Les glaciers meurent… // Glaciers are dying…

Dans une note publiée le 13 mai 2024, j’expliquais qu’en raison du réchauffement climatique et en suivant une tendance générale dans le monde, le glacier Humboldt – ou La Corona – au Venezuela a fondu beaucoup plus rapidement que prévu et ne présente plus qu’une superficie de moins de 2 hectares. C’est ce qu’ont constaté des scientifiques qui se sont rendus à son chevet en décembre 2023. En conséquence, il a été déclassé et est passé de glacier à simple champ de glace.

Vue du glacier Humboldt en 2019. (Crédit photo : Jose Manuel Romero /AP )

On pensait que le Venezuela était le premier pays à avoir perdu tous ses glaciers dans les temps modernes. En fait, la Slovénie l’avait devancé. Le pays est confronté à la même situation, et avait déclaré la perte totale de ses glaciers il y a plus de trente ans. Le Venezuela et la Slovénie sont les deux premiers pays à avoir perdu leurs derniers glaciers au cours d’une période de réchauffement climatique induit par les activités humaines. Malheureusement, ce ne seront pas les derniers. Même des pays arctiques comme l’Islande ont perdu des glaciers entiers (voir ma note sur la mort du glacier Okjökull le 24 juillet 2019).

Toutefois la Slovénie et le Venezuela semblent être les premiers pays depuis le 18ème siècle à se trouver dans une telle situation. Cela survient alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’attend à ce que 18 à 36 pour cent de la masse glaciaire dans le monde disparaisse au cours du 21ème siècle, en grande partie à cause du réchauffement climatique.
Selon un professeur de l’Université de Los Andes qui a étudié les glaciers, « la disparition de tous les glaciers du Venezuela est une tragédie nationale. Cela devrait nous alerter sur les très nombreux effets qui se produiront à court terme dans le pays en raison du réchauffement climatique.»
Cependant, la Slovénie et le Venezuela avaient probablement perdu leurs derniers glaciers il y a déjà plusieurs années. Il n’existe pas de document officiel pour décréter qu’un glacier est mort, et aucune organisation internationale ne fait autorité en matière de classification des glaciers. Le seuil minimum communément accepté pour qu’un glacier soit décrété mort est de 0,1 kilomètre carré.
En Slovénie, la superficie du glacier Skuta est inférieure à 0,1 kilomètre carré depuis au moins 1969, et le glacier Triglav est descendu sous ce seuil en 1986.

Vue du glacier Skuta en juillet 2008 (Crédit photo : Wikipedia)

La Corona, au Venezuela, a probablement perdu son statut glaciaire en 2016. Deux caractéristiques permettent de définir un vrai glacier : son mouvement vers l’avant et la présence de crevasses générées par ce déplacement. Le Triglav et le Skuta n’en possédaient plus au cours des dernières décennies. Les scientifiques locaux expliquent que la quantité de glace au sommet du Triglav équivaut à la superficie de deux terrains de volley-ball, tandis que la position ombragée du Skuta lui a permis de doubler cette superficie qui atteint 0,01 kilomètre carré. La faible altitude et la latitude des deux glaciers les ont rendus « plus vulnérables aux extrêmes climatiques » et ils ont succombé à « la hausse des températures ». L’Institut géographique Anton Melik s’attend à ce que les deux glaciers aient perdu le reste de leur glace d’ici 2030.
La perte de ces glaciers et de ceux qui suivront entraînera de lourdes conséquences environnementales. L’eau des glaciers slovènes termine sa course dans la mer Noire et le glacier venezuelien La Corona se déverse dans les Caraïbes, contribuant ainsi à l’élévation du niveau de la mer, ce qui devrait causer de gros dégâts dans les zoness côtières. Cette disparition est aussi un avertissement pour le reste de l’Amérique latine. La disparition inévitable des glaciers de Colombie, d’Équateur, du Pérou et de Bolivie aura un impact social bien plus important qu’au Venezuela, en raison de la dépendance de populations beaucoup plus nombreuses à l’égard de l’eau produite par ces glaciers.
Le dernier glacier du Mexique, Gran Norte, devrait perdre son statut entre 2026 et 2033 et disparaître complètement d’ici 2045. Ses eaux de fonte ont fourni pendant des siècles de l’eau aux zones habitées en aval.
Source : Scientific American.

