Un nouveau volcan actif en Chine? // New active volcano in China ?

Il existe des volcans et des champs volcaniques en Chine, bien qu’ils soient moins connus que leurs homologues aux États-Unis ou en Europe. Entre 2014 et 2018, j’ai écrit plusieurs notes à propos du Mont Paektu (également appelé Baekdu ou Changbai), un volcan considéré comme sacré, qui se trouve près de la frontière nord-coréenne avec la Chine et qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1903. Cependant, une explosion en 946 après JC a été l’un des événements volcaniques les plus puissants de l’histoire.
Un article paru dans le South China Morning Post nous informe qu’une équipe de géophysiciens de l’Université chinoise des sciences et technologies a étudié le volcan Weishan qui se trouve dans le champ volcanique de Wudalianchi au nord-est de la Chine, près de la frontière avec la Corée du Nord et la Russie. Ils précisent que le volcan Wei pourrait entrer prochainement en éruption suite à la découverte de deux énormes chambres magmatiques sous le volcan qui s’est manifesté pour la dernière fois il y a plus de cinq cent mille ans et était considéré comme éteint jusqu’à présent. .
Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont étudié près de 100 sites sur le massif du Wei. Ils ont utilisé des capteurs pour détecter les anomalies électromagnétiques sous terre. Ils ont ainsi découvert une première chambre magmatique à 15 km de profondeur et une autre à 8 km. Les chambres font partie d’un système plus vaste qui pourrait également appartenir au volcan Paektu par convection mantellique. Les modèles indiquent que les chambres éclipsent le volcan par leur taille ; en effet l’édifice ne mesure qu’une centaine de mètres de hauteur et 5 kilomètres de diamètre.
L’équipe scientifique chinoise a remarqué que l’activité sismique avait augmenté sur le Mt Paektu de 2002 à 2005, signe que l’activité magmatique sous le volcan avait augmenté elle aussi. Ils ont également indiqué que l’activité volcanique dans le nord-est de la Chine se trouvait probablement à un stade actif, et qu’une surveillance était nécessaire pour mieux comprendre les systèmes magmatiques dans cette région. La dernière éruption dans le champ volcanique de Wudalianchi a eu lieu au début du 18ème siècle; elle a donné naissance à deux volcans, le Laohei et le Huoshao. Les chercheurs n’ont détecté aucune présence de chambres magmatiques actives sous ces deux volcans.
Les chercheurs sont un peu déconcertés par les résultats de l’étude du volcan Wei. L’un d’eux a déclaré: « S’il y a vraiment de volumineuses chambres magmatiques dans la région, nous aurions dû détecter des signes activité sismique en relation avec elles, en particulier lorsque la chambre inférieure recharge celle qui la surmonte ; dans ce cas, on devrait détecter des mouvements. » Pourtant, après des décennies de surveillance du site, aucune activité significative n’a été détectée. Les signaux anormaux détectés par les chercheurs semblaient être provoqués par des chambres magmatiques, mais il se pourrait qu’ils aient été causés par d’autres matériaux à haute conductivité, comme l’eau ou des roches.
Source: The Watchers et The South China Morning Post.

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There are volcanoes and volcanic fields in China, although they are less popular than their counterparts in the U.S. or in Europe. Between 2014 and 2018, I wrote several posts about Mount Paektu (also called Baekdu or Changbai), a volcano considered  sacred, that stands close to the North Korean border with China and which last erupted in 1903. However, an explosion in 946 A.D. was one of the strongest volcanic events in history.

An article in the South China Morning Post informs us that a team of geophysicists from the University of Science and Technology of China has studied the Weishan volcano in the Wudalianchi volcanic field in northeast China, near the border with North Korea and Russia. They have warned that Wei Mountain could be ready for an eruption after two huge magma chambers were discovered under the volcano, which last erupted more than five hundred thousand years ago and was considered extinct up to now. .

For the study, the researchers studied almost 100 sites across Wei Mountain. They used sensors to spot electromagnetic abnormalities underground. They discovered a first magma chamber 15 km underground, and another one 8 km deep. The chambers are part of a larger system that could be linked with the neighbouring Paektu volcano by secondary mantle convection. The models indicate the chambers dwarf the volcano, which is about 100 metres high and 5 kilometres wide.

