Les chambres magmatiques du Kilauea (Hawaii) // The magma chambers of Kilauea Volcano (Hawaii)

Le Kilauea n’est pas en éruption en ce moment sur la Grande île d’Hawaï. Le HVO explique que le sol de la zone sommitale se gonfle et se dégonfle en fonction de l’alimentation magmatique. Cette situation peut perdurer jusqu’à ce qu’une activité éruptive se déclenche, sans prévenir ou presque.

Dans un récent article « Volcano Watch », le HVO nous explique le comportement des chambres magmatiques qui se trouvent sous le Kilauea. Pour commencer, il faut savoir que la partie supérieure d’une chambre magmatique active contient une roche liquide à très haute température. Un peu plus en profondeur dans la chambre s’opère une transition avec un matériau moins liquide, riche en cristaux, avec une température un peu moins élevée. Encore en dessous, on aboutit à une roche relativement froide et friable.
La quantité de magma dans un réservoir fluctue dans le temps, comme on peut le constater en ce moment sur le Kilauea. Ces fluctuations de la quantité de magma dans un réservoir provoquent des variations de pression qui, à leur tour, génèrent des séismes et des déformations du sol. Les séismes ne se produisent pas dans le magma liquide, mais leur emplacement permet de délimiter les zones de stockage. Les séismes affectent également une zone plus large du volcan en raison des variations de contraintes dues à la pression du magma et aux forces gravitationnelles.
Parallèlement aux séismes, le comportement de la surface du sol au-dessus d’une zone de stockage peut être un indicateur intéressant des conditions à l’intérieur du réservoir magmatique. De petits changements à la surface du sol sont enregistrés par des inclinomètres au sol, ainsi que par les satellites avec, en particulier, la technologie InSAR.

Source: USGS / HVO

Les emplacements des séismes et les données de déformation du sol donnent des indications sur l’endroit et la quantité de magma stocké sous la surface. Ces données peuvent être utiles pour modéliser la profondeur et le volume des chambres magmatiques.
Il existe plusieurs zones de stockage du magma sur le Kilauea, définies à partir des données accumulées pendant des décennies. On peut les voir sur cette coupe du volcan :

Source: USGS / HVO

Le magma est stocké dans le réservoir de Halema’uma’u (H sur l’image), qui se trouve à environ 1,5 km sous le cratère. On pense que les événements de déflation-inflation enregistrés par les inclinomètres correspondent aux variations de pression exercées sur cette zone de stockage. Ce réservoir peut se vidanger lors d’intrusions et d’éruptions. Ainsi, l’éruption de 2018 a fait évacuer tellement de magma du réservoir situé sous l’Halema’uma’u que la caldeira sommitale s’est effondrée.

Halema’uma’u avant et après l’effondrement de 2018 (Crédit photo: HVO)

Un autre réservoir peu profond, actif seulement par intermittence, se trouve près de Keanakāko’i (K sur l’image). Il y a aussi probablement du magma stocké dans le secteur reliant le réservoir de l’Halema’uma’u au Kīlauea Iki, à environ 1,5 km de la surface (HKIT sur l’image). L’éruption de septembre 2023 s’est produite à partir de ce système.

Kilauea Iki (Photo: C. Grandpey)

