La culture de l’oubli // The culture of oblivion

La carte ci-dessous montre les différentes éruptions sur l’île de La Palma dans les Iles Canaries ainsi que les coulées de lave qu’elles ont laissées derrière elles. En ce moment, l’éruption du Cumbre Vieja poursuit son oeuvre de destruction en recouvrant sous plusieurs mètres de lave des bâtiments et des maisons d’habitation qui ont été construits il y a plusieurs décennies.

Quand on regarde la carte, on se rend compte que les éruptions, pour la plupart, ont eu lieu il y a plusieurs siècles, mais certaines, comme la dernière du Cumbre Vieja (1971) se sont produites au 20ème siècle, donc très récemment.

Pourquoi des gens ont-ils décidé de venir construire dans une zone potentiellement à risque? On peut apporter plusieurs réponses à cette question. Certains ont voulu profiter des terres fertiles pour s’adonner à des activités agricoles. D’autres ont acheté une résidence secondaire pour profiter du climat et des paysages des Iles Canaries. D’autres encore habitent des logements qui se sont transmis de génération en génération.

En fait, cette situation n’est pas propre à La Palma,; on la retrouve dans la plupart des îles volcaniques comme la Grande Ile d’Hawaii ou la Sicile. A Hawaii, la dernière éruption du Kilauea en 2018 a détruit quelque 700 structures qui se trouvaient dans des zones potentiellement exposées aux coulées de lave.

En Sicile, Zafferana Etnea a failli subir les assauts de la lave au cours de l’éruption de 1991-1994. En novembre 1928, Mascali n’a pas eu autant de chance; les coulées de lave ont détruit de nombreuses maisons. Après cette destruction, la bourgade fut reconstruite quelques années plus tard plus en aval, avec une disposition en damier urbain influencé aussi bien par des villes en Sicile datant des 16ème-18ème siècles, que par les villes nouvelles prévues par le régime fasciste. Comme le faisait remarquer fort justement Boris Behncke il y a quelques jours, il y a beaucoup de points communs entre l’habitat à La Palma et celui sur les pentes de l’Etna.

La plupart de ceux qui viennent vivre sur ces îles volcaniques sont conscients qu’un jour ou l’autre une éruption peut se produire et détruire leur lieu d’habitation, mais ils prennent le pari que cela ne se produira pas de leur vivant. D’autres préfèrent oublier le passé, à leurs risques et périls.

Une fois la maison détruite, il faut songer à la reconstruire ailleurs sur l’île, ou carrément changer le région. Aux Etats Unis, les clauses concernant les séismes et les éruptions dans les polices d’assurance habitation ont un coût exorbitant dans les zones volcaniques à risques et beaucoup d’Hawaiiens renoncent à assurer leurs maisons. Si une catastrophe se produit, ils peuvent seulement espérer que l’Etat fédéral acceptera de débloquer des fonds pour les dédommager, mais la perte financière restera très élevée. A La Palma , le gouvernement espagnol et l’Union Européenne apporteront leur aide financière et matérielle, mais là aussi, au final, il y aura une perte sèche pour les victimes de l’éruption du Cumbre Vieja.

