Kilauea (Hawaï) : Épisode 42 !

Après l’habituelle activité préliminaire qui a débuté le 14 février 2026 avec des débordements de lave des bouches éruptives nord et sud , et la formation de fontaines en dôme, l’Épisode 42 avec ses fontaines de lave géantes a commencé le 15 février 2026 à 13h50 (heure locale) et se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u.

Dans les heures précédant le début de cet épisode, des débordements de lave se sont produits au niveau des bouches nord et sud. Cependant, ces signes précurseurs ont été plus courts que pour l’Épisode 41.

Les fontaines atteignent actuellement une hauteur d’environ 300 à 350 mètres. Cet épisode génère des cendres et des téphras, dont la majeure partie semble se disperser vers le sud-ouest sous l’influence de vents relativement forts venant du nord-est. Le sommet du panache a atteint plus de 4 600 mètres d’altitude. Contrairement à l’Épisode 41, où les alizés étaient absents, aucune retombée de téphras n’a été signalée pour le moment sur les postes d’observations prévus pour le public.
Source : HVO.

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L’Épisode 42 de l’éruption du Kilauea a pris fin à 23h38 (heure locale), après 9 heures et 48 minutes de fontaines de lave.

Dans une nouvelle mise à jour, le HVO précise que le débit effusif maximal a atteint 780 mètres cubes par seconde vers 15 h (heure locale) le 15 février 2026. L’épisode s’est terminé avec un débit effusif moyen de 330 mètres cubes par seconde. On estime à 11,4 millions de mètres cubes le volume de lave émis. La lave a recouvert environ 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La hauteur des fontaines de lave a culminé à environ 400 mètres au niveau de la bouche sud. La fontaine de la bouche nord a atteint environ 300 mètres. De légères retombées de téphra, composées principalement de cendres fines et de cheveux de Pélé, ont été observées au sud-ouest du site éruptif.
Plus globalement, l’Épisode 42 a assez ressemblé à l’Épisode 41, mais a été légèrement moins puissant en termes de taille, de style éruptif, de hauteur des fontaines et de volume de lave émis. La principale différence concerne l’impact des retombées de téphra. Cela s’explique par la présence de forts alizés du nord-est durant l’Épisode 42, alors que le vent était absent ou soufflait légèrement de l’ouest pendant l’Épisode 41..
Le tiltmètre au sommet du Kilauea a enregistré une déflation d’environ 33,7 microradians durant cet épisode. Le HVO ne dit pas si une nouvelle inflation est apparue à la fin de l’Épisode 42.

Images webcam de l’éruption

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After the usual precursory activity that began on February 14 2026 with overflows from both the north and soutn vents, and dome-shaped fountains, Episode 42 of lava fountaining in Halemaʻumaʻu began at 1:50 p.m. (local time) on February 15, 2026, and is still continuing.

In the hours leading up to the episode onset, significantly larger overflows issued from both north and south vent. However, the precursory activity was shorter than for Episode 41. Fountain are about 300-350 meters high. The episode is producing ash and tephra, most of which appears to be dispersing to the southwest under the influence of relatively strong winds from the northeast. The plume top has reached over 4,600 meters) above sea level. Unlike for Episode 41 when trade winds were absent, no tephra fall has been reported in public areas at this time.

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Episode 42 of the Kilauea eruption ended at 11:38 p.m. (local time) on February 15 2026 after 9 hours and 48 minutes hours of lava fountaining.

In a new update, the HVO specifies that the peak effusive flow rate reached 780 cubic meters per second around 3 p.m. (local time) on February 15, 2026. The event ended with an average effusive flow rate of 330 cubic meters per second. The volume of lava emitted is estimated at 11.4 million cubic meters. The lava covered approximately 50% of the floor of Halemaʻumaʻu crater. The height of the lava fountains peaked at approximately 400 meters at the southern vent. The fountain at the northern vent reached approximately 300 meters. Minor tephra fallout, composed mainly of fine ash and Pele’s hair, was observed southwest of the eruption site.