The Chinese scientific team remarked that seismic activity had increased at Paektu from 2002 to 2005, indicating that magmatic activity beneath the volcano had increased. They also indicated that volcanic activity in northeast China was probably in an active stage, and active volcanic monitoring is needed to further understand the magmatic systems in this region. The last eruption at the Wudalianchi field was in the early 18th century; it formed two volcanic mountains, Laohei and Huoshao.The researchers have not detected any sign of active magma chambers under these two volcanoes.

The researchers are a little disconcerted by the results of the Wei study One of them said: « If there really are huge magma chambers in the area, we should have detected some related seismic activities – when the lower chamber recharges the upper one, there should be some movement. » However, after decades of monitoring on the site, no significant activity has been detected. While the abnormal signals detected by the researchers appeared to be magma chambers, they could have been caused by other substances with high conductivity, like water or rocks.

Source : The Watchers and The South China Morning Post.

Carte montrant les volcans Paektu (ou Changbai) et Wei  (Source : South China Morning Post)

Volcan Wei (Source : South China Morning Post)

Corée du Nord : Le Mont Paektu s’ouvre au tourisme // North Korea : Mt Paektu opens to tourism

Ces derniers mois, les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont beaucoup améliorées. Il y a aussi moins de tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis. Un sommet a eu lieu entre Donald Trump et Kim Jong Un à Singapour le 12 juin 2018. Un autre signe de l’ouverture de la Corée du Nord au reste du monde est l’accès au Mont Paektu. Récemment, un petit groupe de touristes étrangers a été autorisé à visiter le volcan qui se trouve à cheval sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.
En 946 après JC, le Mont Paektu a été le site d’une des plus grandes éruptions de l’histoire, avec un VEI de niveau 7. Considéré comme l’un des plus beaux sites naturels de la Corée du Nord, le volcan est toujours considéré comme actif, bien qu’il n’y ait pas eu de grandes éruptions ces dernières années. Il est vénéré dans le nord pour ses liens avec la famille régnante Kim et est considéré comme le foyer spirituel de la révolution coréenne. Les voyages à destination de la montagne sont très prisés par les Nord-Coréens qui la visitent avec leur école, ou d’autres groupes sociaux qui participent à des excursions pendant lesquelles se partagent l’endoctrinement et les loisirs. Le Mont Paektu est également apprécié des touristes chinois et de petits groupes de touristes étrangers qui peuvent séjourner dans des hôtels voisins avant de monter jusqu’au cratère pour admirer les eaux bleues du lac Chon, dans la caldeira du Paektu.
La zone autour de la montagne possède plusieurs « campings secrets » qui ont été réaménagés après avoir, dit-on, été utilisés par Kim Il Sung et ses guérilleros dans la lutte contre la domination japonaise avant 1945. C’est probablement la raison pour laquelle l’idée de permettre à des étrangers des excursions avec camping convenait assez bien aux autorités locales.
Sous la direction de Kim Jong Un, la Corée du Nord a donné la priorité au développement de son industrie touristique car elle représente une source de devises étrangères indispensable et c’est un secteur qui peut être étroitement contrôlé. Le pays entreprend actuellement d’importants projets d’infrastructures sur plusieurs sites, notamment à Samjiyon, la plus grande ville à proximité du Mont Paektu, dans la ville portuaire orientale de Wonsan, ainsi que dans la région du Mont Kumgang qui est restée ouverte aux touristes sud-coréens jusqu’en 2008, année où une femme sud-coréenne a été abattue pour avoir pénétré dans une zone interdite.
Un accroissement significatif du nombre de touristes étrangers suppose un assouplissement des sanctions internationales en vigueur pour inciter Kim Jong Un à abandonner son programme d’armes nucléaires. Les touristes américains ne sont pas autorisés à se rendre en Corée du Nord suite à l’interdiction de voyage imposée par le président Trump en réponse à la mort d’un étudiant américain décédé peu après sa libération. Il avait été accusé d’avoir tenté de voler une bannière de propagande. Globalement, on peut dire que la situation touristique s’améliore, mais reste relativement fragile.
Source: Presse de l’Etat du Kentucky.

