L’Etna bientôt sur la lune ? // Mount Etna heading to the Moon?

Le rover italien conçu pour l’exploration lunaire s’appellera Etna, un nom choisi lors d’un sondage effectué via le compte Instagram officiel de l’Agence spatiale italienne (ASI). Acronyme de « Exploration Technology for Navigation & Autonomy » (Technologie d’exploration pour la navigation et l’autonomie), Etna a également été conçu pour naviguer de manière autonome sur des terrains complexes. Ces dernières semaines, l’Etna, avec ses paysages volcaniques accidentés, a reproduit certaines conditions typiques de la surface lunaire.

Crédit photo : ASI

Après une phase de validation initiale concluante menée dans les installations d’ALTEC à Turin, les capacités du rover en environnements contrôlés ont été confirmées. L’interaction avec des terrains lunaires et martiens a été vérifiée par des tests de traction et de stabilité, ainsi que la fiabilité des algorithmes de localisation, de cartographie et de planification.
En juillet 2026, le rover est testé sur l’Etna, où le paysage volcanique, les pentes abruptes, le substrat granuleux et l’absence de végétation reproduisent fidèlement les conditions environnementales et les défis auxquels un véhicule autonome peut être confronté sur la surface lunaire. Outre la consolidation des performances de mobilité et les tests de reconfiguration en cas de pannes, un temps considérable sera consacré aux démonstrations opérationnelles des charges utiles embarquées. Un drone autonome doté d’une intelligence artificielle sera déployé pour cartographier le terrain et classifier automatiquement les roches, les cratères et les itinéraires les plus sûrs, tout en transmettant les données au centre de contrôle.
L’ASI explique que « l’objectif est d’intégrer des expériences et des prototypes externes pour tester des technologies innovantes dans des environnements extrêmes, d’ouvrir la recherche à de nouveaux partenaires et d’accélérer le transfert de technologie vers la prochaine ère de l’exploration lunaire. »
Le rover a été construit dans le cadre du programme « Universal Locomotion System (ULS) », entièrement financé par l’Agence spatiale italienne et piloté par Thales Alenia Space, avec la contribution de Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino et Volta Structural Energy.
Le rover Etna est un hommage à l’Italie et à Catane, suite à la désignation de Luca Parmitano, l’astronaute de l’ESA originaire de Paternò, comme pilote de la mission Artemis III de la NASA prévue pour 2027. Il volera à bord de la capsule Orion dans un rôle opérationnel de premier plan, testant les manœuvres d’approche et d’amarrage en orbite terrestre.

Source : médias italiens.

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The Italian rover designed for lunar exploration will be named Etna, a name chosen via a poll on the Italian Space Agency’s (ASI) official Instagram account. An acronym for « Exploration Technology for Navigation & Autonomy, » Etna is designed to navigate complex terrain autonomously. In recent weeks, Mount Etna, with its rugged volcanic landscape, has served as a site to replicate conditions typical of the lunar surface.
Following a successful initial validation phase at ALTEC’s facilities in Turin, the rover’s capabilities in controlled environments have been confirmed. Its interaction with lunar- and Martian-like terrain was verified through traction and stability tests, alongside checks on the reliability of its localization, mapping, and planning algorithms.
In July 2026, the rover will undergo testing on Mount Etna, where the volcanic landscape, steep slopes, granular substrate, and lack of vegetation faithfully replicate the environmental conditions and challenges an autonomous vehicle might face on the lunar surface. In addition to refining mobility performance and testing reconfiguration capabilities in the event of a breakdown, significant time will be dedicated to operational demonstrations of the onboard payloads. An AI-equipped autonomous drone will be deployed to map the terrain and automatically classify rocks, craters, and the safest routes, while transmitting data back to the control center.
The ASI explains that « the goal is to integrate external experiments and prototypes to test innovative technologies in extreme environments, open up research to new partners, and accelerate technology transfer for the next era of lunar exploration. » The rover was built as part of the « Universal Locomotion System (ULS) » program, fully funded by the Italian Space Agency and led by Thales Alenia Space, with contributions from Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino, and Volta Structural Energy.
The Etna rover pays tribute to Italy and Catania, following the selection of Luca Parmitano, an ESA astronaut from Paternò, as a pilot for NASA’s Artemis III mission, scheduled for 2027. He will fly aboard the Orion capsule in a key operational role, testing approach and docking maneuvers in Earth orbit.
Source: Italian news media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Épisode 52 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a commencé le 28 juillet 2026 à19h10 (heure locale) pour se terminer le 29 juillet à 2 h 36 (heure locale), après 7 heures et demie d’activité de fontaines de lave. Les fontaines ont atteint une hauteur maximale proche de 150 mètres. Le débit effusif a culminé à environ 270 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 190 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’activité de fontaines de lave. Le volume de lave émis est estimé à 4,7 millions de mètres cubes. La lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Le passage soudain d’une déflation à une inflation sommitale à la fin de l’Épisode 52, indique qu’un nouvel épisode de fontaines de lave est probable d’ici quelque temps.

Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 52

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Un séisme de magnitude 5,2 a frappé le Bárðarbunga (Islande) le 28 juillet 2026 à 05 h 36.
Le séisme s’est produit en bordure nord de la caldeira. Les premières mesures publiées par le Met Office islandais indiquaient une magnitude de 5,1, mais une réévaluation ultérieure a porté ce chiffre à 5,2.
Selon un scientifique du Met Office, cet événement s’inscrit dans la tendance observée ces dernières années. Des séismes de cette ampleur sont liés à l’accumulation de magma sous le Bárðarbunga à la suite de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-2015. Toutefois, aucun signe d’activité volcanique n’est constaté pour le moment.

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Le dernier rapport du Met Office concernant la situation au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkur remonte au 21 juillet 2026. La situation demeure inchangée. Le soulèvement du sol à Svartsengi se poursuit à un rythme lent mais constant. L’activité sismique reste faible. Les volcanologues islandais continuent d’affirmer que le scénario le plus probable est la propagation d’une intrusion magmatique depuis Svartsengi vers la chaîne de cratères de Sundhnúkur, ce qui pourrait déboucher sur une éruption. Cependant, aucune prévision n’est plus avancée par le Met Office quant à la date d’un tel événement.

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L’activité éruptive du Sabancaya (Pérou) se poursuit. Aucune explosion volcanique n’a toutefois été détectée ces derniers jours ; seules des émissions de vapeur d’eau, de cendres et de gaz ont été observées jusqu’à 1 500 mètres au-dessus du sommet du volcan, ainsi qu’une activité sismique liée aux mouvements de fluides magmatiques et à la fracturation de roches à l’intérieur de l’édifice volcanique. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique demeure Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Dans un bulletin diffusé le 30 juillet 2026, l’INGV indique que depuis 1 h 30 UTC, le réseau de caméras de l’Etna (Sicile) a montré une activité strombolienne au niveau de la Voragine. Cette activité s’est progressivement intensifiée les heures suivantes et a produit des émissions de cendres qui se sont dispersées en direction du nord-ouest.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique a connu de fortes fluctuations tout au long de la journée, atteignant des valeurs élevées, avec une hausse soudaine à 1 h 30 UTC. La source du tremor se trouvait dans la zone de la Voragine et de la Bocca Nuova, à une profondeur d’environ 3 000 m au-dessus du niveau de la mer. L’épisode éruptif a généré un panache de cendres atteignant 7 km d’altitude, incitant l’Observatoire de l’Etna à relever la couleur de l ‘alerte aérienne au Rouge.

À partir de 08h30 UTC, l’activité strombolienne a progressivement diminué et est actuellement très faible, tandis que les émissions intenses de cendres persistent.