Au-dessous du réservoir de l’Halema’uma’u et légèrement au sud se trouve la chambre magmatique principale du Kīlauea, baptisée réservoir de la caldeira sud (SC dans l’image). Ce magma se trouve à environ trois kilomètres sous la surface ; il est alimenté par le point chaud et alimente à son tour le réservoir de l’Halema’uma’u, même si les deux réservoirs se manifestent parfois indépendamment, ce qui montre que leur connexion n’est pas parfaite. Le réservoir de la caldeira sud (SC) alimente également les principales zones de rift du Kilauea.
Il arrive aussi que le magma soit stocké dans une zone appelée zone sismique du rift sud-ouest (SWRZ sur l’image), qui se trouve à environ 3 km sous la surface entre la caldeira du Kīlauea et le système de failles de Koa’e. Les épisodes d’accumulation de magma dans cette zone sont fréquents, comme en 2006, 2015, 2021, et en octobre-novembre 2023 ; mais les éruptions dans cette zone son rares.
L’emplacement des séismes et les schémas de déformation du sol au cours des derniers mois laissent supposer que plusieurs zones d’accumulation du magma au sommet du Kilauea ont été actives. En plus des réservoirs de l’Halema’uma’u et de la caldeira sud, le magma semble s’infiltrer dans la zone sismique de Keanakāko’i et du rift sud-ouest.
On ne sait pas trop pourquoi certaines zones de stockage du magma sont plus actives que d’autres , mais des observations récentes confirment que le sommet du Kīlauea est de plus en plus sous pression au fil du temps. Comme je l’ai écrit plus haut, une activité éruptive pourrait se déclencher dans un avenir proche, sans prévenir ou presque..
Source : USGS/HVO.

————————————————————–

Kilauea is not erupting these days on Hawaii Big Island. HVO explains that the ground in the summit area is inflating and deflating with the fluctuating input of magma to the area. This activity may continue tp fluctuate and eruptive activity could occur in the near future with little or no warning.

In a recent ‘Volcano watch ‘ article, HVO explains the behaviour of magma chambers beneath Kilauea. To begin with, one should know that the top of an active magma chamber is hot with liquid rock. Deeper in the chamber, it transitions to slightly cooler, partially molten/partially solid, crystal-rich material, and eventually to relatively cold and brittle rock.

The amount of magma in a reservoir fluctuates over time, as can be seen right now on Kilauea. These fluctuations in the amount of magma in a reservoir cause changes in pressure that can be detected through earthquakes and ground deformation. Earthquakes don’t occur in liquids such as magma, but their locations can approximately outline storage zones. Earthquakes also occur over a wider area of the volcano because of changing stresses from magma pressure and gravitational forces.

Along with earthquakes, the behavior of the ground surface above an area of magma storage can be an important indicator of conditions in the magma reservoir. Small changes in the ground’s surface are recorded by tiltmeters on the ground, and also by satellite with the InSAR technology.

Earthquake locations and patterns of ground deformation give clues as to where and how much magma is stored beneath the surface. The data can be used to model the depth and volume of magma storage regions.

At Kilauea, there are several storage regions hypothesized from decades of monitoring data (see cross section above). Magma is stored in the Halema‘uma‘u reservoir(H in the image) , which lies about one 1.5 km below the crater. Deflation-inflation events recorded by the tiltmeters are thought to show changes in pressurization of this magma storage region. This reservoir can drain during intrusions and eruptions. For example, the eruption in 2018 removed so much magma from the Halema‘uma‘u reservoir that the summit caldera collapsed!

Another shallow reservoir, which is only intermittently active, is located near Keanakāko‘i (K in the image). There is also probably some magma stored in the Halema‘uma‘u-Kīlauea Iki trend about 1.5 km from the surface, connecting the Halema‘uma‘u reservoir to Kīlauea Iki (HKIT in the image). The September 2023 eruption occurred from this system.

Below the Halema‘uma‘u reservoir and slightly to the south is the larger main magma chamber for Kīlauea, referred to as the south caldera reservoir (SC in the image). This body of magma is about three kilometers below the ground surface; it is fed by the hot spot and feeds the shallower Halema‘uma‘u reservoir, although the two reservoirs sometimes act independently, so the connection is not perfect. The south caldera reservoir also supplies magma to Kilauea’s main rift zones.

Magma can also be stored in an area referred to as the seismic Southwest Rift Zone (SWRZ in the image), which lies about 3 km beneath the surface between Kīlauea caldera and the Koa‘e Fault System. Episodes of magma accumulation in this region are frequent, like in 2006, 2015, 2021, and in October–November 2023 ; eruptions from this area, however, are rare.

Earthquake locations and patterns of ground deformation over the past several months suggest that several zones of magma accumulation at the summit have been recently active. In addition to the Halema‘uma‘u and south caldera reservoirs, magma appears to be leaking into the Keanakāko‘i and seismic Southwest Rift Zone.

