Réveil du volcan sous-marin Axial (États Unis) // Awakening of Axial Seamount (United States)

Situé à environ 482 km à l’ouest d’Astoria, dans l’Oregon, le volcan sous-marin Axial – Axial Seamount – est le plus jeune volcan et le principal centre éruptif actif de la chaîne Cobb-Eickelberg, une chaîne de volcans sous-marins qui se termine au sud de l’Alaska. L’Axial se trouve à l’endroit où la chaîne croise la dorsale Juan de Fuca. Sa présence est le fruit du point chaud de Cobb, mais il se trouve aussi sur une zone d’accrétion océanique entre la plaque Juan de Fuca et la plaque nord-américaine, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Carte Montrant la position de l’Axial sur la dorsale Juan de Fuca (Source : USGS)

L’Axial Seamount est le volcan le plus actif de la région nord-ouest du Pacifique. Depuis de nombreuses années, les chercheurs suivent attentivement son activité qui connaît un processus cyclique d’inflation et de déflation depuis sa dernière éruption en 2015, décrite dans ma note du 16 septembre 2015 :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

En mars 2024, le soulèvement du volcan sous-marin atteignait 90 – 95 % du niveau qui a précédé l’éruption de 2015 et se rapprochait du seuil susceptible de provoquer une nouvelle éruption. L’inflation, qui avait augmenté au moment de l’éruption de 2015, avait progressivement diminué jusqu’à ces derniers temps. Cependant, à partir d’octobre 2023, on a observé une augmentation significative du soulèvement au niveau de l’Axial, qui est actuellement estimé à 5 à 6 cm par an, signe d’un réveil potentiel du volcan. La hausse de l’inflation s’accompagne d’une augmentation de l’activité sismique avec de nombreuses secousses enregistrées récemment dans la région.

Source : NOAA

Les scientifiques affirment qu’une éruption pourrait se produire entre 2025 et 2026, mais admettent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils soulignent l’importance d’une surveillance et de recherches cohérentes pour améliorer la prévision des éruptions.
L’Axial Seamount présente la structure d’un volcan bouclier, semblable à ceux que l’on rencontre à Hawaï; elle contribue à son modèle éruptif distinct. Le comportement de l’Axial offre aux scientifiques des informations importantes sur les processus volcaniques sous-marins et les risques qui les accompagnent
Source : The Watchers.

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Located about 482 km west of Astoria, Oregon, Axial Seamount is the youngest volcano and current eruptive center of the Cobb–Eickelberg Seamount chain, a chain of seamounts that terminates south of Alaska. Axial lies where the chain intersects with the Juan de Fuca Ridge. It is a product of the Cobb hotspot, but now sits on an ocean spreading center between the Juan de Fuca Plate and the North American Plate (see map above).

Axial Seamount is the most active volcano in the Pacific Northwest region. For many years, researchers have been keenly observing the activity of the volcano which has been undergoing a cyclical process of inflation and deflation since its last eruption in 2015 that I described in a post of September 16th, 2015 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

By March 2024, the seamount was 90 – 95% reinflated to its pre-eruption level and was getting close to a crucial threshold that might cause another eruption. The inflation rate which originally surged at the time of the 2015 eruption has progressively decreased until recently. However, from October 2023  there has been a noticeable increase in the pace of uplift, which is now estimated at 5 – 6 cm per year, indicating a potential awakening.The rise in inflation is accompanied by an increase in seismic activity with many earthquakes rocking the region recently (see chart above).

Although no real prediction is possible, local scientists say that an eruption might occur between 2025 and 2026, but they admit the unpredictability of volcanic activity, emphasizing the importance of consistent monitoring and research to improve eruption forecasting.

Axial Seamount’s shield volcano structure, similar to those found in Hawaii, contributes to its distinct eruptive pattern. This behaviour offers scientists important information about underwater volcanic processes and their possible hazards.

Source : The Watchers.

Mont Rainier (État de Washington / États Unis) : la peur des lahars // The fear of lahars

J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur le risque de lahars sur le Mont Rainier qui culmine à 4 892 mètres d’altitude dans l’État de Washington.

Le volcan se trouve à proximité de Seattle et des son environnement industriel, avec des sociétés comme Boeing et Microsoft. Le Mont Rainier n’a pas connu d’éruption majeure au cours du millénaire écoulé. Pourtant, il inquiète de nombreux volcanologues américains.

