Ça se bouscule sur le Kilauea (Hawaii) et l’éruption évolue! // Huge crowds on Kilauea (Hawai) and the eruption is changing!

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a temporairement fermé pendant la nuit les campings et chemins de randonnée de l’arrière-pays en raison d’une augmentation trop importante du nombre de visiteurs venus voir la nouvelle éruption du Kilauea. Le Parc rouvrira ces secteurs une fois que du personnel supplémentaire du Service des Parcs Nationaux sera sur place pour aider à gérer la situation.

La sécurité est la priorité du personnel du Parc, et l’augmentation soudaine du nombre de visiteurs pose des problèmes de gestion et de surveillance dans les zones reculées du Parc.

L’éruption se limite actuellement au cratère de l’Halema’uma’u. Les rangers sont confrontés à de longues files de véhicules qui génèrent des problèmes de stationnement jour et nuit.

Plusieurs milliers de personnes se rassemblent sur l’Overlook (le terrasse d’observation) pour voir la lave illuminer les volumineux panaches de gaz et de vapeur qui sortent du cratère. Depuis la terrasse d’observation, il est impossible de voir le fond du cratère, de sorte que de nombreux visiteurs s’avancent au-delà des panneaux d’interdiction, des barrières et des cordes de protection pour atteindre la lèvre du cratère, avec tous les risques que cela suppose. Plusieurs personnes ont été verbalisées pour avoir ouvertement ignoré les mesures de sécurité. Les amendes commencent à 150 dollars, augmentent si récidive, et peuvent se solder par l’expulsion du Parc.

La pandémie de COVID-19 n’arrange rien. En dépit du grand nombre de personnes qui s’entassent sur la terrasse d’observation et à d’autres endroits, de nombreux visiteurs ne portent pas de masque et se trouvent à moins de 1,80 mètre – la distance légale – les uns des autres.

Source: HVNP.

Cet article a été diffusé par le Parc le 25 décembre, mais la situation est en train d’évoluer !

22h00 (heure française): 11h00 (heure locale): Dans le même temps, la situation évolue dans le cratère de l’Halema’uma’u et l’éruption deviendra probablement moins fascinante pour les visiteurs. En effet, tôt le matin du 26 décembre, la bouche ouest s’est réactivé tandis que la bouche nord s’est calmée et a commencé à faire se vider le lac. Les émissions de SO2 sont en baisse; elles sont tombés à 16 000-20 000 tonnes par jour et les panaches de gaz sont beaucoup moins volumineux. Le niveau du lac s’est abaissé d’environ 2 mètres, comme le montre la bande noire autour de son rebord nord Autre changement : les inclinomètres du sommet ont continué à enregistrer une lente déflation jusqu’à un peu avant 3 heures du matin le 26 décembre, date à laquelle ils sont passés en mode inflationniste. La sismicité reste élevée mais stable. L’îlot de lave qui flottait dans le lac de lave s’est immobilisé près de la bouche nord.

Source: HVO.

L’éruption va probablement évoluer, mais personne ne sait comment. Personellement, je mise sur une réapparition de la lave dans l’Halema’uma’u d’ici quelques heures.

————————————-

Hawaii Volcanoes National Park has temporarily closed the backcountry to overnight use due to a surge in visitors coming to see the new eruption at Kilauea volcano. The park will reopen overnight backcountry use once additional National Park Service staff is brought in to help manage the evolving eruption.

Safety is the park staff’s first priority, and the unexpected increase in visitors limits their capacity to manage and respond to incidents in remote backcountry areas of the park

The eruption is currently contained within Halema’uma’u Crater. Park rangers are managing large volumes of traffic and parking overflow day and night. Several thousand people gather at Kilauea Overlook to watch lava deep within the crater illuminate towering plumes of gas and steam. Many visitors disregard closure signs and post-and-cable barriers to get a closer look from the crater’s edge, putting themselves at great risk. Several persons have been fined for openly disregarding the safety measures. Fines for violating national park rules start at $150; they increase after multiple violations and can lead to being expelled from the Park.

The COVID-19 pandemic adds to the complexity of ensuring safe viewing of the eruption. Despite the crowding at Kilauea Overlook and other locations, many visitors are not wearing masks and are less than 1.80 metres – the legal distance – from one another.

Source: HVNP.

