Accélération de la fracturation de l’Afrique // The splitting of Africa is accelerating

La région du lac Turkana, située au nord du Kenya, est l’un des sites les plus importants au monde pour l’archéologie et la paléoanthropologie.

Vue du lac Turkana (Source : NASA)

Sa richesse en fossiles d’hominines est exceptionnelle : y ont été retrouvés de nombreux restes d’Homo habilis et d’Homo erectus, qui marquent l’aube du genre Homo. Des fossiles d’espèces plus archaïques (australopithèques par exemple) ont également été retrouvés, en association avec les plus anciens outils en pierre taillée découverts à ce jour.

Crânes d’Homo erectus découverts dans le rift du Turkana. Crédit photo : John Rowan / Science et Avenir)

La région n’attire toutefois pas que les archéologues. Elle revêt également un intérêt majeur pour les géologues. Le lac Turkana est en effet niché dans le Rift est-africain, une longue dépression qui s’étend du nord au sud sur plus de 6 000 kilomètres depuis la mer Rouge jusqu’au Mozambique.

Source : Wikipedia

Ce vaste fossé d’effondrement se forme par le lent écartement de la plaque africaine et la plaque somalienne. Le Rift est-africain marque ainsi l’endroit d’une future limite de plaque, qui donnera naissance à un nouvel océan.

Actuellement, les deux blocs continentaux s’éloignent l’un de l’autre à une vitesse d’environ 4,7 millimètres par an. Ce « rifting » s’accompagne d’un amincissement progressif de la croûte continentale qui rappelons le, mesure en moyenne 35 kilomètres d’épaisseur. Lors d’un épisode de rifting, elle va s’amincir, éventuellement jusqu’à sa rupture via le développement de nombreuses failles. On parle alors de « breakup ». Cette rupture, qui va se propager jusqu’à la base de la lithosphère, va permettre la mise en place d’un nouveau centre d’accrétion océanique. C’est ainsi que naissent les océans et que les continents se fragmentent.

Le rift est-africain est l’un des rares endroits au monde où l’on peut observer en direct ce mécanisme, qui a modelé la géographie terrestre depuis la mise en route de la tectonique des plaques, il y a environ 3 milliards d’années. Il avait été fort bien documenté dans les années 1950 par Haroun Tazieff qui avait observé à bord de la Calypso du commandant Cousteau, une dorsale active dans le fond de la mer Rouge. En survolant la dépression du Danakil situé au nord de l’Afar quelques années plus tard, il comprit être en présence d’un rift émergé avec des failles ouvertes sur plusieurs mètres et des émissions de fumerolles.

En 2026, une équipe de chercheurs vient de faire de nouvelles découvertes qui aident à caractériser ce rift et à prédire son évolution future. Leur étude a été publiée dans la revue Nature communications.

Tous les épisodes de rifting ne mènent pas forcément à la rupture continentale. Il existe dans le monde de nombreux exemple de rifts « avortés », dont l’évolution vers la rupture finale n’a pas abouti. C’est le cas du fossé Rhénan.

Toutefois, le rift du Turkana semble en passe de parvenir à ce breakup. L’imagerie sismique réalisée dans cette région révèle que la croûte est bien plus fine qu’on ne le pensait auparavant. Le processus de rifting est ici dans une phase relativement avancée qu’on appelle le « necking ». Le long de l’axe du rift, la croûte continentale ne mesure en effet plus que 13 kilomètres d’épaisseur. La phase de necking se caractérise par un amincissement brutal de la croûte, la perte des niveaux ductiles profonds qui accommodaient jusqu’alors principalement la déformation, et le couplage mécanique entre la croûte et le manteau supérieur.

La phase de necking mène à la formation de la « necking zone » qui se caractérise par un amincissement brutal de la croûte continentale (Schémas issus de l’étude)

Cette étape précède directement celle de la rupture qui peut toutefois prendre plus ou moins de temps. En géologie, on s’exprime en milliers ou millions d’années. Ce n’est donc pas demain, ni même dans 100 ou 1 000 ans que l’on pourra assister à la séparation définitive des deux plaques continentales. Il faut rappeler que le rift du Turkana a commencé à se former il y a 45 millions d’années. Les chercheurs estiment que le début de la phase de necking date de 4 millions d’années. Elle s’est accompagnée d’un intense volcanisme et d’une subsidence rapide du rift, des conditions qui entraînent d’importants dépôts de sédiments fins, des conditions favorables à une bonne fossilisation. La région du lac Turkana n’est donc pas seulement le berceau de l’humanité ; elle est aussi le produit d’une géologie exceptionnelle qui a permis de figer son histoire.