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In a post released on 13 May 2024, I explained that, due to global warming, and following a global tendency around the world, A visit in December 2023 found the Humboldt – or La Corona – Glacier had melted much faster than expected, and had shrunk to an area of less than 2 hectares. As a result, its classification was downgraded from glacier to ice field.

It was thought Venezuela was the first country to have lost all its glaciers in modern times. Actually, Slovenia is also facing the same situation, having claimed the solemn title more than three decades ago. They are the first two countries to lose their last-standing glaciers in a period of global warming induced by human activities. Unfortunately, they won’t be the last. Even Arctic countries like Iceland (see my post about the death of Okjökull on 24 July 2019) have lost whole glaciers. But Slovenia and Venezuela appear to be the first countries since the 18th century to lose their last glaciers. It comes as the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) expects 18 to 36 percent of global glacial mass to be lost across the 21st century due in large part to global warming.

According to a professor at Universidad de Los Andes who studied the glaciers,“the disappearance of all the glaciers in Venezuela is a national tragedy.” It is a warning sign about the avalanche of additional effects that are coming to the country in the short term as a consequence of global warming.”

However, Slovenia and Venezuela likely lost their last glaciers years earlier. There’s no universally accepted point of death for a glacier, and no international organization is recognized as the authority on glacial classification. The commonly accepted minimum threshold for a glacier to be recognized as such is 0.1 square kilometers.

In Slovenia, Skuta’s area has been under 0.1 square kilometers since at least 1969, and Triglav fell under the threshold in 1986. La Corona, in Venezuela, likely lost its glacial status in 2016. Two basic characteristics for the real glaciers are their moving and the presence of glacial crevasses. Triglav and Skuta have not possessed either in the last few decades. Local scientists explain that the amount of ice at the peak of Triglav is the area of two volleyball courts, while Skuta’s shaded position has afforded it double that surface area: 0.01 square kilometers. The low altitude and latitude of both glaciers made them “more vulnerable to climatic extremes” and they succumbed to “rising temperatures. The Anton Melik Geographical Institute expects both summits to be ice-free by 2030.

The loss of these glaciers and those to follow will carry heavy environmental consequences. The Slovenian glaciers both melt into the Black Sea and La Corona empties into the Caribbean, contributing to rising global sea levels that are expected to wreak havoc on coastal communities. It is also a warning for the rest of Latin America. The consequences of the inevitable loss of the glaciers of Colombia, Ecuador, Peru and Bolivia will have a social impact much greater than that of Venezuela, due to the dependence of much larger populations on water sources dependent on these glaciers.

Mexico’s last glacier, Gran Norte, is expected to lose its status sometime between 2026 and 2033 and be completely gone by 2045. Its runoff has provided downstream communities with water for centuries.

Source : Scientific American.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Une puissante éruption explosive a eu lieu au sommet du Kanlaon sur l’île de Negros (Philippines) le 3 juin 2024, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 7,6 km au-dessus du niveau de la mer, et des coulées pyroclastiques de 2-3 km sur les versants S et SE. L’éruption a entraîné l’évacuation des habitants de quatre barangays dans la zone de danger permanente de 4 km. Le niveau d’alerte a été élevé de 1 à 2.
Le PHIVOLCS a averti que l’éruption explosive pourrait évoluer vers une éruption magmatique dangereuse, et a conseillé au public de préparer des masques pour se protéger des retombées de cendres. L’Institut a tout d’abord qualifié l’éruption de ‘phréatique’, mais a ensuite utilisé le terme ‘explosive’ qui correspondait mieux à la puissance de l’éruption.

Deux jours après l’éruption, de fortes pluies ont déclenché un important lahar dans le village de Biak-na-bato où la boue a recouvert les rues jusqu’aux genoux. La boue coulait dans un cours d’eau couvrant les rues jusqu’à hauteur des genoux.
Le PHIVOLCS a signalé un événement similaire à Masulog, l’un des cinq villages situés dans la zone de danger permanent du Kanlaon. Alors que la plupart des villageois ont choisi de rester dans leurs maisons ou dans leurs leurs fermes, certains ont été contraints de rejoindre des centres d’évacuation. Aucun blessé n’a été signalé.