This article was released by the Park on December 25th, but the situation is changing!

22:00 (French time) : 11 am (local time) : Meantime, the situation is changing within Halema’uma’u and the eruption will probably become less fascinating to the visitors. Indeed, early in the morning of December 26th, the west vent reactivated while the north vent quieted and started to drain the lake. SO2 emissions are declining; they have dropped to 16,000-20,000 tonnes per day and the gas plumes are much less voluminous. The level of the crater lake has bone down by about 2 metres, leaving a narrow black ledge around the north edge
Another change is that the summit tiltmeters continued to record a slow deflationary tilt until just before 3 am on December26th when it switched to inflationary tilt. Seismicity remained elevated but stable.
The island of cooler, solidified lava floating in the lava lake has apparently grounded itself near the north vent.

Source : HVO.

The eruption will probably evolve in another way, but nobody knows how. Personally, I would bet on lava coming back into Halema’uma’u in a few hours.

Webcam HVO à 11h42 (heure locale le 26 décembre 2020

Déflation et inflation au sommet du Kilauea le 26 décembre au matin

(Source : HVO)

Les richesses de l’Antarctique // Antarctica’s wealth

On peut lire aujourd’hui de nombreux articles sur l’Antarctique, notamment sur l’impact du réchauffement climatique dans la région. Cependant, il est rarement fait allusion à l’histoire et à la richesse de ce continent.

Un article publié dans The Conversation nous explique qu’il y a 200 ans, le 17 novembre 1820, Nathaniel Palmer, capitaine d’un navire en provenance du Connecticut, est arrivé en vue du continent antarctique. Contrairement aux explorateurs Edward Bransfield et Fabian von Bellingshausen, Palmer était un chasseur de phoques et il a rapidement vu le profit qu’il pourrait tirer des riches terrains de chasse de la Péninsule antarctique.

Au cours des deux siècles qui ont suivi, l’Antarctique a connu une série de péripéties commerciales, scientifiques et diplomatiques. Certains pays ont tenté de revendiquer une partie du continent dans la première moitié du 20ème siècle. Aujourd’hui, la région est régie par le Traité sur l’Antarctique. Bien que le Traité prétende contrôler l’Antarctique dans l’intérêt de « toute l’humanité », certains pays y ont tiré davantage de profits que d’autres. Alors que l’exploitation minière est actuellement interdite en vertu du Traité sur l’Antarctique et que l’époque de la chasse au phoque et à la baleine est révolue, les ressources marines vivantes de l’Antarctique sont toujours exploitées à ce jour.

Nathaniel Palmer a été suivi par de très nombreuses autres expéditions de chasse au phoque, principalement en provenance des États-Unis et de Grande-Bretagne. Elles ont méthodiquement tué des otaries à fourrure le long des côtes de l’Antarctique, amenant rapidement les populations au bord de l’extinction. La fourrure de phoque était utilisée pour les vêtements aux 18ème et 19ème siècles dans de nombreuses régions du monde et constituait une partie importante du commerce américain et européen avec la Chine au 19ème siècle. Avant 1833, au moins 7 millions d’otaries à fourrure ont été tuées en Antarctique. Les éléphants de mer étaient également chassés pour leur graisse qui pouvait être transformée en huile.

La chasse au phoque a rapidement décliné dans les années 1960 suite à une évolution des mentalités et à l’arrivée d’autres matériaux tels que les plastiques qui pouvaient être utilisés dans la fabrication de vêtements synthétiques chauds et de lubrifiants à base de pétrole. Par-dessus tout, la diffusion d’images montrant le massacre des bébés phoques au Canada au début des années 1960 a scandalisé la population nord-américaine et européenne, et a provoqué un changement rapide de comportement envers le phoque. La Convention pour la Conservation des Phoques de l’Antarctique a été signée en 1972 ; elle réglementait l’abattage à grande échelle des phoques par toutes les nations présentes dans la région. Aujourd’hui, la population d’otaries à fourrure a rebondi, avec une colonie de plus de 5 millions d’animaux dans la seule Géorgie du Sud, bien que les effectifs soient en diminution depuis l’an 2000. La population d’éléphants de mer a elle aussi rebondi, avec une population stable estimée à 650 000 animaux depuis le milieu des années 1990.

