Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegrean Fields (Italy)

Dans un note rédigée le 19 mai 2024, j’indiquais qu’un essaim sismique avait été enregistré dans la zone des Champs Phlégréens à 04h06 (UTC) le 18 mai 2024. Entre 04h06 et 05h30, l’INGV avait enregistré 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8, à des profondeurs comprises entre 2,3 et 2,8 km.

Dans cette même note, je rappelais qu’un essaim sismique comprenant 64 événements avait déjà secoué la région en début de matinée le 26 septembre 2023. Certaines secousses avaient des magnitudes allant jusqu’à M 4,2, avec des épicentres localisés dans la région de l’Académie-Solfatare (Pouzzoles) et dans le Golfe de Pouzzoles.

Le lundi 20 mai 2024, un nouvel essaim sismique comprenant 150 événements a secoué la région des Campi Flegrei entre 19h51 et 00h31, sans faire de dégâts majeurs. Une secousse d’une magnitude de M 4,4, la plus puissante depuis 40 ans, a été enregistrée à 20h10 (heure locale), à 2,5 kilomètres de profondeur. Elle avait été précédée, quelques minutes plus tôt, par une secousse de M 3,5.

Il est fait état de « fissures » et de « chutes de corniches » tandis que des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le sol d’un supermarché jonché de bouteilles tombées des rayons à Pouzzoles. Par précaution, les écoles resteront fermées ce mardi 21 mai à Pouzzoles où des centres d’hébergement ont été ouverts pour accueillir les habitants paniqués. L’INGV n’exclut pas des répliques.

Dans ma note du 19 mai, je rappelais que le principal problème dans la zone des Champs Phlégréens est la densité de population. Plus de 500 000 habitants vivent dans les villes et villages autour de la caldeira de 13 km de diamètre à proximité de Naples et le long du Golfe de Pouzzoles,

Il est probable que cette sismicité est à liée à l’activité bradysismique qui affecte la région des Champs Phlégréens et se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Actuellement, le sol autour des Champs Phlégréens s’élève de 1,5 cm par mois. L’INGV rappelle que lors de la crise bradysismique de 1982-84 le soulèvement du sol a atteint 9 cm par mois, avec une sismicité incluant 1300 événements par mois. Environ 450 événements ont été enregistrés au cours du mois d’avril 2024.
Chaque fois que la terre tremble dans les Champs Phlégréens, on craint que se produise une éruption majeure. Comme je le rappelle fréquemment sur ce blog, l’anomalie d’un seul paramètre ne suffit pas pour prévoir une éruption. Or, pour le moment, l’INGV précise que les paramètres géochimiques « ne présentent pas de variations significatives par rapport aux tendances des derniers mois, hormis l’augmentation bien connue de la température et de la pression qui caractérise le système hydrothermal ».
Il n’y a donc pas à paniquer, mais la vigilance est de mise. En octobre 2023, dans les jours qui ont suivi l’essaim sismique et la secousse de M 4,2, le gouvernement italien avait décidé de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité de la population dans les villes et villages entourant les Campi Flegrei, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.

Source : INGV, presse italienne.

Source: Wikipedia

La Solfatara est la zone la plus sensible des Champs Phlégréens (Photo: C. Grandpey)

