Émissions de CO2 vs. Concentrations de CO2

Les médias nous racontent ces jours-ci avec tambours et trompettes que, grâce au Coronavirus en Chine, les émissions de CO2 ont baissé car les industries chinoises tournent au ralenti. Selon le site Carbon Brief le 19 février, ces émissions se sont réduites d’au moins 100 millions de tonnes par rapport à l’an dernier, soit une réduction d’un quart.

Tout le monde se réjouit, mais il ne faudrait pas s’emballer trop vite ! C’est encourageant, mais cette situation appelle deux remarques :

1) Il s’agit des émissions de CO2, à ne pas confondre avec les concentrations de ce même gaz dans l’atmosphère qui, elles, n’ont guère varié depuis le début de l’épidémie. Ainsi, selon la Scripps Institution, elles atteignaient 414,36 ppm le 1er février, 415,67 ppm le 10 et 413,62 ppm le 18 de ce même mois, ce qui reste une concentration extrêmement élevée.

Il faudrait une réduction des émissions de CO2 sur une très longue période – et pas seulement en Chine – pour que l’on observe une réduction significative des concentrations de ce gaz dans l’atmosphère. Comme me le faisait remarque le Dr Jean-Louis Etienne il y a quelque temps, à supposer que l’on puisse arrêter les émissions de CO2 dans le monde d’un coup de baguette magique, il faudrait au moins un siècle pour que notre planète retrouve un semblant d’équilibre.

2) On peut s’attendre à un plan chinois de relance économique lorsque la crise sanitaire sera terminée, avec forcément davantage de charbon consumé…et de CO2 émis !

Les gaz à effet de serre ont de beaux jours devant eux !

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii) le 18 février 2020 (Source: Scripps Institution)

Les volcans de glace du Lac Michigan // Lake Michigan’s ice volcanoes

Malgré la présence des Grands Lacs qui sont comme une mer intérieure, le temps peut être terriblement froid en hiver dans le nord-est des Etats Unis. Je puis vous assurer que se promener en cette saison le long des rives du Lac Michigan est une expérience inoubliable ! La température est si froide que l’eau du lac gèle. Un récent front froid sur le nord-est des États-Unis a contribué à donner naissance à un phénomène intéressant, mais pas exceptionnel, sur les berges du Lac Michigan: les volcans de glace.
Un volcan de glace est un monticule de glace de forme conique qui se forme à la surface du lac lorsque de  l’eau et de la neige fondue sous pression traversent la couche de glace qui s’est formée sur le littoral. Selon le National Weather Service, les volcans de glace apparaissent dans des endroits où les vagues frappent avec une certaine vigueur la glace qui s’est accumulée sur le rivage. Ces vagues doivent être suffisamment puissantes pour que l’eau puisse pénétrer la glace. L’eau sous pression est propulsée vers le haut et elle soulève la glace qui est en train de flotter. Au bout de quelques heures ou quelques jours selon la température, un cône se forme et il ressemble à un volcan. Parfois, l’eau sous pression parvient à s’échapper au sommet du cône, tout comme le fait la lave sur un vrai volcan (voir photo ci-dessous).
Il y a deux conditions très spécifiques pour que les volcans de glace puissent se former. D’une part, le temps doit rester suffisamment froid pour que la glace se maintienne et, d’autre part, les vagues doivent être suffisamment puissantes pour parvenir à soulever la couche de glace sur le littoral.

Les volcans de glace peuvent devenir dangereux, surtout si quelqu’un essaye de s’aventurer sur un des cônes. Une chute dans l’eau glacée peut vite s’avérer fatale.

Source : Detroit Free Press.

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Despite the presence of the Great Lakes which are like an inner sea, the weather can be terribly cold in winter in north-eastern United States. Walking in winter along the shores of Lake Michigan is an unforgettable experience! The temperature is so cold that the lake water freezes. A recent cold front over north-eastern United States has brought an interesting, but not exceptional phenomenon to Lake Michigan: ice volcanoes.

An ice volcano is a cone-shaped mound of ice formed over the lake by the eruption of water and slush through an ice shelf. According to the national Weather Service, ice volcanoes appear in locations in which waves hit accumulated ice on the shoreline with some force. The waves must be strong enough for the water to channel through the ice. The water is then squeezed upwards and it tosses the floating ice up. As it happens, over the course of hours or days, it forms a cone and it resembles a volcano. Occasionally, the water manages to escape at the top of the cone, just like lava on a real volcano (see photo below).

There are two very specific conditions for the ice volcanoes to form. For one, the weather must stay cold enough to keep the ice around and, second, the waves need to be large enough to force water upwards against the ice shelf.