Le principal risque sur le Mont Rainier ne réside pas dans les coulées de lave, qui, en cas d’éruption, ne parcourraient probablement que quelques kilomètres en dehors des limites du Parc national. La plupart des panaches de cendres seraient probablement emportés par le vent vers l’est où ils se dissiperaient, loin des zones habitées.
Plus que les coulées de lave, les scientifiques redoutent la survenue d’un lahar, un puissant torrent de boue et de roches généré par la fonte rapide de la glace et de la neige lors d’une éruption, et qui dévale les vallées et les ravines sur les flancs d’un volcan. Dans le monde, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes vivent dans des zones sous la menace de lahars. Personne n’a oublié celui de novembre 1985 lorsque le Nevado del Ruiz est entré en éruption en Colombie. Quelques heures seulement après le début de l’événement, un torrent de boue a déferlé sur la ville d’Armero, tuant plus de 23 000 personnes en quelques minutes.

Source: Wikipedia

Les scientifiques américains font remarquer que le Mont Rainier compte environ huit fois plus de glaciers et de neige que le Nevado del Ruiz en 1985, de sorte qu’il existe un risque de lahar beaucoup plus important. Je ferai malgré tout remarquer que, suite à plusieurs visites au Mont Rainier ces dernières années, j’ai constaté que les glaciers avaient beaucoup fondu à cause du réchauffement climatique. En conséquence, la masse de glace sur la montagne est moins impressionnante qu’elle ne l’était il y a quelques décennies. Cela signifierait moins d’eau et de matériaux entraînés vers le bas de la montagne par les coulées de boue.

Le glacier Nisqually a beaucoup fondu ces dernières années

 Dans son évaluation des risque volcaniques en 2018, l’USGS considérait le Kīlauea (Hawaii) comme le volcan américain le plus dangereux en raison de ses fréquentes éruptions. Le Mont St. Helens, avec son éruption cataclysmale de mai 1980,arrivait en deuxième position, juste devant le Mont Rainier qui occupait la troisième place.
Les lahars se produisent généralement lors d’éruptions volcaniques, mais peuvent également être provoqués par des glissements de terrain et des séismes. Les géologues ont trouvé des preuves qu’au moins 11 lahars sur le Mont Rainier ont atteint la zone environnante – la plaine de Puget, par exemple – au cours des 6 000 dernières années. Les scientifiques n’ont pas établi de lien entre les lahars, survenus il y a environ 500 ans, et une quelconque activité volcanique. Ils ont pu avoir été causés par d’importants glissements de terrain sur la montagne. C’est la menace d’un tel lahar, déclenché par un soudain glissement de terrain, qui inquiète particulièrement les volcanologues. Il faudrait à un tel lahar seulement 10 minutes pour atteindre des zones habitées, et 60 minutes pour atteindre les grandes agglomérations les plus proches, ce qui est très bref.

Une étude de 2022 a modélisé les deux pires scénarios. Dans la première simulation, un lahar de 260 millions de mètres cubes et de 4 mètres de hauteur prend sa source sur le flanc ouest du Mont Rainier. La coulée de débris atteint la région densément peuplée d’Orting environ une heure après son déclenchement, et elle se déplace à une vitesse d’environ 4 mètres par seconde.

Une deuxième zone « à risque élevé » mentionnée dans l’étude de 2022 est la vallée de la rivière Nisqually, où un puissant lahar pourrait déplacer suffisamment d’eau dans le lac Alder pour provoquer le débordement du barrage.
L’éruption du Mont St. Helens, plus au sud le long de la Chaîne des Cascades, a déclenché un lahar dévastateur en 1980, même si le torrent de boue n’a atteint aucune zone à forte population. À la suite de l’éruption du St. Helens, l’USGS a mis en place un système de détection de lahars sur le Mont Rainier en 1998. Il a été amélioré et étendu à partir de 2017. Une vingtaine de sites sur les pentes du volcan et les deux zones identifiées comme les plus à risque de lahars disposent désormais de sismomètres qui transmettent des données en temps réel, ainsi que des capteurs à infrasons, des caméras et des récepteurs GPS. Le système est en mesure de détecter aussi bien un lahar déclenché par une éruption qu’une coulée de boue provoquée par un glissement de terrain.

