Les chercheurs ont découvert à Mayotte une conséquence inattendue de l’éruption du volcan Fani Maoré en 2019 au large de la côte orientale de l’île. Il s’agit d’un vaste champ d’hydrates de CO2, une substance cristalline semblable à de la neige, composée de glace d’eau et de dioxyde de carbone, emprisonnée au fond de l’océan Indien, dans la zone du « Fer à cheval », à 10 km à l’est de Mayotte.
Les scientifiques ont découvert des formes étranges au fond de l’océan, à 1.200 mètres de profondeur, dans une eau froide à 4°C. Ces structures ont l’aspect de monticules semblables à de « gros bonhommes de neige agglutinés. »
Selon les chercheurs de l’IFREMER, l’activité éruptive du volcan Fani Maoré a probablement déstabilisé la structure volcanique du Fer à cheval dont la formation est largement antérieure à l’éruption. Jamais un tel site n’avait été observé auparavant.
La découverte de ces amas d’hydrates de CO2 n’est pas vraiment récente. Elle remonte à 2021 par une équipe internationale de chercheurs. Puis, une nouvelle campagne menée en août 2025 a permis de revisiter le site qui ne semble pas avoir évolué depuis sa découverte. Aujourd’hui, il est devenu une sorte de laboratoire naturel qui, selon les chercheurs, offre « la possibilité d’étudier les processus naturels, la réponse des écosystèmes et les effets à long terme de l’exposition à un excès de CO2 dans l’environnement sous-marin. » La découverte peut également permettre « d’étudier les voies de séquestration du CO2 par la formation d’hydrates de gaz », dans le cadre notamment des pistes de géoingénierie visant à limiter le réchauffement climatique.
Des études plus approfondies seront nécessaires pour comprendre la stabilité à long terme de ces hydrates en milieu naturel,en particulier sur les paramètres physico-chimiques qui influencent la cinétique de leur formation et de leur dissolution.
Les scientifiques de l’IFREMER expliquent que la présence de des hydrates de CO2 n’est pas sans conséquences sur les coraux. Ils ont remarqué une mortalité accrue de coraux autour des sources d’émissions de CO2, sans doute sous l’effet de l’acidification de l’eau due à l’excès de gaz carbonique.

Hydrates de CO2 laissant s’échapper des gouttes de CO2 liquide. Image extraite d’une vidéo réalisée en 2021 à 1367m de fond par le ROV Victor 6000 dans la zone du Fer à Cheval lors de la campagne Geoflamme à bord du Pourquoi Pas ? (Source : IFREMER)
Source : Mayotte la 1ère.
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Researchers have discovered an unexpected consequence of the 2019 eruption of the Fani Maoré volcano off the eastern coast of Mayotte: a vast field of CO2 hydrates, a snow-like crystalline substance composed of water ice and carbon dioxide, trapped on the seabed of the Indian Ocean in the « Horseshoe » area, 10 km east of Mayotte.
Scientists discovered strange shapes on the ocean floor, 1,200 meters deep, in water as cold as 4°C. These structures resemble mounds of « large, clustered snowmen. »
According to researchers from IFREMER, the eruptive activity of the Fani Maoré volcano likely destabilized the Horseshoe volcanic structure whose formation occurred a long time before the eruption. Such a site had never been observed before.
The discovery of these CO2 hydrate clusters is not exactly recent. It dates back to 2021 by an international team of researchers. Then, a new campaign conducted in August 2025 allowed researchers to revisit the site, which appears unchanged since its discovery. Today, it has become a kind of natural laboratory which, according to the researchers, offers « the opportunity to study natural processes, ecosystem responses, and the long-term effects of exposure to excess CO2 in the underwater environment. » The discovery can also allow researchers to « study CO2 sequestration pathways through the formation of gas hydrates, » particularly within the framework of geoengineering approaches aimed at mitigating global warming.
Further studies will be needed to understand the long-term stability of these hydrates in their natural environment, especially regarding the physicochemical parameters that influence the kinetics of their formation and dissolution. Scientists from IFREMER explain that the presence of CO2 hydrates has significant consequences for corals. They have observed increased coral mortality around CO2 emission sources, likely due to water acidification caused by excess carbon dioxide.
Source : Mayotte la 1ère.