Éruption de l’Etna (Sicile) : renforcement de la sécurité // Mt Etna eruption (Sicily) : increased security

Une réunion s’est tenue à la Préfecture de Catane pour résoudre les problèmes de circulation pour accéder à l’Etna, en particulier sur le SP 92 où de gros embouteillages ont été observés le week-end dernier. En conséquence, il a été décidé que la SP 92 ne sera praticable que dans le sens montant. Pour la descente, il faudra utiliser la route vers Milia, Ragalna. Les contrôles des forces de l’ordre ont été intensifiés pour garantir le respect des consignes de sécurité et pour vérifier l’obligation d’utiliser des chaînes et des pneus neige sur la route de Milia et sur la SP 92.
S’agissant du site de l’éruption, il est rappelé à la population que la distance minimale de sécurité à respecter à proximité de la coulée de lave est de 300-500 mètres. La Protection Civile, en prévision de l’afflux de visiteurs le week-end prochain, a préparé un plan de rotation des équipes de bénévoles qui fourniront une assistance à la population et aideront la police à assurer une protection adéquate de la zone.
Source : La Sicilia.

Sécurité renforcée autour de la coulée de lave (Source: YouTube)

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A meeting was held at the Prefecture of Catania to resolve access problems to Mt Etna, in particular on SP 92 where major traffic jams were observed last weekend. As a result, it was decided that SP 92 will only be passable in the uphill direction. For the descent, the road towards Milia, Ragalna will have to be used. Law enforcement checks have been intensified to ensure compliance with safety instructions and to verify the obligation to use chains and snow tires on the Milia road and on SP 92.
Regarding the eruption site, visitors are reminded that the minimum safety distance to be respected near the lava flow is 300-500 meters. The Civil Protection, in anticipation of the influx of visitors next weekend, has prepared a rotation plan for volunteer teams who will provide assistance to the population and help the police ensure adequate protection of the area.

Source : La Sicilia.

À voir absolument sur France 5 : « Faut-il avoir peur de nos glaciers ? »

France 5 présente en ce moment, dans le cadre de la série « Sur le Front » un excellent document sur les conséquences du réchauffement climatique dans les Alpes et nos montagnes en général.

En juin 2024, le hameau de La Bérarde, en Isère, a été ravagé en quelques heures par une lave torrentielle d’une violence inouïe. C’est la vidange soudaine d’un lac glaciaire qui a provoqué cette catastrophe. Les images du reportage sont saisissantes et expliquent parfaitement le phénomène. Avec la fonte ultra rapide des glaciers, de plus en plus de lacs sub-glaciaires et sous-glaciaires apparaissent et beaucoup n’ont pas été répertoriés. Ils sont donc des menaces pour les villages ou les stations situés en aval. C’est le cas de localités comme Tignes ou Saint Gervais qui a déjà connu un tel drame en 1892 avec 175 morts.

À côté de la fonte des glaciers, le document nous montre les conséquences du dégel du permafrost de roche, ce ciment qui assure la stabilité des parois. Là encore, les images spectaculaires des effondrements illustrent parfaitement la menace qui pèse sur les alpinistes et les randonneurs.

Dans la dernière partie, le reportage s’attarde sur les glaciers des Pyrénées que nos enfants et petits-enfants verront mourir et disparaître.

J’ai écrit plusieurs notes sur mon blog à propos de ces différents événements :

Lave torrentielle de La Bérarde :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/12/19/le-rechauffement-climatique-a-lorigine-de-la-catastrophe-de-la-berarde-isere/

Drainage du glacier de Tignes :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/10/france-mise-en-securite-des-lacs-glaciaires/

La catastrophe du glacier de Tête Rousse :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/05/06/catastrophes-glaciaires-glacial-disasters/

Pour plus d’informations sur les lacs glaciaires, il suffit d’écrire ces deux mots dans le moteur de recherches du blog.

Le dégel du permafrost de roche et ses conséquences :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/03/25/le-degel-du-permafrost-de-roche-dans-les-alpes-1ere-partie-the-thawing-of-rock-permafrost-in-the-alps-part-1/

Vue du lac glaciaire de Tignes (Source: presse locale)

L’eau sous la menace du réchauffement climatique // Water under the threat of global warming

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’explique que la fonte des glaciers de l’Himalaya risque de devenir un énorme problème, car l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. Le dernier rapport du GWM – Global Water Monitor – un groupe de scientifiques et de chercheurs dont la mission est de garder un œil sur l’eau de notre planète confirme ma mise en garde. Le rapport rappelle que notre planète est en surchauffe, ce qui « fait des ravages » sur le cycle de l’eau, et les perspectives pour 2025 ne sont pas bonnes.
Le GWM est un réseau d’organisations et d’experts individuels qui « collaborent dans le but d’offrir des données gratuites, rapides et à l’échelle mondiale sur le climat et les ressources en eau. » Le GWM analyse les informations liées à l’eau fournies par les satellites et les stations terrestres. Ces informations concernent les régimes de précipitations, les conditions atmosphériques, les niveaux d’humidité du sol, le débit des rivières et les volumes des plans d’eau.

