Vers une éruption du Kilauea (Hawaii) ? // Will an eruption occur at Kilauea Volcano (Hawaii) ?

2 juin 2024 14h00 (heure locale) : Il n’y a pas d’éruption sur le Kilauea actuellement, mais on observe une hausse de l’activité sismique et de la déformation du sol au sommet du volcan depuis environ 12 heures (heure locale) le 2 juin 2024, signe d’un probable mouvement du magma dans le sous-sol. Sismicité et déformation ont encore augmenté dans la soirée. Le HVO explique qu’à l’heure actuelle, il n’est pas possible de dire avec certitude si cette activité débouchera sur une éruption ; il se peut qu’elle reste sous terre. Cependant, une éruption dans la région sommitale du Kilauea, au sein du Parc national des volcans d’Hawaii, est une possibilité
En conséquence, le niveau d’alerte volcanique est passé de ‘Advisory’ (surveillance conseillée’) à ‘Watch’ (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne a été élevée de Jaune à Orange.
Sismicité et déformation du sol restent faibles sous la zone de rift est et la zone de rift sud-ouest. L’activité actuelle se limite à la région sommitale
Source : HVO.

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2 juin 2024, 23h00 (heure locale) : dans une nouvelle mise à jour, le HVO confirme que le Kilauea n’est pas en éruption, mais que des niveaux élevés de sismicité et de déformation du sol sont toujours observés au sommet du volcan. C’est le signe que le magma s’agite sous la surface. A partir de 22h30 le 2 juin, l’activité a légèrement diminué mais reste élevée.Il n’est pas possible de dire avec certitude si cette activité débouchera sur une éruption. On a enregistré environ 250 séismessous la région sommitale du Kilauea au cours des huit dernières heures.Certains événements se sont également produits sous l’Upper East Rift Zone, en particulier au cours des deux dernières heures. Les secousses les plus importantes comprenaient un événement de M4.1 et un événement de M4.0. Il y a eu 12 événements entre M3 et M4, 145 événements entre M2 et M3, 58 événements entre M1 et M2 et de nombreux événements inférieurs à M1. La plupart des hypocentres sont restés à des profondeurs de 2 à 3 km sous la surface ; cependant, plusieurs ont été localisés un peu moins profond, à environ 1,5 km de profondeur. Ces séismes ont été largement ressentis dans le Parc national des volcans d’Hawaii et dans les localités voisines. Ils ont déclenché de nombreux éboulements.

Les niveaux d’alerte restent inchangés depuis la mise à jour précédente.

Source : HVO.

Ce genre de situation s’est produit à plusieurs reprises au cours des derniers mois et aucune éruption n’a encore eu lieu. Un jour ou l’autre, ce sera différent.

Tout est calme pour le moment dans le cratère de l’Halema’uma’u, mais jusqu’à quand? (Image webcam)

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Kilauea is not erupting but increased seismic activity and ground deformation at Kilauea’s summit began at about midday (local time) on June 2nd, 2024, indicating the likely movement of magma in the subsurface. Rates of seismicity and deformation increased further in the evening. HVO says that at this time, it is not possible to say with certainty if this activity will lead to an eruption ; it may remain below ground. However, an eruption in Kilauea’s summit region within Hawai‘i Volcanoes National Park is one potential outcome.

Accordingly, the Volcano Alert Level has been raised from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Seismicity and ground deformation beneath the East Rift Zone and Southwest Rift Zone remain low. Current activity is restricted to the summit region.

Source : HVO.

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June 2nd, 2024 23:00 (local time) : In a new update, HVO confirms that Kilauea is not erupting but elevated rates of seismicity and ground deformation continue at the summit. This is the sign that magma is moving below the surface.

As of 10:30 p.m.on June 2nd, activity has decreased slightly but remains elevated. It is not possible to say with certainty if this activity will lead to an eruption.

There have been approximately 250 earthquakes beneath Kilauea’s summit region over the past eight hours. Some events have also occurred beneath the upper East Rift Zone, especially over the past two hours. The largest earthquakes included an M4.1 and an M4.0 event. There have been 12 events between M3 and M4, 145 events between M2 and M3, 58 events between M1 and M2, and numerous events less than M1. Most events have remained at depths of 2-3 km beneath the surface; however, several events have been located slightly shallower, at about 1.5 km deep. These earthquakes have been widely felt in Hawaiʻi Volcanoes National Park and surrounding communities, and have triggered many rockfalls.