Source : INGV.

 Image thermique de l’activité éruptive (Source : INGV)

 

Image webcam de la Voragine le 30 juillet 2026 au soir

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Une intensification de l’activité est actuellement observée sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). À partir du 1er juin 2026, le réseau sismique a détecté une légère hausse du trémor, suivie de séismes volcano-tectoniques dans des zones situées aussi bien à proximité immédiate qu’à plus grande distance du cratère. Un petit essaim sismique longue période (LP), survenu le 28 juin, a coïncidé avec une diminution de l’amplitude du trémor.

Les émissions de SO2 ont commencé à augmenter progressivement à la mi-juin ; elles ont atteint une moyenne de 460 tonnes par jour (t/j) entre le 11 et le 17 juillet, et de 306 t/j entre le 18 et le 24 juillet.

Le réseau géodésique a détecté une extension entre le sommet et le flanc nord, ainsi que, dans une moindre mesure, à la base du volcan, bien qu’aucun soulèvement significatif n’ait été constaté.

Une éruption phréatique survenue le 2 juillet a été la première enregistrée depuis environ six semaines. Au total, 38 éruptions phréatiques ont été recensées entre le 2 et le 24 juillet ; trois d’entre elles ont généré des lahars sur le flanc nord ; le plus important de l’année 2026 a été enregistré le 20 juillet.

Le 24 juillet, une éruption phréatique d’une durée d’environ deux minutes a projeté des blocs à 200 m au-dessus de la surface du lac et a généré un panache de gaz et de vapeur qui est monté à 400 m de hauteur. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été porté à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: Wikipedia

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Une intensification de l’activité éruptive a été observée sir le Puracé (Colombie) entre le 21 et le 27 juillet 2026. L’activité sismique liée à la fracturation roches s’est maintenue à des niveaux comparables à ceux de la semaine précédente, tout en affichant une légère hausse d’intensité.

Les images satellitaires ont révélé la présence d’une anomalie thermique persistante sur le volcan. Les images prises par caméra thermique ont mis en évidence une hausse de la température des émissions au niveau du champ de fumerolles situé sur la lèvre externe du Puracé.

Les émissions de SO2 et de CO2 ont connu une augmentation marquée, atteignant les niveaux les plus élevés enregistrés depuis le début de l’épisode éruptif actuel, le 20 janvier 2025. Les signaux associés aux mouvements de fluides et aux émissions ont gagné en intensité, tout comme les épisodes de trémor.

Le nombre d’émissions quotidiennes de gaz et de cendres a augmenté, de même que la hauteur des panaches, le plus élevé atteignant 3,5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones autour du volcan.

Malgré cette intensification de l’activité, le niveau d’alerte reste fixé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano.

Vue du cratère du Puracé (Crédit photo: Wikipedia)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Episode 52 of the Kilauea eruption (Hawaii) began on July 28, 2026, at 7:10 PM (local time) and ended on July 29 at 2:36 AM (local time), adter seven and a half hours of lava fountaining activity. The fountains reached a maximum height of nearly 150 meters. The effusion rate peaked at approximately 270 cubic meters per second, with an average of 190 cubic meters per second over the course of the fountaining activity. The volume of erupted lava is estimated at 4.7 million cubic meters. The lava covered approximately 40 to 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.
The sudden shift from deflation to summit inflation at the end of Episode 52 indicates that a new episode of lava fountaining is likely in the near future.
Source: HVO.

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A magnitude 5.2 earthquake struck Bárðarbunga (Iceland) at 5:36 a.m. on 28 July 2026.

The earthquake occurred on the northern rim of the caldera. Initial measurements published by the Icelandic Meteorological Office indicated a magnitude of M5.1, but a subsequent review revised the magnitude to M5.2.

