Très fort essaim sismique sur la Zone de Fracture de Tjörnes (Islande) // Very strong seismic swarm on the Tjörnes Fracture Zone (Iceland)

Alors que la situation est relativement calme sur la Péninsule de Reykjanes, c’est la région de la Péninsule de Tjörnes qui attire l’attention aujourd’hui. Plus précisément, la sismicité est particulièrement élevée depuis quelques heures sur la Zone de fracture de Tjörnes qui mesure environ 150 km de longueur et 80 km de largeur.. Un essaim sismique est en cours ; un événement a atteint la magnitude de M 5,2 à 15h06 et un autre la magnitude de M 5,6 à 19h26 ce samedi 20 juin 2020. Leurs hypocentres ont été localisés respectivement à 9,2 km et 10 km de profondeur.

Située au large de la péninsule du même nom, la zone de fracture de Tjörnes est une section de failles transformantes. Elle sépare la zone volcanique septentrionale de l’Islande de la dorsale de Kolbeinsey qui fait elle-même partie de la dorsale médio-atlantique. La Smithsonian Institution nous apprend qu’une éruption sous-marine a pu avoir lieu en 1867-1868 dans la partie SE du système de fractures, au large de la côte septentrionale de l’Islande, juste au nord de Manareyjar Island. La sismicité a déjà été forte dans cette région au début de l’année 2018. On a alors pensé qu’il pouvait s’agir d’une possible éruption sous-marine.

Les essaims sismiques sont fréquents dans cette partie de l’Islande et ont en général une origine purement tectonique, sans manifestation volcanique associée. Ils peuvent atteindre des magnitudes de M 7 – 7,5, comme cela s’est produit en 1963.

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While the situation is relatively calm on the Reykjanes Peninsula, it is the Tjörnes Peninsula region that is drawing attention today. More specifically, the seismicity has been particularly high for a few hours over the Tjörnes Fracture Zone which measures approximately 150 km in length and 80 km in width. A seismic swarm is underway and one of the events has reached the magnitude of M 5, 2 at 3:06 pm this Saturday June 20, 2020. The hypocentre was located 9.2 km deep.

Located off the peninsula with the same name, the Tjörnes fracture zone is a section of transform faults. It separates the northern volcanic area of Iceland from the Kolbeinsey Ridge which is itself part of the Mid-Atlantic Ridge. The Smithsonian Institution informs us that a submarine eruption may have occurred in 1867-1868 in the SE part of the fracture system, off the north coast of Iceland, just north of Manareyjar Island. Seismicity was already strong in this region at the beginning of 2018. It was then thought the cause could be a possible submarine eruption.

Seismic swarms are common in this part of Iceland and are generally of purely tectonic origin, with no associated volcanism. They can reach magnitudes of M 7 – 7.5, as happened in 1963.

Source : IMO

Carte du Volcán de Colima (Mexique) gravée sur un vieux rocher // Map of Volcán de Colima (Mexico) engraved on an old rock

La carte « très détaillée » d’un volcan, vieille de 2 000 ans, a été découverte gravée sur un bloc de roche volcanique au Mexique. Des experts de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) ont récemment analysé le bloc, qui se trouve sur un terrain privé à Colima. La roche basaltique qui le compose est le résultat d’une éruption du Volcán de Colima, également appelé Fuego de Colima, à 14 kilomètres de là, il y a des milliers d’années.
Avec une hauteur de 1,70 m. à son point le plus haut, le bloc mesure entre 2 et 2,70 m de large et entre 0,60 et 1,70 m. d’épaisseur.
Lorsque les archéologues ont examiné la roche, ils ont découvert que des cartes y étaient gravées. L’INAH explique qu’elles ont été utilisées pour gérer les terres dans cette zone et aussi pour transmettre les connaissances d’une génération à l’autre.
En étudiant les techniques de gravure utilisées, les experts expliquent que le travail a probablement eu lieu entre 200 ans avant J.C. et 200 ans après. Différentes techniques de gravure ont été mises en oeuvre pour représenter le versant sud du volcan qui est parcouru par des caractéristiques géologiques telles que les rivières et les ravines. Sur la surface principale du rocher, de petites cavités ont été creusées pour représenter les communautés locales.
Source: Fox News.

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An elaborate 2,000-year-old « volcano map » has been discovered carved into a large volcanic rock in Mexico. Experts from Mexico’s National Institute of Anthropology and History (INAH) recently analyzed the rock, which is on private land in Colima, Mexico. The basalt rock was the result of an eruption from the Volcán de Colima, also called Fuego de Colima, 14 kilometres away, which occurred thousands of years ago.