Why certain magma storage regions activate over others is not well-understood, but recent observations continue to suggest that the summit of Kīlauea is becoming increasingly pressurized over time. As I put it above, eruptive activity could occur in the near future with little or no warning.

Source : USGS / HVO.

Islande : intrusion magmatique, déplacement et affaissement du sol // Iceland : magma intrusion, ground displacement and subsidence

Comme je l’ai écrit précédemment, le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi après l’éruption du 14 janvier 2024, tout comme après celle du 18 décembre 2023. Cela signifie que le magma continue d’alimenter l’intrusion qui a provoqué les éruptions. La vitesse de soulèvement du sol semble être plus significative qu’avant la dernière éruption et il est fort probable que le magma continue de s’accumuler dans la même chambre magmatique. Le Met Office explique que, tant que le magma continue de s’accumuler, il y a le risque d’une nouvelle intrusion et, par conséquent, d’une autre éruption. Cependant, les volcanologues islandais ne savent pas combien de temps mettra la lave pour percer la surface. Depuis le début de l’intrusion le 10 novembre 2023, il a fallu attendre environ un mois pour qu’une éruption se déclenche le 18 décembre 2023, puis le 14 janvier 2024. Est-ce à dire qu’une nouvelle éruption se produira vers la mi-février ? L’avenir le dira.
Le Met Office explique que si le magma s’accumule en quantité suffisante sous le secteur de Svartsengi – la source probable de l’intrusion – il commencera à s’écouler vers l’est sous la chaîne de cratères de Sundhnúksgígaröð. Les scientifiques rappellent que le 10 novembre, il y a eu la formation d’un impressionnant dyke magmatique de 15 km de long. Le 18 décembre, le magma s’est déplacé vers le nord le long du dyke et le 14 janvier, vers le sud.

 

Eruption du 18 décembre 2023

Eruption du 14 janvier 2024

Des déplacements et des affaissements du sol sont observés là où le magma se rapproche de la surface. Ce phénomène a été constaté lors d’une campagne de mesures aériennes effectuée le 15 janvier au-dessus de la région de Grindavik. Sur une nouvelle carte publiée par le Met Office le 16 janvier 2024, un nouveau graben – ou vallée d’affaissement – est visible à l’est de l’ancien graben du 10 novembre. Ce nouveau graben, d’une largeur de 800-1000 mètres avec un affaissement atteignant 30 centimètres, s’étire dans la partie orientale de la ville, vers le sud et jusqu’à la mer. L’éruption du 14 janvier s’est produite à l’ouest de ce graben.

 

Source : Met Office islandais.

Les résultats des mesures aériennes démontrent que des fissures se sont également formées dans la partie orientale de Grindavik. Il y a des fissures anciennes, mais elles ont subi des contraintes. Un affaissement de plus d’un mètre s’est produit dans la partie est de la ville. L’élargissement du nouveau graben est estimé à 1,40 mètres.

 

Les scientifiques pensent que la même quantité de magma s’est écoulée sous Svartsengi lors de l’intrusion du 14 janvier que lors de l’éruption du 18 décembre.
Personne ne sait ce qui va se passer maintenant en cas de nouvelle intrusion magmatique. A noter que la rupture d’un câble électrique sous la lave  câble a provoqué une panne de courant à Grindavík le 19 janvier. Des efforts ont été déployés pour rétablir le courant à l’aide d’un générateur de secours.
On se souvient que l’électricité et l’eau chaude ont été coupées à Grindavík le week-end dernier lorsqu’une éruption a commencé près de la ville. L’eau chaude et l’électricité ont été rétablies dans la majeure partie de la ville, mais l’électricité a de nouveau été coupée le 19 janvier.
La formation de nouvelles crevasses à Grindavík rend la situation de la ville de plus en plus précaire.
Source : Met Office islandais.

