L’hélicoptère de Luchon-Superbagnères….

Je l’ai toujours dit : le jour où les gens ne pourront plus skier par manque de neige, les médias vont s’emparer du problème et la population commencera à réaliser que le réchauffement climatique n’est pas le canular annoncé par le Président Trump.

Le récent apport de neige par hélicoptère à Superbagnères (Haute-Garonne) est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comme le font remarquer certains, cette scène est en soi marginale, mais elle illustre une réalité qui menace l’existence de nombreuses stations de ski. L’enneigement est au plus bas dans certaines régions, au point de mettre en péril l’économie locale. Les exemples de stations de ski impactées par un mauvais enneigement se multiplient. On peut citer la station de ski de Chalmazel, dans la Loire, qui a été fermée jusqu’à nouvel ordre. Dans les Hautes-Alpes, Céüze a fermé définitivement ses portes après un siècle d’existence. Pour faire face au manque de neige, plusieurs stations de ski tentent désormais de se reconvertir en « stations de montagne » afin d’accueillir des touristes tout au long de l’année, y compris durant l’été et le printemps. Au train où vont les choses, le mal ne tardera pas à affecter les stations plus élevées.

A l’issue de ma conférence « Glaciers en péril », on me demande souvent quelles sont les solutions pour freiner les effets désastreux du réchauffement climatique dans nos montagnes. Le problème, c’est que ces solutions ne se trouvent pas au seul niveau de la France (qui ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour réduire les gaz à effet de serre). Le problème est global et il faut savoir que les concentrations de CO2 mettront du temps à diminuer dans l’atmosphère, même si des mesures immédiates et radicales sont prises dès maintenant.

Comme le suggérait un récent reportage sur la vallée de l’Arve qui conduit à Chamonix et au tunnel du Mont Blanc, il faudrait favoriser le ferroutage, mais je ne suis pas certain que les très puissants lobbies de transporteurs routiers seront d’accord !  Je pense aussi que la politique en faveur de l’énergie solaire est beaucoup trop timide, de même que celle qui incite à installer des chauffages domestiques moins polluants.

Le souci, c’est que pendant ces mesures seront mises en place en France – si elle le sont un jour ! – la Chine, l’Inde ou la Pologne, pour ne citer que ces pays, continueront à faire tourner à plein régime leurs centrales au charbon. Rien n’est fait dans un pays comme la Chine pour réduire la pollution automobile dans des mégapoles envahies par le smog des gaz d’échappement. Il ne faudrait pas oublier que ces particules fines se déposent jusque sur la chaîne himalayenne où elles accélèrent la fonte des glaciers….

Héliportage de neige à Superbagnères (Source: Yahoo News)

Submersion et pollution en Islande // Submersion and pollution in Iceland

La tempête Dennis a frappé l’Europe du Nord à la mi-février. A Reykjavik, la capitale islandaise, une rafale de 112 km / h a été enregistrée le 14 février 2020, tandis que plus à l’ouest de la ville, un coup de vent de 142 km / h a été signalé dans la ville de Keflavik.
C’est pendant les tempêtes que l’on peut voir les effets de l’élévation du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. En Islande, les intempéries et le fort coefficient de marée ont provoqué un phénomène de submersion, de sorte que les maisons situées près de l’océan ont eu les pieds dans l’eau à Keflavík, sur la Péninsule de Reykjanes. À Garður, pas très loin de là, les digues de terre n’ont pas suffi à retenir les vagues, provoquant l’inondation des maisons.
Les secours ont été appelés plus de 60 fois en une seule journée à Reykjanes.
Les dégâts matériels sont importants sur la Péninsules de Reykjanes, principalement à Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík et Keflavík, où de nombreuses toitures se sont envolées. La vidéo ci-dessous montre les inondations à Keflavík::
https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Outre la tempête, on peut rappeler que la fonte des glaciers se poursuit en Islande, comme on peut le voir sur une vidéo que vient de m’envoyer un visiteur de mon blog:.
https://youtu.be/6VahrDHNGPY

Il était en Islande en 2018. A côté de la fonte des glaciers, il a pu observer la pollution domestique le long des côtes, jusque dans des endroits très rarement visités par les touristes. En voyant le plastique sur le littoral, on imagine facilement le niveau de pollution en pleine mer !

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Storm Dennis hit northern Europe in mid-February. In Iceland’s capital of Reykjavik, a 112-km per hour wind gust was reported on February 14th, 2020, while farther west of the city, an 142-km per hour gust was reported in the town of Keflavik.

It is during the storms that one can see the effects of increased sea level caused by global warming. In Iceland, the severe weather and high sea levels have caused the flooding of houses in Keflavík, on the Reykjanes Peninsula, wherethe houses are located near the ocean. In nearby Garður, levies have not sufficed to hold the waves back, causing houses to flood.

Rescue teams in Reykjanes have been called out more than 60 times in a single day.

Property damage is substantial in Reykjanes – in Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík and Keflavík, mainly due to flying roofing sheets and debris. The video below shows the flooded area in Keflavík : :

https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Beside the stormy weather, one can add that glacier melting is going on in Iceland, as can be seen on a video a visitor to my blog has just sent me.

https://youtu.be/6VahrDHNGPY

He was in Iceland in 2018. Apart from glacier melting he could observe the domestic pollution along the coasts, in places that are very rarely visited by tourists. Seeing the plastic on the shores, one can easily imagine the pollution level out at sea.

