l’altiplano chilien. À 4200 mètres d’altitude, le paysage froid et sec est proche de l’environnement martien. Une fois sur place, les chercheurs sont partis à la recherche de la silice opaline, une combinaison amorphe de dioxyde de silicium (SiO2) et d’eau qui forme une fine croûte de dépôts autour des canaux d’évacuation de l’eau. En utilisant le même type de spectromètre infrarouge que le robot Spirit sur Mars, ils ont cherché des échantillons montrant une forte capacité d’absorption au nombre d’ondes 1 260 dans le spectre. Alors que la plupart des bandes d’absorption sur Home Plate étaient plausibles en se référant la géologie terrestre, cette bande d’absorption de 1 260 restait mystérieuse.
Les scientifiques ont découvert que certains échantillons prélevés à El Tatio présentaient la capacité d’absorption à 1 260 dans le spectre ; de plus, ces échantillons présentaient une fine couche de chlorure de sodium (NaCl) au-dessus de la silice. En y regardant de plus près avec un microscope électronique, ces roches présentaient des couches minces qui faisaient alterner la silice compacte et une texture remplie de trous qui, semblables à des échantillons prélevés en Nouvelle Zélande, ont été façonnées par des activités microbiennes. Au fur et à mesure que les biofilms des communautés microbiennes denses croissent, ils excrètent une boue riche en sucre qui se lie à la silice ou aux minéraux riches en calcium qui précipitent hors de l’eau chaude. Des roches se forment, et tandis que certaines cellules sont trop lentes pour s’échapper et se trouvent noyées dans la silice, la plupart s’extirpent vers la surface, laissant derrière elles  un réseau de trous qui se remplit d’eau salée pour finir recouvert de halite (espèce minérale solide composée de chlorure de sodium de formule brute).
Suite à leurs observations à El Tatio, les scientifiques de l’Arizona ont publié un rapport faisant valoir que la silice opaline à Home Plate provenait probablement d’une source chaude plutôt que d’une fumerolle volcanique.

Source: Discover Magazine.

Et pendant ce temps, les abysses de nos océans, où se cachent les zones de subduction génératrices de puissants séismes et tsunamis, restent dans l’obscurité. Comme me le faisait remarquer le biologiste marin Laurent Ballesta il y a quelque temps, plus de 75 % des zones très profondes restent inexplorées.

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drapeau-anglaisIn 2007, the Mars Exploration Rover (MER) Spirit came across a slightly raised platform which scientists named Home Plate. The rocky outcrop had a base of solidified ash, with nearby deposits of gas-filled basalts. Next to the plateau, a light-coloured soil just beneath the surface was exposed by the rover’s wheels. Mineralogical spectra of this soil were beamed back to Earth, revealing that it was composed almost entirely of silica.

From a geological standpoint, there seemed to be two main options: Home Plate may have been a volcanic fumarole, or it could signify the remnants of a mineral rich hot spring. Either way, water and heat were likely involved, and the discovery led to new questions and exciting plans for further studies.

But then, the Spirit rover went silent. To pursue the Home Plate mystery, they travelled over the Earth for mineralogical signals most similar to those found on Mars. They thought that by determining the conditions that best recapitulate the Martian data, they might be able to piece together the events of Mars’ ancient past.

Which is why a team of scientists at Arizona State University travelled to El Tatio, a series of hot springs in Chile’s altiplano. At 4,200 metres high, the cold and dry landscape was close to the Martian environment. Once there, they tracked down opaline silica, an amorphous combination of SiO2 and water that forms thin, crusty deposits around water channels. Using the same type of infrared spectrometer that the Spirit rover deployed on Mars, they looked for samples that showed a strong absorption feature at 1,260 wavenumbers in the spectrum. While most of the Home Plate absorption bands made sense based on terrestrial geology, that 1,260 band had remained mysterious.

Remarkably, some samples at El Tatio showed the 1,260 feature – samples that had a thin crust of NaCl on top of the silica. Looking even closer with electron microscopy, these rocks showed thin layers that alternated between compacted silica and a hole-filled texture that has, in similar samples from New Zealand, been shaped through microbial activity. As biofilms of dense microbial communities grow, they excrete sugar-rich slime, which binds silica or calcium minerals that precipitate out of the hot water. Rocks are constructed, and while some cells are too sluggish to escape and are entombed by the silica, most squirm upward to the surface, leaving a network of holes that is filled in with salty water and ultimately coated with halite.

Bringing several types of data together – mineralogical, morphological, and chemical – The Arizona scientists have published a report arguing that the opaline silica at Home Plate came from a hot spring rather than a volcanic fumarole.

Source : Discover Magazine.

And during this time, the abysses of our oceans, where subduction zones are generating powerful earthquakes and tsunamis, remain in complete darkness. As marine biologist Laurent Ballesta told me some time ago, more than 75% of the very deep ocean areas remain unexplored.