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In a post written on May 19th, 2024, I indicated that a seismic swarm had been recorded in the Phlegrean Fields area at 4:06 a.m. (UTC) on May 18th, 2024. Between 4:06 a.m. and 5:30 a.m., INGV had recorded 16 earthquakes with magnitudes up to M 2.8, at depths between 2.3 and 2.8 km.
In this same post, I recalled that a seismic swarm comprising 64 events had already shaken the region in the early morning of September 26th, 2023. Some tremors had magnitudes of up to M 4.2, with epicenters located in the region. of the Academy-Solfatara (Pozzuoli) and in the Gulf of Pozzuoli.
On Monday May 20th, 2024, a new seismic swarm comprising 150 events shook the Campi Flegrei region between 7:51 p.m. and 12:31 a.m., without causing major damage. A tremor with a magnitude of M 4.4, the most powerful in 40 years, was recorded at 8:10 p.m. (local time), at a depth of 2.5 kilometers. It had been preceded, a few minutes earlier, by a tremor of M 3.5.
There are reports of “cracks” and “falling cornices” while videos posted on social networks show the floor of a supermarket littered with bottles fallen from the shelves in Pozzuoli. As a precaution, schools will remain closed this Tuesday, May 21st in Pozzuoli where accommodation centers have been opened to accommodate panicked residents. INGV does not exclude aftershocks.
In my note of May 19th, I recalled that the main problem in the Phlegrean Fields area is population density. More than 500,000 inhabitants live in towns and villages around the 13 km diameter caldera near Naples and along the Gulf of Pozzuoli,
It is probable that this seismicity is linked to the bradyseismic activity which affects the Phlegrean Fields and is characterized by a cyclical rise or fall in the Earth’s surface due to the filling or emptying of the magma chambers beneath the region. Currently, the ground around the Phlegrean Fields is rising by 1.5 cm per month. INGV recalls that during the bradyseismic crisis of 1982-84 the ground uplift reached 9 cm per month, with seismicity including 1300 events per month. Around 450 events were recorded during the month of April 2024.
Every time the earth shakes in the Phlegrean Fields, there is fear of a major eruption. As I frequently point out on this blog, the anomaly of a single parameter is not enough to predict an eruption. For the moment, INGV specifies that the geochemical parameters « do not present significant variations compared to the trends of recent months, apart from the well-known increase in temperature and pressure which characterizes the hydrothermal system ».
There is therefore no need to panic, but vigilance is required. In October 2023, in the days following the seismic swarm and the M 4.2 tremor, the Italian government decided to take a series of new measures intended to ensure the safety of the population in the towns and villages surrounding the Campi Flegrei, with in particular assessments of the solidity of buildings.
Source: INGV, Italian news media.

Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegrean Fields (Italy)

Lorsque des séismes sont enregistrés dans les Champs Phlégréens, la caldeira de 13 km de diamètre à proximité de Naples et le long du Golfe de Pouzzoles, c’est toute l’Italie qui se met à trembler, par crainte d’une catastrophe majeure. La zone des Campi Flegrei est fortement peuplée avec plus de 500 000 habitants répartis dans les villes et villages autour du site.

Un essaim sismique comprenant 64 événements a secoué les Champs Phlégréens en début de matinée le 26 septembre 2023. Certaines secousses avaient des magnitudes allant jusqu’à M 4,2. Les épicentres ont été localisés dans la région de l’Académie-Solfatare (Pouzzoles) et dans le Golfe de Pouzzoles. (Voir ma note du 28 septembre 2023 à propos de cet événement.)
Un nouvel essaim sismique a été enregistré dans la zone des Campi Flegrei à 04h06 (UTC) le 18 mai 2024. Entre 04h06 et 05h30, l’INGV a enregistré 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8, à des profondeurs comprises entre 2,3 et 2,8 km.
En octobre 2023, dans les jours qui ont suivi le précédent essaim sismique, le gouvernement italien a décidé de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité de la population dans les villes et villages entourant les Campi Flegrei, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.
En 2023, les scientifiques ont attribué la hausse de l’activité sismique au bradyséisme. Ce phénomène se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Actuellement, le sol autour des Champs Phlégréens s’élève de 1,5 cm par mois, ce qui génère des inquiétudes quant à l’intégrité structurelle des bâtiments. Des preuves de l’activité bradysismique sont visibles sur le temple de Sérapis à Pouzzoles. Les coquillages incrustés sur les colonnes montrent que dans le passé la mer recouvrait le site.

(Photo: C. Grandpey)

La dernière éruption des Champs Phlégréens a eu lieu en 1538 et a donné naissance au cône de scories du Monte Nuovo.

