NASA : des drones au service de la volcanologie // Drones to help volcanology

La NASA est bien connue pour ses projets spatiaux comme l’envoi d’hommes sur la Lune. Cependant, l’agence participe également à des projets de surveillance sur Terre, notamment ceux liés au climat. Actuellement, les scientifiques de la NASA travaillent sur un projet visant à utiliser des drones pour surveiller les volcans actifs et avertir de la possibilité d’éruption.
La NASA collabore avec la société Black Swift Technologies qui crée des systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS) – ou drones – capables de faire face aux conditions difficiles au-dessus des volcans. La société a mis au point un module d’analyse de gaz installé à bord des drones pour détecter des signes d’activité volcanique.
Une première version de ce nouveau drone a été testée sur un volcan au Costa Rica en 2018. J’avais écrit une note à ce sujet le 14 mars 2018:

Des drones pour mesurer les gaz volcaniques // Drones to measure volcanic gases

Une version plus récente de l’engin a récemment été testée au-dessus du volcan Makushin dans les îles Aléoutiennes en Alaska. Le drone peut voler même lorsqu’il est hors de portée visuelle des pilotes. Il utilise pour cela des systèmes autonomes combinés à un plan de vol prédéfini permettant d’atteindre le sommet du volcan où il peut collecter des informations visuelles et thermiques sur l’activité volcanique.
L’objectif de Black Swift Technologies est d’améliorer encore davantage la capacité des drones à fournir des informations précieuses sur les phénomènes naturels. Le but ultime est de développer cette technologie afin qu’elle puisse surveiller régulièrement les volcans et agir comme système d’alerte précoce si une éruption est imminente. En conséquence, les drones pourraient être utilisés pour aider les autorités à avertir les populations d’un début d’éruption et de nombreux autres dangers qui prennent souvent les scientifiques par surprise. Avec cet outil, les volcanologues pourraient surveiller régulièrement l’activité de volcans, même éloignés, et réagir plus rapidement quand une éruption se produit.
Source: digitaltrends.

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NASA is well known for its space projects like sending men on the Moon. However, the agency also takes part in Earth-monitoring projects, particularly those related to the climate. Currently, it is working on a plan to use drones to monitor active volcanoes and give warnings of potential eruptions.

NASA is collaborating with the company Black Swift Technologies, which creates unmanned aircraft systems (UASs) – or drones – which can withstand the tough environments above volcanoes. The company also developed a gas-sensing payload the UAS could carry to look for signs of volcanic unrest.

A first version of the UAS was tested for monitoring a volcano in Costa Rica in 2018. I had written a post about this mission on March 14th, 2018 (see above).

A newer version of the craft has recently been tested with flights at Makushin Volcano in the Aleutian Islands in Alaska. The drone can fly even when it is out of visual range of the pilots, by using autonomous systems combined with a pre-set flight plan to reach the volcano’s summit. From there, it can collect visual and thermal information on volcanic activity.

Black Swift Technologies’ goal is to continue to push the capabilities of UASs to provide valuable insight into natural phenomena.

The hope is to develop this technology so that it can routinely monitor volcanoes and act as an early-warning system if an eruption is imminent. As a result, UASs could be used to help authorities warn communities about the onset of dangerous volcanic eruptions, and many other hazards that now take scientists by surprise. With this tool, they could routinely monitor even remote volcanoes for activity and respond to eruption events.

Source: digitaltrends.

Vue du sommet du Makushin (Alaska) capturée par une caméra installée sur l’aile d’un drone S2 qui a volé en autonomie jusqu’à plus de 20 km, donc au-delà de la portée de la vue de son pilote, et à une altitude de 1800 m. Démonstration de vol réalisée en septembre 2021 (Source: Black Swift Technologies).