Le système antérieur avait une faible bande passante et de faibles besoins en énergie en raison des limites de la technologie des années 1990. En conséquence, les données n’étaient transmises que toutes les deux minutes.
En mars 2024, quelque 45 000 élèves de Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River et Carbonado ont participé à un exercice d’évacuation en cas de lahar. C’était la première fois que plusieurs districts scolaires y participaient le même jour. Selon les autorités américaines, ce fut le plus grand exercice de prévention de lahar au monde.
Source : CNN.

Des mesures de prévention très sérieuses ont été mises en place dans le secteur l’Orting. La mairie de la localité m’a donné un dépliant où sont expliquées toutes les mesures à prendre en cas de lahar.

A l’intérieur du Visitor Center du Mont Rainier, une maquette montre les différentes trajctoires susceptibles d’être empruntées par les lahars.  (Photos: C. Grandpey)

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I have drawn attention several times on thus blog to the lahar hazard on Mount Rainier which towers 4892 meters above sea level in Washington State. The volcano lies close to Seattle and its industrial environment, with companies like Boeing and Microsoft. Mount Rainier has not produced a significant volcanic eruption in the past 1,000 years. Yet, Mount Rainier has many US volcanologists worried.

The mountain’s destructive potential does not really lie with lava flows, which, in the event of an eruption, would probably not extend more than a few kilometers beyond the boundary of Mount Rainier National Park. Moreover, most of the ash emitted during an eruption would likely dissipate downwind to the east away from population centers.

Instead of lava flows, many scientists fear the prospect of a lahar, a fast moving slurry of water and rock originating from ice or snow rapidly melted by an eruption that picks up debris as it rushes through valleys and drainage channels. One should not forget that there are tens, if not hundreds of thousands of people who live in areas that potentially could be impacted by a large lahar.

The deadliest lahar in recent memory was in November 1985 when Colombia’s Nevado del Ruiz volcano erupted. Just a couple hours after the eruption started, a river of mud swept over the town of Armero, killing over 23,000 people in a matter of minutes.

U.S. Scientists warn that Mount Rainier has about eight times the amount of glaciers and snow as Nevado del Ruiz had when it erupted, so that there is the potential to have a much more catastrophic mudflow. However, in the wake of several visits to Mount Rainier, I noticed that glaciers have melted quite a lot because of global warming. As a result, the mass of ice on the mountain is less impressive than it was a few decades ago. This would mean less water and material being carried down the mountain by mudflows. .

In the the most recent threat assessment from 2018, the USGS considered Hawaii’s Kīlauea the most hazardous US volcano because of its frequent eruptions. Mount St. Helens, which cataclysmically erupted in May 1980, ranked as second most hazardous before Mount Rainier in third place.

Lahars typically occur during volcanic eruptions but also can be caused by landslides and earthquakes. Geologists have found evidence that at least 11 large lahars from Mount Rainier have reached into the surrounding area – the Puget Lowlands – in the past 6,000 years. Scientists have not connected the most recent of these lahars, which occurred about 500 years ago, with any kind of volcanic activity. They may have been caused by large landslides on the mountain. It is the threat of a similar, spontaneous landslide-triggered lahar that particularly worries volcanologists. It would take such an event 10 minutes to reach the nearest places where people are living, and 60 minutes to the nearest large communities. Those are really short time frames

A 2022 study modeled two worst-case scenarios. In the first simulation, a 260 million-cubic-meter, 4-meter deep lahar would originate on the west side of Mount Rainier. The debris flow could reach the densely populated lowlands of Orting about one hour after an eruption, where it would travel at the speed of about 4 meters per second.

A second area of “pronounced hazard” mentioned in the 2022 stury is the Nisqually River Valley, where a massive lahar could displace enough water from Alder Lake to cause the 100-meter-tall Alder Dam to spill over.

Mount St. Helens, farther south in the Cascade Range, triggered a devastating lahar when it erupted in 1980, although it did not reach any densely populated areas. In the wake of the Mount St. Helens eruption, the USGS set up an lahar detection system at Mount Rainier in 1998, which since 2017 has been upgraded and expanded. About 20 sites on the volcano’s slopes and the two paths identified as most at risk of a lahar now feature seismometers that transmit real-time data and other sensors including infrasound sensors, web cameras and GPS receivers. The system is geared toward both detecting a lahar triggered by an eruption and one linked toa landslide.