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In recent months, the relationships between North and South Korea have much improved. There are fewer tensions as well between North Korea and the United states. A summit took place between US President Donald Trump and Kim Jong-un in Singapore on June 12th, 2018. Another sign of the opening of North Korea to the rest of the world is the access to Mount Paektu. Recently, a handful of foreign tourists have been allowed to visit the country’s biggest volcano that straddles the border that separates China and North Korea.

In 946 AD, Paektu was the site of one of the largest eruptions in history, with a VEI of 7. It is considered one of the most beautiful natural sites in North Korea and is still active, though there have not been any big eruptions in recent years. The volcano is revered in the North for its links to the ruling Kim family and is considered the spiritual home of the Korean revolution. Trips to the mountain are popular with North Koreans who visit with their schools, or other social groups on excursions that are part indoctrination and part recreation. It is also popular with Chinese tourists and smaller foreign tour groups who can stay in nearby hotels and drive right up to its crater to see the blue waters of Lake Chon in Paektu’s caldera.

The area around the mountain features several reconstructed « secret campsites » said to have been used by Kim Il Sung and his guerrillas in the fight against the Japanese colonial rulers before 1945 — a possible reason why the idea of allowing foreign camping excursions clicked with the local authorities

Under leader Kim Jong Un, North Korea has placed a high priority on developing its tourism industry as a source of much-needed foreign currency and as an industry that can be fairly closely controlled and monitored. It is currently carrying out massive infrastructure projects in several locations, including at Samjiyon, the largest city near Mount Paektu, and in the eastern port city of Wonsan and the adjacent Mount Kumgang area, which was open to South Korean tourists until around 2008, when a South Korean housewife was shot for wandering into a restricted area.

Any big expansion in the numbers of foreign tourists will require an easing of international sanctions in place to push Kim to abandon his nuclear weapons program. Tourists from the United States are blocked from coming to North Korea by a travel ban imposed by President Donald Trump in response to the death of an American college student who died shortly after his release from North Korean custody for allegedly trying to steal a propaganda banner.

Globally, the situation around tourism is improving but is still uncertain.

Source : Kentucky newspapers.

Vue du lac dans la caldeira sommitale du Mont Paektu (Crédit photo: Wikipedia)

 

Mt Paektu (frontière sino-coréenne) : Missiles et légendes // Mt Paektu (Border North Korea / China) : Missiles and legends

Dans plusieurs notes publiées à partir du mois de mars 2011, j’ai expliqué que le Mont Paektu (également écrit Baekdu) en Corée du Nord inquiétait les autorités.
Le Mont Paektu est sacré pour le peuple nord-coréen. Kim Il Sung, le père fondateur de la Corée du Nord moderne, s’est livré à la guérilla pour combattre les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Mt Paektu est aussi censé être le lieu de naissance de son fils, Kim Jong-il, qui lui succéda à la tête du pays. Les Nord Coréens font des pèlerinages sur la montagne, et les étudiants montent en chantant vers sommet.
Le Mont Paektu est un volcan endormi. Lorsqu’il s’est réveillé il y a environ mille ans, l’éruption dite « du Millénaire » (Millenium Eruption) a été l’un des événements volcaniques les plus violents de l’histoire humaine. Lorsque les scientifiques nord-coréens ont enregistré plusieurs essaims sismiques sous le volcan entre 2002 et 2005, ils furent tellement inquiets que les dirigeants ont décidé de contacter des volcanologues des États-Unis et de Grande-Bretagne, pays avec lesquels les relations n’étaient pourtant pas au beau fixe.