Vue du cratère du Monte Nuona (Photo : C. Grandpey)

La caldeira est surveillée en permanence par un système performant qui évalue de nombreux paramètres. À l’heure actuelle, toutes les données fournies par ce système ne montrent aucune éruption volcanique imminente.

La Solfatara reste la zone la plus surveillée des Champs Phlégréens (Photos : C. Grandpey)

Depuis 2012, des études tentent de définir les scénarios éruptifs les plus probables. Le plus souvent évoqué est une petite éruption, semblable à celle du Monte Nuovo en 1538, qui a tué 24 personnes qui escaladaient le volcan. Toutefois, pour évaluer les zones potentiellement exposées à divers phénomènes lors d’une éruption, le scénario de référence se base sur la phase la plus intense d’une éruption de moyenne intensité. Il identifie les zones exposées à différents types d’aléas, tels que les coulées pyroclastiques pour la zone Rouge et les retombées de cendres pour la zone Jaune.
Le problème des Champs Phlégréens est que personne n’est capable de prévoir le lieu et l’amplitude du prochain événement éruptif. Les scientifiques de l’INGV pensent qu’il est peu probable que la prochaine éruption ressemble à un événement comme l’éruption ignimbritique de Campanie. En effet, ce type d’éruption cataclysmale nécessite un énorme apport de magma qui générerait forcément des signaux significatifs détectables par le système de surveillance et par la population locale. De plus, l’INGV explique que lors de l’éruption ignimbritique de Campanie, des dizaines à des centaines de kilomètres cubes de magma ont été mobilisés. De tels phénomènes ne se produisent pas sans précurseurs significatifs détectables.
Même avec la détection de ces précurseurs, un problème majeur sera l’évacuation de la population. L’infrastructure des zones habitées autour des Champs Phlégréens, avec leurs rues étroites, ne facilitera pas les évacuations. La meilleure solution sera peut-être d’utiliser la mer comme échappatoire.

L’entrelacs de rues dans des villes comme Pouzzoles ne facilitera pas une évacuation. La mer pourrait être la meilleure solution (Photo : C. Grandpey)
Source : INGV.

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When earthquakes are recorded in the Phlerean Fields, the 13 km wide caldera that encompasses part of Naples and extends to the south beneath the Gulf of Pozzuoli, all of Italy is shaking, for fear of a major disaster. The area of the Campi Flegrei is heavily populated with more than 500 000 residents in towns and villages around the site.

A seismic swarm including 64 events shook the Phlegrean Fields on the early morning of September 26th, 2023. Some of the tremors had magnitudes up to M 4.2. The earthquakes were located in the Accademia-Solfatara area (Pozzuoli) and in the Gulf of Pozzuoli. See my post of September 28th, 2023 about this event.

A new earthquake swarm began in the Campi Flegrei area at 04:06 (UTC) on May 18th, 2024. Between 04:06 and 05:30, INGV registered 16 earthquakes with magnitudes up to M 2.8. They occurred at depths between 2.3 and 2.8 km.

In October 2023, in the days that followed the previous swarm, the Italian cabinet discussed a series of new measures designed to ensure the safety of the population in towns and villages surrounding Campi Flegrei. The measures included building assessments.

In 2023, experts attributed the increase in seismic activity to bradyseism. This phenomenon is characterized by a cyclical rise or fall in the Earth’s surface due to the filling or emptying of underground magma chambers. Currently, the ground around Campi Flegrei is rising by 1.5 cm per month, sparking concerns about the structural integrity of local buildings. Proof of the bradyseismic activity can be seen at the Temple of Serapis in Pozzuoli. The shells incrusted on the columns show that some time ago, the sea hasd risen up there.

The latest eruption at the Phlegrean Fields was in 1538 CE and formed the Monte Nuovo cinder cone.

The caldera is monitored by a continuous multi-parameter system. At the moment, all the data provided by this system do not show evidence of the imminence of a volcanic eruption. Since 2012, studies have tried to define the most probable eruptive scenarios in the area. The scenario with the highest probability is a small eruption, similar to the Monte Nuovo eruption of 1538 that killed 24 people who were climbing the volcano. .