—————————————

The map below shows the different eruptions on the island of La Palma in the Canary Islands as well as the lava flows they left behind. The eruption of Cumbre Vieja continues its work of destruction by engulfing under several meters of lava buildings and houses that were built several decades ago.
When you look at the map, you realize that the eruptions, for the most part, took place centuries ago, but some, like the last of Cumbre Vieja (1971) occurred in the 20th century, so very recently.
Why have people decided to come and build in a potentially risky area? There are several answers to this question. Some wanted to take advantage of the fertile land to engage in agricultural activities. Others bought a second home to enjoy the climate and landscapes of the Canary Islands. Others live in homes that have been passed down from generation to generation.
In fact, this situation is not unique to La Palma; it is found in most volcanic islands such as Hawaii Big Island or in Sicily. In Hawaii, Kilauea’s last eruption in 2018 destroyed some 700 structures that were in areas potentially exposed to lava flows.
In Sicily, Zafferana Etnea could have been destroyed by lava flows during the 1991-94 eruption. In November 1928, Mascali was not so lucky; the lava flows destroyed many houses. After this destruction, the village was rebuilt a few years later downslope, with an urban checkerboard layout influenced both by towns in Sicily dating from the 16th-18th centuries, as by the new towns planned by the fascist regime. As Boris Behncke rightly pointed out a few days ago, there is a lot in common between the habitat in La Palma and that on the slopes of Mt Etna.
Most of those who come to live on these volcanic islands are aware that one day or another an eruption can occur and destroy their place of residence, but they bet that it will not happen in their lifetime. Others prefer to forget the past, at their peril.
Once the house is destroyed, these persons need to consider rebuilding it elsewhere on the island, or simply changing regions altogether. In the United States, earthquake and eruption clauses in home insurance policies are prohibitively expensive in volcanic risk areas, and many Hawaiians had rather not insure their homes. If a disaster does occur, they can only hope that the federal state will agree to release funds to compensate them, but the financial loss will remain very high. In La Palma, the Spanish government and the European Union will provide financial and material assistance, but there too, in the end, there will be a deadly loss for the victims of the eruption of Cumbre Vieja.

Eruptions et coulées de lave à La Palma (Source: IGN)

Coulée de lave aux portes de Zafferana en 1992 (Photo: C. Grandpey)

L’exploitation minière au Groenland (suite) // Mining in Greenland (continued)

Un groupe de milliardaires américains a décidé de cautionner un nouveau projet minier au Groenland. Ils espèrent ainsi favoriser l’accès aux minéraux utilisés pour fabriquer des voitures électriques.
L’argent destiné à financer le projet trouve sa source dans une société – Breakthrough Energy Ventures – fondée par Bill Gates, et dont les investisseurs comprennent Jeff Bezos et Michael Bloomberg. Bill Gates a fondé Breakthrough Energy en 2015 dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et il a levé 2 milliards de dollars à ce jour. Sa société a investi dans des dizaines de startups dans le domaine de l’énergie durable.
Le projet groenlandais est une coentreprise entre Bluejay Mining, une société britannique cotée en bourse, et KoBold Metals, une société américaine qui apporte 15 millions de dollars en tant qu’actionnaire majoritaire dans l’opération.
KoBold affirme que son utilisation de l’intelligence artificielle lui permet d’exploiter les minéraux de manière plus respectueuse de l’environnement. La société cible les gisements de minerai de haute qualité qui nécessitent des méthodes d’extraction moins intrusives.
Certains chercheurs sont inquiets car le projet au Groenland crée potentiellement des situations dangereuses pour l’environnement avec le risque de contamination d’un fjord. Toute perturbation de l’écosystème marin par une activité minière pourrait être catastrophique.
Ces inquiétudes illustrent les situations complexes qui opposent militants écologistes et investisseurs. Le passage des voitures à essence aux voitures électriques nécessite l’utilisation de minéraux rares pour les batteries et les puces informatiques. Mais ces minéraux ne sont pas toujours extraits proprement. Les consommateurs sous-estiment souvent les dégâts causés à l’environnement pour produire des véhicules électriques. Par ailleurs, Amnesty International a donné des exemples de violations des droits de l’homme dans des installations minières à l’étranger utilisées pour la fabrication de batteries. L’organisation dénonce l’utilisation d’enfants dans les mines en République Démocratique du Congo.
L’extraction des ressources naturelles a également été très controversée au Groenland. Au printemps dernier, ce pays de 56 000 habitants s’est rendu aux urnes pour déterminer l’avenir d’un énorme gisement de minerai. Au final, c’est le parti de gauche Inuit Ataqatigiit qui l’a emporté, à la grande joie des écologistes. Les autorités groenlandaises auraient l’intention d’interdire l’extraction de l’uranium dans le pays et ont cessé de délivrer de nouvelles licences pour l’exploration pétrolière au large des côtes.
Source : Yahoo Business News.