The alrt levels have remained un changed since the previous update.

Source : HVO.

This kind of situation has occurred several times in the past months and no eruption has occurred yet. One day or other, it will be different.

Kilauea (Hawaii) : plus d’informations sur l’éruption de 1924 // More information on the 1924 eruption

Alors que le sommet du Kilauea connaît en ce moment une légère hausse de la sismicité et que la déformation du sol se poursuit au niveau de l’Halema’uma’u et de la caldeira sud, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a consacré les deux derniers épisodes de sa rubrique Volcano Watch à l’éruption de 1924, souvent appelée « l’explosion du siècle. » Elle a duré environ 17 jours, a tué une personne et blessé plusieurs autres
Le processus éruptif a débuté il y a un siècle, en février 1924, à partir du cratère de l’Halema’uma’u, où le lac de lave a commencé à se vidanger et s’enfoncer sous terre. Une forte sismicité a secoué la région de Puna et le sol s’est fissuré dans la Lower East Rift Zone au moment où le lac de lave disparaissait sous terre. La crise a pris fin le 28 avril.
Au sommet du Kilauea, le plancher de Halema’uma’u a commencé à s’affaisser fin avril 2024 et était descendu de près de 100 mètres le 7 mai. Les chutes de matériaux à l’intérieur du cratère ont généré d’épais nuages de poussière.
La première explosion est passée inaperçue dans la nuit du 10 au 11 mai. Elle a éjecté des blocs pesant plus de 150 kilogrammes jusqu’à 60 mètres du cratère.
Après un calme relatif au cours des deux jours suivants, l’éruption a véritablement démarré le 13 mai 2024. Plus de 50 explosions ont eu lieu jusqu’au 27 mai, date à laquelle l’éruption a pris fin.

Crédit photo : USGS / HVO

Des milliers de roches ont été projetées dans les airs avant de joncher le sol de la caldeira. D’intenses épisodes d’éclairs ont accompagné les explosions et certains ont détruit des lignes électriques sur la route menant à Hilo. Des séismes ont fait vibrer le sol et des pluies de boue avec des granulés de la taille de petits pois ont arrosé le sommet. Des blocs pesant plusieurs tonnes ont atterri à plus de 800 mètres du cratère ; l’un d’eux pesait 8 tonnes.
Le point culminant de l’éruption a eu lieu le dimanche 18 mai 2024 avec les deux plus fortes explosions. Un certain nombre d’observateurs se trouvaient sur le plancher de la caldeira lors de la première, et l’un d’eux a été mortellement blessé par une chute de pierres.

Crédit photo : USGS / HVO

Par une remarquable coïncidence, 56 ans plus tard, l’éruption cataclysmale du Mont Saint Helens s’est produite le dimanche 18 mai 1980, et les deux éruptions ont tué un homme nommé Truman. Au cours de l’éruption du Kilauea, le cratère de l’Halema’uma’u a doublé son diamètre pour atteindre environ 800 mètres et son plancher a chuté d’environ 500 mètres.

Crédit photo : USGS / HVO

Pendant des années, on a cru que les explosions étaient phréatiques et générées par la rencontre des eaux souterraines avec des roches chaudes. Les travaux en cours, effectués par des chercheurs du HVO sur les cendres de 1924, fournissent de nouvelles informations. La dernière analyse confirme que la plupart des couches de cendres de 1924 contiennent 95 % ou plus de matériau lithique. Cette découverte conforte l’interprétation classique selon laquelle les explosions de 1924 étaient phréatiques.
Une découverte récente plus surprenante est que bon nombre des couches de cendres les plus jeunes, provenant des dernières explosions, contiennent jusqu’à 30 % de matériaux juvéniles ou de magma frais, ce qui n’est pas cohérent avec l’hypothèse d’explosions phréatiques. La plupart des cendres de 1924 ont des teneurs en oxyde de magnésium (MgO) qui se situent dans la plage normale pour de la lave émise par l’Halema’uma’u. Cependant, les géologues ont également observé deux groupes d’échantillons de 1924 avec des quantités plus élevées de MgO, probablement provenant d’un matériau source plus chaud. Cela laisse supposer qu’un magma juvénile aurait pu pénétrer dans le système magmatique du Kilauea lors des explosions de 1924.
Les différents groupes chimiques des échantillons de 1924 ont également des textures distinctes, visibles au microscope électronique. Le groupe à faible teneur en MgO contient de nombreux petits cristaux et très peu de vésicules. Le groupe à teneur moyenne en MgO contient peu de cristaux et de nombreuses vésicules ovales ou d’autres formes indiquant que les bulles auparavant rondes ont été compressées. Le groupe riche en MgO ne contient pas de petits cristaux ni de vésicules circulaires. On peut en déduire qu’au moins trois magmas différents ont interagi sous l’Halema’uma’u avant ou pendant les éruptions explosives de 1924. Le mélange de ces magmas pourrait peut-être expliquer pourquoi les éruptions ont été aussi explosives.
Source : USGS/HVO.