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Dernière minute :

À l’aide d’images satellitaires et d’instruments GPS haute technologie, les géophysiciens de l’Observatoire Volcanologique des Cascades ont détecté une légère inflation du sol d’environ 2,2 cm à environ 5 km à l’ouest du South Sister, l’un des édifices des Three Sisters (Oregon) entre l’été 2020 et août 2021. Des épisodes de soulèvement du sol ont déjà été observés dans cette zone au milieu des années 1990. Bien que la vitesse de soulèvement actuelle soit plus lente qu’en 1999-2000, elle est nettement plus rapide que celle observée pendant plusieurs années avant 2020. Le soulèvement est probablement provoqué par de petites accumulations de magma à environ 7 km sous la surface du sol. Cependant, il n’y a aucun signe d’éruption à court terme.
Dans le même temps, les sismologues ont enregistré plusieurs brefs épisodes sismiques en octobre 2021, décembre 2021 et janvier 2022. Cependant, la plupart de ces événements superficiels avaient des magnitudes trop faibles pour pouvoir être localisés avec précision.
Le niveau d’alerte des Three Sisters et la couleur de l’alerte aérienne restent inchangés, respectivement à Normal et à la couleur Verte.

Source: USGS

Les Three Sisters, avec la South Sister à droite (Photo: C. Grandpey)

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Lors de l’éruption du 22 décembre 2021 au 17 janvier 2022, un nouveau cône volcanique s’est formé sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Il vient d’être baptisé « Piton Karay » par les équipes de l’OVPF, du Parc national et de la Cité du Volcan qui expliquent que « le choix de ce nom a été orienté par la forme en marmite hémisphérique du cône volcanique. Lors de l’éruption, il a notamment hébergé un lac de lave débordant à plusieurs reprises des bords du cratère« .

Le mot Karay désigne en créole réunionnais une marmite de forme hémisphérique avec deux anses sur les côtés. En Inde, cet ustensile de cuisine est généralement appelé “karahi” qui fut par la suite créolisé en “caraye” Ce choix de nom permet également d’honorer la mémoire des engagés indiens, qui ont enrichi la langue réunionnaise avec des mots tels que Karay.

Source: Réunion la 1ère.

 

Piton Karay (Crédit photo: Patrice Huet, Cité du Volcan, que je salue ici)

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Une incandescence a été observée sur le volcan Callaqui (Chili) le 27 janvier 2022.
La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 1980, avec un VEI 1.
Selon l’analyse des images obtenues à partir d’une caméra fixe, la lueur observée en permanence la nuit dans le secteur sud-ouest du cratère correspondrait à une augmentation de la température des émissions gazeuses. Ce phénomène n’avait pas été observé depuis l’installation des caméras fixes en 2012.
Pendant la journée, un dégazage plus intense qu’auparavant est observé dans la zone de l’incandescence.
Le niveau d’alerte volcanique reste au Vert.
Source : SERNAGEOMIN.

 

(Crédit photo: Smithsonian Institution)

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Une hausse d’activité a été observée sur le Taal (Philippines) les 29 et 30 janvier 2022. 9 petites explosions phréatomagmatiques d’une durée de 10 secondes à 2 minutes, ont été enregistrés le 29 janvier. 31 séismes d’origine volcanique ont également été enregistrés, dont 14 événements d’une durée de 1 à 3 minutes . Une importante activité de dégazage a été observée, avec des panaches s’élevant jusqu’à 2 km de hauteur. Les émissions de SO2 atteignaient 10 036 tonnes/jour le 29 janvier.
L’entrée dans la Volcano Island du Taal, en particulier dans la zone du cratère principal (Main Crater), est interdite. De la même façon, la navigation de plaisance sur le lac Taal n’est pas autorisée.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2.
Source : PHIVOLCS.

 

Source: Wikipedia

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Le 26 janvier, l’AVO a publié un bulletin indiquant qu’un essaim sismique s’était produit à proximité du Davidof (Aléoutiennes), un stratovolcan essentiellement sous-marin dans les îles Rat. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 4,9. Un essaim semblable s’est produit en décembre 2021. Aucun signe d’activité volcanique n’a été observé sur les images satellites récentes., mais un réveil du volcan ne saurait être exclu. En conséquence, l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et à relevé le niveau d’alerte volcanique à « Advisory » (surveillance conseillée).

 

Crédit photo: AVO

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) n’arrête pas de faire des « pauses ». La lave réapparaît ponctuellement et faiblement sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. La sismicité est faible, ainsi que les émissions de SO2. Aucune autre activité n’est observée ailleurs sur le volcan.

Source: HVO.

