Nouveau paroxysme sur l’Etna (Sicile) // New paroxysm at Mt Etna (Sicily)

La hausse de l’activité strombolienne que j’ai signalée ces deux derniers jours le laissait entrevoir; un nouveau paroxysme a secoué la Voragine de l’Etna ce 4 août 2024 au matin, avec la même évolution que lors des événements précédents : activité strombolienne évoluant en fontaines de lave et un panache de cendres qui, ce matin, se dirigeait vers l’ESE où les habitants devront à nouveau sortir les balais! Reste maintenant à savoir où se produira le prochain événement éruptif: Sicile ou Islande, en sachant que le Kilauea (Hawaii) n’a pas forcément dit son dernier mot!

Image thermique du paroxysme (Source: INGV)

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The increase in Strombolian activity that I reported in the last two days suggested that a new paroxysm would occur at Mt Etna’s Voragine. It did on the morning of August 4th, 2024, with the same evolution as during the previous events: Strombolian activity evolving into lava fountains and an ash plume that, this morning, was heading ESE where people will have to get out their brooms again! Let’s see now where the next eruptive event will occur : Sicily or Iceland, knowing that Kilauea (Hawaii) has not necessarily said its last word!

Source: INGV

L’Ol Doinyo Lengaï (Tanzanie) en 2024

Francis Balland, fidèle visiteur de mon blog, s’est rendu en Tanzanie il y a quelques semaines où il a gravi le l’Ol Doinyo Lengaï. Ce volcan est exceptionnel car il est le seul volcan actif au monde à émettre des carbonatites, laves qui ne contiennent presque pas de SiO2 et plus de 50% de minéraux carbonatés. En 2015, une équipe internationale de scientifiques a publié une très intéressante étude intitulée « Chimie volatile du manteau supérieur à l’Ol Doinyo Lengai et origine des carbonatites ». Vous trouverez le texte complet en cliquant sur ce lien:

https://www.deepdyve.com/lp/nature/upper-mantle-volatile-chemistry-at-oldoinyo-lengai-volcano-and-the-EM4aFfE2Am?key=citeulike

Francis Baland a eu la gentillesse de rédiger et de m’adresser un rapport d’observation qui m’a permis de comparer la morphologie du Lengaï en 2024 avec celle que j’avais observée lors d’une visite au volcan tanzanien en décembre 2002. Le cratère a été bouleversé par un violent épisode éruptif survenu en septembre 2007. Depuis cette date, le volcan est à nouveau actif mais n’a toujours pas repris son aspect pré-éruptif.

Francis Balland explique que dans la partie centrale du cratère on peut voir une douzaines de hornitos. Deux étaient actifs au moment de sa visite.

 

L’un des hornitos laissait parfois échapper une coulée à son sommet. La carbonatite est une lave très fluide, de couleur noire. Elle blanchit et présente des reflets argentés en se refroidissant, avant de prendre une couleur marron avec le temps.

Une ouverture s’est produite sur le flanc de l’un des hornitos actifs et a laissé échapper une coulée de lave qui s’est épanchée sur le plancher du cratère. L’ouverture s’est ensuite refermée progressivement en laissant apparaitre de belles projections de lambeaux de lave

Photos: F. Balland

On observe parfois des rougeoiements, encore plus visibles sur les photos en pose longue.

 Le deuxième jour de la visite, deux coulées étaient actives en même temps.

En cliquant sur ce lien, vous trouverez les photos et vidéos réalisées par Francis Balland :

https://www.dropbox.com/scl/fo/b9ooya95ppsjrbcmdr2o1/AMpT-UNgd-Sc6y8p8SqkYjo?rlkey=q4g54t0a0z10la809qi1aa3nb&st=6mx9m2g1&dl=0

Vous pouvez visiter également son compte Instagram : https://www.instagram.com/francis.balland/

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En décembre 2002, l’Ol Doinyo Lengaï présentait un aspect bien différent, comme le montrent les photos prises depuis le point le plus élevé de la montagne:

– en 2002…

Photo: C. Grandpey

– en 2024…

Photos: F. Balland

En 2002, la lave recouvrait le sommet du volcan où s’agitait un petit lac de lave.

Des coulées s ‘en échappaient. La carbonatite avançait sur le versant du volcan et sur la partie sommitale.

Plusieurs hornitos laissaient échapper des panaches de gaz.