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While the summit of Kilauea is going through a slight increase in seismicity and ground deformation is continuing beneath Halemaʻumaʻu and the south caldera region, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has dedicated the two latest Volcano Watch episodes to the 1924 eruption, often called « the blast of the century. » The eruption lasted about 17 days, killing one person and injuring others

The eruption process took place one century ago in February 1924 from Halemaʻumaʻu Crater where the lava lake began to drain back underground. Strong seismicity shook the Puna area, and the ground was cracking open as lava from the emptying lake traveled underground into the lower East Rift Zone. The crisis died by April 28th.

At the summit, the floor of Halemaʻumaʻu began dropping by the end of April 2024 and was nearly 100 meters lower by May 7th. Rockfalls from the crater wall generated thick dust clouds.

The first explosion was unobserved during the night of May 10th – 11th and ejected blocks weighing more than 150 kilograms as far as 60 meters from the crater.

After relative calm during the next two days, the eruption took off in earnest on May 13th, 2024. More than 50 explosions occurred until May 27th, when the eruption ended.

Thousands of rocks were ejeected high in the air, littering the caldera floor. Intense electrical storms accompanied some of the explosions, and lightning took out powerlines far down the road to Hilo.

Earthquakes shook the ground, and mud rains with pellets the size of peas pummeled the summit. Blocks weighing several tons landed more than 800 meters from the crater with one of them as heavy as 8 tons.

The climax of the eruption was on Sunday, May 18th, 2024, when the two largest explosions occurred. A number of observers were on the caldera floor during the first, and one of them was fatally injured by a falling rock. By remarkable coincidence, 56 years later, the devastating eruption of Mount Saint Helens happened Sunday, May 18th, 1980, and both eruptions killed a man named Truman. During the eruption, Halemaʻumaʻu Crater doubled its diameter to about 800 meters, and its floor dropped by about 500 meters.

For years, the explosions were believed to be phreatic and generated by groundwater encountering hot rock. Ongoing work by HVO researchers on the 1924 ash is providing new information. The latest analysis confirms that most of the 1924 ash layers studied by geologists have 95% or more lithic material. This finding supports the classic interpretation that the 1924 explosions were phreatic.

A surprising recent discovery is that many of the youngest layers in the 1924 deposits, from the later explosions, have up to 30% juvenile material, or fresh magma, which is not consistent with the classic interpretation of steam driven explosions. Most of the 1924 have MgO contents within the normal range expected for lava erupted from Halema‘uma‘u. However, geologists have also observed two rarer groups of 1924 grains with higher amounts of MgO, likely from a hotter source material. This suggests fresh batches of magma could have entered the magmatic system of Kīlauea during the 1924 explosions.

The different chemical groups of 1924 grains also have distinct textures, which one can see using a scanning electron microscope. The lower-MgO group have lots of tiny crystals and very few vesicles in them. The middle-MgO group has few crystals and many vesicles that are ovals or other shapes indicating the once round bubbles were squished. The high-MgO group has no small crystals and circular vesicles. From this, one can infer that at least three different magmas were interacting underneath Halema‘uma‘u prior to or during the 1924 explosive eruptions, and perhaps the mixing of these magmas could help explain why the eruptions were so explosive.

Source : USGS / HVO.