Overall, Episode 42 was quite similar to Episode 41, but slightly less powerful in terms of size, eruptive style, fountain height, and lava volume. The main difference lies in the impact of tephra fallout. This is explained by the presence of strong northeasterly trade winds during Episode 42, whereas the wind was absent or blew lightly from the west during Episode 41.

The tiltmeter at the summit of Kilauea recorded a deflation of approximately 33.7 microradians during this episode. The HVO does not report whether renewed inflation occurred at the end of Episode 42.

Les téphras du Kilauea (Hawaï) // Kilauea’s tephra (Hawaii)

Suite aux importantes retombées de téphras sur le sommet et les alentours du Kilauea lors de l’Épisode 41, et à l’évacuation des touristes hors de la zone affectée, l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) a mis en ligne un nouvel outil permettant aux gens de partager leurs observations de manière plus systématique.
Baptisé « Des téphras tombent-ils ? » – Is tephra falling ?– cet outil a été emprunté à l’Observatoire volcanologique d’Alaska (AVO) en y apportant quelques modifications mineures pour tenir compte des conditions éruptives qui sont différentes à Hawaï.
À l’instar de l’outil de signalement des séismes « L’avez-vous ressenti ?» – Did you feel it ? – qui permet de cartographier les zones touchées par les secousses, « Des téphras tombent-ils ?» permet aux scientifiques de cartographier les zones affectées par les retombées des différents matériaux.
Le terme « téphra » désigne tout matériau projeté dans l’air par un volcan avant de se déposer au sol. La taille et la densité des téphras varient en fonction de leur vésicularité, c’est-à-dire de la quantité de bulles qu’ils contiennent. Il existe différents termes pour désigner les téphras. Cette classification permet aux scientifiques de cartographier les dépôts, comme ceux qui se forment lors des fontaines de lave du Kilauea. Les plus petites particules de téphra sont des cendres volcaniques ; elles mesurent moins de 2 millimètres. Les téphras de 2 à 64 millimètres sont appelés lapilli. Tout téphra de plus de 64 millimètres est appelé bombe ou bloc, selon qu’il s’agisse de lave récente ou de matériaux plus anciens. Les fontaines de lave donnent également naissance à un type particulier de téphra : de longs et fins filaments de verre volcanique appelés cheveux de Pélé, difficiles à classer par taille.

Source : USGS

L’outil en ligne utilisé en Alaska s’appelle « Is Ash Falling?» – Des cendres tombent-elles ? – car on observe essentiellement dans cet État des retombées de particules de la taille des cendres. En revanche, des téphras de la taille de bombes ont été observés dans les zones proches du sommet du Kilauea lors de l’Épisode 41, tandis que des particules de la taille des cendres sont retombées dans les secteurs plus éloignés. C’est pourquoi, à Hawaï, l’outil s’appelle « Is Tephra Falling? » (Des téphras tombent-ils ?). Les fragments de la taille des bombes qui sont tombés sur la zone sommitale étaient très légers et d’aspect mousseux car bien vacuolés.

Source: réseaux sociaux

Les différents types de téphras présentent un grand nombre de bulles car le dégazage de la lave contribue largement au processus de fontaines de lave. C’est ce qui, combiné à l’étroitesse des conduits des bouches éruptives nord et sud, permet la formation des hautes fontaines de lave. Comme aimait à le répéter le volcanologue français Haroun Tazieff, les gaz sont le moteur des éruptions.
La zone de retombée des téphras dépend de la dynamique des fontaines et des conditions de vent. Parmi les facteurs qui conditionnent la dynamique des fontaines, on peut citer la morphologie des deux bouches éruptives, la hauteur des fontaines et l’inclinaison des jets de lave. Les conditions de vent comprennent la vitesse et la direction du vent à différentes altitudes. À Hawaï, les alizés sont les vents dominants ; ils entraînent les panaches de gaz et de cendres vers l’ouest ou le sud-ouest. Ils étaient inexistants pendant l’Épisode 41, ce qui explique l’envahissement de la zone sommitale par les retombées de téphras.