Source : PHIVOLCS.

 

Image de l’éruption diffusée sur les réseaux sociaux.

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L’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) qui a débuté le 29 mai 2024 se poursuit mais marque le pas comme on peut le voir sur l’image webcam ci-dessous où un seul cratère est actif sur la fracture éruptive. Le sol continue de s’affaisser dans le secteur de Svartsengi, signe que la chambre magmatique continue de se vider. Il est difficile de prédire combien de temps durera encore cette éruption. Jusqu’à présent, elle se comporte comme la précédente. Selon le Met Office, le magma provient probablement de grandes profondeurs. Au cours de la première phase de l’éruption, avec les coulées de lave les plus intenses, on estime qu’environ les trois quarts du magma stocké dans la chambre ont atteint la surface.
Source : MetOffice.

Une seule bouche est actuellement active sur la fracture éruptive. Pour combien de temps? (Image webcam)

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Comme on pouvait s’y attendre au vu des derniers événements sismiques et de déformation, une éruption a commencé sur le Kilauea Hawaii) vers 0 h 30 (heure locale) le 3 juin 2024, probablement à environ 1 ou 2 km au sud de la caldeira du Kilauea et au nord du système de failles de Koa’e et de Hilina Pali Road, dans le Parc national des volcans d’Hawaii.

Comme l’éruption précédente dans ce même secteur en 1974, la lave a vite cessé de couler. Le HVO estime que l’éruption a pris fin vers 12h30 (heure locale).

Dans sa dernière mise à jour (5 juin 2024), le HVO indique que l’éruption qui a débuté au sud-ouest du sommet du Kilauea est à l’arrêt depuis 48 heures et il est peu probable qu’elle reprenne. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique et l’alerte aérienne ont été abaissés respectivement à Advisory (surveillance conseillée) et à la couleur Jaune.

Source : HVO.

Vue de l’éruption (Crédit photo: HVO)

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Le mont Ibu (Indonésie) a émis un épais panache de lave et de cendres qui est monté jusqu’à 5 000 mètres au-dessus du volcan lors d’une éruption qui a duré deux minutes le 4 juin 2024 au matin. Une vidéo accélérée diffusée par l’agence géologique indonésienne montre des projections rouges au sommet du volcan, suivies d’une épaisse colonne de cendres. La vidéo a été enregistrée depuis un poste d’observation situé à côté d’un site d’évacuation près du village de Gam Ici. Plusieurs tentes prévues pour les personnes évacuées ont été installées à proximité.

https://apnews.com/video/indonesia-volcanoes-8529ef1950e54afab1b8a9162299f6f9

Le mont Ibu est en éruption continue depuis début mai 2024. Les autorités indonésiennes ont élevé le niveau d’alerte au maximum. Il est demandé à la population de rester à au moins 7 kilomètres du volcan.
Source : PVMBG.

Image de la phase initiale de l’éruption en mai 2024 (Crédit photo: VSI)

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Une forte activité éruptive se poursuit sur le Sangay (Equateur). Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet. Les conditions météorologiques empêchent souvent de bonnes observations du volcan. De petites retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. On observe parfois des matériaux incandescents au niveau du cratère, jusqu’à 1 km sur le flanc SE début juin. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune ( niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Sources : Instituto Geofísico.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive se poursuit de manière assez soutenue à Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne au niveau de deux bouches de la zone nord (N1 et N2), dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et à partir de deux bouches dans la zone Centre-Sud sur la terrasse cratèrique. Les explosions dans la zone nord se produisent actuellement à raison de 11 à 15 événements par heure. Dans la zone Centre-Sud, l’activité explosive au niveau de deux bouches éjecte des matériaux jusqu’à 150 m de hauteur, à un rythme de 1 à 6 événements par heure.
Source : INGV.