Les baleines étaient si nombreuses au large de l’Antarctique qu’elles attiraient des flottes de baleiniers en provenance de nombreux pays. D’abord sont arrivés les navires norvégiens et britanniques, qui ont ensuite été rejoints par d’autres d’Allemagne, de Russie, des Pays-Bas et du Japon. La chasse à la baleine se déroulait déjà dans l’Océan Austral au 19ème siècle, mais ce n’est que dans la première moitié du 20ème siècle que les baleines ont été chassées jusqu’à leur extinction. Au 19ème siècle, l’huile de baleine était principalement utilisée comme combustible pour l’éclairage. Ensuite, après 1910, de nouvelles utilisations ont été trouvées pour l’huile, y compris dans la fabrication de lubrifiants industriels et de graisses à usage alimentaire. En 1946, il a été décidé, à l’échelle internationale, de protéger les cétacés. L’objectif de la Commission baleinière internationale créée cette année-là était «d’assurer la bonne conservation des stocks de baleines et de permettre ainsi le développement ordonné de l’industrie baleinière».

Dans les années 1960, comme pour les phoques auparavant, l’attitude du public envers les baleines a commencé à changer lorsque les écologistes ont révélé qu’il s’agissait de créatures très intelligentes et sociables qui chantaient dans les profondeurs de l’océan. La plupart des pays ont cessé la chasse à la baleine dans l’Antarctique à la fin des années 1960.

Contrairement à la chasse à la baleine, la riche vie marine de l’Antarctique continue d’être exploitée aujourd’hui. En particulier, le krill  a commencé à être pêché dans les années 1970. Il s’agit d’un petit crustacé ressemblant à une crevette qui est utilisé dans les suppléments nutritionnels et les aliments pour animaux de compagnie. La Norvège, la Chine, la Corée du Sud et le Chili sont ses plus gros exploitants.

Les baleines, les phoques, les oiseaux et autres poissons dépendent du krill, ce qui en fait un élément essentiel de l’écosystème marin antarctique. Alors que le krill est actuellement abondant, on ne sait pas quelles seront les conséquences de la réduction de la glace de mer et l’évolution des schémas migratoires des prédateurs qui s’en nourrissent. Même si le krill reste abondant, le changement climatique a un impact rapide sur la stabilité écologique de l’Antarctique. Alors que les grandes campagnes environnementales tentent de sensibiliser à la fragilité de ce continent, la plupart des consommateurs ne connaissent probablement même pas la provenance de produits dans leurs assiettes. Les populations de baleines et de phoques continuent de se rétablir après la surexploitation du passé, mais les impacts futurs des pratiques de la pêche et du changement climatique accentuent la fragilité de ce continent.

Source: The Conversation.

———————————————————–

Many articles can be read today about Antarctica, expecially about the impact of global warming. However, little is said about the history and the wealth of this continent.

An article released in The Conversation explains that 200 years ago, on November 17th 1820, Connecticut ship captain Nathaniel Palmer spotted the Antarctic continent. Unlike explorers Edward Bransfield and Fabian von Bellingshausen, Palmer was a sealer who quickly saw economic opportunity in the rich sealing grounds on the Antarctic Peninsula.

In the two centuries that followed, Antarctica has seen a range of commercial, scientific and diplomatic developments. Some countries attempted to claim territory on the continent in the first half of the 20th century. Today the region is governed through the Antarctic Treaty.

Although the Treaty claims to govern Antarctica in the interests of all “mankind,” some countries have gained greater benefits from the region than others. While mining is currently banned under the Antarctic Treaty and the days of sealing and whaling are over, Antarctica’s marine living resources are still being exploited to this day.

Nathaniel Palmer was followed by a rush of other sealing ships, mostly from the United States and Britain that methodically killed fur seals along Antarctic beaches, rapidly bringing populations to the brink of extinction. Seal fur was used for clothing in the 18th and 19th centuries in many parts of the world and was an important part of U.S. and European trade with China in the 19th century. Before 1833, at least 7 million fur seals were killed in the Antarctic and sub-Antarctic. Elephant seals were also hunted, but for their blubber, which could be converted into oil.