Standing 1.70 m. at its highest point, the rock is between 2 and 2.70 m.wide and between .60 and 1.70 m. thick.

When archaeologists examined the rock, they found maps were carved into it. INAH explains that the maps were used to manage the land in that area and also to pass knowledge from one generation to another.

By studying the carving techniques used on the stone, experts say that the work likely took place between 200 B.C. and 200 A.D. Different engraving techniques were used to represent the volcano’s southern slope, which is furrowed by features such as rivers and ravines. On the main surface of the rock, small cavities were carved to represent local communities.

Source: Fox News.

Crédit photo : INAH

Un nouveau volcan actif en Chine? // New active volcano in China ?

Il existe des volcans et des champs volcaniques en Chine, bien qu’ils soient moins connus que leurs homologues aux États-Unis ou en Europe. Entre 2014 et 2018, j’ai écrit plusieurs notes à propos du Mont Paektu (également appelé Baekdu ou Changbai), un volcan considéré comme sacré, qui se trouve près de la frontière nord-coréenne avec la Chine et qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1903. Cependant, une explosion en 946 après JC a été l’un des événements volcaniques les plus puissants de l’histoire.
Un article paru dans le South China Morning Post nous informe qu’une équipe de géophysiciens de l’Université chinoise des sciences et technologies a étudié le volcan Weishan qui se trouve dans le champ volcanique de Wudalianchi au nord-est de la Chine, près de la frontière avec la Corée du Nord et la Russie. Ils précisent que le volcan Wei pourrait entrer prochainement en éruption suite à la découverte de deux énormes chambres magmatiques sous le volcan qui s’est manifesté pour la dernière fois il y a plus de cinq cent mille ans et était considéré comme éteint jusqu’à présent. .
Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont étudié près de 100 sites sur le massif du Wei. Ils ont utilisé des capteurs pour détecter les anomalies électromagnétiques sous terre. Ils ont ainsi découvert une première chambre magmatique à 15 km de profondeur et une autre à 8 km. Les chambres font partie d’un système plus vaste qui pourrait également appartenir au volcan Paektu par convection mantellique. Les modèles indiquent que les chambres éclipsent le volcan par leur taille ; en effet l’édifice ne mesure qu’une centaine de mètres de hauteur et 5 kilomètres de diamètre.
L’équipe scientifique chinoise a remarqué que l’activité sismique avait augmenté sur le Mt Paektu de 2002 à 2005, signe que l’activité magmatique sous le volcan avait augmenté elle aussi. Ils ont également indiqué que l’activité volcanique dans le nord-est de la Chine se trouvait probablement à un stade actif, et qu’une surveillance était nécessaire pour mieux comprendre les systèmes magmatiques dans cette région. La dernière éruption dans le champ volcanique de Wudalianchi a eu lieu au début du 18ème siècle; elle a donné naissance à deux volcans, le Laohei et le Huoshao. Les chercheurs n’ont détecté aucune présence de chambres magmatiques actives sous ces deux volcans.
Les chercheurs sont un peu déconcertés par les résultats de l’étude du volcan Wei. L’un d’eux a déclaré: « S’il y a vraiment de volumineuses chambres magmatiques dans la région, nous aurions dû détecter des signes activité sismique en relation avec elles, en particulier lorsque la chambre inférieure recharge celle qui la surmonte ; dans ce cas, on devrait détecter des mouvements. » Pourtant, après des décennies de surveillance du site, aucune activité significative n’a été détectée. Les signaux anormaux détectés par les chercheurs semblaient être provoqués par des chambres magmatiques, mais il se pourrait qu’ils aient été causés par d’autres matériaux à haute conductivité, comme l’eau ou des roches.
Source: The Watchers et The South China Morning Post.

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There are volcanoes and volcanic fields in China, although they are less popular than their counterparts in the U.S. or in Europe. Between 2014 and 2018, I wrote several posts about Mount Paektu (also called Baekdu or Changbai), a volcano considered  sacred, that stands close to the North Korean border with China and which last erupted in 1903. However, an explosion in 946 A.D. was one of the strongest volcanic events in history.