The previous system had low bandwidth and low power requirements due to the limitations of 1990s-era technology, which meant that data was only transmitted every two minutes.

In March 2024, some 45,000 students from Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River and Carbonado participated in a lahar evacuation drill. It was the first time that multiple school districts practiced on the same day, making it the world’s largest lahar drill.

Source : CNN.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Indonésie, le Merapi (Java) est entré en éruption le 21 janvier 2024, avec des coulées pyroclastiques qui ont parcouru jusqu’à 2 km le long de ses pentes. Une colonne de cendres s’est élevée à 100 mètres dans les airs et les cendres ont recouvert plusieurs villages sans faire de victimes. L’éruption du 21 janvier est la dernière en date depuis le passage du niveau d’alerte à 3 (sur une échelle de 4 niveaux) en novembre 2020. Il est conseillé à la population de rester à au moins 7 kilomètres du cratère. Voici une petite vidéo de l’événement mise en ligne sur les réseaux sociaux : https://twitter.com/i/status/1748983947281998314

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Toujours en Indonésie, le cratère Laki Laki du Lewotobi a émis des nuages de cendres atteignant 700 mètres de hauteur le 21 janvier. Plus de 6 500 personnes s’étaient alors réfugiées dans des abris. Les coulées de lave en provenance du cratère sommital avançaient sur près de 4 km sur le flanc N le 23 janvier. Des avalanches de lave et des coulées pyroclastiques dévalaient parfois les flancs N, NO et SO. Le niveau d’alerte reste à 4 (le niveau le plus élevé sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion : d’un rayon de 5 km autour du cratère Laki-laki et 6 km du cratère sur les flancs N et NE.

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Le 21 janvier également, le Marapi (Sumatra) est de nouveau entré en éruption, pour la troisième fois ce mois-ci. Environ 500 habitants vivant à proximité du volcan ont été évacués.

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Le Semeru (Java Est) a vomi des nuages de gaz et des rivières de lave le 20 janvier, tout comme le mont Ibu (île Halmahera) qui a envoyé une colonne de cendres jusqu’à 1 300 mètres au-dessus du sommet.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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Aucune nouvelle éruption n’a eu lieu sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Le soulèvement du sol, signe d’une accumulation du magma sous la surface, s’est accéléré dans la région de Svartsengi ces derniers jours. Il atteint jusqu’à 8 mm par jour, ce qui est légèrement plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier 2024. L’activité sismique reste faible et se concentre principalement autour de Hagafell. Les volcanologues islandais pensent qu’il faudra probablement des semaines, et non des jours, pour atteindre le même volume de magma accumulé qu’avant la dernière éruption. L’évaluation des risques pour Grindavík a été mise à jour par le Met Office et le niveau de risques a été abaissé à Orange, avec un risque très élevé d’« effondrement de fractures ». Ce risque spécifique fait référence au danger potentiel représenté par les fractures qui se cachent sous des surfaces instables qui peuvent céder soudainement. En revanche, le risque lié aux « mouvements de fissures » au sein de Grindavík a été réduit. Les données GPS ont montré des mouvements minimes ces derniers jours.
Source : Met Office.

Suite aux dégâts subis par Grindavik (3 800 habitants) qui a été évacuée, le gouvernement islandais envisage de racheter les logements des habitants qui souhaitent déménager en raison de la menace qui pèse en permanence sur la ville. Lors d’une conférence de presse le 22 janvier 2024, le gouvernement islandais a annoncé que des mesures à long terme étaient en train d’être prises pour soulager les habitants de Grindavík « du fardeau financier lié à la possession de maisons dans lesquelles ils ne peuvent pas vivre. » Les mesures sont en cours de finalisation et seront présentées dans un projet de loi début février.
Lors de la conférence de presse, la Première ministre a clairement indiqué que le gouvernement envisageait à la fois de racheter les logements de Grindavík à leurs propriétaires afin qu’ils disposent des fonds nécessaires pour se loger ailleurs, et de prendre en compte les intérêts de leurs prêts hypothécaires pour les soulager de ce fardeau financier. .
Source  : médias d’information islandais.