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« Geysers » d’El Tatio (Photo: C. Grandpey)

Teide (Tenerife / Iles Canaries): Pas d’éruption en vue ! // Teide (Canary Islands): No eruption in the short term !

drapeau-francaisComme cela était prévisible, l’annonce alarmiste lue dans la presse, en particuliers dans certains tabloïds britanniques, était infondée. Comme ce fut le cas pour le Katla (Islande) il y a quelques semaines, les autorités espagnoles ont dû publier une mise au point visant à rassurer la population. Selon le Dr Hernandez de l’Institut Volcanologique des Iles Canaries, « on ne s’attend pas à une éruption. Il n’y a pas à s’inquiéter car la situation est normale. Il y a eu un essaim sismique, ce qui est tout à fait normal sur une île volcanique. Le Teide est un volcan actif. »

Donc déplacement tranquille pour moi à Bordeaux demain, pour une conférence sur les risques volcaniques….

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drapeau-anglaisAs could be predicted, Mount Teide on Tenerife Island is not about to erupt despite a rash of media reports, especially among the British tabloids. Dr Pedro Hernandez, Director of Volcano Monitoring at the Volcanology Institute of the Canary Islands reaffirms that the fears were unfounded. “We are not due for an eruption,” Dr Hernández said. “There is no need to be worried, this is a very normal situation. The earthquakes were a seismic swarm, this is quite normal in a volcanic island. This is an active volcano.”

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Photo: C. Grandpey

Hawaii : La lave prend ses aises sur la plaine côtière // Hawaii : Lava makes itself comfortable on the coastal flat

drapeau-francaisLa coulée 61g continue à pénétrer dans l’Océan Pacifique sur le site de Kamokuna. Le HVO fait remarquer, cartes à l’appui (voir ci-dessous), que l’entrée a tendance à s’élargir. On continue à observer des émissions de lave le long de la coulée, en particulier dans la partie basse du pali et sur la plaine côtière. Le delta formé par la lave au pied de la falaise côtière est de plus en plus étendu. Le HVO met sans cesse en garde les touristes sur les risques liés à cette arrivée de la lave dans l’océan.

Dans le même temps, le sommet du Kilauea connaissait une phase de dégonflement ces dernières heures et la surface du lac de lave dans l’Halema’uma’u se trouvait à une quarantaine de mètres de profondeur. Elle ne devrait pas tarder à remonter car les tiltmètres montrent le début d’un épisode d’inflation de l’édifice volcanique.

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drapeau-anglaisThe 61g lava flow continues to enter the Pacific Ocean at Kamokuna. HVO indicates, with the help of maps (see below), that the ocean entry tends to widen. One can still observe lava outbreaks, especially in the lower part of the pali and on the coastal plain. The delta formed by lava at the foot of the coastal cliffs is becoming wider. HVO is continually warning tourists about the risks associated with this arrival of lava into the ocean.
Meantime, the summit of Kilauea experienced a deflation phase in recent hours and the surface of the lava lake in Halema’uma’u Crater was about forty meters deep. It should soon rise again because the tiltmeters show the beginning of an inflation episode of the volcanic edifice.

August 12

August 19

Evolution de l’entrée en mer entre le 12 et le 19 août 2016 (Source: USGS / HVO)

Hawaii: La lave est entrée dans l’océan! // Hawaii: Lava has entered the ocean!

drapeau-francaisÇa y est ! La coulée de lave 61g est entrée dans l’Océan Pacifique à 01h12 (heure locale) le 26 juillet. Tout est allé très vite. La lave a atteint la route de secours le 25 juillet à 15h20 et l’a traversée en 30 minutes environ. A 16h00, le front de la coulée était à environ 110 mètres de l’océan.
Le HVO met en garde les visiteurs contre les nouveaux dangers qui accompagnent l’entrée de la lave dans l’océan. « S’approcher trop près d’une entrée de la lave dans l’océan expose à des projections provoquées par l’interaction explosive entre la lave et l’eau. En outre, la nouvelle terre ainsi créée est instable car elle repose sur des fragments de lave et de sable non consolidés. Ce matériau peu solide peut facilement être érodé par les vagues de sorte que la nouvelle terre peut s’effondrer et disparaître dans la mer. Enfin, l’interaction de la lave avec l’océan génère un panache acide chargé de fines particules volcaniques qui peuvent irriter la peau, les yeux et les poumons « .

Source : HVO.

Pour le moment, l’entrée de lave reste modeste. Le Kilauea peut mieux faire!

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drapeau-anglaisThat’s it! The 61g lava flow entered the ocean, at 1:12 a.m. (local time) on July 26th. Everything went quite fast. Lava reached the emergency access road on July 25 at 3:20 pm and crossed the road in about 30 minutes. At 4:00 pm, the flow front was approximately 110 metres from the ocean.
HVO is warning visitors against the new dangers that accompany the ocean entry. “Venturing too close to an ocean entry exposes you to flying debris created by the explosive interaction between lava and water. Also, the new land created is unstable because it is built on unconsolidated lava fragments and sand. This loose material can easily be eroded away by surf causing the new land to become unsupported and slide into the sea. Finally, the interaction of lava with the ocean creates an acidic plume laden with fine volcanic particles that can irritate the skin, eyes, and lungs”.
Source: HVO.

For the time being, the ocean entry is quite small. Kilauea volcano can do much better!

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La lave traverse la route de secours (Crédit photo: HVO)

Coulee 61g

Vue du site d’entrée de la lave dans l’océan (Crédit photo: HVO).