Image thermique typique du cratère de l’Halema’uma’u ces jours-ci (Source: HVO)

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On observe depuis le 30 janvier 2022 une faible activité strombolienne sur l’Etna (Sicile) au niveau du Cratère Sud-Est avec des émissions de cendres sporadiques qui se dispersent rapidement dans l’atmosphère. L’INGV indique que l’amplitude du tremor est relativement stable avec des valeurs moyennes. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est observée. Les émissions de cendres n’affectent pas l’aéroport de Catane.
Parallèlement à cette activité éruptive, un séisme de magnitude M 2,2 a été enregistré à 13h30 le 30 janvier à 4 kilomètres au nord-ouest de Milo et à une profondeur de 5 kilomètres.

Source: INGV.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Pavlof (Aléoutiennes / Alaska) se poursuit, avec des périodes de tremor élevé. De petites explosions sont enregistrées quotidiennement. Une image satellite du 19 janvier montrait que la coulée de lave sur le flanc E s’étirait sur1,3 km de longueur, tandis qu’un lahar sur le même flanc mesurait 4,4 km de long.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance (Watch) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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Les autorités le craignaient et c’est arrivé. Jusque-là épargnées par la pandémie de Covid-19, les îles Tonga sont entrées en confinement le 2 février 2022 après avoir recensé deux cas positifs parmi les habitants de Nuku’alofa, la capitale. Ces hommes avaient travaillé dans le port de la ville, où l’aide humanitaire était arrivée par bateau. A noter que le navire australien HMAS Adelaïde a accosté la semaine dernière à Nuku’alofa pour décharger de l’aide, avec une vingtaine de membres d’équipage contaminés par le virus! Ce dernier est probablement entré dans l’archipel en même temps que les vivres et autres bien de première nécessité envoyés par l’Australie et la Nouvelle Zélande suite à l’éruption majeure du 15 janvier dernier.

L’archipel des Tonga avait fermé ses frontières au début de 2020, en raison de la pandémie. Depuis, ce pays de 100.000 habitants n’avait enregistré qu’un seul cas de Covid-19, celui d’un homme arrivé de Nouvelle-Zélande en octobre 2021 et qui s’est depuis totalement remis.

Source: presse internationale.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Latest :

Using satellite imagery and sophisticated GPS instruments, Cascades Volcano Observatory geophysicists have detected a subtle uplift increase of about 2.2 cm in the rate in the ground surface about 5 km west of South Sister volcano (Oregon) between the summer of 2020 and August 2021. Episodes of increased uplift have been observed in this area in the mid-1990s. Although the current uplift rate is slower than the maximum rate measured in 1999-2000, it is distinctly faster than the rate observed for several years before 2020. The uplift is attributed to small pulses of magma accumulating at roughly 7 km below the ground surface. However, there are no signs of an eruption in the short term.

Additionally, seismologists observed brief bursts of small earthquakes in October 2021, December 2021, and January 2022. However, most of these shallow events are too small to locate precisely.

The volcano’s alert level and aviation color code remain at NORMAL / GREEN.

Source: USGS.

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During the eruption from December 22nd, 2021 to January 17th, 2022, a new volcanic cone was formed at Piton de la Fournaise (Reunion Island). It has just been named « Piton Karay » by the teams of tOVPF, the National Park and the Cité du Volcan who explain that « the choice of this name was oriented by the pot shape of the hemispherical volcanic cone. During the eruption, it notably hosted a lava lake overflowing several times from the edges of the crater ».
The word Karay designates in Reunion Creole a hemispherical pot with two handles on the sides. In India, this kitchen utensil is generally called “karahi” which was later creolized into “caraye” This choice of name also honors the memory of the Indian workers, who enriched the Reunionese language with words such as Karay .
Source: Réunion la 1ère.

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Incandescence was observed at the the Callaqui volcano (Chile) on January 27th, 2022.

The last eruption of this volcano took place in 1980, with a VEI 1.

According to the analysis of images obtained from a fixed camera, the glow permanently observed at night in the southwest sector of the crater is interpreted as an increase in the temperature of the emissions. This phenomenon had not been recorded since the installation of fixed cameras in 2012.