An article in the South China Morning Post informs us that a team of geophysicists from the University of Science and Technology of China has studied the Weishan volcano in the Wudalianchi volcanic field in northeast China, near the border with North Korea and Russia. They have warned that Wei Mountain could be ready for an eruption after two huge magma chambers were discovered under the volcano, which last erupted more than five hundred thousand years ago and was considered extinct up to now. .

For the study, the researchers studied almost 100 sites across Wei Mountain. They used sensors to spot electromagnetic abnormalities underground. They discovered a first magma chamber 15 km underground, and another one 8 km deep. The chambers are part of a larger system that could be linked with the neighbouring Paektu volcano by secondary mantle convection. The models indicate the chambers dwarf the volcano, which is about 100 metres high and 5 kilometres wide.

The Chinese scientific team remarked that seismic activity had increased at Paektu from 2002 to 2005, indicating that magmatic activity beneath the volcano had increased. They also indicated that volcanic activity in northeast China was probably in an active stage, and active volcanic monitoring is needed to further understand the magmatic systems in this region. The last eruption at the Wudalianchi field was in the early 18th century; it formed two volcanic mountains, Laohei and Huoshao.The researchers have not detected any sign of active magma chambers under these two volcanoes.

The researchers are a little disconcerted by the results of the Wei study One of them said: « If there really are huge magma chambers in the area, we should have detected some related seismic activities – when the lower chamber recharges the upper one, there should be some movement. » However, after decades of monitoring on the site, no significant activity has been detected. While the abnormal signals detected by the researchers appeared to be magma chambers, they could have been caused by other substances with high conductivity, like water or rocks.

Source : The Watchers and The South China Morning Post.

Carte montrant les volcans Paektu (ou Changbai) et Wei  (Source : South China Morning Post)

Volcan Wei (Source : South China Morning Post)

Le pergélisol

Avec le réchauffement climatique, je fais souvent référence à la fonte du pergélisol – en anglais permafrost – et à ses conséquences pour la planète. Voici quelques informations sur ce sol gelé qui risque de donner naissance à bien des problèmes dans les prochaines années.

Qu’est-ce que le pergélisol ?

Le pergélisol désigne la partie du sol gelée en permanence au moins pendant deux ans, et de ce fait, imperméable. Il existe dans les hautes latitudes mais aussi dans les hautes altitudes où je le désigne sous l’appellation ‘permafrost de roche’. Le gel assure la stabilité des parois rocheuses et empêche leur effondrement.

Le pergélisol couvre officiellement 23,9% de la surface terrestre soit 22 790 000 km2 ou un quart des terres émergées de l’hémisphère Nord. Il occupe 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de la Russie, plus particulièrement la Sibérie. Il est généralement permanent au-delà du 60ème degré de latitude, tandis que le pergélisol alpin est plus sporadique.

 Source : NASA

Structure du pergélisol :

Le pergélisol est constitué thermiquement de trois couches : la première dite « active » dégèle en été et peut atteindre jusqu’à deux ou trois mètres d’épaisseur ; la seconde, soumise à des fluctuations saisonnières mais constamment sous le point de congélation, constitue la partie du pergélisol stricto sensu et s’étend jusqu’à une profondeur de 10 à 15 mètres ; la troisième peut atteindre plusieurs centaines de mètres, voire dépasser le millier de mètres ; elle ne connaît pas de variation saisonnière de température et est constamment congelée. La température s’y élève en allant vers le bas sous l’influence des flux géothermique et atteint 0 °C à la limite basse du pergélisol.

 (Source : Geological Socoety London)

 Hausse des températures et effets sur le pergélisol :

Dans sa partie la plus méridionale, le pergélisol atteint une température proche de zéro en été et il pourrait rapidement dégeler. Les climatologues canadiens pensent que sa limite sud pourrait remonter de 500 km vers le nord en un siècle. Un peu plus vers le nord, seule la «couche active» gagnera de l’épaisseur en été, induisant une pousse de la végétation mais aussi des mouvements de terrain déterminant des phénomènes de « forêts ivres » où les racines des arbres ne sont plus maintenues par le gel. On observera des modifications hydrologiques et hydrographiques. Les tourbières boréales seront transformées en zones humides gorgées d’eau qui feront le bonheur des moustiques.