Source: INGV

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A strong explosive eruption took place at the summit of Kanlaon volcano on Negros Island, (Philippines) on June 3rd, 2024, producing an ash plume that rose up to 7.6 km above sea level and pyroclastic flows that travelled 2-3 km on the S and SE flanks. The eruption forced the evacuations of residents in four barangays within the permanent 4 km danger zone.. The Alert Level was raised from 1 to 2.

PHIVOLCS warned that the explosive eruption could progress into a hazardous magmatic eruption, advising the public to prepare face masks to protect against ashfall. Tne Institute initially described the eruption as phreatic but later edited their notification to “explosive” to reflect the strength of the eruption.

Two days after the eruption, heavy rains triggered a significant lahar flow in Biak-na-bato village,

The mud flowed down a watercourse covering the streets up to the knees.

PHIVOLCS reported a similar event in Masulog, one of five villages within the permanent danger zone of Mt. Kanlaon. While most villagers chose to stay in their homes and farms, some had to move to evacuation centers. No injuries have been reported.

Source : PHIVOLCS.

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The eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) that began on May 29th, 2024 continues but it is declining as can be seen on the webcam immage below. Only one crater is now active on the eruptive fissure. The ground is still sinking at Svartsengi, which shows that the magma chamber is emptying. It is difficult to predict how long this eruption will last. So far, it is behaving similarly to the last eruption. According to the Met Office, magma is likely coming from great depths. During the first phase of the eruption, with the highest-intensity lava flows, it is estimated that about three-quarters of the magma came up.

Source : Met Office.

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As expected from recent seismic and deformation events, an eruption began at Kilauea (Hawaii) around 12:30 a.m. (local time) on June 3rd, 2024, probably about 1 or 2 km south of the Kilauea Caldera and north of the Koa’e Fault System and Hilina Pali Road in Hawaii Volcanoes National Park.
Like the previous eruption in this same area in 1974, lava quickly stopped flowing. HVO estimates that the eruption ended around 12:30 p.m. (local time).

In its latest update (June 5th, 2024), HVO indicated that the eruption that began southwest of Kilauea summit had been paused for 48 hours and was unlikely to restart. Accordingly, the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code were lowered to ADVISORY and to YELLOW, respectively.
Source: HVO.

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Mount Ibu (Indonesia) spewed red lava and thick ash clouds that towered 5,000 meters into the sky during a two-minute eruption on June 4th, 2024 in the morning. A timelapse video distributed by Indonesia’s Geological agency shows red sparks at the top of the volcano followed by a thick column of ash. The video was recorded from an observation post located next to an evacuation site in a field at Gam Ici village. Several evacuation tents were erected nearby.

https://apnews.com/video/indonesia-volcanoes-8529ef1950e54afab1b8a9162299f6f9

Mount Ibu has been continually erupting almost every day since early May 024. Indonesian authorities raised the eruption alert to the highest level. They have urged people to stay at least 7 kilometers from the volcano.

Source : PVMBG.

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A high level of eruptive activity continue at Sangay (Ecuador). Gas-and-ash plumes rise as high as 2 km above the summit. Weather conditions often prevent good observations of the volcano. Minor ashfall was reported in several communities. Incandescent material is sometimes at the crater, and traveling as far as 1 km down the SE flank in early June. The Alert Level is kept at Yellow (the second level on a four-color scale).

Sources: Instituto Geofísico.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at two vents in Area North (one at N1 and one at N2), within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from two vents in the South-Central Crater area on the crater terrace. The average rate of explosions from Area North is currently 11-15 events per hour.In the South-Central Area, explosive activity at two vents ejects material as high as 150 m above the vent at a rate of 1-6 events per hour.

Source : INGV.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un niveau élevé d’activité sismique persiste sous le sommet du Kilauea (Hawaii). Selon l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, il est impossible de dire si cette hausse d’activité débouchera sur une intrusion magmatique ou une éruption, ou si elle se poursuivra simplement sous forme d’activité sismique en profondeur. « Des changements dans la nature et le lieu de cette activité peuvent survenir rapidement, tout comme pour le risque d’une éruption, mais il n’y a aucun signe d’éruption imminente pour le moment. »

Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u le 28 mai 2024

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Comme on pouvait s’y attendre au vu du soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi, une éruption a débuté sur la péninsule de Reykjanes (Islande) le 29 mai 2024 à 12h46 près de Sundhnúkar, au nord de Grindavík, au nord-est de Sýlingafell, après un intense épisode d’activité sismique qui a conduit à l’évacuation de Grindavik, Svartsengi et du Lagon Bleu.