—————————————-

A group of billionaires are backing a new mining initiative in Greenland, in what they hope will boost access to minerals used to manufacture electric cars.

The source of the billionaire money is an initiative founded by Bill Gaates, Breakthrough Energy Ventures, whose investors include Jeff Bezos and Michael Bloomberg. Gates founded Breakthrough Energy in 2015 as a vehicle for combating climate change, and it has raised $2 billion to date. The organization has invested in dozens of startups in the sustainable energy space.

The Greenland project is a joint venture between a publicly traded British firm, Bluejay Mining, and KoBold Metals, an American company that is paying $15 million for a majority stake in the operation.

KoBold says its use of artificial intelligence enables it to mine in a more environmentally friendly way. It targets high quality ore deposits that require less intrusive methods to extract.

Some researchers remain concerned. As the Greenland project creates potentially some environmentally dangerous situations with any contamination of a fjord. Any disturbance to that marine system through any activity could be catastrophic.

The concerns illustrate the complex tradeoffs facing environmental activists and investors. Shifting from gas-powered to electric cars requires scarce minerals used for batteries and computer chips. But those minerals are not always cleanly extracted. Consumers often greatly underestimate the environmental toll required to produce electric vehicles. Amnesty International has documented cases of human rights violations in overseas mine facilities used by battery companies, including use of child workers in the Democratic Republic of the Congo.

Natural resource extraction has been hugely controversial in Greenland as well. Last spring, the nation of 56,000 people headed to the polls in part to weigh in on the future of an enormous mineral deposit. In the end, the left-wing Inuit Ataqatigiit party carried the day, a boon for environmentalists. Authorities reportedly plan to ban uranium mining in the country, and have stopped issuing new licenses for offshore oil exploration.

Source : Yahoo Business News.

COP 26 de Glasgow : un échec annoncé? // COP 26 in Glasgow : a predicted failure?

La prochaine Conférence des Parties, la COP 26, se tiendra à Glasgow (Écosse) entre le 31 octobre et le 12 novembre 2021, mais Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, a déclaré au cous d’une interview au siège de l’Organisation à New York que l’événement risquait d’échouer en raison du climat de méfiance entre pays développés et pays en voie de développement et d’un manque d’objectifs ambitieux parmi certaines économies émergentes.
La finalité de la COP 26 est d’obtenir des participants du monde entier une action climatique beaucoup plus ambitieuse et l’argent qui va avec. Les scientifiques ont déclaré le mois dernier que le réchauffement climatique était sur le point de devenir incontrôlable.
Selon Gutteres, « nous sommes au bord du gouffre et lorsque vous êtes au bord du gouffre, vous devez faire très attention à votre prochain pas. En l’occurrence, le prochain pas, c’est la COP26 de Glasgow. »
Aujourd’hui 20 septembre 2021, Guterres et le Premier ministre britannique Boris Johnson organisent une réunion, à la fois en distanciel et en présentiel, des dirigeants mondiaux en marge de la semaine annuelle de l’Assemblée Générale des Nations Unies dans le but de multiplier les chances de succès de la conférence de Glasgow.
Le monde reste à la traîne dans sa lutte pour réduire les émissions de carbone et la progression du changement climatique n’a pas été ralentie par la pandémie de COVID-19. Au lieu de cela, les concentrations de CO2 n’ont cessé d’augmenter au cours des derniers mois et atteignaient 412,84 ppm le 16 septembre 2021
Les scientifiques ont déclaré le mois dernier qu’à moins que des mesures significatives soient prises pour réduire les émissions, la température moyenne de notre planète risque d’atteindre ou de franchir le seuil de réchauffement de 1,5 degré Celsius d’ici 20 ans.
Guterres a déclaré: « Jusqu’à présent, je n’ai pas vu suffisamment d’engagement des pays développés pour venir en aide aux pays en voie développement et pour donner une part significative de ce soutien aux besoins d’adaptation. »
Les pays en voie de développement sont souvent les plus vulnérables aux impacts climatiques et les moins dotés en ressources pour y faire face. Pendant des années, ils ont lutté pour obtenir les fonds nécessaires pour affronter les perturbations climatiques. Les pays riches ont promis en 2009 d’investir une somme atteignant 100 milliards de dollars par an.
Jusqu’à présent, l’argent qui est arrivé s’est concentré sur la réduction des émissions plutôt que sur l’adaptation. Sur les 78,9 milliards de dollars de financement climatique transférés par les pays riches en 2018, seuls 21 % ont été consacrés à l’adaptation.
Lorsqu’on lui a demandé si les entreprises qui développent une technologie de capture du carbone devraient délivrer des dérogations de brevets afin que ces avancées puissent être partagées, Guterres a déclaré que tout développement dans ce domaine devrait être un bien public et être mis à la disposition de tous les pays du monde. Cependant, il a ajouté : « Nous n’avons pas encore vu de résultats confirmant que ces technologies seront un élément clé pour résoudre le problème [du réchauffement climatique]. »
Guterres a minimisé l’impact de l’altération des relations entre la Chine et les États-Unis sur leur coopération sur le changement climatique. Il souhaite que chacun des deux pays joue le rôle qui est le sien.