Pour célébrer son dernier lancement de missile, Kim Jong-Un, le leader actuel de la Corée du Nord a rendu visite au volcan sacré où son père, Kim Jong-il, était censé être né en 1942. Selon l’Agence de presse officielle de Corée du Nord, la visite de Kim Jong-Un au Mont Paektu a été pour lui l’occasion de méditer sur «les jours chargés d’émotion où il a réalisé une grande cause historique avec la naissance de la force nucléaire de son Etat, sans avoir hésité un seul instant».
La légende veut que Jong-il, le fils de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord, soit né sur la montagne après l’apparition d’un double arc-en-ciel et d’une nouvelle étoile dans le ciel. En réalité, les archives révèlent que Jong-il est tout bêtement né en 1941 dans le village sibérien de Vyatskoye. Il est mort d’une crise cardiaque en 2011 après avoir piqué une colère monstre devant les défauts de construction d’une centrale électrique cruciale dans la province de Jagang. Selon l’agence de presse officielle de Corée du Nord, la mort de Jong-il a provoqué de multiples phénomènes paranormaux dans le pays, avec le craquement de la glace sur un lac célèbre « si fort que le craquement semblait ébranler le ciel et la terre ».
Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis se sont intensifiées depuis le lancement du missile. Les États-Unis ont mené des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud près de la péninsule coréenne.

La Corée du Nord a également effectué plusieurs essais nucléaires à proximité du Mont Paektu. A une époque, on a craint que les secousses sismiques provoquées par les explosions déstabilisent le volcan et déclenchent une éruption.

 Source: Newsweek.

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In several notes starting in March 2011, I explained that Mt Paektu (also written Baekdu) in North Korea worries that authorities.

Mount Paektu is sacred to the North Korean people. It was the site where Kim Il Sung, the founding father of modern North Korea, used guerrilla tactics to fight the Japanese during World War II, and as the supposed birthplace of his son, Kim Jong-il, who succeeded him as the country’s leader. North Koreans make pilgrimages to the mountain, and students march up its summit singing songs.

However, Mount Paektu is only asleep. When it last awoke about a thousand years ago, the so-called Millenium Eruption unleashed one of the most violent volcanic events in recorded human history. And when North Korean scientists recorded a swarm of tiny earthquakes rumbling beneath the volcano from 2002 to 2005, they were so concerned that the country leaders eventually contacted the West for help. The result was a rare collaboration of scientists from North Korea and researchers from countries like the United States and Britain with which it has hostile relations.

In celebration of his most recent missile launch, supreme leader Kim Jong Un of North Korea visited the sacred volcano where his father, Kim Jong-il, was supposedly born in 1942. According to the Korean Central News Agency, a state-run media organ, Kim’s visit to Mount Paektu gave him a moment to reflect on the « emotion-charged days when he realized the great historic cause of completing the state nuclear force without yielding even a moment. »

Legend has it that Jong-il, son of Kim Il Sung, the founder of North Korea, was born on the mountain after a double rainbow and a new star appeared in the sky. But records show that Jong Il was born in the Siberian village of Vyatskoye in 1941. Jong Il died of a suspected heart attack in 2011 after reportedly raging over construction faults at a crucial power plant in Jagang Province. According to the Korean State Central News Agency, Jong Il’s death caused multiple paranormal activities in the country, including ice cracking on a famous lake « so loud, it seemed to shake the Heavens and the Earth. »
Tensions between North Korea and the U.S. have heightened since the launch, with the U.S. carrying out large-scale, joint military drills with South Korea near the Korean Peninsula.

North Korea also performed several nuclear tests close to Mt Paektu. It was feared that the quakes triggered by the explosions might destabilize and wake up the volcano.
Source: Newsweek.

Caldeira sommitale du Mt Paektu (Crédit photo : Wikipedia).