Après un début où le débit éruptif était très élevé, l’éruption a décliné et elle se poursuit sur la fracture qui mesure plus de 3 km de longueur. Aucune activité explosive n’a été observée depuis l’après-midi du 29 mai lorsque des explosions phréatiques se sont produites à cause de l’entrée de la lave dans des fractures, ce qui a provoqué un contact avec les eaux souterraines. L’activité la plus forte se situe à proximité du cratère qui a été actif pendant la période éruptive qui a débuté le 16 mars 2024.

S ‘agissant de la déformation du sol, le Met Office précise que le sol s’est affaissé d’une quinzaine de centimètres dans le secteur de Svartsengi lorsque le magma a quitté la chambre magmatique au début de l’éruption. On estime qu’environ 15 millions de mètres cubes de magma sont sortis de la chambre magmatique. Le débit éruptif est estimé entre 1 500 et 2 000 m3/s.
Source : Met Office.

Image webcam de la phase initiale de l’éruption

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L’activité éruptive se poursuit au sommet du Sabancaya (Pérou) avec une quarantaine d’événements explosifs chaque jour et des panaches de cendres qui montent à 2600 mètres au-dessus du sommet du volcan.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Une éruption s’est produite sur le Dempo (SE Sumatra / Indonésie) le 27 mai 2024. Une vidéo montre un événement surtseyen au niveau du lac de cratère avec des matériaux sombres éjectés à 300 m du centre du lac. On peut voir des panaches de cendres denses s’élevant à environ 500 m de hauteur. Selon un article de presse, l’eau du lac du cratère avait changé de couleur au cours des semaines précédentes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc N.
Source : PVMBG.

Vue du cratère du Dempo (Crédit photo : Roamindonesia)

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Toujours en Indonésie, l’éruption de l’Ibu se poursuit avec des panaches de vapeur et de gaz qui s’élèvent de 200 à 600 m au-dessus du cratère. Le 27 mai 2024, un événement éruptif a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 6 km au-dessus du cratère avec des retombées de cendres dans les zones habitées à proximité. Des matériaux incandescents ont été éjectés jusqu’à 1 km sur les flancs NO, Ouest, SO et Sud. Le niveau d’alerte reste à 4 (le maximum sur une échelle à quatre niveaux) et il est conseillé au public de rester à 4 km du cratère actif.
Source : PVMBG.

Activité éruptive de l’Ibu en mai 2022

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Au cours du mois de mai 2024, plusieurs épisodes de décoloration de l’eau ont été observés au cratère I du Kelimutu (île de Flores / Indonésie), avec des bulles à la surface dans la partie NE du lac, et une faible odeur de soufre. La température de l’eau a également légèrement augmenté au Cratère II. Les changements de couleur de l’eau du lac au cratère I, ainsi que l’augmentation de la température de l’eau au cratère II, ont incité le PVMBG à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 24 mai, et le public a été invité à rester à 250 m. des lèvres du cratère. La dernière éruption du Kelimutu était de type phréatique ; elle a eu lieu au cratère II en juin 1968.
Source : PVMBG.

Sommet du Kelimutu (Crédit photo: ATOME)

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Une éruption phréatique s’est produite au cratère Nirwana du Suoh (Sumatra / Indonésie) le 24 mai 2024, avec un panache de vapeur dense ; deux autres explosions phréatiques se sont produites peu de temps après. Le premier événement a éjecté des sédiments, le deuxième a éjecté de l’eau chargée de sédiments et le troisième a produit un panache noir très dense. Un fort grondement a été entendu dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le public est prié de rester à 500 m du cratère Nirwana et d’éviter les autres cratères du Suah ainsi que les ravines sur les flancs du volcan en raison des niveaux potentiellement élevés de dioxyde de carbone. De fortes explosions phréatiques se sont déjà produites en 1933.
Source : PVMBG.