According to a Met Office scientist, the event is part of the pattern observed over the past several years. Earthquakes of this size are linked to magma accumulation beneath Bárðarbunga following the 2014–2015 Holuhraun eruption. However, there are no signs of volcanic unrest at the moment..

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Stillin Iceland, the Met Office’s latest report about the situation along the Sundhnúkur crater row dates back to 21 July 2026. The situation remains unchanged. Uplift at Svartsengi continues at a slow but steady rate. Seismic activity remains low. Icelandic volcanologists keep saying that the most likely scenario is that a magma intrusion will propagate from Svartsengi towards the Sundhnúkur crater row, potentially leading to an eruption. However, no more predictions are made about the date of such an event

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Eruptive activity at Sabancaya (Peru) continues. However, no volcanic explosions have been detected in recent days; only emissions of water vapor, ash, and gas rising up to 1,500 meters above the summit have been observed, alongside seismic activity linked to the movement of magmatic fluids and rock fracturing within the volcanic edifice. Consequently, the volcanic alert level remains Orange.
Source: IGP.

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In a bulletin issued on July 30, 2026, the INGV reported that, since 01:30 UTC, the camera network monitoring Mount Etna (Sicily) showed Strombolian activity at the Voragine crater. This activity gradually intensified over the next few hours, producing ash emissions that were drifting northwest.
The average amplitude of volcanic tremor fluctuated significantly throughout the day, reaching high levels, with a sudden spike at 01:30 UTC. The tremor source was located in the area of ​​the Voragine and Bocca Nuova craters, at an elevation of approximately 3,000 meters above sea level. The eruptive episode generated an ash plume reaching an altitude of 7 km, prompting the Etna Observatory to raise the aviation colour code to Red.

Starting from 08h30 UTC, the strombolian activity progressively decreased and is currently at a low level, while intense ash emissions are still observed.
Source: INGV.

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An increase in activity is currently observed at Rincón de la Vieja (Costa Rica) Starting on 1 June 2026, the seismic network detected a slight increase in the tremor, followed by volcano-tectonic earthquakes in areas both proximal and distal to the crater. A small swarm of long-period earthquakes on 28 June was coincident with a general decrease in tremor amplitude.

SO2 emissions began to gradually increase in mid-June ; they averaged 460 tonnes per day (t/d) during 11-17 July and 306 t/d during 18-24 July.

The geodetic network detected extension between the summit and N flank, and to a lesser extent at the base of the volcano, though there was no significant uplift.

A phreatic eruption on 2 July was the first to be recorded in about six weeks. Notably, there were 38 phreatic eruptions during 2-24 July, three of which generated lahars on the N flank; the largest lahar in 2026 was recorded on 20 July. On 24 July a phreatic eruption that lasted around two minutes ejected ballistics 200 m above the lake’s surface and generated a gas-and-stream plume that rose 400 m. As a consequence, the Alert Level was raised to 3 and the Aviation Color Code to Orange.

Source : OVSICORI.

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An increase in eruptive activity was observed at Puracé (Colomnia) during 21-27 July 2026. Seismic activity associated with rock fracturing continued at similar levels compared to the previous week, with a slight increase in intensity. Satellite images showed a persistent thermal anomaly on the volcano. An increase in the temperature of emissions at the fumarolic field located on the outer rim of Puracé was observed in thermal camera images.

A significant increase in both SO2 and CO2 emissions reached the highest levels detected since the current eruptive episode began on 20 January 2025. Signals associated with fluid movement and emissions increased in intensity; tremor pulses intensified.

There was an increase in the number of daily gas-and-ash emissions and the heights of the plumes, with the tallest plume rising 3.5 km above the crater. Ashfall was reported in various areas around the volcano.

Despite this increase in activity, the Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : Servizio Geologico Colombiano.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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J

Des « feux zombies » en Gironde, comme dans l’Arctique !