During the day, degassing is observed with greater intensity in the area of the incandescence.

The volcano alert level remains at Green.

Source: SERNAGEOMIN.

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Activity increased at Taal volcano (Philippines) on January 29th and 30th, 2022. 9 small phreatomagmatic events lasting from 10 seconds to 2 minutes, were registered on January 29th 31 volcanic earthquakes were also registered, including 14 volcanic events lasting from 1 to 3 minutes. Significant steaming anddegassing activity was observed, with plumes rising up to 2 km. SO2 emissions reached 10 036 tonnes/day on January 29th.

Entry into Taal Volcano Island, especially the Main Crater area, is not allowed. Boating on Taal Lake is also prohibited

The volcano alert level remains at 2.

Source: PHIVOLCS.

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On January 26th, AVO released a bulletin indicating that a seismic swarm had occurred in the vicinity of Davidof volcano (Aleutians), a mostly submerged stratovolcano in the Rat Islands group. The largest earthquake had a magnitude of M 4.9. A similar event occurred in December 2021. No signs of volcanic unrest have been observed in recent satellite images.
Due to the possibility of escalating volcanic unrest, AVO has raised the Aviation Color Code and Volcano Alert Level to Yellow and Advisort, respectively.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) never stops making ‘pauses’. Lava reappears punctually and weakly on the crater floor of Halema’uma’u. Seismicity and SO2 emissions keep low levels. No activity is observed elsewhere on the volcano.

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Weak Strombolian activity has been observed since January 30th at Mt Etna‘s SE Crater (Sicily), with sporadic ash emissions which disperse quickly in the atmosphere. INGV indicates that the amplitude of the tremor is relatively stable with medium values. No significant deformation of the volcanic edifice is observed. Ash emissions do not affect Catania airport.
Along with this eruptive activity, an M 2.2 earthquake was recorded at 1:30 p.m. on January 30th, 4 kilometers northwest of Milo, at a depth of 5 kilometers.
Source: INGV.

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The eruption at Pavlof (Aleutians / Alaska) continues, with periods of elevated tremor. Small daily explosions are recorded. A satellite image from January 19th showed that the lava flow on the E flank was 1.3 km long, and a lahar on the same flank was 4.4 km long.

The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source: AVO.

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It was feared by the authorities and it happened. Until then spared by the Covid-19 pandemic, the Tonga archipeago went into lockdown on February 2nd, 2022 after identifying two positive cases among the inhabitants of Nuku’alofa, the capital. These men had worked in the town’s port, where humanitarian aid had arrived by boat. It should be noted that the Australian ship HMAS Adelaïde docked last week in Nuku’alofa to unload aid, with around twenty crew members infected with the virus! The latter probably entered the archipelago at the same time as food and other basic necessities sent by Australia and New Zealand following the major eruption on January 15th.
The Tonga archipelago had closed its borders at the beginning of 2020, due to the pandemic. Since then, this country of 100,000 inhabitants had recorded only one case of Covid-19, that of a man who arrived from New Zealand in October 2021 and who has since fully recovered.
Source: international news media.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Tsunami de l’éruption aux Tonga: pourquoi les prévisionnistes se sont trompés // Tonga eruption tsunami : why forecasters were mistaken