Activité géothermale sur le Suoh (Crédit photo: Wikipedia)

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Une éruption mineure s’est produite à White Island (Nouvelle-Zélande) le 24 mai 2024 au matin et a produit un panache de vapeur et de gaz qui s’est élevé de 2 à 3 km de hauteur. Les images des webcams montrent qu’il n’y avait pas de cendres dans le panache. Le niveau d’alerte volcanique a été porté à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne est passé à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs). Les émissions de vapeur sont ensuite redevenues normales. Un survol a permis de constater que l’activité de bouillonnement qui durait depuis des mois en bordure du lac était plus intense, avec projection de matériaux à 20-30 m de hauteur pendant des périodes de plusieurs secondes. Le niveau de l’eau s’était abaissé et exposait des parties du fond du lac. L’activité éruptive était beaucoup moins importante que celle de décembre 2019. Dans la soirée du 24 mai, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune.
Une deuxième éruption mineure s’est produite le 25 mai, incitant à nouveau GeoNet à relever le niveau d’alerte volcanique à 3 et la couleur de l’alerte aérienne à Orange. Il n’y avait toujours pas de cendres dans le panache. Des projections intermittentes de gaz et de vapeur ont continué à être visibles tout au long de la journée. Aucune autre activité n’a été observée au cours des jours suivants ; le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée au Jaune. L’analyse des données collectées lors d’un survol du 27 mai a indiqué des niveaux élevés de gaz magmatique par rapport aux observations précédentes en avril et début mai.
Source : GeoNet.

White Island après l’éruption de 2018 (Crédit photo: GeoNet)

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Entre 23h42 le 27 mai et 04h08 (UTC) le 28 mai 2024, un essaim sismique a été enregistré dans la caldeira de Las Cañadas (Ténérife / Îles Canaries), composé de dizaines de petites secousses, parmi lesquelles 26 ont été localisées avec précision. La caldeira de Las Cañadas est une structure de 10 x 17 km partiellement remplie par le stratovolcan du Teide. Les séismes avaient des magnitudes allant jusqu’à M 1,2 et se sont produits à des profondeurs comprises entre 5 et 10 km.
On observe une augmentation notable de la microsismicité à Tenerife depuis juin 2017. Elle est probablement due à un processus de pressurisation du système volcano-hydrothermal, de toute évidence lié à l’injection de gaz magmatiques.
Malgré cette augmentation de l’activité sismique, les volcanologues soulignent qu’il n’y a pas de danger immédiat pour la population. De plus, cette activité n’est pas le signe d’une éruption volcanique à court ou moyen terme.
Source : INVOLCAN, The Watchers.

Caldeira de Las Cañadas vue depuis le sommet du Teide (Photo: C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Elevated seismic unrest continues beneath the Kīlauea summit (Hawaii). According to the Hawaiian Volcano Observatory, it is impossible to say whether this increase in activity will lead to an intrusion or an eruption, or simply continue as seismic unrest at depth. “Changes in the character and location of unrest can occur quickly, as can the potential for eruption, but there are no signs of imminent eruption at this time.”

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As expected given the ground uplift in the Svartsengi sector, an eruption began on the Reykjanes peninsula (Iceland) on May 29th, 2024 at 12:46 p.m. near Sundhnúkar, north of Grindavík, north- east of Sýlingafell, after an intense episode of seismic activity which led to the evacuation of Grindavik, Svartsengi and the Blue Lagoon.
After a start where the eruptive flow was very high, the eruption declined and it continues on the eruptive fissure which is more than 3 km long. No explosive activity has been observed since the afternoon of May 29th when phreatic events occurred due to lava entering fractures, causing contact with groundwater. The strongest activity is located near the crater which was active during the eruptive period which began on March 16th, 2024.
Regarding the deformation of the ground, the Met Office specifies that the ground sank by around fifteen centimeters in the Svartsengi area when magma left the chamber at the start of the eruption. It is estimated that around 15 million cubic meters of magma came out of the magma chamber. The eruptive flow is estimated between 1,500 and 2,000 cubic meters per second.
Source: Met Office.