Carte de risques actualisée le 19 janvier 2024 (Source: Met Office)

———————————————-

As I put it before, the ground uplift started again in the Svartsengi area after the January14th, 2024 eruption, just like it did atter the December 18th, 2023 event. This means that more magma is feeding the intrusion that caused the eruptions. The speed of the land rise seems to have become higher than before the last eruption and it is most likely that magma continues to accumulate in the same magma chamber as before. The Met Office informs us that as long as magma continues to accumulate, there is a chance of another magma intrusion, and, thereby, another eruption. Howeever, Icelandic volcanologists do not know how long it will take for lava to pierce the surface. This has been a fairly regular event since about November 10th, 2023. It took about a month for an eruption to occur on December 18th, 2023, and then on January 14th, 2024. Does this mean that a new eruption will occur around mid-February? Time will tell.

The Met Office explains that if enough magma accumulates under Svartsengi – the likely source of the intrusion – it will begin to flow eastward under the Sundhnúksgígaröð range. The scientists remind us that on November 10th, there was the formation of an impressive magma dyke, 15 km long. On December 18th, the magma moved north along the dyke, and on January 14th it moved south.

Displacement and subsidence have been observed where the magma moves closer to the surface. This could clearly be seen during an aerial measurement carried out on January 15th over the Grindavik area. On a new map released by the Met Office on January 16th, 2024, a new subsidence valley can be seen to the east of the older subsidence valley that appeared on November 10th. This graben, 800-1000 meters wide with a subsidence reaching 30 centimeters, stretches over the eastern part of the town, southward, and down into the sea. The 14 January eruption occurred to the west of this subsidence valley.

The results of the aerial measurement demonstrate that there are cracks that have also formed in the eastern part of Grindavik. These are also old cracks, but they have been strained. And there has been a subsidence of over a metre in the eastern part of the town.

The widening in the new subsidence valley amounts to 1.4 metres. Scientists believe that as much magma flowed under Svartsengi into the magma dyke on January 14th as happened in the eruption on December 18th.

Nobody knows what will happen next in the event of another magma intrusion. A main cable failure under lava caused a power outage in Grindavík on January 19th. Efforts were made to restore power using a backup generator.
Electricity and hot water were cut off from Grindavík last weekend when an eruption began near the town. Hot water and electricity had been restored to most of the town, but the power went out again on January 19th.
The formation of new crevasses in Grindavík has made the situation increasingly precarious in the town.

Source : Icelandic Met Office.

Islande : Grindavik, une ville en sursis ? // Iceland : Grindavik, a condemned town ?

Depuis le mois de novembre 2023, les nerfs des habitants de Grindavik, petit port de pêche de 3800 habitants dans le sud-ouest de l’Islande, sont mis à rude épreuve. La sismicité quasi permanente est insupportable. Une intrusion magmatique a ouvert d’impressionnantes fractures à travers la ville et les volcanologues islandais craignent qu’un jour ou l’autre, la lave perce la surface au milieu des maisons.

Grindavik a été évacuée le 11 novembre 2023. Les éruptions du 18 décembre 2023 et surtout du 14 janvier 2024 ont montré la menace qui plane sur la bourgade. Sans une digue de terre érigée à la hâte quelques jours auparavant, elle aurait subi les assauts de la lave. Une fracture éruptive ouverte à la périphérie a détruit trois maisons. Dans un tel contexte, on est en droit de se demander si Grindavik n’est pas condamnée à plus ou moins long terme.

 

Les derniers événements sismiques et éruptifs confirment la réactivation d’une ligne de fractures sur la péninsule de Reykjanes. Cette ligne de fractures fait partie de la tectonique de l’Islande qui est soumise à un phénomène d’accrétion avec l’écartement des plaques tectoniques américaine et eurasienne. Dans un tel contexte, la présence de fractures actives est inévitable. L’éruption du 14 janvier 2024 est le cinquième événement de ce type en moins de trois ans sur la péninsule qui n’avait pas connu d’activité depuis quelque huit siècles. Les volcanologues sont persuadés que la péninsule de Reykjanes est entrée dans une nouvelle période d’activité éruptive qui pourrait dure plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Il est intéressant de noter que les éruptions de décembre 2023 et janvier 2024 ont été précédées par peu d’activité sismique, ce qui tend à prouver que le magma mijotait près de la surface, prêt à la percer.