Nouvelle éruption du Ruang (Indonésie) et hausse de la sismicité sur le Kilauea (Hawaii) // New eruption of Ruang (Indonesia) and increase in seismicity at Kilauea (Hawaii)

Une nouvelle puissante éruption a débuté sur le Ruang (Îles Sangihe / Indonésie) dans la soirée du 29 avril 2024, avec une colonne de cendres qui s’est élevée à environ 19,2 km d’altitude. Les autorités ont relevé le niveau d’alerte à 4 (le maximum) et la couleur de l’alerte aérienne au Rouge. Cette éruption survient seulement 2 semaines après un événement similaire le 16 avril.
L’éruption s’est caractérisée par une impressionnante émission de lave incandescente. Elle a été rendue encore plus spectaculaire par la présence d’éclairs dans le panache de cendres.
Parallèlement, une importante pluie de pierres et de graviers a été observée sur une zone plus vaste que lors de la précédente éruption du 16 avril. La situation s’est ensuite stabilisée.
Pour des raisons de sécurité, le réseau électrique de l’île de Tagulandang a été désactivé. En outre, la mauvaise qualité des signaux de télécommunications a posé des problèmes à la coordination des communications sur le terrain, compliquant ainsi la prise de mesures efficaces.
L’aéroport Sam Ratulangi de Manado restera fermé au moins jusqu’à midi le 1er mai.
Il est fortement conseillé aux habitants proches du Ruang, y compris les touristes, de rester vigilants et d’éviter d’entrer dans les zones situées dans un rayon de 6 km autour du cratère actif. Il est également recommandé à ces personnes de porter des masques pour se protéger des cendres volcaniques. Pour les habitants de l’île de Tagulandang située dans ce rayon de 6 km, une évacuation immédiate s’impose, avec déplacement vers des zones plus sûres.
Source : PVMBG, Darwin VAAC, médias d’information internationaux.

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Le Kīlauea (Grande Île d’Hawaï) n’est pas en éruption mais une hausse significative de la sismicité (environ 360 séismes superficiels au cours des dernières 24 heures, avec des magnitudes M 1,0 – M 3,0) a incité le Parc National des Volcans d’Hawaï à fermer certaines zones qui pourraient mettre les visiteurs et le personnel en danger si le volcan entre en éruption. Les fermetures concernent également la Chain of Craters Road à partir de l’intersection de Crater Rim Drive.
Selon le HVO, il n’est pas possible à l’heure actuelle de savoir si cette augmentation de l’activité sismique entraînera une éruption dans un avenir proche ou si elle restera confinée sous terre. Cependant, le nombre croissant d’essaims sismiques conduit à penser qu’une éruption dans la région sommitale du Kīlauea ou sous l’Upper East Rift Zone est une possibilité.
La hausse de la sismicité n’a pas eu d’impact sur le trafic routier ou sur les infrastructures au sommet du volcan. De nombreuses zones populaires du Parc restent ouvertes. Les visiteurs sont toutefois invités à planifier à consulter le site web du parc pour connaître les fermetures éventuelles ou les alertes de danger.
Source : Parc national des volcans d’Hawaii.

Hausse de la sismicité mais pas d’éruption pour le moment sur le Kilauea (Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u

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Another powerful eruption started at Ruang volcano (Sangihe Islands / Indonesia) in the evening of April 29th, 2024, with an ash column that rose to about 19.2 km above sea level. Authorities raised the Alert Level to 4 (the maximum) and the Aviation Color Code to Red. This powerful eruption comes just 2 weeks after a similar eruption on April 16th.

The eruption was characterized by the impressive emission of incandescent lava. This dramatic display was further enhanced by the presence of volcanic lightning in the ash plume.

Concurrently, a significant shower of stones and gravel was observed over a broader area than during the previous eruption on April 16th. The situation later stabilized.

For safety reasons, the electricity network on Tagulandang Island has been deactivated. Additionally, the weakening of telecommunications signals posed challenges for effective coordination and communication in the field, complicating response efforts.

Manado’s Sam Ratulangi airport was closed at least until noon on May 1st.

Residents near Volcano Ruang, including tourists and visitors, are strongly advised to stay vigilant and avoid entering areas within a 6 km radius from the center of the active crater. They are also encouraged to wear masks to shield themselves from volcanic ash. For the inhabitants of Tagulandang Island located within this 6 km radius, immediate evacuation is imperative. They should relocate to safer areas to ensure their safety.

Source : PVMBG, Darwin VAAC, international news media.

