Les aurores de Jupiter // Jupiter’s auroras

Selon une nouvelle étude par des chercheurs de l’Université de Leicester, publiée début janvier 2022 dans le Journal of Geophysical Research: Space Physics, les aurores de Jupiter sont causées par un « bras de fer » cosmique généré par les volcans situés Io, la lune la plus proche de la planète.
La sonde Juno de la NASA et le télescope spatial Hubble ont fourni de nouvelles preuves montrant que la rotation rapide de Jupiter et l’émission de soufre et d’oxygène par les volcans sur Io créent un système de courants électriques qui génère les puissantes aurores observées autour des pôles de Jupiter.
La taille de Jupiter est plus de 11 fois supérieure à celle de la Terre. La planète effectue une rotation environ toutes les 9 heures 30 minutes. En orbite autour de Jupiter, à une distance moyenne d’environ 422 000 kilomètres, Io compte plus de 400 volcans actifs, qui projettent de la lave à des dizaines de kilomètres de hauteur. Ces émissions retombent dans l’orbite de Jupiter où elles deviennent du plasma, un matériau chargé électriquement.
Le Magnetic Field Investigation à bord de Juno, qui mesure le champ magnétique de Jupiter depuis l’orbite de la sonde spatiale, offre une vue détaillée de l’environnement plasmatique externe de Jupiter et des courants électriques qui le traversent. De son côté, le spectrographe d’imagerie de Hubble mesure la luminosité des aurores de Jupiter.
Les résultats obtenus sur le processus qui gère les aurores de Jupiter montrent l’intérêt de combiner les observations du télescope Hubble avec les mesures de la sonde Juno. Les images fournies par Hubble donnent une vue globale, tandis que Juno effectue des observations de proximité.
La rotation rapide de Jupiter repousse la plus grande partie des matériaux en provenance de lo, et à mesure que ces matériaux sont repoussés vers l’extérieur, leur vitesse de rotation ralentit. Cependant, Jupiter tente de maintenir ces matériaux dans sa propre vitesse de rotation via des courants électriques circulant dans la haute atmosphère et la magnétosphère de la planète. Cette situation crée une sorte de bras de fer électromagnétique entre le système de courants électriques et les matériaux à l’intérieur de la magnétosphère. Au fur et à mesure que ces matériaux se déplacent le long des lignes de champ magnétique de Jupiter, en se dirigeant vers les pôles de la planète, ils parcourent la haute atmosphère de cette dernière et interagissent avec les gaz, ce qui donne naissance à de superbes aurores aux couleurs éclatantes.
Cette situation permet non seulement de comprendre le fonctionnement du champ magnétique de Jupiter, mais aussi celui des planètes en orbite autour d’autres étoiles, pour lesquelles les mêmes théories ont déjà été avancées.
Source : Space.com.

——————————————

According to a new study by researchers from the University of Leicester published early January 2022 in the Journal of Geophysical Research: Space Physics, Jupiter’s auroras are caused by a cosmic game of « tug-of-war, » fueled by volcanoes on the planet’s innermost moon, Io.

NASA’s Juno spacecraft and Hubble Space Telescope have revealed new evidence suggesting Jupiter’s rapid rotation and the release of sulfur and oxygen from volcanoes on Io create an electric current system that drives the powerful auroras observed around the gas giant’s poles.

Jupiter is more than 11 times wider than Earth, completing one rotation approximately every 9.5 hours. Orbiting Jupiter at an average distance of about 422,000 kilometers, Jupiter’s moon Io has more than 400 active volcanoes, which shoot lava dozens of kilometers high. These emissions fall into Jupiter’s orbit and become plasma, an electrically charged material.

Juno’s Magnetic Field Investigation, which measures Jupiter’s magnetic field from orbit, offers a detailed view of Jupiter’s outer plasma environment and the electrical currents traveling through it, while Hubble’s Imaging Spectrograph measures the brightness of Jupiter’s auroras.

These results on how Jupiter’s aurorae work show the interest of combining Earth-based observations from Hubble with Juno measurements. The Hubble Space Telescope images provide the broad overview, while Juno investigates close up.

Jupiter’s rapid rotation repels most of the material ejected from lo, and as the material moves outward, its rotation rate slows. However, Jupiter attempts to keep this material spinning at its rotation speed via electric currents flowing through the planet’s upper atmosphere and magnetosphere. In turn, this creates an electromagnetic tug-of-war between the electric current system and material in the magnetosphere. As the material travels along Jupiter’s magnetic field lines, back toward the planet’s poles, it cycles through the planet’s upper atmosphere and interacts with gases, creating vivid aurora light shows.