However, for evaluating areas potentially exposed to various phenomena during a future eruption, the reference scenario is based on the most intense phase of a medium-scale eruption. It identifies areas exposed to different types of hazards, such as pyroclastic flows for the red zone and ash fall for the yellow zone.

The problem with the Campi Flegrei is that nobody is able to predict the location and the amplitude of an eruptive vent. INGV scientists think that the next eruption is unlikely to look like the Campanian Ignimbrite event. Indeed, these large-scale eruptions require an enormous influx of magma into the system. This would generate significant signals detectable by the monitoring system and the local population. Moreover, INGV explains that during the Campanian Ignimbrite event, tens to hundreds of cubic kilometers of magma were erupted in a single event. Such phenomena could not occur without notable and detectable precursors.

Even with these precursors, a major problem would be the evacuation of the population. The infrastructure of the populated areas around the Phlegrean Fields with their narrow streets would not make evacuations easy. The best solution might be to use the sea as an escape.

Source : INGV.

La villa de Nola où s’est éteint l’empereur Auguste… // The villa of Nola where Emperor Augustus died…

Quand on parle de l’éruption du Vésuve en octobre 79, on évoque forcément la destruction de cités romaines comme Pompéi, Herculanum, Stabies ou Opiontis situées au sud-est du volcan. En revanche, on oublie souvent de mentionner que l’éruption a également affecté des zones situées plus au nord. Un projet de fouilles entrepris en 2002 par l’université de Tokyo à Somma Vesuviana, ville italienne située au pied nord du Vésuve, rappelle que le nord du volcan n’a pas été épargné par l’éruption de 79.

Les archéologues japonais ont récemment fait une découverte exceptionnelle : sous d’importantes structures datant du 2ème siècle après J.-C., ils ont identifié les restes d’un bâtiment plus ancien, qu’ils estiment être l’une des maisons que possédait Auguste (63 avant J.-C.-14 après J.-C.), premier empereur de Rome. Les premières analyses ont confirmé qu’il s’agissait bien d’une construction datant de son époque.

L’Histoire nous rappelle qu’Auguste était le petit-neveu et fils adoptif de Jules César, assassiné en 44 av. Après la mort de César, Auguste prit le pouvoir à Rome avec Marc Antoine, l’ami de César, et en devint l’unique dirigeant après la défaite d’Antoine à la bataille d’Actium en 31 avant J.C. Après un règne long et prospère, Auguste mourut en 14 après J.-C. Les rumeurs ont raconté qu’il aurait été empoisonné par sa femme, Livie. Après sa mort, son fils adoptif Tibère (le fils naturel de Livie) devint empereur.

Les sources historiques indiquent qu’Auguste serait décédé dans une villa du côté nord du Vésuve. Tacite par exemple, contemporain de l’empereur, indique qu’il était mort à Nola, dans la même maison, dans la même chambre que son père.

Jusqu’à présent, l’emplacement, voire l’existence, de ce bâtiment n’avait jamais été retrouvé. Dans les années 1930, des chercheurs pensaient en avoir excavé les vestiges à Somma Vesuviana, près de Nola, où les riches citoyens de Rome possédaient de grands ensembles de villas. Toutefois, les fouilles commencées sept décennies plus tard, avaient permis de déterminer que ces restes ne remontaient pas au-delà du 2ème siècle après J.-C., ce qui veut dire qu’ils avaient été édifiés après l’éruption, et ne pouvaient pas être liés à Auguste.