L’Eruption du Millénaire du Mont Paektu (Corée du Nord) // Mount Paektu’s Millenium Eruption (North Korea)

drapeau-francaisJ’ai expliqué dans plusieurs notes de ce blog que la Corée du Nord avait des inquiétudes concernant Mont Paektu (aussi écrit Baekdu), un volcan considéré comme sacré près de la frontière avec la Chine. Il est entré en éruption pour la dernière fois en 1903. Les autorités coréennes ont même fait appel à des scientifiques occidentaux pour une meilleure évaluation des risques éruptifs.
Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater la soi-disant «Eruption du Millénaire» du Mont Paektu, l’une des plus importantes de l’histoire. Ils ont également montré que cette éruption n’avait pas pu entraîner la chute d’un important royaume du 10ème siècle, comme on le pensait jusqu’à présent.
L’équipe scientifique explique dans la revue Quaternary Science Reviews comment l’analyse des restes partiellement fossilisés d’un arbre abattu par l’éruption et des carottes de glace prélevées au Groenland ont abouti à la conclusion que l’éruption s’est produite au cours des derniers mois de 946 après JC. Les chercheurs ont procédé à une nouvelle datation par le carbone 14 sur un tronc de mélèze fossilisé récupéré du côté chinois du volcan. L’arbre était âgé de 264 ans quand il a été renversé par l’éruption et recouvert par une coulée de lave.
Les scientifiques ont estimé que l’arbre était encore debout en 775, année où la Terre a été abondamment bombardée par des rayons cosmiques. La preuve de cet événement, sous forme de radiocarbone, a été détectée dans l’un des cernes de l’arbre, et en comptant jusqu’à l’anneau de croissance externe, l’équipe a pu déterminer quand l’arbre avait péri. Une analyse plus approfondie a montré qu’il avait arrêté sa croissance saisonnière et que sa mort avait probablement eu lieu à l’automne ou à l’hiver.
En effectuant une comparaison avec les dépôts de cendre dans des carottes de glace forées dans le nord du Groenland, l’équipe scientifique a pu affiner ses calculs jusqu’aux 2 ou 3 derniers mois de 946 après JC.
Source: Université de Cambridge.

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drapeau-anglaisIn several posts, I explained that North Korea was worrying about Mount Paektu (également écrit Baekdu), a volcano considered  sacred, that stands close to the border with China and which last erupted in 1903. The Korean authorities called Western experts for help in order to get a better idea of the eruptive risks.

An international team of researchers has managed to pinpoint, to within three months, the so-called “Millennium Eruption” of Mt Paektu, one of the largest in history. They have also shown that this eruption cannot have brought about the downfall of an important 10th century kingdom, as was previously thought.

Writing in the journal Quaternary Science Reviews the team describes how new analysis of the partly fossilised remains of a tree killed by the eruption, and ice cores drilled in Greenland, lead them to conclude the eruption occurred in the final months of 946 AD. They established an accurate date for the event by making new radiocarbon measurements on a fossilised larch trunk recovered from the Chinese side of the volcano. The tree was 264 years old when it was killed and buried by a flow of lava.

The scientists reckoned the tree would have been standing in 775, a year that was marked by a burst of cosmic rays reaching the Earth. Evidence of this event, in the shape of radiocarbon, was found in one of the tree’s rings and by counting to the outer ring, the team was able to work out when the tree must have perished. Further analysis indicates it had stopped its seasonal growth suggesting Autumn or Winter as the likely time of its demise.

By cross-referencing with ash deposits found in ice cores drilled in northern Greenland, the team could narrow down the calculation to the last 2 or 3 months of 946 AD.

Source: University of Cambridge.

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Caldeira sommitale du Mt Paektu (Crédit photo: Wikipedia)

Et si un volcan rapprochait la Corée du Nord de l’Occident? // What if a volcano moved North Korea closer to the West ?