Le dernier rapport du GWM présente des perspectives sombres pour 2025. Il met en garde contre le risque de nouvelles sécheresses susceptibles de se développer ou de s’intensifier dans le nord de l’Amérique du Sud, en Afrique australe, en Afrique du Nord, en Asie centrale, dans certaines parties de l’Amérique du Nord et en Australie occidentale. Le rapport ne contient pas seulement des projections pour cette année ; il résume également les problèmes qui ont affecté les ressources en eau en 2024.
Comme je l’ai indiqué précédemment, en 2024, la Terre a connu son année la plus chaude jamais enregistrée et les systèmes hydriques du monde entier en ont fait les frais, ce qui a perturbé le cycle de l’eau. De fortes pluies ont également provoqué des crues soudaines à grande échelle en Afghanistan et au Pakistan, tuant plus de 1 000 personnes. Les incendies provoqués par le temps chaud et sec ont brûlé plus de 52 000 kilomètres carrés au cours du seul mois de septembre, en libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre.
Le rapport du GWM a constaté une tendance inquiétante concernant les mois de sécheresse record. En effet, ils ont été 38 % plus fréquents par rapport à la moyenne de référence de 1995-2005. À l’autre extrémité du spectre, les précipitations extrêmes en 2024 ont été 52 % plus fréquentes. En particulier, l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et l’Asie ont connu des précipitations quotidiennes record. En 2024, les catastrophes liées à l’eau ont causé plus de 8 700 décès, déplacé 40 millions de personnes et entraîné des pertes économiques dépassant 550 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Il faut noter que les chiffres réels sont probablement plus élevés en raison de données incomplètes et d’événements non répertoriés.
Le bilan le plus lourd en termes de tragédie humaine est venu des événements les plus dévastateurs qui se sont produits en Afrique, en Asie du Sud et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les inondations et la sécheresse ont déplacé plus de 30 millions de personnes en Afrique australe et dans la région du Sahel. Ces événements ont exacerbé l’insécurité alimentaire, créant des pénuries alimentaires pour plus de 30 millions de personnes.
Le rapport du GWM fait également état de plus de 520 milliards de dollars de dommages économiques à l’échelle mondiale causés par les cyclones tropicaux, et de dommages écologiques causés par les sécheresses et les incendies liés à la déforestation dans la forêt amazonienne. Dans sa conclusion, le rapport du GWM indique que « nous devons nous préparer et nous adapter à des événements extrêmes inévitablement plus graves. Cela peut signifier des protections plus efficaces contre les inondations, le développement d’une production alimentaire et d’un approvisionnement en eau plus résistants à la sécheresse, et de meilleurs systèmes d’alerte précoce. L’eau est notre ressource la plus essentielle, et ses extrêmes comptent parmi les plus grandes menaces auxquelles nous sommes confrontés. »
Source : Global Water Monitor (GWM).

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During my conference « Glaciers at risk, the consequences of global warming », I explain that the melting of the glaciers in the Himalayas is likely to become a problem as the Himalayas are the water tower of Asia. The latest report from a large group of scientists and researchers whose mission is to keep an eye on Earth’s water agrees with may warning and says that our overheating planet is « wreaking havoc » on our planet’s water cycle and that the outlook for 2025 is grim.

The Global Water Monitor (GWM) is a network of organizations and individual experts who collaborate with the goal of offering free, rapid, and global climate and water resource data. The GWM is analyzing water-related measurements from satellites and ground stations that help deliver timely insights into rainfall patterns, atmospheric conditions, soil moisture levels, river discharge, and water body volumes.

The GWM’s latest report includes a dire outlook for 2025, warning of the potential for new droughts to develop or intensify in northern South America, southern Africa, northern Africa, Central Asia, parts of North America, and Western Australia. The report not only has projections for this year, but it also summarizes the problems that affected water resources in 2024.

In 2024, Earth experienced its hottest year on record and water systems across the globe bore the brunt, wreaking havoc on the water cycle. Heavy rainfall events also caused widespread flash flooding in Afghanistan and Pakistan, killing more than 1,000 people. Wildfires driven by the hot and dry weather burned through more than 52,000 square kilometers in September alone, releasing vast amounts of greenhouse gases.