Source : HVO.

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Following the intense fall of tephra on the summit and surroundings of Kilauea during Episode 41, with the evacuation of the affected area, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has created a new online tool allows people to share their observations in a more systematic way.

Called “Is Tephra Falling?” the tool was borrowed from the Alaska Volcano Observatory, though the HVO made some small updates to reflect different volcanic conditions in Hawaii.

Like the “Did You Feel It?” earthquake reporting tool helps make maps of areas affected by shaking, “Is Tephra Falling?” helps scientists map areas affected by tephra fallout.

Tephra is a word that describes anything that erupted out of a volcano and traveled through the air before landing on the ground. Tephra can range in size and density related to the vesicularity, or bubble abundance.There are different names for certain size ranges, and special names for certain vesicularities. This characterization system helps scientist map deposits such as those being created during Kīlauea lava fountaining episodes. The smallest particles of tephra are volcanic ash; they are smaller than 2 millimeters. Tephra between 2 and 64 millimeters is called lapilli. Any tephra larger than 64 millimeters is called a bomb or block, depending on whether it is fresh lava or older material. Lava fountains also create a special type of tephra : long, thin strands of volcanic glass called Pele’s hair, which is difficult to classify by size. (see image above)

The online tool in Alaska is called “Is Ash Falling?” because communities there have mostly seen fallout of ash-sized particles. Up to bomb-size tephra fell in populated areas closer to Kīlauea’s summit during Episode 41, while ash-sized particles fell in communities farther away. That’s why in Hawaii the tool is called “Is Tephra Falling?” The bomb-sized pieces that fell on communities were very lightweight and frothy, and made up mostly of vesicles.

These types of tephra are full of bubbles because gas exsolving out of the lava is a large part of what is driving the lava fountaining process. This is what, in combination with the narrow conduits of the north and south vents, allows the tall lava fountains to form. Like late French volcanologist Haroun Tazieff liked to repeat, the gases are the motor of the eruptions.

Where the tephra lands depends on fountaining dynamics and wind conditions. Aspects of fountaining dynamics include whether both vents are fountaining, height of the fountains and whether the lava geysers are inclined. Wind condition aspects include wind speeds and directions at different levels in the atmosphere.In Hawaii, the trade winds are the prevailing winds; they carry plumes of gas and ash westward or southwestward. They were absent during Episode 41, which explains the tephra fallout that blanketed the summit area.

Source : HVO.

Sauveteur de drones sur l’île de la Réunion !

Il y a quelques années, les drones sont devenus tellement populaires en France que des restrictions ont dû être imposées pour éviter les abus. En particulier, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a imposé des règles très strictes concernant le pilotage des engins d’un poids supérieur à 250 grammes. Ces restrictions ont entraîné un net ralentissement de la vente de ces engins volants. La DGAC et les autorités ont défini des zones interdites de survol. Parmi elles, on peut mentionner les sites sensibles comme les centrales nucléaires, les prisons, les parcs nationaux, les bases militaires ou encore les aéroports. De même, il est interdit de faire voler un drone au-dessus de l’espace public en agglomération, et de dépasser 120 mètres de hauteur.

À l’attention des personnes qui se rendent aux États Unis, je signale que l’utilisation de drones dans les parcs nationaux est formellement interdite. Si vous vous faites prendre, c’est amende et confiscation de l’appareil assurées.