L’éruption volcanique du 15 janvier aux Tonga a déclenché une onde de choc atmosphérique qui s’est propagée à une vitesse proche de lcelle du son, poussant devant elle de puissantes vagues à travers le Pacifique, jusqu’aux côtes du Japon et du Pérou, à des milliers de kilomètres.
Les modèles de prévision et les systèmes d’alerte, conçus principalement pour évaluer les vagues déclenchées par les séismes conventionnels, ont été déconcertés par l’événement de Tonga et ont donc commis des erreurs. Ils n’ont pas tenu compte de l’effet amplifiant de l’onde de choc. On se rend donc compte du point faible ces systèmes qui ont été incapables de prévoir avec précision à quel moment les vagues toucheraient terre.
L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a déclenché un tsunami qui a détruit des villages et coupé les communications dans l’archipel des Tonga et ses 105 000 habitants. Trois personnes ont été tuées. Ce bilan est faible car la population est bien préparée pour faire face à un tsunami. Les habitants sont même probablement parmi les mieux préparés pour affronter les catastrophes naturelles, avec des années d’exercices tsunami: C’est pourquoi de nombreuses personnes ont su se réfugier sur des endroits plus élevés.
S’agissant du Pérou, le manque d’informations précises a peut-être contribué à la mort de deux personnes qui se sont noyées dans des vagues inhabituellement hautes, ainsi qu’à la marée noire majeure qui a souillé le littoral près de la raffinerie de La Pampilla.
Les scientifiques expliquent qu’ils doivent maintenant réévaluer le risque tsunami pour d’autres volcans dans le monde. Par exemple, ils pensaient que le volcan sous-marin Kick’em Jenny ne posait qu’un risque de tsunami pour l’île voisine de la Grenade, dans les Caraïbes. Mais la vague pourrait très bien affecter l’ensemble des Caraïbes et du golfe du Mexique, et peut-être même l’océan Atlantique à grande échelle, si un événement de type Tonga devait se produire.
Les tsunamis déclenchés par des éruptions volcaniques sont rares dans l’histoire moderne. L’onde de choc générée par le volcan des Tonga compte parmi les plus importantes jamais enregistrées; elle est similaire à celle produite par l’éruption du Krakatoa en 1883.
Avant le tsunami de 2018 qui a suivi l’éruption de l’Anak Krakatau, un tsunami déclenché par un volcan ne s’était pas produit dans l’océan depuis plus d’un siècle. A côté de cela, 90 % des tsunamis sont déclenchés par des séismes classiques. En conséquence, les systèmes d’alerte aux tsunamis sont programmés pour donner la priorité aux événements sismiques classiques. Les instruments disposés sur le plancher océanique surveillent les variations anormales de la hauteur des vagues; ils envoient des informations par balises de surface, puis par satellite, à un centre d’alerte pour évaluation.
Le Pacific Tsunami Warning Center à Hawaï a tout d’abord mis en garde contre des vagues dangereuses à moins de 1 000 km de l’éruption des Tonga. Cependant, leur bulletin émis par le Centre expliquait qu' »en raison de la source volcanique, nous ne pouvons pas prévoir l’amplitude des tsunamis ni jusqu’où le risque de tsunami peut s’étendre ». Quelque 10 heures plus tard, l’alerte a été mise à jour et incluait une menace possible pour le Pérou, une évolution surprenante étant donné que le tsunami près des Tonga était relativement faible.
Entraînées par la gravité, les vagues de tsunami se déplacent à environ 200 mètres par seconde. Cependant, l’onde de choc générée par le volcan des Tonga s’est déplacée à plus de 300 mètres par seconde et était si puissante qu’elle a fait résonner l’atmosphère comme le fait une cloche.
Grâce au transfert de cette énergie de l’atmosphère vers l’océan, l’onde de choc a amplifié les vagues océaniques dans le monde entier, les a repoussé plus loin et accéléré leur vitesse de déplacement, un phénomène pour lequel les centres d’alerte aux tsunamis se sont pas équipés.
Source : Reuters, Yahoo Actualités.

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The January 15th volcanic eruption in Tonga unleashed an atmospheric shockwave that radiated out at close to the speed of sound, pushing large waves across the Pacific to the shores of Japan and Peru, thousands of kilometres away.

Forecasting models and warning systems, designed primarily to assess earthquake-triggered waves were disconcerted by the tonga event. They did not account for the boosting effects of the shockwave. It was a critical flaw in these systems, leaving them unable to predict exactly when the waves would hit land.

The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption triggered a tsunami that destroyed villages and knocked out communications for the South Pacific nation of about 105,000 people. Three people have been reported killed. However Tongans were well equipped to deal with the tsunami. They are also considered among the most prepared for natural disasters, with years of tsunami drills so that many people knew to evacuate to higher ground.

But for faraway Peru, for example, the lack of accurate information may have contributed to the death of two people who drowned in unusually high waves, as well as the major oil spill near La Pampilla refinery.

Experts say they need to re-evaluate tsunami hazards for other volcanoes around the world. For example, the Kick’em Jenny underwater volcano is thought to pose only a regional tsunami risk to the neighboring Caribbean island of Grenada. But it may very well affect the entire Caribbean and Gulf of Mexico, and possibly even the Atlantic and global oceans, if a Tonga-type event were to happen.

