Sabancaya (Pérou / Peru)

L’activité du volcan péruvien est relativement stable, avec toutefois quelques variations au gré du temps. On observe en moyenne une trentaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui montent au maximum à 4000 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 oscillent entre 2000 et 2500 tonnes par jour, avec un maximum de 5500 tonnes le 30 mai. Le tableau ci-dessous montre l’évolution des différents paramètres de mesures.

Source : INGEMMET.

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Activity at the Peruvian volcano is relatively stable, with some fluctuations over time. On average, one observes about 30 explosions a day, with ash plumes rising at most 4,000 metres above the crater. SO2 emissions are ranging from 2,000 to 2,500 tons per day, with a maximum of 5,500 tons on May 30th. The graphs below show the evolution of the different parameters.
Source: INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Pérou : L’eau des glaciers menace des populations // Peru : The water from glaciers threatens populations

Le Pérou a perdu plus de 40% de ses glaciers en quelques années. La ville de Huaraz (130 000 habitants) est particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Le 19 juin 2016 sur ce blog, j’ai expliqué que la région était exposée aux déversements d’eau glaciaire suite à la rupture de moraines qui retiennent les lacs d’eau de fonte en altitude. Je faisais remarquer que les autorités locales n’avaient guère fait d’efforts pour trouver des solutions. Ainsi, en dépit du fait que Huaraz a été inondée par le lac glaciaire du Palcacocha en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

La vallée où se trouve Huaraz est bordée par deux chaînes de montagnes. À l’ouest, la Cordillère noire jouxte le Pacifique et protège des vents les sommets enneigés de sa grande sœur de l’est, la Cordillère blanche. Au milieu des plaines vertes du Huascaran, un sommet blanc émerge des montagnes ; c’est le glacier du Pastoruri. Pour y accéder, il faut prendre une route créée il y a quatre ans par le service des parcs nationaux. On a l’appelée la « route du changement climatique ». Elle permet d’expliquer les effets du réchauffement climatique sur une zone aussi vulnérable que la Cordillère blanche.

Au Pérou, les parcs nationaux veulent montrer les effets du changement climatique sur les glaciers comme celui du mont Pastoruri qui a pratiquement disparu. La « route du changement climatique » culmine à 5 000 mètres d’altitude. Depuis cet endroit, auparavant, il fallait à peine cinq minutes pour atteindre le glacier. Désormais, entre 40 minutes et à une heure de marche sont nécessaires, tellement le glacier a fondu et a reculé. Ici, on est dans une cordillère tropicale où la fonte des glaciers est encore plus importante qu’ailleurs. Un lac s’est formé au pied du glacier. En 2010, il avait 10 mètres de profondeur. À présent, on l’estime à 20 mètres. Le processus actuellement irréversible du réchauffement climatique va faire disparaître ce glacier de la Cordillère blanche.

A travers la « route du changement climatique »,  le service des parcs nationaux veut démontrer que les gens doivent changer leur façon de consommer l’eau. On doit trouver une meilleure manière de la stocker dans les réservoirs en haut des montagnes pour pouvoir répondre aux besoins des habitants de la région.

Avec la fonte des glaciers au Pérou, il y a moins de glace et plus d’eau, mais une eau polluée par les minéraux et donc impropre à la consommation. Ce n’est pas l’unique danger. La Cordillère blanche est l’un des endroits au monde où il y a eu le plus de désastres liés aux glaciers avec, comme je l’expliquais plus haut, des ruptures de moraines et la vidange brutale de lacs glaciaires. Ces « tsunamis de montagne » sont apparus par milliers depuis plus de 50 ans au sein des montagnes péruviennes. C’est le cas du Palcacocha situé à 4 500 mètres d’altitude. Autrefois, ce lac était petit et accolé à un glacier. Le glacier a fondu plus vite et il a été remplacé par un énorme lac qui n’existait pas avant. Si la moraine qui retient ce lac lâche, le tsunami pourrait entraîner la mort de plus de 50 000 personnes aux alentours de Huaraz.

Source : France Info.

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Peru has lost more than 40% of its glaciers in a few years. The city of Huaraz (pop.130,000) is particularly threatened by the effects of global warming. On June 19th, 2016, I explained on this blog that the region was exposed to glacial water spills following the rupture of moraines that hold the meltwater lakes. I pointed out that local authorities have made little effort to find solutions. Thus, although Huaraz was flooded by the Palcacocha glacial lake in 1941 and an avalanche destroyed the nearby town of Yungay in 1970, killing 23,000 people, surveillance systems were not installed to alert populations in the event of an imminent disaster.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/19/la-fonte-des-glaciers-menace-le-perou-peru-under-the-threat-of-its-melting-glaciers/