drapeau-francaisDans plusieurs notes publiées à partir du mois de mars 2011, j’ai expliqué que le Mont Paektu (également écrit Baekdu) en Corée du Nord inquiétait les autorités qui avaient décidé de faire appel aux scientifiques occidentaux pour les aider à mieux comprendre ce volcan.
Le Mont Paektu est sacré pour le peuple nord-coréen. Kim Il Sung, le père fondateur de la Corée du Nord moderne, s’est livré à la guérilla pour combattre les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Mt Paektu est aussi censé être le lieu de naissance de son fils, Kim Jong-il, qui lui succéda à la tête du pays. Les Nord Coréens font des pèlerinages sur la montagne, et les étudiants montent en chantant vers sommet.
Le Mont Paektu est un volcan endormi. Lorsqu’il s’est réveillé il y a environ mille ans, l’éruption dite « du Millénaire » (Millenium Eruption) a été l’un des événements volcaniques les plus violents de l’histoire humaine. Lorsque les scientifiques nord-coréens ont enregistré plusieurs essaims sismiques sous le volcan entre 2002 et 2005, ils furent tellement inquiets que les dirigeants ont décidé de contacter les pays occidentaux pour obtenir de l’aide.
Ce fut le début d’une étonnante collaboration entre des scientifiques nord-coréens et des chercheurs venus de pays avec lesquels la Corée du Nord entretient des relations hostiles. En 2013, des volcanologues des États-Unis et de Grande-Bretagne ont rencontré des chercheurs nord-coréens pour étudier le Mont Paektu et son système magmatique. Les scientifiques ont communiqué par l’intermédiaire d’interprètes qui les ont accompagnés tout au long du séjour. Le premier obstacle à surmonter fut l’écart de connaissances scientifiques entre les deux groupes. En effet, interdits de participer à des conférences hors de leur pays et d’accès à la plupart des publications scientifiques, les Nord-Coréens sont restés isolés du monde de la volcanologie et de la géophysique pendant les 20 dernières années.
L’une des principales questions était de savoir quelle quantité de gaz l’Éruption du Millénaire avait envoyé dans l’atmosphère, et si l’événement avait affecté le climat dans l’hémisphère nord, comme l’avait fait l’éruption du Mt Tambora en 1815. Les carottes glaciaires prélevées au Groenland et qui correspondent à la date de l’Eruption du Millénaire (946 avt J.C.), ont de faibles teneurs en soufre, ce qui laisse supposer que l’éruption a émis une faible quantité de gaz et n’a pas eu d’effets importants sur le climat. Toutefois, l’équipe scientifique a eu un doute et pensé que les estimations fournies par les carottes de glace pouvaient être faibles. Les chercheurs ont donc voulu analyser les traces de soufre contenues dans la pierre ponce émise par l’éruption et présente sur les flancs du volcan.
En procédant à une analyse chimique de la ponce, l’équipe a constaté que l’Eruption du Millénaire avait émis environ 45 mégatonnes de soufre dans l’atmosphère, soit 20 fois plus que les estimations précédentes et environ 1,5 fois plus que le Tambora. Les résultats des dernières analyses ont révélé que les gaz de l’Eruption du Millénaire étaient susceptibles d’avoir affecté le climat, mais cela ne veut pas dire qu’ils l’ont fait. Plusieurs facteurs, comme la haute latitude de la montagne et le moment de l’année où a eu lieu l’éruption, auraient aussi pu jouer un rôle sur les effets climatiques. L’équipe scientifique a publié ses résultats le mois dernier dans la revue Science Advances.
Source: The New York Times.

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drapeau-anglaisIn several notes starting in March 2011, I explained that Mt Paektu (also written Baekdu) in North Korea worries that authorities and they decided to call western scientists to help them understand this volcano.

Mount Paektu is sacred to the North Korean people. It was the site where Kim Il Sung, the founding father of modern North Korea, used guerrilla tactics to fight the Japanese during World War II, and as the supposed birthplace of his son, Kim Jong-il, who succeeded him as the country’s leader. North Koreans make pilgrimages to the mountain, and students march up its summit singing songs.

However, Mount Paektu is only asleep. When it last awoke about a thousand years ago, the so-called Millenium Eruption unleashed one of the most violent volcanic events in recorded human history. And when North Korean scientists recorded a swarm of tiny earthquakes rumbling beneath the volcano from 2002 to 2005, they were so concerned that the country leaders eventually contacted the West for help.

The result was a rare collaboration of scientists from North Korea and researchers from countries with which it has hostile relations. In 2013, volcanologists from the United States and Britain met researchers in North Korea to investigate Mount Paektu and its magma plumbing. The scientists communicated through translators who accompanied them throughout the trip. One challenge was the scientific gap between the two groups. Barred from attending conferences outside their country and denied access to most scientific literature, the North Koreans had been isolated from the last 20 years of debate in volcanology and geophysics.