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Sur ces images extraites de la vidéo, on a l’exemple parfait d’un glacier – le Klofajökull- en pleine phase de recul, avec rupture de sa partie frontale. La deuxième image montre une vue de l’encaissant encre très récent du glacier. Sur la troisième photo, on peut voir les matériaux laissés par le Klofajökull pendant son recul, avec les habituels lacs de fonte. Ne pas s’aventurer sur cette zone où les pièges sont nombreux.

Attention: Ne pas explorer les grottes sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)! // Warning : Do not explore the caves on the Reykjanes Peninsula (Iceland) !

Suite à l’augmentation de la sismicité enregistrée depuis la fin du mois de janvier 2020 sur la Péninsule de Reykjanes, avec une inflation du sol près du Mont. Þorbjörn, pas loin de Grindavík, l’Icelandic Met Office (IMO) effectue des mesures hebdomadaires de gaz dans les grottes près des cratères d’Eldvörp, à l’ouest du Blue Lagoon.
Le 20 février, les mesures dans l’une des grottes ont révélé une concentration potentiellement mortelle de dioxyde de carbone ainsi qu’un manque d’oxygène.
En conséquence; L’IMO a émis un bulletin d’alerte et fortement déconseillé l’exploration des grottes de la région. La grotte en question se trouve à proximité d’un parking très fréquenté par les touristes qui vont visiter les cratères d’Eldvörp. La Protection Civile et le service des urgences ont été informés de la situation.
Le bulletin d’alerte ne concerne que l’exploration des grottes de la région. La randonnée ne pose pas de problème.

Source : Iceland Review.

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Following the increased seismicity recorded since late January 2020 on the Reykjanes Peninsula, with a significant land uplift near Mt. Þorbjörn by Grindavík, the Icelandic Met Office (IMO) conducts weekly gas measurements in the caves near the Eldvörp crater row, west of the Blue Lagoon.

On February 20th, the measurements in one of the caves revealed a life-threatening concentration of carbon dioxide along with a lack of oxygen.

As a consequence; IMO has issued a warning against exploring the caves in the area. The cave in question is near a parking lot popular among travellers seeking to visit the Eldvörp craters.. The Department of Civil Protection and Emergency Management has been informed of the situation.

Tourists are informed that the warning only applies to the exploration of the caves in the area. Walking is safe.

Source: Iceland Review.

Grotte dans le nord de l’Islande. Il est agréable de s’y baigner. S’assurer auparavant que l’eau n’est pas trop chaude! (Photo: C. Grandpey)

Tungurahua (Equateur): Risque d’effondrement du flanc occidental // The western flank may collapse

Le dernier rapport de l’Institut de Géophysique, relayé par la Smithsonian Institution, remonte à septembre-octobre 2016. L’activité sismique sur le Tungurahua (Équateur) se situait alors à un niveau modéré. Des fumerolles étaient observées au niveau du cratère. Le rapport de l’IG a été diffusé à la fin de la dernière période éruptive du volcan (VEI 3) qui avait commencé en novembre 2011.
Aujourd’hui, ce n’est pas l’activité éruptive qui inquiète les autorités équatoriennes, mais le risque d’effondrement d’un flanc du volcan. C’est la conclusion d’une étude récente publiée dans Science Direct. Une éruption du Tungurahua, il y a environ 3 000 ans, avait provoqué un effondrement partiel du flanc ouest, provoquant une avalanche de débris qui avait couvert une superficie de 80 kilomètres carrés. Les auteurs de l’étude recommandent une surveillance étroite du volcan.
S’appuyant sur des données satellitaires, les scientifiques expliquent que l’activité récente du volcan a entraîné une déformation rapide du flanc ouest, augmentant ainsi le risque de son effondrement, ce qui causerait des dégâts importants dans les environs. Cette déformation peut s’expliquer par une accumulation de magma à faible profondeur. Si cet apport de magma se poursuit, le phénomène pourrait provoquer une accumulation de contraintes à l’intérieur du cône volcanique, entraîner une instabilité du flanc ouest, avec un risque d’effondrement.
Le  Tungurahua a une longue histoire d’effondrements de ses flancs et est fréquemment actif depuis 1999, année où une éruption a conduit à l’évacuation de 25 000 personnes. Au rythme des éruptions, le volcan s’est progressivement reconstruit au fil du temps. Le cône aux pentes abruptes atteint maintenant plus de 5 000 m de hauteur.
Source: The Watchers.

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IG’s latest report, relayed by the Smithsonian Institution, dates back to September – October 2016 when seismic activity at Tungurahua (Ecuador) was at moderate levels. Minor fumarolic emissions were rising above the crater. The report was released at the end on the volcano’s last eruptive period which had started in November 2011, with a VEI 3.

Today, it is not the volcanic activity that worries Ecuadorian authorities, but a potential flank collapse mentioned by a new research paper published in Science Direct. A previous eruption of Tungurahua, around 3 000 years ago, had caused a partial collapse of the west flank, leading to an avalanche of debris that covered an area of 80 square kilometres. The authors of the study recommend a close monitoring of the volcano.

Relying on satellite data, the new research explains that the volcano’s recent activity has led to significant rapid deformation on the western flank, increasing the risk of its collapse, which would cause significant damage to the surrounding area. This deformation can be explained by shallow, temporary magma storage beneath the west flank. If this magma supply is continued, the sheer volume can cause stress to accumulate within the volcanic cone and trigger new instability of the west flank and its potential collapse.

 Tungurahua has a long history of flank collapse and has also been frequently active since 1999, when its activity led to the evacuation of 25 000 people from nearby communities. Since then, the volcano has steadily been rebuilt over time. The steep-sided cone is now more than 5 000 m high.

Source: The Watchers.

Eruption du Tungurahua en avril 2011 (Crédit photo :Wikipedia)