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Eruptive activity continues at the summit of Sabancaya (Peru) with around forty explosive events each day and ash plumes rising up to 2600 meters above the summit of the volcano.
Source: IGP.

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An eruption occurred at Dempo (SE Sumatra / Indonesia) on May 27th, 2024. A video shows a Surtseyan eruption at the crater lake with dark material ejected 300 m from the center of the lake. Dense ash plumes can be seen rising around 500 m. According to a news report, the crater lake water had been changing colors during the previous few weeks. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank.

Source : PVMBG.

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Still in Indonesia, the eruption at Ibu continues with steam and gas plumes that rise 200-600 m above the crater. On May 27th, 2024, an eruptive event produced an ash plume that rose 6 km above the crater with ashfall in the nearby communities. Incandescent material was ejected as far as 1 km onto the NW, W, SW, and S flanks. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a four-level scale) and the public is advised to stay 4 km away from the active crater.

Source : PVMBG.

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During the month of May 2024, several episodes of water discoloration were observed at Kelimutu’s Crater I (Flores Island / Indonesia), with bubbles on the surface of the NE part of the lake, and there was a weak sulfur odor. Water temperature also slightly increased at Crater II. The changes in lake water color at Crater I, along with increased water temperatures at Crater II, prompted PVMBG to raise the Alert Level to 2 (on a scale of 1-4) on May 24th, and the public was asked to stay 250 m from the crater rims. Kelimutu’s last eruption was phreatic, and it occurred at Crater II during June 1968.

Source : PVMBG.

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A phreatic eruption occurred at Suoh’s Nirwana Crater (Sumatra / Indonesia) on May 24th, 2024 and produced a dense steam plume; two more phreatic explosions occurred a short time later. The first event ejected sediment, the second event ejected sediment-laden water, and the third produced a dense black plume. Loud booming was heard within a radius of several kilometers. The public is asked to stay 500 m away from Nirwana Crater and to avoid Suah’s craters and associated drainages due to potentially elevated levels of carbon dioxide. Large phreatic explosions last occurred in 1933.

Source : PVMBG.

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A minor eruption occurred at White Island (New Zealand) on May 24th 2024 in the morning and produced a steam-and-gas plume that rose 2-3 km high. There was no clear indication of ash in the plume, based on webcam images. The Volcanic Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was raised to Orange (the third level on a four-color scale). Steam emissions later returned to normal. An overflight allowed to see that the geysering at the crater lake that had been ongoing for months was stronger, ejecting material 20-30 m high for periods of several seconds. The level of the crater lake had subsided and exposed parts of the lake floor. The eruption was much smaller than the December 2019 eruption. In the evening of May 24th, the Volcanic Alert Level was lowered back down to 2 and the Aviation Color Code was lowered back to Yellow.

A second minor eruption occurred on May 25th, again prompting GeoNet to raise the Volcanic Alert Level to 3 and the Aviation Color Code to Orange. There were no clear indications of ash in the plume. Intermittent ejections of gas and steam continued to be visible throughout the day. No further activity was observed over the next few days; the Volcanic Alert Level was lowered to 2 and the Aviation Color Code was lowered to Yellow on 29 May. Analysis of data collected during a 27 May overflight indicated elevated levels of magmatic gas compared to previous observations in April and early May.

Source : GeoNet.

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Between 23:42 UTC on May 27th and 04:08 UTC on May 28th, 2024, a seismic swarm was recorded in the Las Cañadas caldera (Tenerife / Canary Islands), consisting of dozens of small earthquakes, among which 26 were precisely located. The Las Cañadas caldera is a 10 x 17 km structure partially filled by the Teide stratovolcano.The earthquakes had magnitudes reaching up to M 1.2 and occurred at depths between 5 and 10 km.

There has been a notable increase in micro-seismicity within Tenerife since June 2017. It is attributed to a pressurization process of the volcanic-hydrothermal system, likely linked to the injection of magmatic gases.

Despite this increase in seismic activity, volcanologists emphasize that there is no immediate danger to the population. Moreover, this activity is not the sign of a volcanic eruption in the short or medium term.