De plus, chacune des dernières éruptions a été suivie d’un nouveau soulèvement du sol dans la zone de Svartsengi qui est probablement la source de l’intrusion magmatique. Il n’est pas impossible que l’on assiste à d’autres épisodes éruptifs de brève durée.

La présence d’une intrusion magmatique dans la zone de failles de la péninsule de Reykjanes pourrait vite se révéler une menace pour Grindavik, mais aussi pour des structures comme la centrale électrique de Svartsengi ou le très populaire Blue lagoon qui se trouve juste à côté. La centrale de Svartsengi fournit l’électricité et l’eau chaude à 30 000 habitants. C’est lorsque les infrastructures sont menacées que la prévision éruptive montre toute son importance et il faut reconnaître que la volcanologie moderne est encore démunie dans ce domaine. Faute de savoir prévoir, on met en place le principe de précaution, ce qui a justifié l’évacuation de Grindavik et les fermetures ponctuelles du Blue Lagoon.

 

Au vu des dernières éruptions, on peut se demander si Grindavik n’est pas une ville en sursis. Les scientifiques islandais ont indiqué que de nouvelles fractures se sont ouvertes dans la ville et que d’autres se sont élargies. C’est le signe que du magma circule dans ces fractures. Les prochaines semaines seront décisives. Une fois de plus, la lave risque de percer la surface sans prévenir…

————————————————-

Since November 2023, the nerves of the residents of Grindavik (pop. 3,800), a small fishing port in the southwest of Iceland, have been put to the test. The almost permanent seismicity is unbearable. A magma intrusion has opened impressive fissures across the town and Icelandic volcanologists fear that one day lava may break through the surface among the houses. Grindavik was evacuated on November 11th, 2023. The eruptions of December 18th, 2023 and above all January 14th, 2024 showed the threat hovering over the town. Without an earthen dike hastily erected a few days earlier, it would have been invaded by lava. An open eruptive fissure on the outskirts destroyed three houses. In such a context, we may wonder whether Grindavik is not doomed sooner or later.
The latest seismic and eruptive events confirm the reactivation of a fault line on the Reykjanes Peninsula. This line of fractures is part of the tectonics of Iceland which is subject to an accretion phenomenon with the separation of the American and Eurasian tectonic plates. In such a context, the presence of active fissures is inevitable. The eruption of January 14th, 2024 is the fifth event of this type in less than three years on the peninsula which had not seen any activity for eight centuries or so. Volcanologists are convinced that the Reykjanes Peninsula has entered a new period of unrest which could last several years or several decades.
Interestingly, the December 2023 and January 2024 eruptions were preceded by little seismic activity, suggesting that magma was simmering close to the surface, ready to breach it.
Furthermore, each of the latest eruptions was followed by new ground uplift in the Svartsengi area which is probably the source of the magma intrusion. Other short-term eruptive episodes are not unlikely.
The presence of a magma intrusion in the fault zone of the Reykjanes Peninsula could quickly become a threat to Grindavik, but also to structures like the Svartsengi power station or the very popular Blue lagoon which is located next to it. The Svartsengi power station provides electricity and hot water to 30,000 residents. It is when infrastructures are threatened that eruptive prediction shows all its importance and we are forced to admit that modern volcanology is still insufficient in this domain. As we are unable to predict, we resort to the precautionary principle, which justified the evacuation of Grindavik and the occasional closures of the Blue Lagoon.
In view of the latest eruptions, one might wonder if Grindavik is not a city on borrowed time. Icelandic scientists say new fissures have opened inside the town and others have widened. This is a sign that magma is travelling in these fissures. The next few weeks will be decisive. Once again, lava may piercethe surface without warning…