This relation not only helps understand how Jupiter’s magnetic field works, but also those of planets orbiting other stars, for which the same theories have previously been used.

Source: Space.com.

 

Image composite d’aurores sur Jupiter, réalisée à l’aide du spectrographe d’imagerie du télescope spatial Hubble. (Source : NASA)

Etna (Sicile) : éclairs et glissement de terrain // Lightning and landslide

Lors de l’intense éruption du 10 février 2022, de superbes fontaines de lave accompagnées de panaches de cendre ont jailli du Cratère Sud-Est de l4etna. Comme souvent dans de telles circonstances, on aperçoit des éclairs dans le panache éruptif. Ils sont le résultat de l’électricité statique provoquée par le frottement des particules de cendre. Les éclairs volcaniques sont un flux d’électricité très intense entre deux zones dans lesquelles il y a des charges électriques de signe opposé. Deux conditions doivent exister pour que le phénomène se produise : la présence d’un mécanisme qui génère la séparation des charges entre deux masses considérables de matière et un processus qui relie les deux masses afin de permettre la circulation de l’électricité. Dans le cadre de la foudre volcanique, il y a une différence dans le potentiel des lapilli à l’intérieur du nuage éruptif.

En cliquant sur ce lien, vous verrez les belles fontaines de lave émises par le Cratère SE ainsi que, très brièvement – vers 50 secondes – un éclair volcanique:

++++++++++

Le 11 février 2022 au matin, quelques heures après la fin de l’épisode éruptif sus-mentionné, un impressionnant glissement de terrain a affecté le cratère Sud-Est de l’Etna. Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir le moment où la masse de matériaux se détache du volcan. L’épisode éruptif s’était terminé vers 23h00 la veille.

Source: La Sicilia.

—————————————-

During the intense eruption of February 10th, 2022, nice lava fountains accompanied by ash plumes erupted from Mt Etna’s Southeast Crater. As often in such circumstances, we could see flashes of lightning in the eruptive plume. They are the result of static electricity caused by the friction of ash particles. Volcanic lightning is a very intense flow of electricity between two areas in which there are electric charges of opposite signs. Two conditions should exist for the phenomenon to occur: the presence of a mechanism that generates the separation of charges between two considerable masses of matter and a process that connects the two masses in order to allow the flow of electricity. As part of volcanic lightning, there is a difference in the lapilli potential inside the eruptive plume.
In the video above, you will see the nice lava fountains emitted by the SE Crater as well as, very briefly – around 50 seconds – a volcanic flash of lightning.

++++++++++

On February 11th, 2022 in the morning, a few hours after the end of the above-mentioned eruptive episode, an impressive landslide affected tMT Etna’s SE Crater. In the video above, one can see the moment when the mass of material broke away from the volcano. The eruptive episode had ended around 11:00 p.m. the day before.

Source : La Sicilia.