Source : INVOLCAN, The Watchers.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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26 jours supplémentaires de chaleur extrême au cours des 12 derniers mois… !! // 26 more days of extreme heat over the last 12 months… !!

Selon un rapport publié le 28 mai 2024 par le Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le réseau scientifique World Weather Attribution et l’organisme de recherche Climate Central, notre planète a connu en moyenne 26 jours supplémentaires de chaleur extrême au cours des 12 derniers mois. Le rapport explique que cette situation ne se serait probablement pas produite sans le réchauffement climatique d’origine anthropique. Nous savions déjà que 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.
La chaleur est la principale cause de décès liés au climat et le rapport souligne en outre le rôle du réchauffement climatique dans l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde. On sait que la chaleur extrême a tué des dizaines de milliers de personnes au cours des 12 derniers mois, mais le nombre réel se chiffre probablement en centaines de milliers, voire en millions.
Pour leur étude, les scientifiques ont pris en considération les années 1991 à 2020 pour déterminer quelles températures se situaient parmi les 10 % les plus élevées pour chaque pays au cours de cette période. Ensuite, ils ont examiné les 12 mois jusqu’au 15 mai 2024 pour déterminer combien de jours au cours de cette période ont connu des températures comprises dans ou au-delà de la plage précédente. Ensuite, ils ont examiné l’influence du réchauffement climatique sur chacune de ces journées excessivement chaudes.
Dans la conclusion de l’étude, les chercheurs estiment que « le changement climatique d’origine humaine a ajouté, en moyenne, dans toutes les régions du monde, 26 jours de chaleur extrême de plus qu’il n’y en aurait eu sans lui ».
En cette année 2024, des vagues de chaleur extrêmes ont déjà touché des pans entiers du globe, du Mexique au Pakistan.
Le rapport indique qu’au cours des 12 derniers mois, quelque 6,3 milliards de personnes, soit environ 80 pour cent de la population mondiale, ont connu au moins 31 jours de chaleur extrême. 76 vagues de chaleur extrême ont été enregistrées dans 90 pays différents sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Cinq des pays les plus touchés se trouvent en Amérique latine.
Le rapport confirme que sans l’influence du réchauffement climatique, le Suriname aurait enregistré environ 24 jours de chaleur extrême au lieu de 182; l’Équateur en aurait subi 10 et non 180 ; la Guyane 33 et non 174; le Salvador 15 et non 163, et le Panama 12 et non 149.
Source : Climate Central.

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According to a report released on May 28th, 2024 by the Red Cross Red Crescent Climate Centre, the World Weather Attribution scientific network and the research organization Climate Central, the world experienced an average of 26 more days of extreme heat over the last 12 months. The report explains that this situation would probably not have occurred without human-caused global warming. We already knew that 2023 was the hottest year on record.

Heat is the leading cause of climate-related deaths and the report further points to the role of global warming in increasing the frequency and intensity of extreme weather around the world. Extreme heat is known to have killed tens of thousands of people over the last 12 months but the real number is likely in the hundreds of thousands or even millions,

For their study, the scientists used the years 1991 to 2020 to determine what temperatures counted as within the top 10 percent for each country over that period. Next, they looked at the 12 months to May 15th, 2024, to establish how many days over that period experienced temperatures within or beyond the previous range. Then, they examined the influence of global warming on each of these excessively hot days.

In the conclusion of the study, the researchersn that « human-caused climate change added, on average, across all places in the world, 26 more days of extreme heat than there would have been without it ».

Already in 2024, extreme heat waves have affected swathes of the globe from Mexico to Pakistan.

The report states that in the last 12 months some 6.3 billion people – roughly 80 percent of the global population – experienced at least 31 days of what is classed as extreme heat. In total, 76 extreme heat waves were registered in 90 different countries on every continent except Antarctica. Five of the most affected nations were in Latin America.

The report cofirms that without the influence of global warming, Suriname would have recorded an estimated 24 extreme heat days instead of 182; Ecuador 10 not 180; Guyana 33 not 174, El Salvador 15 not 163; and Panama 12 not 149.

Source : Climate Central.