Le bâtiment nouvellement décelé en 2023 par les archéologues japonais est plus ancien, ce qui laisse à penser qu’il pourrait s’agir du lieu où l’empereur est décédé. Les datations au carbone 14 des charbons de bois et les analyses de la pierre ponce ont démontré que la villa était encore fonctionnelle dans la première moitié du 1er siècle après J.-C., avant d’être ensevelie par les matériaux éjectés par le Vésuve. À l’intérieur du bâtiment ont également été mis au jour des morceaux de murs et de tuiles, vestiges d’effondrements provoqués par des coulées pyroclastiques. Cela signifie que les matériaux émis par le Vésuve sont également descendus sur son côté nord. Les études du bâtiment du dessus, édifié un siècle plus tard, ont montré que des éléments architecturaux antérieurs avaient été réutilisés, révélant une transition entre la catastrophe volcanique et une phase de reconstruction dans la zone autour du Vésuve.

C’est la première fois que des preuves d’une maison correspondant chronologiquement à celle d’Auguste sont identifiées du côté nord du Vésuve. Dans les ruines, les archéologues ont également décelé une structure semblable à un four, ainsi que des amphores du 1er siècle après J.-C. suggérant que la structure a été transformée en entrepôt avant l’éruption. Cela correspond aux descriptions, dans la littérature historique ; elle détaillent comment les lieux seraient tombés en désuétude après la disparition d’Auguste.

Même si leurs résultats sont passionnants, ces recherches devront être poursuivies pour que l’antique villa soit formellement confirmée comme étant celle où est décédé l’empereur Auguste.

Sources : Geo, Live Science via Yahoo News.

 

Statue découverte dans la villa de Nola

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When we talk about the eruption of Vesuvius in October 79, we necessarily mention the destruction of Roman cities like Pompeii, Herculaneum, Stabies or Opiontis located to the southeast of the volcano. On the other hand, we often forget to mention that the eruption also affected areas further north. An excavation project undertaken in 2002 by the University of Tokyo in Somma Vesuviana, an Italian town located at the northern foot of Vesuvius, reminds us that the north of the volcano was not spared by the eruption of 79.
Japanese archaeologists recently made an exceptional discovery: beneath structures dating from the 2nd century AD, they identified the remains of an older building, which they believe to be one of the villas owned by Augustus (63 BC-14 AD), first emperor of Rome. The first analyses confirmed that it was indeed a construction dating from its time.
History reminds us that Augustus was the great-nephew and adopted son of Julius Caesar, assassinated in 44 BC. After Caesar’s death, Augustus took power in Rome with Marc Antony, Caesar’s friend, and became its sole ruler after Antony’s defeat at the Battle of Actium in 31 BC. After a long and prosperous reign, Augustus died in AD 14. Rumors had it that he was poisoned by his wife, Livia. After his death, his adopted son Tiberius (Livia’s natural son) became emperor.
Historical sources indicate that Augustus died in a villa on the north side of Vesuvius. Tacitus, for example, a contemporary of the emperor, indicates that he died in Nola, in the same house, in the same room as his father.
Until now, the location, or even the existence, of this villa had never been found. In the 1930s, researchers believed they had excavated its remains at Somma Vesuviana, near Nola, where wealthy citizens of Rome owned large complexes of villas. Excavations begun seven decades later determined that these remains did not date back beyond the 2nd century AD, which means that they had been built after the eruption, and could not be linked to Augustus.
The building newly discovered in 2023 by Japanese archaeologists is older, which suggests that it could be the place where the emperor died. Carbon-14 dating of the charcoal and analyses of the pumice stone demonstrated that the villa was still functional in the first half of the 1st century AD, before being buried by materials ejected by Vesuvius. Inside the building, pieces of walls and tiles were also discovered, vestiges of collapses caused by pyroclastic flows. This means that the materials emitted by Vesuvius also descended on its northern side. Studies of the building above, built a century later, showed that earlier architectural elements had been reused, revealing a transition between the volcanic disaster and a phase of reconstruction in the area around Vesuvius.
This is the first time that evidence of a house corresponding chronologically to that of Augustus has been identified on the north side of Vesuvius. Within the ruins, archaeologists also detected an oven-like structure, as well as amphorae from the 1st century AD suggesting the structure was converted into a storehouse before the eruption. This corresponds to descriptions, in historical literature; they detail how the places probably fell into disuse after Augustus’ death.
Even if the results are fascinating, this research will have to be continued for the ancient villa to be formally confirmed as being the one where Augustus died.
Sources: Geo, Live Science via Yahoo News.