Ice volcanoes can also be dangerous especially when people climb on them. There may be no way to get out of the icy water if someone slips down the side of one of the mounds.

Source : Detroit Free Press.

Source: National Weather Service

Neige par camion et hélicoptère : le gouvernement n’en veut plus !

C’est la nouvelle mode : Pour pallier le manque de neige provoqué par le réchauffement climatique, certaines stations importent de la poudreuse (qui ne l’est plus vraiment !) par camion ou par hélicoptère ! J’ai déjà attiré l’attention sur la station de Montclar Les 2 Vallées (Alpes-de-Haute-Provence) et sur celle de Gérardmer (Vosges) qui ont eu recours à ces deux moyens de transport pour essayer de faire plaisir aux touristes.

Ces derniers jours, la livraison exceptionnelle de neige par hélicoptère à la station de Luchon-Superbagnères (Haute-Garonne), qui avait déjà fait grincer les dents sur les réseaux sociaux, a déclenché le courroux des sphères gouvernementales. L’initiative du syndicat mixte Haute-Garonne Montagne a suscité une vague d’indignation jusqu’au sein du Ministère de l’Écologie.

Le but des deux opérations d’héliportage, avec la livraison de 50 tonnes de neige, était d’alimenter les espaces dédiés à l’apprentissage du ski, notamment ceux dédiés aux enfants et aux débutants et ainsi de pouvoir garantir 15 jours d’activité pour les écoles de ski de Superbagnères.

La neige fait terriblement défaut depuis quelques semaines sur le massif pyrénéen alors que les vacances d’hiver battent leur plein. Un grand soleil et des températures plus que printanières règnent sur la région. De ce fait, les stations de Haute-Garonne sont mises à rude épreuve. Comme je l’ai indiqué précédemment, Le Mourtis et Bourg-d’Oueil sont fermés, et seules 6 des 28 pistes sont ouvertes à Luchon-Superbagnères où il a été décidé d’importer de la neige par hélicoptère.

Depuis cet événement, le syndicat mixte et le Conseil départemental sont au centre de nombreuses critiques. Plusieurs membres du gouvernement se sont offusqués de cette opération et une réunion des principaux responsables du domaine skiable en France est prévue dans les prochains jours. Élisabeth Borne veut ainsi « mettre un coup d’arrêt rapide à telles opérations très polluantes. » La ministre entend pousser les élus locaux à trouver des solutions.

Abondamment relayé par les médias, ce manque de neige dans les stations de sports d’hiver de basse et moyenne altitude – avant que le phénomène atteignent leurs homologues situées plus haut – va peut-être finir par faire enfin prendre conscience à la population de la catastrophe qui guette notre planète. Le manque de neige dans les stations de ski n’est qu’un événement mineur à côté des conséquences à grande ampleur qui vont être provoquées par la hausse des températures dans le monde. Comme je l’ai indiqué il y a quelques jours, janvier 2020 a battu un nouveau record de chaleur.

En Auvergne comme dans les Pyrénées, la neige fait cruellement défaut. Les stations qui ont investi lourdement dans les canons à neige vont commencer à le regretter. (Image webcam capturée le 17 février 2020 à 8h30)