The valley where Huaraz is located is bordered by two mountain ranges. To the west, the Cordillera Negra borders the Pacific and protects from the winds the snow-capped peaks of its eastern sister, the Cordillera Blanca. In the middle of the Huascaran plains, a white summit emerges from the mountains; it is the Pastoruri Glacier. To get there, you have to take a road created four years ago by the National Parks Service. It has been called the « Climate Change Road ». It explains the effects of global warming on the vulnerable area of the Cordillera Blanca.
In Peru, national parks want to show the effects of climate change on glaciers like Mount Pastoruri’s which has practically disappeared. The « climate change road » culminates at 5,000 metres above sea level. From here, it took just five minutes to reach the glacier. From now on, it takes between 40 minutes and one hour on foot because the glacier has enormously melted and retreated. Here, we are in a tropical mountain range where the melting of glaciers is even faster than elsewhere. A lake formed at the foot of the glacier. In 2010, it was 10 metres deep. Now it is estimated at 20 metres. The currently irreversible process of global warming will remove this glacier from the Cordillera Blanca.
Through the « Climate Change Road », the National Parks Service wants to demonstrate that people need to change the way they consume water. One should find a better way of storing it in reservoirs at the top of the mountains to meet the needs of the people in the area.
With the melting of glaciers in Peru, there is less ice and more water, but this water is polluted by minerals and therefore unfit for consumption. This is not the only danger. The Cordillera Blanca includes a lot of glacial disasters with, as explained above, moraine ruptures and the sudden drainage of glacial lakes. These « mountain tsunamis » have appeared in thousands for more than 50 years in the Peruvian mountains. This is the case of Palcacocha which is located 4,500 meters above sea level. In the past, this lake was small and attached to a glacier. The glacier melted very fast and was replaced by a huge lake that did not exist before. If the moraine that holds this lake breaks open, the tsunami could kill more than 50,000 people around Huaraz.
Source: France Info.

La Laguna Palcacocha en 1939.

La Laguna Palcacocha en 2002

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Nevados de Chillan (Chili / Chile)

Le dernier bulletin du SERNAGEOMIN en date du 9 avril 2018 indique que l’activité sur le complexe volcanique du Nevados de Chillan n’a guère évolué au cours des derniers jours. L’activité sismique montre une certaine tendance à la baisse. L’activité volcano-tectonique est à un niveau bas. Les événements de type LP ainsi que le tremor se maintiennent à un niveau modéré, mais qui reste élevé pour le complexe volcanique du Nevados de Chillan. On continue à observer des explosions, mais leur intensité est, elle aussi, en baisse. Les colonnes de cendre produites par les explosions ne dépassent pas 150 mètres de hauteur.

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SERNAGEOMIN’s latest report (April 9th, 2018) indicates that activity on the volcanic complex of Nevados de Chillan has hardly changed in recent days. Seismic activity shows a certain downward trend. Volcano-tectonic activity is at a low level. LP events and the tremor remain at a moderate level, but which is high for the Nevados de Chillan Volcanic Complex. Explosions continue to be observed, but their intensity is declining. The ash columns produced by the explosions do not exceed 150 metres in height.

Zone sommitale du Nevados de Chillan (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

Nevados de Chillan (Chili)

Selon une dépêche de l’AFP, une augmentation d’activité observée sur le volcan Nevados de Chillan a incité les autorités à élever le niveau d’alerte à l’Orange, en prévision d’une éventuelle éruption. Le complexe volcanique du Chillan, qui comprend 17 cratères, est situé à 550 km au sud de Santiago dans la région Bio Bio des Andes chiliennes.
Depuis 2015, le niveau d’alerte est resté maintenu à la couleur Jaune – le deuxième des quatre niveaux – mais depuis décembre 2017, plusieurs émissions de cendre ont indiqué une augmentation de l’activité éruptive et incité les autorités à élever le niveau d’alerte à l’ Orange, avant de le ramener à la couleur Jaune
Le 6 avril 2018, des scientifiques du SERNAGEOMIN ont visité le volcan et ont vu une énorme colonne de fumée blanche s’élever de l’un des cratères. Ils ont également détecté un écoulement inhabituel de la lave dans le cratère, avec un risque de débordement à tout moment.
Compte tenu de la probabilité d’un événement éruptif majeur, il a été décidé de relever à nouveau le niveau d’alerte à Orange. La situation est contrôlée depuis l’observatoire volcanique de Temuco.
Entre 1861 et 2003, le Nevados de Chillan est entré en éruption une dizaine de fois, avec des niveaux variables sur l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI). Il y a plusieurs stations de ski sur les pentes ue Chillan qui est une destination touristique populaire avec quelques hôtels de luxe. Il n’y a pas de grands centres urbains dans la région.

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According to an AFP press report, an increase in activity at Nevados de Chillan volcano prompted officials to raise the level of alert to Orange, ahead of a possible eruption. The volcanic complex, which comprises 17 craters, is located some 550 km south of Santiago in the Bio Bio region of the Chilean Andes.

Since 2015, the alert level has remained at Yellow – the second of four levels – but since December 2017, several ash eruptions have suggested increased activity, prompting officials to raise the alert to Orange, before lowering it again to Yellow.

On April 6th, 2018, experts from SERNAGEOMIN visited the volcano and saw a huge column of white smoke rising from one of the craters. They also detected an unusual flow of lava in the crater which could spill over at any time.

Given the likelihood of a major explosive, eruptive event, the decision was taken to raise again the alert level to Orange. The situation is monitored from the volcanic observatory in Temuco.

Between 1861 and 2003, Nevados de Chillan erupted around 10 times, with varying magnitudes on the Volcanic Explosivity Index. Several ski resorts dot the slopes of Chillan, a popular tourist destination which boasts a clutch of luxury hotels. There are no major urban centres in the area.

 

 Vue panoramique du complexe volcanique du Nevados de Chillan (Crédit photo: Wikipedia)