One of the questions that the team set out to answer was how much gas the Millennium Eruption sent into the sky, and whether the event affected the climate in the Northern Hemisphere, just like the Mt Tambora eruption had done in 1815. Previous studies of ice cores from Greenland dated to A.D. 946, when the Millennium Eruption occurred, had low levels of sulphur, suggesting that the eruption emitted a small amount of gas and did not have strong effects on the climate. But the team thought the ice core estimates might have been low and wanted to test for sulphur traces within the white pumice that came from the actual eruption and was now scattered across the volcano.

By analyzing the white pumice for geochemical clues, the team found that the Millennium Eruption actually emitted a large amount of sulphur into the atmosphere: an estimated 45 megatons. That is about 20 times what previous estimates had suggested, and about 1.5 times what was emitted by Mount Tambora. Results from the latest analyses revealed that the gas from the Millennium Eruption had the potential to affect the climate. But that does not mean that it did. Several factors, like the mountain’s high latitude and the time of year it erupted, could also have influenced its climate effects. The team published its findings last month in the journal Science Advances.

Source: The New York Times.

Paektu NASA

Image satellite du Mt Paektu (Source: NASA)

Une image de plus haute résolution peut être obtenue à cette adresse:

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/88000/88020/paektu_oli_2015265_lrg.jpg

Image satellite du Mont Paektu (Corée du Nord / Chine) // Satellite image of Mt Paektu (North Korea / China)

drapeau-francaisLa NASA a mis en ligne une image du Mont Paektu (frontière sino-coréenne) vu depuis l’espace. On y voit le volcan (également appelé, entre autres, Baekdu, or Changbai) et les régions avoisinantes. La photo a été prise en septembre 2015 par l’Operational Land Imager à bord du satellite Landsat 8. La caldeira est parfaitement visible, ainsi que les forêts qui entourent la montagne et ses 2,744 mètres. On aperçoit la lave solidifiée au sud-est du Heaven lake qui trône au sommet.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes (22 mars 2011, 20 septembre 2014 , 21 avril 2016) le Mont Paektu est un volcan actif qui a été le siège de l’une des éruptions les plus intenses de l’histoire en 946. Il est intéressant pour les scientifiques car il est situé à plus de 500 km d’une limite entre plaques tectoniques, là où se trouvent normalement les volcans.
Le Mont Paektu a fait l’objet de peu de recherches en raison de l’accès limité au site. Le volcan a semblé reprendre vie entre 2002 et 2005, quand une série de petits séismes a été enregistrée. On a alors craint une nouvelle éruption majeure qui serait une menace pour les 1,6 millions de personnes qui vivent à moins de 100 km du volcan.
En conséquence, des volcanologues du Royaume-Uni, des États-Unis et de Chine ont collaboré avec des scientifiques nord-coréens afin d’essayer de mieux comprendre la structure, l’évolution et l’histoire du volcan. Les premiers résultats des études ont révélé la présence de roche en fusion sous l’édifice volcanique. Cette roche en fusion pourrait avoir été la source des éruptions qui se sont produites au cours des derniers millénaires, et elle pourrait expliquer l’agitation volcanique observée au début du 21ème siècle.
Source: NASA.

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drapeau-anglaisNASA has released an image of Mount Paektu (North Korea-China border) and surrounding areas seen from space. The photo was taken in September 2015 with the Operational Land Imager on the Landsat 8 satellite. It shows the caldera, the forests surrounding the 2,744- metre mountain ( also called, among others, Baekdu, or Changbai) and solidified lava to the south-east of Heaven Lake.

As I put it in previous notes (22 March 2011, 20 September 2014 , 21 April 2016), Mount Paektu is an active volcano that produced one of the most intense eruptions in recorded history in 946 AD. It is of interest to scientists as it is located more than 500 km from a tectonic plate boundary – where volcanoes are normally found.

Little research has been carried out due to the limited access to the site. The volcano appeared to be rumbling to life between 2002 and 2005, when a series of weak earthquakes were recorded around it. This raised concerns it could produce another major eruption, placing the 1.6 million people who living within 100 km of the volcano at risk.