Herculanum révèle les secrets de Platon // Herculaneum reveals Plato’s secrets

J’ai écrit sur ce blog plusieurs articles (25 janvier 2015, 30 mars 2016, 21 octobre 2023, 15 février 2024 ) à propos des rouleaux de papyrus découverts à Herculanum dans la Villa Dei Papiri (« Villa des Papyrus ») ayant probablement appartenu à Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, encore appelé Pison, le beau-père de Jules César.

Herculanum et la Villa des Papyrus (Photos: C. Grandpey)

A l’intérieur, la bibliothèque contenait 1 838 rouleaux de papyrus retrouvés en 1792. D’une longueur comprise entre 3 et 15 mètres, ils furent préservés car les boues brûlantes (300 – 330°C) déferlant du Vésuve en octobre 79 les ont instantanément enrobés. Malgré cette protection, les papyrus sont en très mauvais état et il a fallu attendre l’arrivée de techniques ultra modernes pour commencer à déchiffrer leur contenu.

Les rouleaux de papyrus ont été protégés par la boue brûlante mais sont extrêmement fragiles (Source : Bibliothèque nationale de Napless

En utilisant notamment l’intelligence artificielle pour décrypter les textes inscrits sur des papyrus carbonisés, les scientifiques ont découvert une nouvelle source historique dévoilant des potentiels détails sur la vie et la mort de Platon, philosophe antique de la Grèce classique, et notamment, sur son lieu de sépulture jusqu’à présent inconnu.

Platon est décédé vers 348 ou 347 av. J.-C., à l’âge d’environ 80 ans. La plupart des informations sur sa vie nous proviennent des écrits de ses élèves, en particulier Aristote, son disciple le plus célèbre. Les détails de la mort de Platon ne sont pas bien documentés. Il se serait éteint lors d’un repas de noces, avant d’être inhumé à l’extérieur des murs d’Athènes, à l’Académie, dont il était le fondateur et un professeur.

Selon l’agence de presse italienne ANSA, des chercheurs sont parvenus à déchiffrer des milliers de mots sur l’un des papyrus carbonisés retrouvés à Herculanum. Le texte nouvellement décrypté donnerait des informations inédites sur le lieu où pourrait reposer le philosophe grec depuis 2 300 ans.

Depuis 1792, les rouleaux de papyrus, qui ressemblent à des morceaux de charbon froissés, sont restés presque entièrement inaccessibles en raison de leur fragilité. Pour tenter d’en décrypter des mots, écrits à partir d’une encre composée de charbon de bois et d’eau, les chercheurs ont ces dernières années fait appel aux nouvelles technologies. Dans ma note du 15 février 2024, j’indiquais que le travail de déchiffrage du papyrus faisait partie du « Vesuvius Challenge » – le défi du Vésuve – une série de prix dont le principal, d’un montant de 700.000 dollars (651 000 euros) récompense la lecture d’au moins quatre passages d’un parchemin roulé. Les organisateurs du concours ont annoncé, en février 2024, qu’une équipe avait réussi à traduire 2 000 caractères à l’intérieur d’un rouleau, grâce à des logiciels d’apprentissage automatique (machine learning) et des programmes de vision par ordinateur.

Source : Vesuvius Challenge

Aujourd’hui, d’autres experts déclarent avoir obtenu des résultats prometteurs grâce à la combinaison de deux techniques innovantes : l’imagerie hyperspectrale infrarouge et la tomographie par cohérence optique (TCO) – habituellement employée par les ophtalmologistes afin de photographier le fond de l’œil. Cette dernière technologie permet de réaliser des images en coupe transversale à haute résolution. Elle a permis de révéler 1 000 mots grecs que l’œil humain ne pouvait plus voir. La section traduite semble avoir été l’œuvre du philosophe épicurien Philodème de Gadara (110-40 av. J.-C.) qui avait vécu à Herculanum.