Crédit photo: Iceland Review

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Les signes d’activité persistent au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes / USA). Des panaches d’eau décolorée s’étendant jusqu’à 4-4,5 km de la zone sommitale du volcan ont été observés sur des images satellite. La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory – surveillance conseillée – (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : USGS.

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Une hausse de la sismicité est observée sur le Bulusan (Philippines). Des séismes volcano-tectoniques associés à la fracturation de roches ont été localisés à des profondeurs de 2 à 4 km sous le flanc sud-ouest les 22 et 23 janvier. Les flancs SE et SO sont en phase d’inflation depuis février 2023. Il est rappelé au public de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanente (PDZ) d’un rayon de 4 km autour du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Wikipedia

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De plus en plus de touristes visitent les parcs nationaux aux États-Unis. Afin de préserver la beauté de ces espaces naturels, le National Park Service a mis sur pied un système de régulation des entrées. Aujourd’hui, pour se rendre dans certains des parcs nationaux les plus populaires, il faut faire une réservation à l’avance. Deux secteuts populaires du Parc national du Mont Rainier viennent de rejoindre cette liste.
À partir du 24 mai 2024, les visiteurs auront besoin d’une réservation pour pénétrer dans le Paradise Corridor par les entrées Nisqually ou Stevens Canyon de 7 h à 15 h. À partir de juillet, les visiteurs pénétrant dans le Sunrise Corridor par l’entrée de White River devront également avoir une réservation. Les réservations coûtent 2 $ par véhicule en plus des droits d’entrée habituels et seront valables pendant une fenêtre de deux heures. Le système de réservation sera effectif jusqu’au 2 septembre, date à laquelle la saison estivale commence à tirer à sa fin. Les réservations pour Paradise Corridor ouvriront le 21 février 2024, tandis que celles pour Sunrise Corridor seront disponibles à partir du 1er avril.
D’autres parcs nationaux ont déjà mis en place ce système de réservation, comme Glacier, Arches, Yosemite, Rocky Mountain, Zion et Muir Woods.
Source : National Park Service.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Indonesia, Mount Merapi (Java) erupted on January 21st, 2024, with pyroclastic flows travelling as far as 2 km down its slopes. An ash column rose 100 meters into the air as ash blanketed several villages without casualties. The 21 January eruption is the latest since authorities raised its alert level to the third highest (on a scale of 4 levels) in November 2020. Residents are advised to stay 7 kilometers away from the crater. Here is a short video of the event posted on the social networks : https://twitter.com/i/status/1748983947281998314

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Still in Indonesia, Mount Lewotobi‘s Laki Laki Crater spewed ash clouds as high as 700 meters on on January 21st,, as more than 6,500 people fled to shelters. Lava flows from the summit crater continued down the N flank and were almost 4 km long by 23 January. Lava avalanches and pyroclastic flows occasionally descended the N, NW, and SW flanks. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4) and the public is asked to stay outside of the exclusion zone : a 5-km radius around Laki-laki Crater and 6 km from the crater on the N and NE flanks.

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Also on January 21st, Mount Marapi (West Sumatra) erupted again, its third biggest eruption this month. About 500 residents living near the volcano were evacuated.

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Mount Semeru (East Java) released gas clouds and rivers of lava on January 20th,, as did Mount Ibu (Halmahera island) which shot an ash column as high as 1,300 meters above the summit.

Source : CVGHM.

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No new eruption has occurred on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Ground uplift, the sign of magma accumulation beneath the surface has accelerated in the Svartsengi area in recent days. The uplift reached up to 8 mm per day, a rate slightly faster than what was observed prior to the volcanic eruption on January 14th, 2024. Seismic activity remains low and is mostly concentrated around Hagafell. Local volcanologists think that reaching the same magma levels as before the last eruption may take weeks, not days.The risk assessment for Grindavík has been updated by the Met Office and downgraded to Orange, with a continued very high risk for ‘crack collapse’.This specific hazard refers to the potential danger posed by hidden cracks under unstable surfaces that could suddenly give way. In contrast, the risk related to ‘fissure movements’ within Grindavík has been reduced. GPS data have shown minimal movement in recent days.

Source : Met Office.