Reynisfjara (Islande): la plage de tous les dangers // The beach of all dangers

La plage de Reynisfjara, dans le sud de l’Islande, juste à côté du petit village de pêcheurs de Vík í Mýrdal, est l’une des principales attractions touristiques du pays. Avec ses énormes colonnes de basalte et ses vagues rugissantes, Reynisfjara est considérée comme l’une des plus belles plages de sable noir en Islande.
Losqu’ils visitent la plage, le regard des touristes est immédiatement attiré par des structures rocheuses qui se dressent dans l’océan, au large du littoral. Elles sont connues localement sous le nom de Reynisdrangar. Selon les légendes islandaises, ces grandes colonnes de basalte représentent des trolls qui avaient autrefois tenté d’attirer des navires vers le rivage. Ces trolls n’étaient pas assez forts et étaient sortis trop tard dans la nuit; quand l’aube se leva à l’horizon, ils se pétrifièrent et devinrent les rochers que l’on voit aujourd’hui.
Une autre légende raconte l’histoire d’un homme dont la femme  avait été enlevée et tuée par deux trolls. L’homme a suivi les trolls jusqu’à Reynisfjara où il les a congelés, s’assurant ainsi qu’ils ne tueraient plus jamais.
Les colonnes basaltiques abritent des milliers d’oiseaux marins comme les macareux, les fulmars et les guillemots qui viennent y nicher. Le site présente donc une richesse ornithologique incomparable.
A côté de cette beauté de Reynisfjara, il y a le danger de la mer. Plusieurs touristes ont été tués par des vagues dangereuses et perfides. Le 10 février 2020, un guide islandais a sauvé de justesse deux enfants, âgés de 4 et 9 ans, qui ont été surpris par une grosse vague alors qu’ils jouaient sur la plage. Le guide a réalisé qu’ils jouaient seuls sur la plage, loin de leurs parents. Il était sur le point d’avertir les parents quand il a vu une énorme vague déferler et engloutir les enfants qui, visages vers le sol, étaient aspirés par le ressac. Risquant sa vie, l’homme a miraculeusement réussi à sauver les deux gosses.
À la suite de tous ces accidents, une évaluation des risques pour la plage de Reynisfjara devrait être opérationnelle en mars. Les travaux de réflexion qui ont commencé en novembre sont désormais dirigés par la police du sud de l’Islande,  en coopération avec l’administration islandaise des routes, l’Icelandic Met Office (IMO),  la Protection civile et les services d’urgence. L’évaluation des risques à Reynisfjara  prend en compte les conditions météorologiques, la hauteur des vagues, etc.
Une réunion est prévue fin février avec les propriétaires fonciers à Vík í Mýrdal. La plage est la propriété d’au moins 90 de ces propriétaires. Leur autorisation est nécessaire pour toute modification de la zone, bien que la police ait le droit de fermer d’autorité certains secteurs pour des raisons de sécurité publique.
Des panneaux de mise en garde ont été installés sur la plage. A noter que des clôtures installées sur d’autres sites touristiques (Gullfoss par exemple) n’ont pas empêché les gens d’entrer. Plusieurs idées sont discutées, comme la mise en place de postes de surveillance ou l’installation d’un mât avec un voyant jaune pour signaler les dangers sur la plage. De nombreux guides islandais disent que les panneaux que l’on peut voir sur la plage sont inutiles car les gens n’y prêtent pas attention. Ils pensent que la présence d’un sauveteur est nécessaire pour assurer la sécurité des gens.
Source: Iceland Monitor.

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Reynisfjara beach in South Iceland is one of the country’s main attractions, just beside the small fishing village of Vík í Mýrdal. With its enormous basalt stacks and roaring waves, Reynisfjara is widely considered to be the most beautiful example of Iceland’s black sand beaches.

Upon visiting the beach, travelers will immediately observe rocky sea stacks sitting off the shoreline, known as Reynisdrangar. According to local Icelandic folklore, these large basalt columns were once trolls trying to pull ships from the ocean to shore. However, these trolls were dim and went out too late in the night; dawn broke on the horizon, turning the trolls into solid stone.

Another legend tells of a husband whose wife was kidnapped and killed by two trolls. The man followed the trolls down to Reynisfjara where he froze them, ensuring that they would never kill again.

The sea stacks themselves are home to thousands of nesting seabirds. Species that can be found here include puffins, fulmars and guillemots, making it a must-see location for all birdwatchers out there.

Beside this beauty of the site, there is the danger of the sea. Several tourists have been killed by dangerous and treacherous waves. On February 10th, 2020, an Icelandic guide narrowly rescued two children, about 4 and 9 years old, who were caught by a large wave while playing on the beach. By chance, he noticed them playing alone on the beach, a good distance from their parents. He was on his way to warn the parents when he saw a large wave approaching, which hit the children, so that they fell face down and were sucked out by the wave. Risking his life, the man miraculously managed to save them both.

In the wake of all these accidents, a  risk assessment for Reynisfjara beach is expected to be ready in March.. Work on the project began in November and is now led by the South Iceland Police Department which works in cooperation with the Icelandic Road Administration, the Icelandic Met Office and the Department of Civil Protection and Emergency Management. The assessment includes analyzing weather conditions, wave height, and more.

At the end of February, a meeting with landowners is planned in Vík í Mýrdal. The beach is the property of at least 90 landowners. Their permission is needed for any changes to the area, although police have the right to close certain parts, based on public safety.

Signs with warnings have been put up on the beach. Fences put up at other tourist attractions have not worked to keep people out. Several ideas have been discussed, such as installing observation decks, or putting up a mast with a yellow warning light to signal danger on the beach. Many Icelandic guides say the signs on the beach are useless beacause people do not pay attention. They believe a lifeguard is needed on the beach to ensure people ’s safety.

Source: Iceland Monitor.

Source: Department of Civil Protection