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un séisme de M 4,3 a été enregistré sur le Grímsvötn (Vatnajökull / Islande) le 11 janvier 2024. Il s’agit du plus puissant séisme enregistré sur le volcan depuis le début des mesures en 1991. Le niveau de l’eau de la rivière Gígjukvísl a commencé à monter le 10 janvier. Le Met Office a indiqué qu’un jökulhlaup, ou crue glaciaire, avait probablement commencé et que le séisme correspondanit à la chute de la pression causée par la crue. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Jaune.
Le niveau d’eau de la Gígjukvísl a augmenté de manière constante et significative les 11 et 12 janvier avant de se stabiliser les 13 et 14 janvier, signe que la crue glaciaire avait atteint son maximum. Le 15 janvier vers minuit, le sismo du Grímsfjall a commencé à enregistrer une augmentation de la sismicité, probablement due à une hausse de l’activité géothermale, phénomène couramment observé à la fin d’un jökulhlaup.

Crédit photo: IMO

L’éruption qui avait débuté le 14 janvier 2024 sur la péninsule de Reykjanes a pris fin le 16 janvier mais un soulèvement du sol est à nouveau observé dans le secteur de Svartsengi. La probabilité d’une nouvelle éruption à plus ou moins long terme ne peut être exclue. De plus, le Met Office indique le 18 janvier 2024 que, selon  les modèles informatiques, le magma se trouve à faible profondeur à l’extrémité sud de l’intrusion, là où la terre semble être fortement fracturée, ce qui permettrzit au magma d’atteindre plus facilement la surface. Il est donc à craindre que de nouvelles fissures éruptives s’ouvrent sans prévenir.
Source : Met Office islandais.

++++++++++

Le Marapi (Indonésie) est de nouveau entré en éruption le 14 janvier 2024, avec un volumineux panache de cendres, mais aucune victime n’est à déplorer. La colonne de cendres a atteint environ 1 300 mètres de hauteur, et les retombées de cendres ont recouvert les routes et les véhicules des villages voisins.
Une centaine de personnes avaient été évacuées depuis le 12 janvier, après que les autorités indonésiennes ont relevé le niveau d’alerte du volcan de 2 à 3.
Environ 1 400 personnes vivent sur les pentes du Marapi à Rubai et Gobah Cumantiang, les villages les plus proches, à environ 5 à 6 kilomètres du volcan.
Source : CVGHM.

Panache éruptif du Marapi le  14 janvier 2024 Crédit photo; Magma Indonesia)

++++++++++

L’activité éruptive a démarré à Ambrym (Vanuatu) les 13 et 14 janvier 2024, conduisant les autorités à relever le niveau d’alerte volcanique de 1 à 3 (éruption mineure) le 14 janvier. L’éruption avait lieu à l’intérieur du Benbow. La zone zone de danger B s’étend actuellement sur environ 2 km autour du Benbow et 4 km autour des cratères du Marum.
De plus, une zone de danger s’étend sur 500 m autour des fractures au sud-est d’Ambrym, qui se sont ouvertes lors de l’éruption de 2018.
A la mi-janvier, l’activité volcanique se caractérisait par une forte incandescence au niveau du Benbow, de puissantes explosions et l’émission de gaz et de vapeur. La probabilité que l’activité évolue vers une éruption modérée (niveau 4) était considérée comme faible.

L’activité a diminué du 15 au 17 janvier 2024 au vu des images webcam, des données sismiques et des observations sur le terrain. Le niveau d’alerte a été abaissé à 2 le 17 janvier.
Les épisodes d’activité récents incluent des événements survenus en octobre 2021 au cratère Marum et en janvier 2022 au cratère Benbow. Dans les deux cas, on a observé des coulées de lave à l’intérieur des cratères actifs.
Source : GeoHazards.

Source : VMGD

++++++++++

Des signes d’activité ont été observés au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes / USA) ces dernières semaines. Des zones d’eau décolorée s’étendant jusqu’à 10 km de la bouche active ont été observées dans les données satellitaires le 24 décembre 2023 et de nouveau les 4 et 10 janvier 2024. La couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le niveau d’alerte volcanique a été relevé à Advisory – surveillance conseillée – (niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux) le 14 janvier en raison de la probabilité d’une éruption. Aucune activité significative n’a été observée dans les données satellitaires du 15 au 17 janvier.
Source : U.S. Geological Survey.