Dans plusieurs notes publiées depuis 2013, j’explique que des « feux zombies » sont observés dans l ‘Arctique, en particulier en Alaska et surtout en Sibérie. Les données satellitaires depuis 2013 ont permis de mieux comprendre l’origine et le fonctionnement de ces feux, très mystérieux à l’origine.

On a la preuve que les incendies arctiques sans précédent observés au cours de l’été 2019 ont survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Ces feux se sont rallumés au mois de mai, alors que la neige était encore en train de fondre.

Les incendies zombies dans l’Arctique constituent un cercle vicieux. En effet, ils contribuent à la fonte du permafrost et envoient dans l’atmosphère d’importantes quantités carbone, exacerbant de ce fait le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies. On a un bel exemple de boucle de rétroaction.

L’analyse des images satellitaires a confirmé que de nombreux incendies survenus en Sibérie étaient en réalité des « incendies zombies », autrement des résurgences d’incendies de l’année précédente qui avaient conservé un vestige d’activité sous terre. Ces incendies peuvent continuer de couver dans le sous-sol sans montrer de signes visibles d’activité en surface.

Il faut savoir que le sous-sol de la toundra est très riche en tourbe,ce qui favorise la reprise des incendies.

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

Aujourd’hui, c’est en Gironde que l’on observe des « feux zombies », ce qui risque de compliquer encore davantage la tâche des pompiers. Ils s’attendent à un travail d’extinction « jusqu’aux pluies de l’hiver »: dans les 42.000 hectares de forêt ravagée par le mégafeu du mois de juillet 2026. Pompiers et forestiers s’attendent à une veille de longue haleine pour noyer ces feux qui risquent de couver pendant « plusieurs mois » en sous-sol. Ils savent que le feu parti de Saumos, aujourd’hui « stabilisé », risque de durer longtemps après la phase aiguë de la lutte. En effet, la situation présente des points communs avec celle observée dans l’Arctique.En Gironde, on se trouve dans un sol sec ou un terrain tourbeux dans les secteurs de Saumos, Andernos ou Le Porge. Le feu peut donc couver sous terre, puis réapparaître plus loin. Comme l’explique un pompier, « le feu de Landiras est resté chaud pendant deux ans, il est encore sous surveillance. À Saumos, ça va mettre des semaines, au minimum, voire des mois avant d’arriver à l’éteindre complètement. Il faudra aussi surveiller de très près toute la zone. »

Source : journaux de l’Alaska et presse régionale du sud-ouest en France.

Glaciers : rien ne va plus

Concentrations de CO2 : 429,11 ppm (30 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Le 28 juillet 2026, l’isotherme 0° se situait à 5000 m d’altitude, ce qui signifie que la température dépassait le 0° au sommet du Mont Blanc à 4810 m d’altitude. Ce niveau d’altitude pour l’isotherme 0°C est extrêmement rare et ne constitue pas la norme, même en plein été : Le premier record majeur enregistré en Suisse datait du 20 juillet 1995 (5117 m). Ce record a été battu en juillet 2022 (5184 m) puis de nouveau en août 2023 (5298 m), montrant une tendance à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces pics. À noter que tous ces pics ont été enregistrés après les années 1970 quand s’est accéléré le réchauffement climatique

Une telle température à très haute altitude empêche le regel nocturne. Le permafrost de roche dégèle en profondeur, augmentant considérablement les risques d’éboulements et de chutes de pierres, dans le Couloir du Goûter, par exemple.

Le 28 juillet 2026, la température a atteint 13,2 degrés Celsius au sommet de l’Aiguille du Midi (3842 m) où beaucoup de Chamoniards viennent se réfugier pour échapper à la canicule à 1000 mètres d’altitude.

Comme je l’ai écrit fans le titre de cette note, rien ne va plus.