Source : Science et Avenir et presse scientifique internationale.

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The Lake Turkana region, located in northern Kenya, is one of the world’s most important sites for archaeology and paleoanthropology. Its wealth of hominin fossils is exceptional: numerous remains of Homo habilis and Homo erectus, marking the dawn of the genus Homo, have been found there. Fossils of more archaic species (such as australopithecines) have also been discovered, in association with the oldest stone tools found to date.

However, the region attracts more than just archaeologists. It is also of major interest to geologists. Lake Turkana is nestled in the East African Rift, a long depression that stretches over 6,000 kilometers from north to south, from the Red Sea to Mozambique.
This vast rift valley is formed by the slow separation of the African and Somali plates. The East African Rift marks the location of a future plate boundary, which will give rise to a new ocean.
Currently, the two continental blocks are moving apart at a rate of approximately 4.7 millimeters per year. This rifting is accompanied by a progressive thinning of the continental crust, which, as a reminder, is on average 35 kilometers thick. During a rifting event, it will thin until it eventually ruptures through the development of numerous faults. This is known as a « breakup. » This rupture, which will propagate to the base of the lithosphere, will allow the formation of a new oceanic accretion center. This is how oceans are born and continents break apart.

The East African Rift is one of the few places in the world where this mechanism, which has shaped Earth’s geography since the beginning of plate tectonics approximately 3 billion years ago, can be observed firsthand. It was very well documented in the 1950s by Haroun Tazieff, who, aboard Jacques Cousteau’s Calypso, observed an active mid-ocean ridge on the floor of the Red Sea. A few years later, while flying over the Danakil Depression north of the Afar region, he realized he was in the presence of an emerged rift with faults several meters wide and fumarole emissions.
In 2026, a team of researchers made new discoveries that help characterize this rift and predict its future evolution. Their study was published in the journal Nature Communications.

Not all rifting events necessarily lead to continental breakup. There are many examples worldwide of « aborted » rifts, whose progression toward final rupture did not occur. The Rhine Graben is one such example.
However, the Turkana Rift appears to be on the verge of reaching this point. Seismic imaging in this region reveals that the crust is much thinner than previously thought. The rifting process here is in a relatively advanced phase known as « necking. » Along the rift axis, the continental crust is now only 13 kilometers thick. The necking phase is characterized by a sudden thinning of the crust, the loss of the deep ductile layers that previously accommodated the deformation, and the mechanical coupling between the crust and the upper mantle.
This stage directly precedes rupture, which can take varying amounts of time. In geology, this is measured in thousands or millions of years. It is therefore not tomorrow, nor even in 100 or 1000 years, that we will witness the definitive separation of the two continental plates. It is important to remember that the Turkana rift began to form 45 million years ago. Researchers estimate that the necking phase began 4 million years ago. This was accompanied by intense volcanism and rapid subsidence of the rift, conditions that led to significant deposits of fine sediments, conditions favorable to excellent fossilization. The Lake Turkana region is therefore not only the cradle of humanity; it is also the product of exceptional geology that has allowed its history to be frozen in time.

Source: Science et Avenir, Futura Sciences and international scientific press.

L’acharnement de l’Administration Trump contre le réchauffement climatique // The Trump Administration’s relentless fight against climate change

Concentrations de CO2 : 431,57 ppm (14 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

L’Administration Trump poursuit le Minnesota en justice et veut bloquer une action intentée en 2020 par cet État contre plusieurs compagnies pétrolières et une association professionnelle du secteur.

Raffinerie Pine Bend à Rosemount, dans le Minnesota (Crédit photo :Wikimedia)

Dans une plainte déposée le 1er mai 2026, le ministère de la Justice américain allègue que le Minnesota tente de réglementer les émissions mondiales de gaz à effet de serre en poursuivant des entreprises énergétiques. Il affirme que cette action en justice empiète sur les pouvoirs du gouvernement fédéral et « entrave indûment le développement énergétique national ».
An niveau national, le ministère de la Justice américain a intenté des actions similaires contre les États d’Hawaï, du Michigan, de New York et du Vermont, suite à un décret du président Trump lui enjoignant de protéger le secteur énergétique contre les « abus de pouvoir des États ». Selon l’Administration, « le président Trump a promis de libérer le potentiel énergétique américain, et les responsables du Minnesota ne peuvent pas contrecarrer ses directives en imposant leurs positions écologistes progressistes comme politique nationale uniforme ».