++++++++++

L’éruption se poursuit au niveau du cratère Laki-laki du Lewotobi (Île de Flores / Indonésie). Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet. Des coulées de lave de deux kilomètres de longueur émises par le cratère sommital continuent de progresser sur le flanc N. Le 14 janvier, quatre coulées pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 1 km sur les flancs NE, N et NNO et des avalanches de matériaux ont parcouru 1,5 à 2 km sur le flanc NE. La zone d’exclusion a été étendue à 5 km du cratère Laki-laki et à 6 km sur les flancs N et NE dans la soirée du 16 janvier. Le niveau d’alerte reste à 4 (le plus élevé sur une échelle de 1 à 4).
Source : PVMBG.

++++++++++

De petites éruptions phréatiques sont encore observées sur le Poás Costa Rica). Les projections de sédiments ne dépassent pas 200 m au-dessus de la surface du lac et produisent des panaches de vapeur et de gaz qui ne dépassent pas 500 m de hauteur. Dans un bulletin spécial, l’OVSICORI a indiqué que les émissions de gaz et de vapeur ainsi que la sismicité avaient commencé à augmenter au cours du second semestre 2023. Le niveau du lac a baissé depuis octobre 2023 et les événements éruptifs sont devenus plus fréquents et plus puissants en décembre. Une éruption phréatique le 11 janvier 2024 a été l’événement le plus significatif enregistré entre décembre 2023 et janvier 2024.
Source : OVSICORI.

Exemple d’éuption phréatique sur le Poas

++++++++++

Trinité-et-Tobago est le pays insulaire le plus méridional des Caraïbes. Trinidad est connue depuis longtemps pour ses volcans de boue, et plusieurs d’entre eux sont devenus des attractions touristiques. Une vingtaine de volcans de boue ont été identifiés dans la partie sud de Trinidad, à proximité des réserves de pétrole et de gaz, mais aucun volcan de boue n’est observé dans l’île sœur de Tobago. L’un des volcans de boue les plus connus de Trinidad, Piparo, est entré en éruption en 1997 et a obligé l’évacuation de centaines d’habitants.
Aujourd’hui, des scientifiques s’intéressent à un nouvel ensemble de petits volcans de boue découverts récemment dans la partie orientale de Trinidad, ce qui a incité les autorités à préparer des plans d’évacuation. L’un de ces volcans de boue est entré en éruption le 11 janvier 2024 dans la région de Cascadoux Trace. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé, même si quelques familles ont été évacuées.
Au moins cinq nouveaux cratères de volcans de boue ont été découverts depuis l’éruption du 11 janvier.
Source : ABC News.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

An M 4.3 earthquake occurred at Grímsvötn (Iceland) on 11 January 2024. Itt was the largest earthquake recorded at the volcano since measurements started in 1991. The water level in the Gígjukvísl River began to rise on 10 January. The Met Office indicated that a jökulhlaup, or glacial outburst flood, had likely begun and that the earthquake was in response to pressure release from the flood. The Aviation Color Code was raised to Yellow.
Water levels in the Gígjukvísl River steadily and significantly increased during 11-12 January and stabilized during 13-14 January, signifying that the glacial flood had reached its peak. Around midnight on 15 January the seismometer at Grímsfjall began recording increased tremor, which was likely due to increased geothermal activity and is commonly observed at the end of a jökulhlaup.

The eruption that started on January 14th, 2024 on the Reykjanes Peninsula came to an end of 16 January but ground uplift is again observed in the Svartsengi area. The likelihood of another eruption sooner or later cannot be excluded. According to the Met office’s latest report (January 18th, 2024),  computational models show that magma lies shallow at the southern end of the conduit, where the land appears to be heavily fractured, making it easier for the magma to reach the surface. Therefore, there is a continued likelihood that new eruptive fissures may open without warning.