Source: Nations Unies.

En ce qui me concerne, je ne suis pas optimiste quant à l’issue de la conférence de Glasgow. La COP 21 de Paris de 2015 était censée définir les conditions de la politique environnementale pour freiner le réchauffement climatique, mais peu ou rien n’a été fait depuis cette date. Pire, je ne peux oublier la conclusion de la COP 24 en Pologne – qui s’est tenue au cœur du bassin houiller de Silésie – quand le président polonais a déclaré froidement qu’il ne réduirait pas la production de charbon de son pays par peur du chômage que cela créerait ! Emmanuel Macron n’a pas assisté à la COP 25 de Madrid. Fera-t-il le déplacement de Glasgow…?

——————————————–

The next Conference of Parties, COP 26 will be held in Glasgow (Scotland) between October 31st and November 12th, 2021, but United Nations chief Antonio Guterres said in an interview at UN headquarters in New York that the event is at risk of failure due to mistrust between developed and developing countries and a lack of ambitious goals among some emerging economies.

COP 26 aims to wring much more ambitious climate action and the money to go with it from participants around the globe. Scientists said last month that global warming is dangerously close to spiralling out of control.

According to Gutteres, « we are on the verge of the abyss and when you are on the verge of the abyss, you need to be very careful about what the next step is. And the next step is COP26 in Glasgow. »

Today September 20th, 2021, Guterres and Britain’s Prime Minister Boris Johnson are hosting a meeting, both virtual and in-person, of world leaders on the sidelines of the annual week of the U.N. General Assembly in a bid to build the chances of success at the Glasgow climate conference.

The world remains behind in its battle to cut carbon emissions and the pace of climate change has not been slowed by the global COVID-19 pandemic. On the contrary, CO2 concentrations have kept increasing all through the past months reaching 412,84 ppm on September 16th, 2021

Scientists said last month that unless big action is taken to cut emissions, the average global temperature is likely to hit or cross the 1.5-degree Celsius warming threshold within 20 years.

Guterres said: « Until now, I have not seen enough commitment of developed countries to support developing countries … and to give a meaningful share of that support to the needs of adaptation. »

Developing countries tend to be the most vulnerable to costly climate impacts, and the least resourced to deal with them. For years, they have been struggling to secure the funds to help them prepare for climate disruptions that rich nations pledged in 2009 to ramp up to $100 billion annually.

So far, the money that has arrived has focused on emissions reduction rather than adaptation. Of the $78.9 billion in climate finance transferred by rich countries in 2018, only 21% was spent on adaptation.