Au niveau local, le procureur général du Minnesota a intenté une action en justice contre Exxon Mobil, l’American Petroleum Institute, Koch Industries et sa filiale, Flint Hills Resources, les accusant d’avoir enfreint les lois de l’État sur la protection des consommateurs en cherchant à tromper le public sur les dangers du changement climatique afin de protéger leurs propres intérêts commerciaux.

Le procureur général du Minnesota a qualifié les poursuites du ministère de la Justice de « frivoles et sans fondement. » Il a ajouté : « J’ai poursuivi les grandes compagnies pétrolières pour avoir menti aux habitants du Minnesota sur les véritables causes du réchauffement climatique, puis pour nous avoir fait payer la facture des dommages qu’elles causent.»
La plainte du Minnesota contre les compagnies pétrolières est toujours en cours, bien que l’argument du procureur général selon lequel l’affaire devait rester devant les tribunaux d’État plutôt que devant les tribunaux fédéraux ait finalement abouti.
Source : presse américaine.

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Bien que la saison des feux de forêt n’en soit qu’à ses débuts, 2026 s’annonce déjà comme l’une des pires années jamais enregistrées. Depuis le 1er janvier, on dénombre déjà 24 222 feux de forêt aux États-Unis, soit environ 8 000 de plus que la moyenne annuelle à la même période. Ces mêmes incendies ont ravagé plus de 7 200 kilomètres carrés, soit près du double de la moyenne des quatre premiers mois de l’année, et les experts prévoient une intensification de ces feux dans les semaines à venir.
La sécheresse, alimentée par la chaleur et le manque de précipitations, accroît considérablement le risque d’incendies de végétation. Actuellement, environ 25 % du territoire des États Unis est touché par une sécheresse sévère et 16,7 % par une sécheresse extrême. Cette sécheresse est en partie due à un hiver doux dans l’ouest des États-Unis, qui a entraîné la couverture neigeuse la plus faible dans les Montagnes Rocheuses depuis des décennies. Alors que le pays se prépare à une saison des feux de forêt potentiellement dévastatrice, l’Administration Trump réduit drastiquement le budget du Service des forêts des États-Unis (USFS), l’agence fédérale chargée de protéger les populations et les ressources naturelles contre les incendies. Dans les prochains mois, la Maison-Blanche prévoit de fermer 57 stations de recherche de l’USFS réparties dans 31 États et de réduire les effectifs de l’agence de plus de 50 %.

Source : Médias américains.

Incendie de végétation Hazen dans l’Arizona début mai 2026 (Crédit photo : USFS)

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The Trump administration is suing Minnesota to block a 2020 lawsuit filed by the state against oil several companies and a petroleum trade group.

In a lawsuit filed on A May 2026, the U.S. Department of Justice alleges that Minnesota is attempting to regulate global greenhouse gas emissions by suing energy companies, claiming that the state’s lawsuit usurps the power of the federal government and « unreasonably burdens domestic energy development. »

The Justice Department has filed similar lawsuits against Hawaii, Michigan, New York, and Vermont, following an executive order by President Trump that directs the Justice Department to protect the energy industry from “state overreach.” According to the Administration, “President Trump promised to unleash American energy dominance, and Minnesota officials cannot undermine his directive by mandating that their woke climate preferences become the uniform policy of our Nation.”

Minnesota Attorney General brought forth the initial lawsuit against Exxon Mobil, the American Petroleum Institute, Koch Industries and its subsidiary, Flint Hills Resources, accusing the companies of violating the state’s consumer protection laws by strategizing to deceive the public about the dangers of climate change to protect their own business interests. The Attorney General called the Justice Department’s case “frivolous and meritless, » saying he “sued Big Oil for lying to Minnesotans about the true causes of climate change, then sticking us with the bill for the harms it is causing.”

Minnesota’s lawsuit against the oil companies is still pending, though the Attorney General’s argument that it should remain in state court rather than federal court was ultimately successful.

Source : U.S. News media.

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Though still in the early days of this year’s wildfire season, 2026 is already on track to be among the worst in recent memory. Since January 1, there have already been 24,222 wildfires in the United States, about 8,000 more than the annual year-to-date average. These same fires have destroyed over 7,200 square kilometers, nearly double the average for the first four months of the year – and experts anticipate the intensity will only accelerate in the coming weeks.