Des vagues monstrueuses en Islande // Monstrous waves in Iceland

Avec le réchauffement climatique, les événements extrêmes sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Le dernier cyclone tropical Batsiari a causé de lourds dégâts à La Réunion et tué plus de 100 personnes à Madagascar.
Une violente tempête a touché l’Islande les 7 et 8 février 2022 avec des vents extrêmement violents qui ont provoqué des pannes de courant et des dégâts matériels dans plusieurs parties du pays, y compris dans la région de Reykjavík, la capitale. Le Met Office islandais (IMO) indique que les vents ont atteint des vitesses de 40 mètres par seconde (144 km/h) dans la région du sud-ouest et 65 m/sec. (plus de 230 km/h) dans la partie ouest du pays. Les équipes de secours de la capitale, du sud de l’Islande et de la péninsule de Suðurnes ont reçu une centaine d’appels en raison des conditions météorologiques extrêmes. Heureusement, le point culminant des intempéries dans le sud-ouest de l’Islande s’est produit au milieu de la nuit, alors que la plupart des gens dormaient.
On a observé de très grosses vagues près des îles Vestmannaeyjar. Les prévisions prévoyaient des vagues allant jusqu’à dix mètres de hauteur, mais la réalité a été différente, en particulier dans le sud de l’Islande. Une bombe cyclonique a généré des vents tempétueux et des vagues record sur les côtes sud et ouest. L’une des vagues a atteint 40 mètres de hauteur, ce qui en fait de loin la plus haute vague jamais mesurée au large des côtes islandaises et parmi les plus hautes jamais mesurées dans le monde.
Les houlographes de Garðskagi sur la péninsule de Suðurnes ont signalé à plusieurs reprises des vagues de 30 mètres pendant la tempête, mieux le précédent record établi le 9 janvier 1990, avec 25 mètres. L’une des vagues était si puissante que l’appareil de mesure a cessé de fonctionner au moment où il indiquait une vague de 40 mètres de hauteur et on ne sait donc pas si la vague n’a pas été encore plus haute. Une analyse plus approfondie de cet événement est en cours. Si la hauteur de la vague est confirmée, il s’agira de loin de la vague la plus haute mesurée au large des côtes islandaises et l’une des plus hautes jamais mesurées dans le monde.
La côte sud de l’Islande est l’une des zones côtières de la Terre les plus exposées aux coups de vent. Il n’est donc pas surprenant que les vagues puissent atteindre des sommets. C’est la raison pour laquelle des mises en garde sont régulièrement diffusées, conseillant aux touristes d’éviter de marcher le long du rivage dans cette partie du pays. En particulier, Reynisfjara est connue pour être l’une des plages les plus dangereuses et les plus meurtrières au monde.
Source : médias d’information islandais, IMO.

——————————————–

With global warming, extreme events are getting more and more frequent, and more and more violent. The latest tropical cyclone Batsiari caused heavy damage on Reunion Island ansd killed more than 100 persons in Madagascar.

A severe storm affected Iceland on February 7th and 8th, 2022 with gale force winds that caused power outages and property damage in several parts of the country, including in the Reykjavík area. The Icelandic Met Office (IMO) indicates that winds reached speeds of 40 metres per second in the Southwest region and 65 m/sec. in the western part of the country. Search and rescue crews in the capital area, South Iceland, and the Suðurnes peninsula received around 100 calls for assistance due to the extreme weather. Fortunately, the climax of the severe weather in Southwest Iceland occurred in the middle of the night, when most people were asleep.

There was high surf and big waves near Vestmannaeyjar islands. The forecast called for waves of up to ten meters, but reality was different. A violent bomb cyclone affecting Iceland on February 7th and 8th, producing hurricane-force winds and record-breaking waves at the southern coast of the country. One of the waves reached 40 meters, making it by far the highest measured wave off the coast of Iceland and among the highest ever measured in the world.

Garðskagi wave measuring buoys on the Suðurnes peninsula repeatedly reported 30-meter waves during the storm, breaking the previous record wave height in Iceland set on January 9th,1990, at 25 meters. One of the waves was so powerful that the meter struck out at 40 meters and therefore it is uncertain how high the wave actually was. Further analysis of the event is in progress. If it turns out to be correct, this is by far the highest measured wave off the coast of Iceland and among the highest that have been measured in the world.

The southern coast of the country is one of the most exposed coastal areas on Earth, so it can be expected that the waves will reach a height that is the highest that exists. This is the reason why warnings are regularly relased, advising tourists to avoid walking close to the shores in that part of the country. In particular, Reynisfjara is known to be one of the most dangerous and the most deadly beaches in the world.

Source: Icelandic news media, IMO.

 

« Petites » vagues et mise en garde à Reynisfjara (Photos : C. Grandpey)

Un voyage dans l’Arctique…

Je fais partie de ceux qui sont fascinés par l’Arctique. Plusieurs voyages en Alaska m’ont permis d’admirer la beauté et la richesse naturelle de cette partie du globe. J’ai aussi compris à quel point cette contrée est fragile.

Un documentaire en deux parties intitulé « Life within the Arctic Circle » et diffusé sur YouTube nous fait pénétrer dans l’Arctique, au contact de la glace de mer, des icebergs, mais surtout de la population. Les gens qui habitent au Groenland ou en Alaska sont les premiers témoins des bouleversements provoqués par le réchauffement climatique dans cette région.

La première partie de ce documentaire (en anglais sous-titré) nous conduit de l’archipel norvégien du Svalbard jusqu’en Sibérie:

Le deuxième volet nous fait voyager entre l’est du Groenland et l’Alaska. Ce film a fait remonter en moi une foule de souvenirs. Je vous invite à être attentifs à la dernière partie qui insiste sur le dégel du permafrost et ses conséquences…