Volcano-triggered tsunamis have been rare in modern history, and the shockwave from Tonga’s volcano was among the largest ever recorded, similar to the one produced by the 1883 eruption of Krakatoa.

Prior to the 2018 tsunami that followed the eruption of Anak Krakatau, a tsunami set off by a volcano had not happened in the ocean in more than a century. Rather, 90 percent of tsunamis are triggered by earthquakes. As a consequence, tsunami warning systems are programmed to prioritize seismic events. Seafloor instruments monitor for irregular changes in wave height, sending information by surface buoy and then satellite to a warning centre for assessment.

The Pacific Tsunami Warning Center in Hawaii initially warned of dangerous waves within 1,000 km of the Tonga eruption. However, their bulletin noted that « due to the volcano source we cannot predict tsunami amplitudes nor how far the tsunami hazard may extend. » Roughly 10 hours later, the warning was updated to include a possible threat to Peru, a surprising development given that the tsunami near Tonga was relatively small.

Tsunami waves, driven by gravity, travel at around 200 metres per second. However, the shockwave from Tonga’s volcano moved at more than 300 metres per second and was so powerful that it caused the atmosphere to ring like a bell.

Through the transfer of this energy from the atmosphere to the ocean, the shockwave amplified ocean waves around the world, pushing them farther afield and accelerating their travel time – something tsunami warning centres were not equipped to handle.

Source: Reuters, Yahoo News.

L’éruption du 15 janvier 2022 vue depuis l’espace (Source: Japan Meteorological Agency)

1918, une année noire en Islande // 1918 : a dark year in Iceland

Le 23 janvier 2022, le petit village côtier de Bakkagerði, dans le nord-est de l’Islande, a connu des températures dignes des mois d’été. Le thermomètre a indiqué 17,6°C juste après minuit. Seize heures auparavant, vers 8 heures du matin le 22 janvier, la température le long du fjord oscillait juste en dessous de 0°C. Les températures ont également atteint des sommets tout à fait inhabituels ailleurs dans les Fjords de l’Est. Seyðisfjörður a enregistré la deuxième température la plus élevée du pays. Ce coup de chaud a été bref. Pendant environ six heures, des températures avoisinant les 15°C ont été relevées dans la région avant de chuter en dessous de 10°C dans l’après-midi. Les météorologues expliquent que ces fluctuations soudaines des températures sont typiques du changement climatique.

104 ans avant le 23 janvier 2022, on avait enregistré les températures les plus froides de l’histoire de l’Islande. L’hiver 1917-18 est connu dans le pays sous le nom de Frostaveturinn mikla, le grand hiver glacial. Au cours de ce terrible hiver, les températures ont chuté et la glace s’est formée sur la mer autour de l’Islande, paralysant des voies maritimes vitales et accentuant les pénuries de biens essentiels. Le mois de janvier 1918 fut particulièrement catastrophique. Le 21 janvier, les températures ont chuté à des niveaux jamais vus auparavant, ni depuis. Un minimum de -24,5°C a été enregistré à Reykjavík et, dans le nord-est de l’Islande, le thermomètre indiquait -36°C à Grímsstaðir et -38°C à Möðrudalur.