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Kīlauea (Hawaii Big Island) is not erupting but a significant increase in seismicity (about 360 shallow earthquakes in the last 24 hours, with magnitudes M 1.0 – M 3.0) has prompted Hawaiʻi Volcanoes National Park to close some areas that could put visitors and staff at risk if the volcano erupts. Closures also concern the Chain of Craters Road from the intersection at Crater Rim Drive.

According to HVO, it is not possible at this time to know if this increase in activity will lead to an eruption in the near future or simply remain confined below ground. However, the gradual strengthening of seismic swarms suggests that an eruption in the summit region of Kīlauea or beneath the upper East Rift Zone is one potential outcome.

The increased seismicity has not impacted traffic safety or infrastructure projects at the summit. Many popular areas in the park remain open. Park visitors are urged to plan ahead and check the park website for any closure or hazard alerts.

Source : Hawaiʻi Volcanoes National Park.

Événements extrêmes et assurances

Depuis le 19ème siècle et la révolution industrielle, la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,1°C, avec une accélération depuis les années 1970. Il a été clairement établi que les activités humaines consommatrices d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) sont responsables de la hausse continue des températures et des émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées. L’accélération actuelle du réchauffement climatique menace l’avenir de nos sociétés et la biodiversité. Le phénomène ne semble pas près de s’arrêter pour deux raisons majeures. D’une part les mesures susceptibles de freiner – on ne parle pas d’arrêter – les émissions polluantes ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. D’autre part, à supposer que nous arrêtions ces émissions par un coup de baguette magique, il faudrait plusieurs décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre.

Il est bien évident que dans ces conditions les événements extrêmes vont continuer à se multiplier et causer de lourds dégâts. Aujourd’hui, leur « changement d’échelle » inquiète les compagnies d’assurance. Les catastrophes climatiques en France ont coûté 6,5 milliards d’euros aux assureurs en 2023 qui a été la troisième année la plus grave en termes de sinistres climatiques après 1999 et 2022. Au cours de cette année 2023, on a observé quinze phénomènes venteux avec des vents de plus de 150 km/h, 14 inondations majeures, le passage des tempêtes Ciaran et Domingos qui ont occasionné 517 000 sinistres pour un coût de 1,6 milliard d’euros, sans oublier les inondations dans le Nord qui ont fait 40 000 sinistrés.

 

Exemple de bulletin « Vigilance Météo » diffusé par Météo France

Les tempêtes, comme la grêle, sont couvertes dans les contrats dommages des assureurs, tandis que les inondations ou les sécheresses sont soumises au régime « Cat Nat » (pour « catastrophes naturelles »). L’Etat prend la moitié des coûts à sa charge, permettant ainsi de réduire de moitié la facture des assureurs.

Source : France Info.

Pour le moment, grâce à l’aide gouvernementale, les compagnies d’assurance tiennent le coup, mais jusqu’à quand ? Avec la multiplication des sinistres, le montant des polices ne peut qu’augmenter et on peut se demander si on ne se dirige pas, à plus ou moins long terme, vers une politique à l’américaine, ‘à la carte’, qui fixe ses tarifs en fonction de l’exposition aux risques. Certains atteignent des sommets si l’on se trouve dans des zones sensibles.

A Hawaii, par exemple, les habitants possédant des résidences susceptibles d’être affectées par une éruption volcanique ou un séisme doivent payer une somme exorbitante s’ils veulent assurer leur maison. En 2018, une puissante éruption du Kilauea a détruit quelque 700 structures, dont de nombreuses habitations. Il s’en est suivi une longue procédure judiciaire incluant les autorités fédérales et les compagnies d’assurance, et de longues batailles concernant les indemnisations.

 

Destruction de maisons par la lave en 2018 à Hawaii (Crédit photo : Protection Civile)

Une amie qui habite sur la côte ouest de la Grande Ile et se trouve à la fois sous la menace d’un séisme et d’une éruption du volcan Hualalai refuse d’être couverte contre ces risques potentiels. Le revenu de son B&B ne lui permet pas de faire face à une telle somme. Elle croise les doigts pour que sa maison soit épargnée… Si elle est détruite, elle n’aura que ses yeux pour pleurer. Une aide fédérale lui sera peut-être allouée, mais très insuffisante pour réparer ou reconstruire sa maison.