Photos: C. Grandpey

En 2007, tout a disparu et laissé la place à un gouffre profond, aujourd’hui en phase de remplissage…

Le cratère du Lengaï en 2011 (Source: Wikipedia)

Nouvelle vague de chaleur en Antarctique // New heat wave in Antarctica

Ça va mal en Antarctique. En juillet 2024, les températures au sol sur de vastes zones de la calotte glaciaire ont atteint en moyenne 10 °C au-dessus de la normale, Les scientifiques parlent d’une vague de chaleur « quasi record. » C’est d’autant plus inquiétant que c’est l’hiver en ce moment dans l’hémisphère sud et que le continent antarctique est plongé dans l’obscurité.

Si les températures restent inférieures à zéro, elles ont dépassé de 28 °C les prévisions certains jours ! Le globe vient de connaître 12 mois de chaleur record, avec des températures qui ont dépassé régulièrement la hausse de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, définie comme la limite pour éviter la pire catastrophe climatique.

Les modèles des climatologues avertissent depuis longtemps que les effets les plus importants du réchauffement climatique anthropique se feraient sentir dans les régions polaires, et nous en avons la preuve avec la situation actuelle en Antarctique. Ce type de réchauffement en hiver, qui se poursuit pendant les mois d’été, peut entraîner la fonte, voire la disparition, des calottes glaciaires.

La vague de chaleur actuelle est la deuxième dans la région au cours des deux dernières années. La dernière, en mars 2022, a entraîné un pic de 39 °C et provoqué la disparition d’une partie de la calotte glaciaire de la taille de Rome.

La hausse des températures en juillet en Antarctique fait suite à un épisode El Niño particulièrement fort qui a probablement influencé la vague de chaleur actuelle, en relation avec la hausse générale des températures causée par le réchauffement climatique.

Les scientifiques expliquent que la cause immédiate de la vague de chaleur est un affaiblissement du vortex polaire, la bande d’air froid et de basse pression qui tourne dans la stratosphère autour de chaque pôle. L’interférence des ondes atmosphériques a affaibli le vortex et a entraîné une hausse des températures à haute altitude cette année.

Un géophysicien de la Scripps Institution of Oceanography a déclaré qu’il était « extrêmement inquiet de ce qui attend cette région dans les années à venir ». Un de ses collègues a ajouté : « Je ne suis pas surpris étant donné qu’il s’agit malheureusement d’une conséquence attendue du changement climatique. »

Source : The Washington Post et d’autres médias d’information américains.

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Here is some more bad news about Antarctica. In July 2024, dround temperatures across large areas of the ice sheets of Antarctica have soared an average of 10°C above normal in what has been described as a near record heatwave. This is all the more worrying as it is winter in the South Hemisphere and the Antarctic continent is shrouded in darkness.

While temperatures remain below zero on the polar land mass, temperatures have reportedly reached 28°C above expectations on some days.

The globe has experienced 12 months of record warmth, with temperatures consistently exceeding the 1.5°C rise above preindustrial levels that has been defined as the limit to avoiding the worst climate disaster.

Climate scientists’ models have long predicted that the most significant effects of anthropogenic global warming would be on polar regions, and we have a proof of it with the current situation in Antarctica where that kind of warming in the winter and continuing in to summer months can lead to collapsing of the ice sheets.

The current heatwave is the second to hit the region in the past two years, with the last, in March 2022, leading to a spike of 39°C and causing a portion of the ice sheet the size of Rome to collapse.

Antarctica’s increased July temperatures follow a particularly strong El Niño episode which probably influenced the heat wave, in combination with the general increase in temperatures caused by global warming.

Scientists say the proximate cause of the heatwave was a weakened polar vortex, the band of cold air and low pressure that spins in the stratosphere around each pole. Interference from atmospheric waves weakened the vortex and led to rising high-altitude temperatures this year.

A geophysicist at the Scripps Institution of Oceanography said he was “certainly worried about what’s in store for this region in the years to come”. One of his colleagues added : I’m not surprised considering this is sadly an expected outcome of climate change.”

Source : The Washington Post and other US news media.