 Tourbière humide suite au dégel du permafrost en Alaska

(Photo : C. Grandpey)

C’est bien sûr la zone active, la plus superficielle qui est la plus sous la menace du réchauffement climatique. Elle varie selon l’altitude et la latitude, mais aussi dans l’espace et dans le temps au rythme des glaciations et réchauffements, parfois brutalement dès que l’enneigement recule et laisse apparaître un sol foncé qui capte la chaleur que l’albédo des glaces et neige renvoyaient vers le ciel. Cette zone est aujourd’hui généralement profonde de quelques centimètres à quelques décimètres. Dans les zones nordiques les constructions reposent aujourd’hui sur des pieux enfoncés à plusieurs mètres de profondeur, et il est recommandé de conserver un vide sous les maisons.

Exemple d’immeuble construit sur pilotis à cause du permafrost en Yakoutie

(Crédit photo: Wikipedia)

Effets du dégel du pergélisol sur les sols :

Dans les Alpes, le pergélisol se retrouve au-dessus de 2 500 mètres sur les ubacs, autrement dit sur les versants à l’ombre, par opposition aux adrets qui désignent les versants au soleil. Un dégel de ces zones de haute montagne peut provoquer des éboulements importants.

L’Office fédéral suisse de l’environnement a publié une carte et une liste actualisée des zones habitées particulièrement menacées. Les dangers d’éboulements existent surtout pour les localités – comme Zermatt – qui se situent au fond des vallées. Les effondrements peuvent être d’autant plus meurtriers que les dépôts de matériaux laissés par les effondrements peuvent être remobilisés par les fortes pluies et provoquer de très dangereuses laves torrentielles. Les villages suisses de Bondo et Chamoson ont été victimes de ce phénomène.

La fonte de la glace du pergélisol est également susceptible de créer des mouvements importants des sols. Cela risque de poser des problèmes à certaines infrastructures comme les oléoducs posés sans fondations sur ces sols. Des travaux de consolidation sont ainsi régulièrement effectués sur les installations gazières de la péninsule de Yamal en Sibérie.

Conséquences d’une lave torrentielle à Chamoson (Photo : C. Grandpey)

Le pergélisol : une bombe à retardement :

Le pergélisol arctique, qui renferme 1500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit environ deux fois plus que dans l’atmosphère, est considéré comme une bombe à retardement. Selon les indices publiés en 2019 dans la revue Nature, le pergélisol canadien fond avec une intensité qui n’était attendue dans certaines régions que vers 2090 ; à l’échelle mondiale sa vitesse de fonte implique un risque « imminent » d’emballement.

Le dégel du pergélisol permet aux bactéries de se développer, et avec la fonte du pergélisol les déchets organiques deviennent accessibles aux microbes qui produisent du CO2 et du méthane. Ainsi, il pourrait émettre à l’avenir environ 1,5 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. On assiste à une boucle de rétroaction car les gaz à effet de serre accélèrent le réchauffement de la planète et le réchauffement de la planète augmente la fonte du pergélisol.

Dégel du pergélisol : la peur des virus :

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, le dégel du pergélisol est susceptible de libérer des virus, connus ou inconnus. En 2014, des scientifiques ont découvert dans le pergélisol deux virus géants, inoffensifs pour l’Homme, qu’ils ont réussi à réactiver. Cela prouve que si on est capable de ressusciter des virus âgés de 30 000 ans, il n’y a aucune raison pour que certains virus beaucoup plus embêtants pour les êtres vivants ne survivent pas également plus de 30 000 ans. En 2016, en Sibérie, un cadavre décongelé de renne a déclenché une épidémie d’anthrax qui a tué un enfant et décimé de nombreux troupeaux de rennes. Pour l’instant, la résurgence des virus se fait de manière locale, mais elle pourrait se répandre à l’ensemble de la planète. On vient de voir la catastrophe humaine, économique et sociale générée par le coronavirus.

Les rennes sont particulièrement exposés aux virus, mais aussi aux moustiques (Photo : C. Grandpey)

Le dégel du pergélisol et l’exploitation minière :

Des régions de Sibérie, auparavant désertiques et accessibles, recèlent d’importants gisements de gaz et de pétrole, ainsi que des métaux précieux comme l’or ou les diamants. Leur exploitation est en passe de devenir possible avec le réchauffement climatique. Des mines à ciel ouvert, d’une taille de 3 à 4 kilomètres de diamètre et jusqu’à un kilomètre de profondeur, ont été ouvertes pour exploiter ces gisements en retirant le pergélisol. Les bactériologistes mettent en garde sur ces exploitations à ciel ouvert où aucune précaution bactériologique n’est prise.

  Mine de diamant de Mirny en Sibérie (Crédit photo : Wikipedia)