When asked whether companies that develop carbon capture technology should have to issue patent waivers so those advances can be shared, Guterres said that any development in that area should be a global public good and should be made available to all countries in the world. However, he added: « We have not yet seen results that confirm those technologies will be a key element to solve the problem. »

Guterres played down the impact that the increasingly rancorous relationship between China and the United States will have on their cooperation on climate change. He wishes both the United States and China would do their part.in the fight against global warming.

Source: United Nations.

As far as I’m conrned, I’m not optimistic about what will come out of the Glasgow conference. The 2015 Paris Confreence was supposed to define the conditions of the environmental policy to curb global warming, but little or nothing has been.done since that year. Worse; I can’t forget the outcome of COP 24 in Poland – held in the haeart of the Silesian coal basin – when the Polish president said he would not reduce the coal production of his country for fear of unemployment! Emmanuel Macrom did not attend COP 25 in Madrid. Will he go to Glasgow…?

Courbe de Keeling montrant les concentrations de CO2 dans l’atmosphère sur une durée d’un an.

De la Geldingadalir (Islande) à la planète Mars // From Geldingadalir (Iceland) to Mars

Pour les scientifiques, l’Islande est un excellent terrain d’entraînement dans le domaine de la conquête spatiale. Aujourd’hui, ce pays sert de banc d’essai pour expérimenter des drones qui pourraient un jour être utilisés dans des missions martiennes.
Dans le cadre d’un tel projet, les scientifiques équipent les drones d’une gamme de dispositifs allant du Lidar capable de déterminer l’épaisseur et le volume de lave, aux caméras d’imagerie thermique et aux foreuses capables de prélever des échantillons. Les paysages islandais sont très semblables à ceux de Mars, ce qui en fait un lieu idéal pour tester différents types de technologies de drones.
Voici une vidéo tournée à Geldingadalir (Islande) dans laquelle le volcanologue Christopher Hamilton (Université d’Arizona) explique toutes les possibilités offertes par les drones :.

https://www.bbc.com/news/av/technology-58104819

Le 19 mars 2021, une éruption a commencé sur la péninsule de Reykjanes. C’était la première fois en 800 ans qu’un tel événement se produisait dans cette partie de l’Islande. À seulement 35 kilomètres de Reykjavik, la facilité d’accès a permis aux scientifiques de collecter des données qui sont souvent impossibles à rassembler lors d’éruptions plus dangereuses ou plus difficiles d’accès.
Christopher Hamilton est professeur de sciences planétaires à l’Université de l’Arizona. Il est également professeur adjoint à l’Université d’Islande. Il se trouvait en Islande lorsque le volcan est entré en éruption. Contrairement à certains autres scientifiques présents dans la Geldingadalir qui essayaient de percer les secrets de la Terre, Hamilton avait en tête des idées allant bien au-delà de notre planète.
Dans la vidéo ci-dessus, il explique vouloir se servir de cette éruption comme d’une fenêtre pour étudier d’autres planètes. Le paysage islandais relativement aride ressemble beaucoup à l’environnement martien
Hamilton a reçu une subvention de trois millions de dollars de la NASA pour mettre au point un drone capable de voler sur Mars. Il s’appelle RAVEN, acronyme de Rover Aerial Vehicle Exploration Network. (voir ma note du 19 janvier 2021 à propos de ce drone). Hamilton explique que les instruments utilisés dans l’espace doivent être testés dans différents environnements. L’Islande constitue un substitut parfait pour le paysage volcanique accidenté de la planète Mars. Avec ses étendues de glace stériles, ses immenses champs de lave et son activité volcanique constante, l’Islande est l’environnement parfait pour tester le projet de drone.
Dans le cadre de la mission Mars 2020 de la NASA, l’hélicoptère Ingenuity a permis de tester avec succès au mois d’avril 2021 un vol motorisé sur Mars. Cet hélicoptère était équipé de deux caméras, une pour la navigation et l’autre pour les images. Il a accompagné le rover (robot d’exploration) Perseverance de sorte que les deux véhicules ont prouvé que les hélicoptères et les rovers peuvent fonctionner ensemble sur Mars. Hamilton dit qu’il s’agit d’une technologie véritablement transformatrice ; la mission islandaise permettra de tester la prochaine génération de systèmes d’exploration spatiale.
Le drone RAVEN sera utilisé avec un rover et volera devant lui et en envoyant des données pour générer des cartes 3D. Il explorera des zones auparavant inaccessibles sur Mars et disposera d’une griffe capable de récupérer des échantillons de roches martiennes et de les apporter au rover.
Hamilton est convaincu que « le drone a révolutionné notre façon de travailler sur le terrain. Si on pouvait envoyer un drone équipé d’une griffe ou une perceuse pour pouvoir acquérir un échantillon et le ramener à un rover, cela fournirait un paradigme radicalement nouveau pour explorer les parties vraiment accidentées et encore inaccessibles de Mars. »