Attaque d’ours polaire au Groenland // Polar bear attack in Greenland

Les ours polaires ne sont généralement pas présents dans le sud ou l’ouest du Groenland, mais 2024 fait exception à la règle. Cette année, on rencontre les plantigrades partout dans l’ouest du Groenland. Deux d’entre eux ont récemment été observés près de Nuuk, la capitale. Un certain nombre d’ours se sont également approchés très près des villes du sud du Groenland cet été. Plusieurs ours polaires ont été abattus à Qaqortoq après evoir pénétré carrément dans la ville. Ce n’est pas bon signe. Cela signifie que les animaux ne trouvent plus assez de nourriture dans l’océan. 68 ours polaires avaient déjà été vus au début de l’année dans l’est du Groenland, en train de faire un festin sur une carcasse de baleine. Une autre raison de la présence inhabituelle d’ours polaires dans certaines parties du Groenland est la présence d’une vaste superficie de banquise cette année. La glace de mer descend vers l’est du Groenland avant de contourner la pointe sud et de remonter vers le nord avec les courants marins. C’est ce qui explique la présence des ours à Qaqortoq, Nuuq et ailleurs.
Deux ours polaires ont même été vus sur le populaire sentier du cercle polaire arctique (Arctic Circle Trail) de 160 km entre Kangerlussuaq et Sisimiut. Comme les ours sont rares dans cette partie de l’Arctique, les randonneurs et les habitants ne portent pas d’armes à feu. Plusieurs randonneurs ont annulé leurs plans de randonnée en raison de la menace potentielle des ours. A noter que l’évacuation par hélicoptère sous prétexte que vous avez simplement aperçu un ours polaire n’est probablement pas couvert par votre assurance.
Un Allemand qui faisait partie d’une équipe scientifique a été attaqué par un ours polaire dans l’est du Groenland le 24 juillet 2024. L’incident s’est produit sur l’île Traill, près de Mestersvig. Le scientifique est le lseul à avoir été blessé lors de l’attaque et il a été immédiatement transportée par avion vers un hôpital en Islande. Son état est jugé stable. L’ours polaire responsable de l’attaque a été abattu.

Pour faire face à ce nombre élevé d’ours polaires, le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund – WWF) a lancé sa patrouille d’ours polaires plus tôt que prévu. La patrouille opère généralement entre la mi-août et le mois de janvier, mais cette année, elle a commencé plus tôt en raison de plusieurs situations au cours desquelles des ours polaires se sont approchés trop près des humains. Équipée d’un véhicule tout-terrain et de balles en caoutchouc, la patrouille vise à effrayer les ours et à les éloigner des villes pour éviter des confrontations tragiques.
Fin juillet, deux ours polaires ont été abattus après s’être approchés dangereusement de personnes ; l’un se dirigeait vers un terrain de football où des enfants jouaient, et l’autre déambulait dans une zone résidentielle.
Source : Médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

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Polar bears don’t usually show up in Southern or Western Greenland, but 2024 has been an exception. There are bears everywhere in West Greenland this year. Two of them recently appeared near Nuuk, Greenland’s capital. Quite a few have been way too close to towns in South Greenland this summer, too. Several polar bears have been shot in Qaqortoq, as the bears were literally in town. This is not a good sign. It means the animals are no longer finding enough food in the ocean. 68 polar bears showed up earlier this year in East Greenland to feast on the same whale carcass. Another reason for the unusual presence of polar bears in some parts of Greenland is that there is a lot of pack ice this year. It travels down East Greenland and around the southern tip of Greenland and then north again with the current. Hence the bears’ presence in Qaqortoq, Nuuq, and elsewhere.

Two polar bears even appeared on the popular 160km Arctic Circle Trail between Kangerlussuaq and Sisimiut. Because bears are rare in that part of the Arctic, hikers and locals don’t carry firearms. Several hikers have canceled their plans due to the potential bear threat. However, theu should be warned that calling for helicopter evacuation when you merely sight a polar bear is likely not covered by your insurance.

A German man participating in a research team was attacked by a polar bear in East Greenland on July 24th, 2024. The incident occurred on Traill Island near Mestersvig. Only one person was injured in the attack and was immediately airlifted to a hospital in Iceland. His condition has been reported stable. The polar bear responsible for the attack was shot following the incident.

In response to this high number of polar bears, the World Wildlife Fund (WWF) initiated their polar bear patrol earlier than scheduled. The patrol typically operates from mid-August to January, but this year started early due to several encounters in which polar bears approached humans too closely. Equipped with an ATV (all-terrain vehicle) and rubber bullets, the patrol aims to scare the bears away from towns to avoid tragic confrontations.

By the end of July, two polar bears were shot after moving alarmingly close to people ; one was heading toward a soccer field where children were playing, and the other was wandering around a residential area.

Source : US news media.