Photo: C. Grandpey

Les drones sont autorisés lorsqu’ils sont utilisés par les autorités à des fins de sécurité, comme ici sur le Kilauea :

Crédit photo: HVO

Le site Réunion la 1ère a récemment publié un article intéressant, mais aussi surprenant, à propos d’un « sauveteur de drones. » Étant donné que l’île a été érigée en Parc National en mars 2007, je me suis demandé quelle est la réglementation pour les drones. Elle est fort bien décrite à cette adresse :

https://www.reunion-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-la-reunion/reglementation/survol-en-drone

On y apprend que l’utilisation des drones est tolérée mais que certaines zones sont interdites « pour protéger nos oiseaux endémiques ». D’autres zones sont  « à éviter pour garantir la quiétude de tous ». Le survol en drone est également interdit sur plusieurs lieux dans un rayon de 200 mètres. Parmi ces lieux figurent le Point de vue du Maïdo, le Belvédère du Pas de Bellecombe, le sommet du Piton de la Fournaise, le Piton Partage ou encore le Piton de Bert. Lors de mon séjour à la Réunion en 2019, je me suis rendu compte que les drones volaient librement, mais la DGAC n’avait probablement pas encore imposé sa réglementation.

Au vu de l’article sur Réunion la 1ère, il semble que tout le monde ne respecte pas la loi. En effet, pour récupérer les engins en perdition, le sauveteur de drones arpente les endroits les plus escarpés de l’île pour « aller chercher les drones de pilotes maladroits ou victimes d’avaries diverses. Des accidents qui se produisent habituellement en nombre pendant les éruptions du Piton de la Fournaise. » La récupération intervient souvent dans le rempart au volcan, où il utilise ses compétences de cordiste. A noter que ces sauvetages ont un coût, entre 150 et 250 euros l’intervention et jusqu’à 1000 euros en fonction de la difficulté et de la distance.

Le dernier paragraphe de l’article de Réunion la 1ère explique qu’habituellement, les éruptions sont propices aux pertes de drones, mais que ce ne fut pas le cas pour la dernière éruption du mois de janvier 2026. Plusieurs appareils ont volé en même temps au même endroit, mais sans accidents. Le sauveteur de drones rappelle que « cette fois-ci le survol des drones était interdit. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux sites, comme le Piton des Neiges, au Maïdo, au Piton de Bert et dans pas mal d’endroits au sein du Parc National. » Mais il semblerait qu’à la Réunion le mot « interdit » n’ait pas tout à fait le même sens qu’en métropole…

Étant moi-même pilote de drone, je me plie à la loi, même si certaines interdictions font naître une certaine frustration.

Photo: C. Grandpey

Épisode éruptif n°41 du Kilauea (Hawaï) : Une vidéo à voir absolument !

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous accéderez à une vidéo comme je les aime et que j’ai découverte en allant fureter sur YouTube. Bien filmée par Gerald Green, elle nous fait revivre en 17 minutes et 26 secondes le 41ème épisode éruptif du Kilauea.

https://www.youtube.com/watch?v=emcnvIVhWVQ

Nous suivons tout d’abord les touristes chanceux qui se rendent vers les plates-formes d’observation judicieusement aménagées par les autorités hawaïennes. Celle que l’on voit dans le document est le Keanakāko’i Crater Lookout.

Puis, avec l’heure affichée dans le coin inférieur de l’image, nous assistons à l’évolution de l’activité au niveau des deux bouches éruptives dans le Cratère de l’Halema’uma’u. Les fontaines de lave, en dôme au début, montrent ensuite toute leur puissance pour atteindre 480 mètres de hauteur, du jamais vu depuis le début des épisodes en décembre 2024.

On envie les touristes qui ont le privilège d’assister au spectacle. Mais la situation ne tarde pas à se corser. Les alizés sont en panne en ce 24 janvier 2026 et le vent n’emporte pas le panache de cendres vers l’ouest ou le sud-ouest comme il le fait habituellement. C’est alors une pluie de lapilli et de morceaux de lave – « juste cuite » dit une personne – qui s’abat sur toute la zone sommitale, obligeant les rangers à déclencher son évacuation. On assiste alors à l’exode vers les parkings où les capots des voitures portent les traces de cet événement…

À regarder en plein écran et avec le son !

https://www.youtube.com/watch?v=emcnvIVhWVQ

Image webcam de l’éruption