Source : Icelandic Met Office.

++++++++++

Mount Marapi (Indonesia) erupted again on January 14th, 2024, spewing an ash plume high into the air, but no casualties were reported. The ash column reached about 1,300 meters, with ashfall blanketing roads and vehicles in nearby villages.

At least 100 residents had been evacuated since January 12th,after Indonesian authorities raised the alert level of the volcano from Level 2 to Level 3,

About 1,400 people live on Marapi’s slopes in Rubai and Gobah Cumantiang, the nearest villages about 5 to 6 kilometers from the volcano.

Source : CVGHM.

++++++++++

Eruptive activity started at Ambrym (Vanuatu) on January 13th-14th, 2024, leading authorities to raise the Volcanic Alert Level from 1 to 3 (Minor eruption) on January 14th. The eruption was taking place inside the Benbow crater, with a Danger Zone B extending approximately 2 km around Benbow and 4 km around Marum craters.

Additionally, a hazard zone currently extends 500 m from major cracks to the southeast of Ambrym, which opened during the 2018 eruption.

The volcanic activity was characterized by a strong glow, loud explosions, and the emission of gas and steam. The likelihood of volcanic activity escalating to a moderate eruption (Level 4) was considered low.

Activity decreased during 15-17 January 2024 based on webcam images, seismic data, and field observations. The Alert Level was lowered to 2 on January17th.

Recent episodes of unrest include events in October 2021 at Marum crater and January 2022 at Benbow crater, both resulting in lava flows within the active craters.

Source : GeoHazards.

++++++++++

Signs of unrest at Ahyi Seamount (Mariana Islands / USA) were observed during the past few weeks. Plumes of discolored water drifting as far as 10 km from the vent were identified in satellite data on 24 December 2023 and again on 4 and 10 January 2024. The Aviation Color Code was raised to Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level was raised to Advisory (level 2 on a four-level scale) on 14 January because the likelihood of an eruption had increased. No unusual activity was observed in satellite data during 15-17 January.

Source: US Geological Survey.

++++++++++

The eruption at Lewotobi’s Laki-laki volcano (Flores Island / Indonesia) continues. Dense ash plumes rise as high as 2 km above the summit. Two-kilometer-long lava flows from the summit crater continue to advance down the N flank. On 14 January, four pyroclastic flows traveled up to 1 km down the NE, N, and NNW flanks and lava avalanches traveled 1.5-2 km down the NE flank, The exclusion zone was increased to 5 km from the Laki-laki Crater and 6 km from the crater on the N and NE flanks during the evening of 16 January. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4).

Source : PVMBG.

++++++++++

Small phreatic eruptions are still observed at Poás Costa Rica). They eject sediment no more than 200 m above the lake’s surface and produce steam-and-gas plumes that rise no higher than 500 m. In a special report OVSICORI noted that both gas-and-steam emissions and seismicity began to increase during the second half of 2023. The lake level had been decreasing since October 2023 and eruptive events became more frequent and powerful in December. A phreatic eruption on 11 January 2024 was the largest event recorded during December 2023-January 2024.

Source : OVSICORI.

++++++++++

Trinidad and Tobago is the southernmost island country in the Caribbean. Trinidad has long been known to have mud volcanos, and several of them have become tourist attractions. A total of nearly two dozen mud volcanoes have been identified in the southern region of Trinidad near oil and gas reserves, although none in the sister island of Tobago. One of Trinidad’s most well-known mud volcanoes, Piparo, erupted in 1997 and forced the evacuation of hundreds of residents.

Today, experts are analyzing a new set of small mud volcanoes discovered in recent days in the eastern part of Trinidad that have prompted authorities to prepare evacuation plans. One of these mud volcanoes erupted on January 11th, 2024 in the Cascadoux Trace area. No injuries or damage were reported, although a handful of families were evacuated.

At least five other new mud volcano craters have been discovered since the 11 January eruption.

Source : ABC News.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.