L’un des textes déchiffrés décrit la dernière nuit de Platon, avant qu’il meurt des suites d’une maladie. Au vu du texte, il semblerait que le penseur ait été enterré dans un jardin privé, près d’un sanctuaire dédié aux Muses dans l’Académie platonicienne. Le site où se trouvait celle-ci, détruite par le dictateur romain Sylla en 86 av. J.-C., a été redécouvert au 20ème siècle dans le quartier moderne d’Akadimía Plátonos, au nord-ouest d’Athènes.

Buste de Platon (Source : Wikipedia)

Sources : ANSA, Géo, Futura Science.

De très nombreux articles sont parus dans la presse. Ils apportent une foule d’informations sur Platon et la philosophie grecque dans l’Antiquité.

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I have written several posts on this blog (January 25th, 2015, March 30th, 2016, October 21st, 2023, February 15th, 2024) about the papyrus scrolls discovered in Herculaneum in the Villa Dei Papiri (« Villa of the Papyri ») which probably belonged to to Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, also called Piso, Julius Caesar’s father-in-law. Inside, the library contained 1,838 scrolls of papyrus found in 1792. With a length of between 3 and 15 meters, they were preserved because the burning mud (300 – 330°C) surging from Vesuvius in October 79 left them instantly coated. Despite this protection, the papyri are in very poor condition and researchers had to wait for the arrival of ultra-modern techniques to begin to decipher their content.
By using artificial intelligence to decipher the texts written on carbonized papyri, scientists have discovered a new historical source revealing potential details on the life and death of Plato, an ancient philosopher of classical Greece, and in particular, on his burial location which was unknown so far.
Plato died around 348 or 347 BC. BC, at the age of approximately 80 years. Most information about his life comes to us from the writings of his students, particularly Aristotle, his most famous disciple. The details of Plato’s death are not well documented. He is said to have died during a wedding dinner, before being buried outside the walls of Athens, at the Academy, of which he was the founder and a professor.
According to the Italian press agency ANSA, researchers managed to decipher thousands of words on one of the carbonized papyri found in Herculaneum. The newly deciphered text is supposed to provide new information on the place where the Greek philosopher has rested for 2,300 years.
Since 1792, papyrus scrolls, which resemble crumpled pieces of coal, have remained almost entirely inaccessible due to their fragility. To try to decipher the words, written using an ink composed of charcoal and water, researchers have in recent years used new technologies. In my post of February 15th, 2024, I indicated that the work of deciphering the papyrus was part of the “Vesuvius Challenge”, a series of prizes, the main of which, in the amount of 700,000 dollars (651,000 euros ) rewards reading at least four passages from a rolled parchment. Competition organizers announced in February 2024 that a team had succeeded in translating 2,000 characters inside a scroll, using machine learning software and computer vision programs.
Today, other experts say they have obtained promising results thanks to the combination of two innovative techniques: infrared hyperspectral imaging and optical coherence tomography (OCT) – usually used by ophthalmologists to photograph the fundus of the eye. This latest technology makes it possible to produce high-resolution cross-sectional images. It revealed 1,000 Greek words that the human eye could no longer see. The translated section appears to have been the work of the Epicurean philosopher Philodemus of Gadara (110-40 BC) who had lived in Herculaneum.
One of the deciphered texts describes Plato’s last night, before he died from an illness. Looking at the text, it seems that the philosopher was buried in a private garden, near a sanctuary dedicated to the Muses in the Platonic Academy. The site where it was located, destroyed by the Roman dictator Sulla in 86 BC. BC, was rediscovered in the 20th century in the modern district of Akadimía Plátonos, northwest of Athens.
Sources: ANSA, Geo, Futura Science.
Many articles have appeared in the press. They provide a wealth of information on Plato and Greek philosophy in Antiquity.