The GWM report found a troubling trend that favors more extremely dry months. Indeed, record dry months were 38% more common compared to the 1995-2005 baseline average for global precipitation over land. On the other end of the spectrum, extreme precipitation events in 2024 were 52% more common, with West Africa, Europe, and Asia experiencing record-breaking daily rainfall events. In 2024, water-related disasters caused more than 8,700 fatalities, displaced 40 million people, and resulted in economic losses exceeding 550 billion dollars globally, with true figures likely higher due to incomplete data and events not listed.

The biggest toll in terms of human tragedy came from the most damaging events that occurred in Africa, South Asia, and Papua New Guinea. Floods and drought displaced over 30 million in Southern Africa and the Sahel region. These events exacerbated food insecurity, creating food shortages for over 30 million people.

The GWM report also notes over 520 billion dollars in economic damage globally from tropical cyclones and ecological damage from droughts and deforestation-related fires in the Amazon rainforest.

In its conclusion, the GWM report says that « we need to prepare and adapt to inevitably more severe extreme events. That can mean stronger flood defences, developing more drought-resilient food production and water supplies, and better early warning systems. Water is our most critical resource, and its extremes are among the greatest threats we face. »

Source : Global Water Monitor (GWM).

Ça se bouscule sur l’Etna ! // Too many people on Mt Etna !

Depuis le 6 février 2025, l’Etna en éruption avec une belle coulée de lave issue d’une fracture ouverte à 3 050 mètres d’altitude et un front qui se situe autour de 1 850 mètres sur le côté sud-ouest du volcan. Dans le même temps, le cratère SE laisse échapper de volumineux panaches de cendres qui perturbent parfois le trafic aérien à l’aéroport de Catane. Le tremor éruptif se maintient à un niveau élevé, signe que la pression reste élevée dans les conduits d’alimentation de l’Etna.

On a donc affaire à une éruption subterminale assez classique mais qui a déjà été visitée par pas mal de gens (accompagnés de guides volcanologiques) qui ont posté photos et vidéos sur les réseaux sociaux, ce qui ne manque pas d’attirer encore plus de visiteurs. Le résultat était prévisible : ça se bouscule au portillon !
Les routes comme la SP 92 sont encombrées de voitures, de bus, de motos et de tout type de moyens de transport, surtout le soir, moment où le spectacle devient féérique. Des milliers de personnes sont venues au cours du week-end, avec des risques liés à l’activité éruptive. J’ai mis en garde précédemment contre le risque d’explosions pouvant être provoquées par le contact de la lave avec la neige.

L’alerte a été donnée par le chef de la Protection Civile qui a fait part au Préfet de son inquiétude face à la situation de risque et demandé la présence de davantage de policiers pour gérer la situation. Le principal problème concerle le stationnement sauvage sur les bords des routes étroites avec, par exemple, un blocage total de la circulation à Piano Vetore et l’impossibilité de passage des véhicules d’urgence. Le but recherché par les responsables locaux est de combiner le besoin de profiter du volcan avec celui de la sécurité. En Sicile, ce n’est pas gagné… !

Source : presse locale.

Le contact de la lave et de la neige peut devenir explosif (Source: YouTube)

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Since February 6, 2025, Mt Etna has been erupting with a nice lava flow from a fracture that opened 3,050 meters above sea level and a lava front located around 1,850 meters on the southwest side of the volcano. At the same time, the SE crater is releasing voluminous ash plumes that sometimes disrupt air traffic at Catania airport. The eruptive tremor remains at a high level, a sign that the pressure remains high in Etna’s supply conduits.
We are therefore dealing with a fairly classic subterminal eruption but which has already been visited by quite a lot of people ‘accompanied by volcanological guides) who have posted photos and videos on social networks, which attracts even more visitors. The result was predictable: there’s a lot of activity at the gate!
Roads such as SP 92 are congested with cars, buses, motorbikes and all types of means of transport, especially in the evening, when the show becomes magical. Thousands of people came over the weekend, with risks related to the eruptive activity. I have previously warned of the risk of explosions that could be caused by the contact of the lava with the snow.
The alert was given by the head of Civil Protection who informed the Prefect of his concern about the risky situation and asked for more police to manage the situation. The main problem concerns illegal parking on the edges of narrow roads with, for example, a total blockage of traffic at Piano Vetore and the impossibility of emergency vehicles passing. The aim sought by local officials is to combine the need to enjoy the volcano with that of safety.