Sealing rapidly declined in the 1960s, owing to a mix of evolving cultural sentiments and the availability of other materials, such as plastics, that could be made into warm synthetic clothing and petroleum-based lubricants. Above all, the broadcast of footage showing Canadian sealing in the early 1960s scandalized North American and European citizens and prompted a quick shift in attitudes toward sealing. The Convention for the Conservation of Antarctic Seals was signed in 1972, regulating the large-scale slaughter of seals for all nations in the region. Today, the population of fur seals has rebounded, with a colony of over 5 million on South Georgia alone, though numbers have declined since 2000. Elephant seals, too, have largely rebounded, with an estimated stable population of 650,000 since the mid-1990s.

The whaling grounds off Antarctica were so rich they drew fleets from many nations. First came Norwegian and British companies, later to be joined by others from Germany, Russia, the Netherlands and Japan. Whaling had occurred in the Southern Ocean in the 19th century, but it was not until the first half of the 20th century that whales were hunted to near extinction in the region. In the 19th century, whale oil was used primarily for lamp fuel. But after 1910, new uses were found for the oil, including as industrial lubricants and edible fats. In 1946, international efforts were made to protect whales. The goal of the International Whaling Commission created that year was “to provide for the proper conservation of whale stocks and thus make possible the orderly development of the whaling industry.” But, again in the 1960s, public attitudes toward whales, like seals, began to change when environmentalists revealed they were highly intelligent, sociable creatures that sang in the ocean depths. Most nations ceased whale hunting in the Antarctic by the end of the 1960s.

Contrary to whale hunting, Antarctica’s rich marine life continues to be exploited today. Krill began to be fished in the 1970s. Krill, a small shrimp-like crustacean, is used in nutritional supplements and pet foods. Norway, China, South Korea and Chile are its biggest harvesters.

Whales, seals, birds and other fish rely on krill, making them essential to the Antarctic marine ecosystem. While krill is currently plentiful in the Antarctic, it is unclear how much the reduction of sea ice and the changing migration patterns of predators who feed on it are affecting their populations. Even though sustainable harvesting is possible now, climate change is rapidly undermining Antarctic’s ecological stability. While major environmental campaigns try to raise awareness of Antarctica’s fragility, most consumers of its products likely do not even know their provenance. Whale and seal populations continue to recover from past overexploitation, but the future impacts of current fishing practices and climate change are uncertain.

Source : The Conversation.

Source : Wikipedia

Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Latest news of Kilauea Volcano (Hawaii)

Dans sa dernière mise à jour du 25 décembre 2020, le HVO indique qu’aucun changement significatif n’a été observé dans le cratère de l’Halema’uma’u. Les inclinomètres du sommet continuent d’enregistrer une tendance déflationniste régulière. Les émissions de SO2 restent élevés, autour de 35 000 à 40 000 tonnes/jour. La sismicité reste élevée mais stable.

Sur les trois bouches qui ont pu être observées au début de l’éruption, deux restent actives. La bouche à l’ouest alimente deux chenaux étroits qui se déversent dans le lac. La bouche nord reste la plus active et est en train d’être recouverte peu à peu par la lave du lac. Ce dernier avait 176 m de profondeur le 25 décembre ; sa surface s’était donc élevée de 6 mètres par rapport à la veille. Il a un volume d’environ 21 millions de mètres cubes. Sa superficie est d’environ 22 ha. La forme du lac est à peu près ovale avec une longueur est-ouest de 715 m et une largeur nord-sud de 460 m. La taille de l’îlot de lave refroidie observé depuis le début à la surface du lac de lave se réduit de jour en jour en dérivant vers la partie est du lac.

——————————————–

In its latest update of December 25th, 2020, HVO indicates that no significant change has been observed in Halema’uma’u Crater. Summit tiltmeters continue to record steady deflationary tilt. SO2 emission rates remain high at around 35,000 – 40,000 tonnes/day. Seismicity remains elevated but stable.
Of the three vents that could be observed at the start of the eruption, two remain active. The west vent is feeding two narrow channels into the lake. The north vent remains the most vigorous and is being slowly drowned by the rising lake.
The lake surface was 176 m deep on December 25th, with its surface 6 metres higher than the day before. It has an approximate volume of 21 million cubic meters. The surface area is about 22 ha. The lake shape is roughly oval with an east-west length of 715 m and a north-south width of 460 m.  An island of cooler, solidified lava within the lava lake is getting smaller and drifting eastward in the lake.

Image thermique du lac de lave le 25 décembre 2020 (Source : HVO)