Dry conditions, fueled by heat and limited precipitation, substantially raise wildfire risk. Currently, about 25% of land area nationwide is in a severe drought, and another 16.7% is in an extreme drought. Drought conditions have been fueled in part by a mild winter in the Western United States, that left snowpack levels in the Rocky Mountains at their lowest level in decades.

As the country braces for a potentially devastating wildfire season, the Trump Administration is slashing funding for the U.S. Forest Service, a federal agency tasked with protecting communities and natural resources from the threat of wildfire. In the coming months, the White House plans to shutter 57 USFS research stations across 31 states and reduce agency staffing by over 50%.

Source : U.S. News media.

Quand la chaleur du Sheveluch fait fondre la neige /// When the heat from Sheveluch melts the snow

Dans son dernier rapport quotidien, la Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) indique que l’activité effusive du Sheveluch (Kamtchatka, Russie) se poursuit, accompagnée d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan.
Le Sheveluch est le volcan actif le plus septentrional du Kamtchatka. Avec le Karymsky, il est le plus actif et celui qui entre le plus fréquemment en éruption dans la région. Il figure aussi parmi les volcans les plus actifs de la planète. Le Sheveluch émet en moyenne 0,015 km³ de magma par an, ce qui provoque de fréquentes et importantes avalanches de lave incandescente et la formation de dômes de lave au sommet.

Crédit photo: KVERT

Le volcan se compose de trois parties : le stratovolcan Vieux Sheveluch – une ancienne caldeira – et le Jeune Sheveluch, volcan actif culminant à environ 2 800 mètres d’altitude. Les émissions de cendres du Sheveluch perturbent fréquemment le trafic aérien entre l’Asie et l’Amérique du Nord.

Vue du dôme de lave du Jeune Sheveluch (Crédit photo : KVERT)

De nouvelles images satellites montrent comment la chaleur en provenance de l’intérieur de l’édifice volcanique fait fondre la neige en surface. Les images prises par le satellite Landsat 9 le 23 avril 2026 montrent des chenaux sombres de cendres et de débris volcaniques qui balafrent les pentes enneigées du Sheveluch.

Vue du dôme de lave du Sheveluch le 23 avril 2026 (Source : NASA)

Le Sheveluch est connu pour son activité quasi constante ; les satellites détectent fréquemment des dépôts de cendres, des signatures thermiques et des avalanches de roches incandescentes sur ses pentes.
Au centre du volcan se trouve un dôme de lave en expansion (Jeune Sheveluch) qui s’est développé ces derniers mois à l’intérieur du cratère en forme de fer à cheval du Vieux Sheveluch. L’effondrement partiel du dôme instable peut déclencher des coulées pyroclastiques qui laissent derrière elles d’épais dépôts qui conservent la chaleur pendant des mois, voire des années après une éruption. Cette chaleur persistante est visible depuis l’espace. Sur les nouvelles images satellites, la neige a fondu le long de plusieurs chenaux d’écoulement, là où de nouveaux dépôts volcaniques se sont répandus sur les pentes du volcan ces derniers mois. Certaines des cicatrices sombres visibles sur les images hébergent probablement la chaleur de la gigantesque éruption du Sheveluch en 2023. Le volcan a alors vomi d’impressionnantes coulées pyroclastiques.

La fonte de la neige et de la glace au sommet d’un volcan actif, provoquée par sa chaleur interne, n’est pas exceptionnelle. Elle n’est pas dangereuse tant que les zones environnantes ne sont pas habitées. En effet, la fonte des neiges et des glaces peut déclencher des lahars dévastateurs. Une telle tragédie s’est produite en 1985 au Nevedo del Ruiz (Colombie), lorsque la chaleur interne du volcan a fait fondre la calotte glaciaire sommitale. Les coulées de boue qui ont suivi ont fait 25 000 victimes, notamment dans la ville d’Armero.

La calotte glaciaire du Nevado del Ruiz vue par satellite (Source : ESA)

Source : GVN, NASA, space.com.

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In its latest daily reports, the Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) indicates that effusive activity of Sheveluch (Kamchatka / Russia) continues, accompanied by powerful gas-steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

Sheveluch is the northernmost active volcano in Kamchatka. With Karymsky, it is Kamchatka’s largest, most active and most continuously erupting volcano, as well as one of the most active on the planet. Shiveluch erupts an average of 0.015 km3 of magma per year, which causes frequent and large hot avalanches and lava dome formations at the summit. There are three elements of the volcano: the stratovolcano Old Shiveluch, an ancient caldera; and the active Young Shiveluch, with an elevation of about 2,800 meters. Volcanic ash emissions from Sheveluch often disrupt air traffic between Asia and North America.