Following the damage undergone by Grindavik (pop. 3,800) whch has been evacuated, the Icelandic government is considering buying out Grindavík homeowners who want to relocate in light of the ongoing volcanic threat to the town. At a press conference ton January 22nd, 2024,, government ministers announced long-term measures are in the works « to relieve Grindavík residents of the financial burden of owning homes in which they cannot live. » The measures are still being finalised but will be put forth in a legislative bill in early February.

At the press conference, the Prime Minister made it clear that the government was considering both buying out Grindavík homeowners so they would have the funds to purchase housing elsewhere, as well as taking on the interest payments on their mortgages to relieve them of that financial burden.

Source : Icelandic news media.

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Signs of unrest continue at Ahyi Seamount (Mariana Islands / USA). Plumes of discolored water extending 4-4.5 km from the summit area have been identified in satellite images. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level remains at Advisory (level 2 on a four-level scale).

Soiurce : USGS.

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Increased seismicity is observed at Bulusan (Philippines). Volcano-tectonic earthquakes, associated with rock fracturing have been located at depths of 2-4 km beneath the SW flank on 22-23 January. Both the SE and SW flanks have been inflated since February 2023. PHIVOLCS reminds the public not to enter the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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As more and more people visit national parks across the U.S., the National Park Service has had to adapt its entry system to ensure the preservation of outdoor spaces. To go to some of the most popular national parks, people are required to make a reservation in advance, and two popular areas of Mount Rainier National Park have just joined that list.

Starting May 24th, 2024,, visitors will need a reservation to enter the Paradise Corridor through the park’s Nisqually or Stevens Canyon entrances from 7 a.m. to 3 p.m.; beginning in July, visitors entering the Sunrise Corridor through the White River entrance will also need to have a reservation. Reservations cost $2 per vehicle on top of the usual park entrance fees and will be valid for a two-hour window. The program runs through September 2nd, when the summer season begins to die down. Bookings for Paradise Corridor will open on February 21st, while reservations for Sunrise Corridor will be available starting April 1st.

Other national parks that have been using this system include Glacier, Arches, Yosemite, Rocky Mountain, Zion, and Muir Woods.

Source : National Park Service.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le Mont Garibaldi (Canada) un volcan éteint ? // Is Mt Garibaldi (Canada) an extinct volcano ?

La Smithsonian Institution explique qu’au Canada, le mont Garibaldi est un stratovolcan dacitique du Pléistocène coiffé d’un complexe de dômes de lave. La dernière activité a formé l’Opal Cone sur le flanc SE ainsi que la coulée de lave de Ring Creek qui a rempli une vallée glaciaire sur le flanc sud. Cette éruption a eu lieu il y a environ 10 000 ans, avec un VEI 3.
Aujourd’hui, pour les communautés autochtones locales, le Mont Garibaldi est un symbole de solidité et de force. Il est sacré car il fournit aux familles un endroit assez haut et solide pour mettre les canots à l’abri en cas de grande inondation.
Dans un récent article paru dans le Canadian Journal of Earth Sciences, une géologue canadienne décrit les risques volcaniques potentiels pour la région entre Squamish et Whistler, notamment les coulées de lave, les coulées pyroclastiques et les lahars.
Une telle mise en garde peut sembler inutile car on sait que la dernière éruption du mont Garibaldi remonte à environ 10 000 ans. Il ne faudrait toutefois pas oublier que le système volcanique du Garibaldi fait partie de la Chaîne des Cascades, qui s’étend du sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au nord de la Californie, en passant par les États de Washington et d’Oregon. Les stratovolcans du sud de la Colombie-Britannique présentant un potentiel d’éruptions explosives comprennent le mont Garibaldi, le mont Meager et le champ volcanique du mont Cayley qui s’étend du Pemberton Icefield à la rivière Squamish. La Chaîne des Cascades comprend aussi le mont St. Helens dont l’éruption de 1980 a causé d’énormes dégâts et tué 57 personnes.
La géologue canadienne ne sous-entend pas qu’une éruption du mont Garibaldi est imminente, mais elle pense que le système volcanique mérite qu’on y accorde davantage d’attention car la région a aujourd’hui une plus grande densité de population et parce que « l’activité volcanique reste en grande partie imprévisible ». Le Garibaldi est un volcan potentiellement actif ; il n’est pas mort. Une éruption majeure pourrait affecter les quelque 40 000 habitants de Pemberton, Whistler et Squamish, et couper la Highway 99. Une meilleure évaluation des risques et une meilleure surveillance volcanique pourraient permettre aux populations de se préparer à des événements volcaniques.
En ce qui concerne la surveillance volcanique, le Canada est en retard par rapport aux autres pays. Elle est quasi inexistante, en partie parce que priorité est donnée à la surveillance sismique sur la côte ouest où l’on redoute un méga tremblement de terre. La surveillance des volcans nécessiterait des capteurs sismiques suffisamment sensibles pour détecter les épisodes de tremor et les essaims sismiques qui pourraient indiquer les mouvements du magma et des gaz liés à l’activité volcanique.
S’agissant du mont Garibaldi, un volcan qui n’a montré aucune activité pendant 10 000 ans est considéré comme éteint, mais la nature peut réserver des surprises. Il ne faudrait pas oublier qu’un cône de scories – Opal Cone – sur le flanc sud-est du mont Garibaldi est entré en éruption il y a environ 2 400 ans et a affecté la région sur 20 km autour le la source. Deux mille ans, c’est il y a très longtemps à l’échelle humaine, mais à l’échelle géologique, c’est hier.
Le ministre en charge de la Gestion des urgences a déclaré aux médias canadiens qu’« il sait que plusieurs volcans ont un potentiel d’activité future, y compris le mont Garibaldi. De nouvelles stations de détection précoce des séismes sont installées en Colombie-Britannique pour permettre à la province de répondre plus efficacement aux catastrophes et aux situations d’urgence. »
Source : médias d’information canadiens.