RAVEN est un projet prévu pour s’étaler sur trois années. L’équipe de Christopher Hamilton espère tester un prototype d’ici 2022, et fournir des recommandations technologiques à la NASA d’ici 2023.
Source : BBC News.

——————————————-

Scientists are using Iceland as a testbed for deploying drone technology that they hope may one day feature on missions exploring Mars.

The project equips drones with a range of devices from Lidar which can help inform the thickness and volume of lava, to thermal imaging cameras and drills capable of taking core samples. The characteristics of Iceland’s environment are very similar to Mars making it an ideal test place for different types of drone technology.

Here is a video shot in Geldingadalir (Iceland) in which volcanologist Christopher Hamilton (University of Arizona) explains all the possibilities offered by the drones:.

https://www.bbc.com/news/av/technology-58104819

On March 19th, 2021, a new eruption started on the Reykjanes Peninsula. It was the first time in 800 years a volcanic eruption had occurred on that part of the country. Only 35 kilometres from Reykjavik, the ease of access provided an opportunity for scientists to collect data that is often lost at more hazardous or remote volcanic eruptions.

Christopher Hamilton is an associate professor of planetary sciences at the University of Arizona. He is also an adjunct professor at the University of Iceland. He happened to be in Iceland when the volcano erupted. Unlike some of the other scientists in Geldingadalir trying to unlock the secrets of the Earth, Hamilton’s interests went far beyond this planet.

In the video, he says that he wanted to be able to use this eruption as a window to study other planets. The landscape in Iceland, with relatively barren vegetation, is very similar to the Martian environment

Hamilton received a three-million-dollar grant from NASA to develop a drone that will fly on Mars. It is called RAVEN, which stands for Rover Aerial Vehicle Exploration Network. (see my post of January 19th, 2021 about this drone). Hamilton explained that instruments used in space need to be tested in different environments. Iceland is the perfect substitute for the rugged volcanic landscape found on Mars. With its barren icefields, huge lava fields, and constant volcanic activity, Iceland is the perfect test environment for the drone project.

Part of NASA’s Mars 2020 Mission, the Ingenuity helicopter successfully tested powered flight on Mars for the first time in April. This helicopter was equipped with two cameras, one for navigation and one for imaging. It accompanied the rover Perseverance, and together the crafts tested how helicopters and rovers can work together on Mars. Hamilton says this is a truly transformative technology; what they are testing in Iceland is the next generation of explorationsystems.

The RAVEN drone will work with a rover by flying ahead of it and sending back data to generate 3D maps. It will explore previously inaccessible areas on Mars, and have a claw that can retrieve Martian rocks and deliver them to the rover.

Hamilton is convinced that « the drone has completely revolutionized the way that we do fieldwork, If you could send a drone with a claw or a drill to be able to acquire a sample and bring it back to a rover, that provides a radically new paradigm for being able to explore the really rugged parts of Mars that we haven’t been able to get to on the ground. »

RAVEN is scheduled to be a three-year project. Christopher Hamilton’s team hopes to test a prototype by 2022, and to publish technological recommendations for NASA by 2023.

Source: BBC News.

Le désert de l’Odadahraun a déjà servi de terrain d’entraînement aux missions lunaires (Photo: C. Grandpey)