Fresh satellite images have captured Sheveluch melting snow from the inside out as heat continues to seep through the volcanic edifice. Images captured by the Landsat 9 satellite on April 23, 2026 show dark channels of ash and volcanic debris cutting through the snowy slopes of Sheveluch.

The volcano is known for near-constant activity, with satellites frequently detecting ash deposits, heat signatures and avalanches of hot rock flowing down its slopes.

At the center of the volcano sits a growing lava dome that has been expanding in recent months inside Sheveluch’s horseshoe-shape crater. As parts of the unstable dome collapse, they can trigger fast-moving pyroclastic flows that leave behind thick deposits that can hold heat for months or even years after an eruption. That lingering heat is visible from space. In the new satellite images, snow has melted away along several flow channels where fresh volcanic deposits have spread across the volcano’s slopes in recent months. Some of the dark scars highlighted in the imagery may still contain heat from Shivelyuch’s massive 2023 eruption, which sent huge pyroclastic flows surging across the volcano.

The melting of snow and ice at the summit of an active volcano because of its interior heat is not exceptional. It is not dangerous as long as the areas around ithe volcano are not populated. Indeed, when the snow and ice melt, the phenomenon can trigger dangerous lahars that can be destructive. Such a tragedy occurred in 1985 at Nevedo del Ruiz (Colombia) when the inside heat of the volcano melted the summit icecap. The mudflows that followed killed 25,000 people, especially in the town of Armero.

Source : GVN, NASA, space.com.

Mégatsunami en Alaska // Large-scale tsunami in Alaska

Je viens de lire dans la presse de l’Alaska que le 10 août 2025, un glissement de terrain a provoqué un tsunami dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau.

Carte montrant Tracy Arm, le long fjord permettant d’accéder au glacier Sawyer (Source : NASA)

La vague a atteint 481 mètres de hauteur, ce qui en fait le deuxième tsunami le plus haut jamais enregistré. Une étude publiée dans la revue Science le 6 mai 2026 a décrit cet événements en y apportant des explications scientifiques. Plus de 64 millions de mètres cubes de matériaux se sont effondrés près du glacier South Sawyer, que j’ai visité le 3 septembre 2016 et où j’ai assisté à un effondrement spectaculaire du front du glacier :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY

Le glissement de terrain s’est produit à 5 h 26 (heure locale), lorsqu’une importante portion de flanc de montagne s’est effondrée au-dessus du front du glacier Sawyer et a plongé dans le fjord.

Front du Glacier Sawyer (Photo: C. Grandpey)

Ce glissement de terrain a été précédé de plusieurs jours de microsismicité, dont la fréquence et l’intensité ont augmenté jusqu’à environ une heure avant la rupture du flanc de montagne. Il a généré des ondes sismiques longue période, observées à l’échelle mondiale, d’une magnitude équivalente à celle d’un séisme de M5,4. À noter qu’en avril 2026, plusieurs compagnies de navigation ont cessé d’envoyer des navires dans le fjord en raison car leurs capitaines s’inquiétaient de l’instabilité des pentes du fjord et des risques de tsunami.

Les abords du fjord portent les traces de l’érosion glaciaire. Quand je l’ai visité en 2016, le Glacier Sawyer avait reculé de plusieurs centaines de mètres en quelques mois à cause du réchauffement climatique. Photo : C. Grandpey)

L’impact du tsunami a déplacé un volume d’eau considérable. La vague a arraché la végétation des parois du fjord et laissé des marques à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les auteurs de l’étude placent le tsunami du 10 août 2025 juste derrière celui de la baie de Lituya en Alaska en 1958, où une vague déclenchée par un glissement de terrain a atteint environ 524 mètres de hauteur. (voir ma note du 11 octobre 2020).