Vue du Mont Blanc depuis l’Aiguille du Midi (image webcam)

L’année 2026 s’annonce particulièrement difficile pour les glaciers. Avec la succession de vagues de chaleur depuis le mois de mai, les rivières de glace des Alpes et des Pyrénées sont en grande souffrance. Le chef du service de surveillance des glaciers en Suisse (Glamos) explique que lors de la canicule du mois de juin, les glaciers alpins ont perdu en eau l’équivalent d’une piscine olympique toutes les six secondes pendant deux semaines.

Alors que l’été 2026 est encore loin d’être terminé, on peut déjà dire que cette année est la deuxième pire année pour la fonte des glaciers, derrière 2022, à cause des trois vagues de chaleur qu’ils viennent de subir. C’est aussi la faute à un hiver dont l’enneigement a été moyen et auquel est venue s’ajouter la poussières du Sahara en mars, avec un effet négatif sur l’albédo.

Selon les glaciologues, les chaleurs de mai ont été particulièrement décisives dans la situation actuelle car les glaciers n’ont pas connu la phase habituelle d’accumulation qui leur permet de se régénérer. Une telle situation avait déjà été observée en 2022. La conséquence a été immédiate. Faute d’une nouvelle couverture de neige blanche indispensable, les glaciers ont accéléré leur fonte. Cette tendance s’est poursuivie en juillet et continuera forcément en août, avec des glaciers à nu face aux fortes chaleurs.

Au final, on peut dire que les glaciers ont non seulement utilisé toutes leurs réserves accumulées durant l’hiver, mais ils perdent désormais leur glace « historique » et se retrouvent en recul. Le « Jour de recul des glaciers » qui marque habituellement le début de fonte des glaciers a eu lieu le 29 juin 2026. La seule année où il était survenu plus tôt était l’année record de 2022. Les glaciologues s’accordent pour dire que tous les ingrédients sont réunis cet été pour que les glaciers vivent une saison apocalyptique. La situation pourrait aussi se trouver aggravée par les cendres des incendies qui secouent la France et qui pourraient venir se déposer sur leur surface, amplifiant leur fonte à cause de la perte d’albédo.

Ceux qui, comme moi, connaissent le Glacier des Bossons depuis leur tendre enfance ont envie de pleurer en voyant son front déchiqueté aujourd’hui (Photo : réseaux sociaux)

L’Europe, avec la France, la Suisse et l’Italie, n’est pas la seule région du monde confrontée à la fonte des glaciers ; le problème est global. Depuis 2022, on assiste à un enchaînement des années catastrophiques, et 2026 pourrait franchir un nouveau cap. C’est la période la plus chaude jamais enregistrée dans l’ouest des Alpes. La situation est donc particulièrement inquiétante. Il ne faudrait pas oublier que les glaciers sont les zones les plus sensibles au réchauffement climatique en Europe. Ils ont été les pionniers dans l’alerte avec un écosystème qui est en train de disparaître. Il est donc grand temps que des mesures soient prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qui sont le cœur du problème.

Depuis 1850 qui marque la fin de la fin du petit âge glaciaire et qui est considérée comme le début du dérèglement climatique d’origine anthropique, avant son accélération dans les années 1970, les glaciers des Alpes françaises ont déjà perdu près des deux tiers de leur surface initiale, soit entre 65 et 70% des 700 km² qu’ils représentaient alors.

Cette perte de glace est catastrophique car les glaciers sont les meilleurs châteaux d’eau de l’Europe, mais aussi d’une grande partie du monde. Des fleuves comme le Rhône en Europe dépendent des glaciers. J’ai insisté à plusieurs reprises sur ce blog sur la dépendance des populations asiatiques vis à vis des glaciers himalayens pour leur alimentation en eau potable. Comme l’a rappelé un glaciologue suisse, « nous sommes tous en aval de cette cryosphère, il faut arrêter d’être dans le déni et tout faire pour ralentir la fonte. Pour chaque kilo de CO2 émis, ce sont en moyenne 16 kg de glaciers de montagne qui fondent. »

Source : presse française, suisse et italienne.