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L’année 1918 a également été marquée par l’arrivée de la grippe espagnole en Islande. L’épidémie a débarqué le 19 octobre 1918, avant de se propager dans le pays. Elle a coûté la vie à 540 personnes, dont plus de la moitié à Reykjavík. Les deux tiers des habitants de la ville ont été infectés; la plupart sont restés au lit pendant des jours. La pandémie a transformé Reykjavík en une ville fantôme car les entreprises ont fermé, les navires n’ont pas été chargés, les journaux n’ont pas été publiés et le bureau des télégrammes a fermé.
L’infection est arrivée en Islande par le biais de navires en provenance des Etats Unis et de Copenhague le 19 octobre. Un chalutier en provenance du Royaume-Uni a, lui aussi, apporté la maladie à Hafnarfjörður, qui était à l’époque un petit village de pêcheurs.
Un ensemble de facteurs a contribué à la propagation extrêmement rapide de l’infection à Reykjavík. La plupart des gens vivaient dans des logements exigus et mal entretenus. Reykjavík faisait face à une grave pénurie de logements à l’époque, un problème qui a persisté au cours des décennies suivantes. 1918 était aussi avant que les Islandais n’exploitent l’énergie géothermique pour le chauffage et les chutes d’eau pour produire de l’électricité. Les habitants de Reykjavík, en particulier la classe ouvrière, vivaient dans des bâtiments en bois mal construits et mal isolés. Des familles entières s’entassaient dans une ou deux petites pièces, ce qui a favorisé la propagation de la grippe.
L’infection s’est propagée rapidement, submergeant les deux hôpitaux de la ville. Les autorités ont transformé en hôpital une école maternelle du centre-ville. Les premiers décès sont survenus le 1er novembre. Les habitants ont parlé de l' »ange de la mort » qui planait au-dessus de la ville. Début décembre, près de 300 personnes étaient mortes à Reykjavík, qui ne comptait à l’époque que 15 000 habitants. Au moins 10 000 personnes auraient été infectées dans la ville.
La pandémie s’est propagée aux villages de pêcheurs de l’ouest et du sud de l’Islande. Les plus touchés ont été ceux en plein essor qui avaient connu l’expansion rapide du chalutage au cours de la première décennie du siècle. Akranes, Keflavík et Vestmannaeyjar ont été particulièrement touchés. De grandes parties du pays ont cependant été épargnées grâce à une quarantaine sévère.
Le 20 novembre, la maladie a atteint son apogée dans la capitale. La ville était à court de cercueils pour les morts qui étaient enterrés dans des fosses communes. Les célébrations de la signature du traité faisant de l’Islande une nation souveraine, ont été annulées.

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En effet, le jour même où la pandémie a atteint Reykjavík, le peuple islandais a approuvé lors d’un référendum la ratification du traité d’union avec le Danemark, un accord qui faisait de l’Islande une nation souveraine. Le roi danois restait à la tête de l’État, mais Reykjavík était désormais la capitale d’une nation nouvellement indépendante.

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Le 12 octobre 1918, le Katla est entré en éruption sous le glacier Myrdaljökull dans le sud de l’Islande. Le dimanche 13 octobre a été baptisé Dimanche Sombre à Reykjavík : le ciel était noir à cause des cendres produites par le volcan. L’éruption de 1918 se caractérise par une activité explosive avec de volumineux nuages de cendres et des glissements de terrain. Elle a provoqué une très importante crue glaciaire et produit d’énormes quantités de cendres qui se sont répandues sur 60 000 km2 autour de l’Islande. La côte sud a avancé de 5 km avec les dépôts laissés par les lahars.
Sur les 32 volcans actifs d’Islande, Katla est considéré comme l’un des plus dangereux. C’est le quatrième système volcanique le plus actif d’Islande. Il s’est manifesté au moins 21 fois depuis la colonisation de l’Islande par les Vikings au 9ème siècle.
L’éruption de 934 est considérée comme la plus grande éruption volcanique en Islande au cours des derniers millénaires. Elle a produit un champ de lave qui couvre environ 800 kilomètres carrés, 18 à 20 kilomètres cubes de lave et 5 à 7 kilomètres cubes de tephra et de cendres. L’impact de l’éruption sur le climat de la planète a été catastrophique, avec de mauvaises récoltes et la famine en Europe. Les températures dans tout l’hémisphère nord ont chuté, provoquant le gel des rivières jusqu’à l’Iran actuel.
Source : médias d’information islandais et internationaux.

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On January 23rd, 2022, the remote seaside village of Bakkagerði in Northeast Iceland experienced temperatures that would be notable in the summer months. A high of 17.6°C was recorded in the village just after midnight. Only sixteen hours before, around 8:00 am on January 22nd, temperatures along the fjord had hovered just below 0°C. Temperatures also reached unusual highs elsewhere in the East Fjords. Seyðisfjörður had the second highest temperature in the country. The heatwave only lasted briefly. For about six hours, temperatures of around 15°C were measured in the region before falling to under 10°C in the afternoon. Meteorologists say that these sudden fluctuations in temperatures are typical of climate change.