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The Smithsonian Institution explains that in Canada Mount Garibaldi is a Pleistocene dacitic stratovolcano capped by a lava dome complex. The final activity formed the Opal Cone on the SE flank and the Ring Creek lava flow, which filled a glaciated valley on the South flank about 10,000 years ago, with a VEI 3.

Today, Mt Garibaldi is towering above Howe Sound. For local native communities it is a symbol of solidity and strength, and is sacred for giving families a place high and solid enough to anchor their canoes during the great flood.

In a recent article in the Canadian Journal of Earth Sciences, a Canadian geologist outlines potential volcanic hazards for the Squamish-to-Whistler region, including voluminous lava flows, pyroclastic flows and lahars.

This warning may seem pointless as geological evidence shows the last eruption of Mount Garibaldi was about 10,000 years ago. But the Garibaldi volcanic system is part of the Cascade Volcanic Arc, extending from southwestern British Columbia (B.C.). through Washington state and Oregon to Northern California. Southern B.C.’s stratovolcanoes, with potential for explosive eruptions, include Mount Garibaldi, Mount Meager and the Mount Cayley volcanic field that stretches from the Pemberton Icefield to the Squamish River. The Cascade Arc includes Mount St. Helens whose explosion in 1980 caused large-scale damage and killed 57 people.

The Canadian geologist is not suggesting that an eruption of Mt Garibaldi is imminent, but she argues that the volcanic system deserves more study, because the region has become more populous and because “volcanic activity remains largely unpredictable.” Garibaldi is a potentially active volcano. It is not dead. A major eruption could affect the 40,000 or so residents of Pemberton, Whistler and Squamish, cut off Highway 99. Better assessment and monitoring could help the communities be better prepared for volcanic events.

As far as volcanoes are concerned, Canada’s monitoring lags behind other nations. It is almost non-existent, in part because seismic monitoring on the West Coast is focused on measuring for a mega quake off the coast. Volcano monitoring would require networks of seismic monitors sensitive enough to detect tremors and seismic swarms that may indicate the movement of magma and gases connected to volcanic activity.

As for just how active Mount Garibaldi is, or could be, if a volcano has shown no activity for 10,000 years, it is considered extinct. But nature can pull surprises. One should not forget that a cinder cone on the southeast flank of Mount Garibaldi, erupted some 2,400 years ago, spewing lava for 20 km. Two thousand years might seem like a long time ago, but on the geological scale, it is yesterday.

The Emergency Management and Climate Readiness Ministry told Canadian news media that « it’s aware of several volcanoes that have the potential for future activity, including Mount Garibaldi, and that more early quake sensor stations are being installed in B.C. to help the province respond more effectively to disaster and emergency situations. »

Source : Canadian news media.

Photos: C. Grandpey