Image satellite montrant Lituya Bay, Lituya Glacier, et Desolation Lake avant et après l’événement d’août 2020 (Source : NASA)

Les témoignages recueillis par les chercheurs montrent que le tsunami s’est propagé bien au-delà de la zone immédiate du glissement de terrain et a produit de fortes vagues et des courants dangereux dans Tracy Arm et Endicott Arm. Les observations documentées dans l’étude proviennent de kayakistes, de petites embarcations et d’un navire de croisière situé à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’effondrement. Des observations supplémentaires ont été recueillies à No Name Bay, à environ 50 km du glissement de terrain. Un témoin à bord du bateau à moteur Blackwood a décrit une vague de 2 à 2,50 m de haut, se déplaçant le long du rivage, en provenance de Tracy Arm. Il a ajouté qu’une seconde vague d’environ 1 m de haut a suivi la première.
Le navire du National Geographic Venture, avec environ 150 personnes à son bord, était ancré près de l’embouchure de Tracy Arm lorsque le tsunami s’est produit. Le capitaine a signalé de forts courants et des remous près des bords du fjord, mais aucune vague clairement définie à l’endroit où se trouvait le navire. Un épais brouillard limitait la visibilité à l’intérieur du fjord, bien que d’importantes quantités de glace et de débris flottants fussent visibles dans l’eau.

Icebergs dans le Tracy Arm, devant le Glacier Sawyer (Photo : C. Grandpey)

L’étude a établi un lien entre cet événement et le réchauffement climatique actuel. Elle a attribué l’effondrement de la paroi du fjord à la déstabilisation des pentes dans un environnement glaciaire en rapide évolution. Les chercheurs ont indiqué que le recul du glacier Sawyer avait réduit le soutien à la base de la pente avant la rupture. Le tsunami de Tracy Arm a remis en lumière les risques de tsunamis liés aux glissements de terrain dans les fjords glaciaires, notamment dans les zones côtières escarpées où le recul rapide des glaciers est accentué par le réchauffement climatique. Suite à plusieurs effondrements importants survenus récemment, les chercheurs et les spécialistes des risques naturels surveillent de plus en plus ces environnements en Alaska et au Groenland.

L’étude complète, publiée dans la revue Science, est accessible via ce lien :
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS et médias d’information de l’Alaska.

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I have just read in the Alaskan press that on 10 August 2025, a landslide-generated a tsunami in Tracy Arm, southeast of Juneau, with a wave that reached 481 meters, ranking it as the second-highest tsunami runup ever recorded. This was revealed by a study published in Science on May 6, 2026. More than 64 million cubic meters of rock collapsed near the South Sawyer Glacier that I visited on 3 September 2016.

The landslide occurred at 05:26 (local time), after a large section of unstable mountainside failed above the toe of the Sawyer Glacier and plunged into the fjord.

The landslide was preceded by several days of microseismicity, which increased in rate and magnitude until about one hour before failure. It produced globally observed long-period seismic waves equivalent in size to an M5.4 earthquake. In April 2026, several cruise operators stopped sending vessels into the fjord because of continuing concerns over slope instability and localized tsunami hazards.

The impact displaced a massive volume of water and generated a localized tsunami that stripped vegetation from steep fjord walls and left high-water marks hundreds of meters above sea level.

The authors of the study placed the Tracy Arm tsunami behind only the 1958 Lituya Bay event in Alaska, where a landslide-triggered wave reached about 524 meters. (see my post of 11 October 2020).

Eyewitness accounts collected by the researchers showed that the tsunami propagated far beyond the immediate landslide area and produced strong surges and hazardous currents throughout Tracy and Endicott arms. Observations documented in the study came from kayakers, small vessels, and a cruise ship located tens of kilometers from the collapse site at the time of the event.

Additional observations came from No Name Bay, about 50 km from the landslide, where a witness aboard the motor vessel Blackwood described a cresting wave 2-2.5 m high moving along the shoreline from the direction of Tracy Arm. The observer reported that the initial wave was followed by another surge about 1 m high.

The expedition cruise ship National Geographic Venture, carrying about 150 people, was anchored near the mouth of Tracy Arm when the tsunami occurred. The vessel’s captain reported strong currents and white water near the fjord margins, but no clearly defined wave at the ship’s location. Dense fog limited visibility inside the fjord, although large amounts of floating ice and debris were visible in the water.

The study made a link of the event with the current global warming. It linked the collapse to slope destabilization in a rapidly changing glacial environment. Researchers reported that the retreat of South Sawyer Glacier had reduced support at the base of the slope before failure occurred.

The Tracy Arm tsunami drew renewed attention to landslide-tsunami hazards in glacier-fed fjords, particularly in steep coastal terrain undergoing rapid ice retreat with global warming. Researchers and hazard specialists have increasingly monitored such environments in Alaska and Greenland following several large recent collapses.

The complete study published in Science can le read using this link :

https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS and Alaskan news media.