January 23rd 2022 also marked 104 years since the coldest temperatures ever recorded in Iceland. The winter of 1917-18 is known in Iceland as Frostaveturinn mikla, the Great Frost Winter. During this terrible winter, temperatures plummeted and sea ice formed around Iceland, closing off vital shipping routes and exacerbating existing shortages of vital goods. The month of January 1918 was particularly devastating, and on January 21st, temperatures plummeted lower than they ever had or have done since. A low of -24.5°C was recorded in Reykjavík, and, in Northeast Iceland, -36°C at Grímsstaðir and -38°C at Möðrudalur.

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On October 19th, 1918 the Spanish Flu spread to Iceland. The pandemic claimed the lives of as many as 540 people, more than half in Reykjavík. Two thirds of the townsfolk caught the infection, most becoming bedridden for days. The pandemic turned Reykjavík into a ghost town as businesses shut down, ships were not loaded, newspapers were not published and the telegram office closed.

The infection arrived in Iceland on three separate vessels all of which arrived in harbour on October 19th. The ships were coming from the U.S. and from Copenhagen. A trawler arriving from the UK brought the disease to Hafnarfjörður, which was a small fishing village at the time.

A combination of factors contributed to the extremely rapid spread of the infection in Reykjavík. Most people lived in extremely cramped and poor conditions. Reykjavík was facing an intense housing shortage at the time, a problem which persisted throughout the coming decades. This was also before Icelanders had harnessed geothermal energy for central heating or the waterfalls to produce electricity. The inhabitants of Reykjavík, especially the working class, lived in poorly constructed and poorly insulated wooden buildings, entire families packed into one or two small rooms.

The infection spread rapidly, overwhelming the two private hospitals in town. The authorities converted the downtown children’s school into a hospital. The first deaths came on November 1st. Locals talked about the Angel of Death having swept over the town. By early December nearly 300 people had died in Reykjavík, which had a population of just 15,000 people at the time.

At least 10,000 are believed to have been infected in Reykjavík, paralyzing the town.
The pandemic spread to fishing towns and villages in West and South Iceland. Worst hit were the boomtowns which had seen the rapid expansion of trawling in the first decade of the century. Akranes, Keflavík and Vestmannaeyjar were particularly hard hit. Large parts of the country were spared, however, thanks to an aggressive quarantine.
By November 20th the disease had peaked in the capital. The town had run out of coffins for the dead who were being buried in mass graves. Celebrations which had been planned on December 1st, when the newly signed Union Treaty went into effect, making Iceland a sovereign nation, were canceled or scaled down.

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On the very same day as the pandemic reached Reykjavík the Icelandic people approved in a referendum to ratify the Union Treaty with Denmark, an agreement which made Iceland a sovereign nation. The Danish King would still be the head of state, but Reykjavík now became the capital of a newly independent nation.

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On October 12th, 1918 the volcano Katla erupted beneath Myrdaljökull in South Iceland. Sunday October 13th was called Dark Sunday in Reykjavík: The sky was dark from ash produced by the volcano. The 1918 eruption was characterized by explosive activity that produced voluminous ash clouds and landslides.It caused a massive glacial outburst flood and produced huge amounts of ash that spread over 60.000 km2 around Iceland. The Southern coast was extended by 5 km by the laharic flood deposits.

Out of the 32 active volcanoes in Iceland, Katla is considered to be one of the most dangerous. It is the fourth most active volcanic system in Iceland, having erupted at least 21 times since the Viking settlement of Iceland in the 9th century.

The 934 eruption is believed to be the largest volcanic eruption to take place in Iceland in the past millennia. It produced a lava field which covers approximately 800 square kilometers, 18-20 cubic kilometers of lava and 5-7 cubic kilometers of tephra and ash. The impact of the eruption on global weather systems was catastrophic, causing crop failures and hunger in Europe. Temperatures all over the Northern Hemisphere dropped, causing rivers as far as present day Iran to have frozen over.

Source: Icelandic and international news media.

Eruption du Katla en 1918 (Photo: Katjarn Gudmundsson)

Vue du Katla aujourd’hui (Photo: C. Grandpey)