As a result, researchers from the UK, US and China collaborated with North Korean scientists to gain a better understanding of the volcano’s structure, evolution and history. The first findings from the project showed the volcano has molten rock lurking beneath it. They also indicated this molten rock could be the source of eruptions over the last few thousand years, and may explain the unrest observed at the start of the 21st century.

Source: NASA.

Paektu NASA

Une image de plus haute résolution peut être obtenue à cette adresse:

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/88000/88020/paektu_oli_2015265_lrg.jpg

Le Mont Paektu (Corée du Nord / Chine) // Mount Paektu (North Korea / China)

drapeau-francaisDans des notes rédigées en 2011 et 2014, j’ai écrit que la Corée du Nord avait proposé de mener des recherches avec la Corée du Sud sur l’activité volcanique du Mont Paektu (également appelé Baekdu, ou Baitu shan en chinois), considéré comme sacré par la Corée du Nord. Le Mont Paektu, qui se trouve sur la frontière avec la Chine, a connu sa dernière éruption en 1903. Avant cela, un événement majeur a eu lieu en 946 après JC. Les cendres volcaniques avaient alors atteint le Japon. Surnommé « Eruption du Millénaire », l’événement est en général classé au niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). L’éruption a modifié le paysage de façon spectaculaire, laissant derrière elle un cratère de près de 5 kilomètres de diamètre dans lequel on peut aujourd’hui admirer le Lac du Paradis. Le volcan reste actif et la région enregistre régulièrement une activité sismique.
Le Mont Paektu a récemment montré des signes d’agitation qui inquiètent les autorités nord-coréennes. Comme les scientifiques coréens ne savent que peu de choses sur le volcan, leurs homologues occidentaux ont obtenu une autorisation exceptionnelle d’accès au Mt Paektu pour déterminer si – ou quand – il pourrait se réveiller. C’est ainsi qu’en 2011 les scientifiques américains Hammond et Clive Oppenheimer ont été invités par le gouvernement de Pyongyang à travailler sur le Mt Paektu avec des scientifiques locaux suite à une série de petits séismes qui avaient fait craindre une prochaine éruption. Toutefois, l’équipe n’a pas pu se rendre de nouveau sur le volcan avant 2013 en raison des sanctions internationales et les difficultés d’obtention des autorisations pour l’importation de matériel.
De nouveaux signes récents d’activité du Mt Paektu ont fait venir – de nouveau à titre exceptionnel – une équipe scientifique internationale. Des chercheurs occidentaux, chinois, et nord-coréens ont déployé pour la première fois six sismomètres sur le versant nord-coréen du volcan afin mieux comprendre son comportement.

Il s’avère que la roche à l’intérieur du Mt Paektu n’est pas solide dans sa totalité. Il existe une zone importante de fusion partielle dans la croûte directement en dessous du volcan. Toutefois, cela ne signifie pas forcément que le volcan va connaître une éruption à court terme. Les chercheurs s’efforcent de déterminer le volume de magma stocké sous l’édifice, ainsi que son comportement dans le système d’alimentation en amont.
La prochaine étape consistera à étudier l’histoire de ce volcan après l’ « Eruption du Millénaire. » En effet, les caractéristiques des éruptions antérieures pourraient permettre aux scientifiques de prévoir la fréquence et l’intensité des éruptions futures.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisIn notes written in 2011 and 2014, I wrote that North Korea had proposed conducting research with South Korea on volcanic activity at Mount Paektu (also called Baekdu, ou Baitu shan in Chinese), considered sacred by the North.  Mount Paektu, which borders China, last erupted in 1903. Before that, a major event took place in 946 AD. Volcanic ash even reached Japan. Dubbed the « Millennium Eruption, » the explosion could be rated 7 on the Volcanic Explosivity Index. It changed the landscape dramatically, leaving behind a 5-km-wide crater, today known as Heaven Lake. The volcano remains active, with the region regularly registering regular quake activity.
Mount Paektu has recently been showing signs of life that worry North Korean authorities. As Korean scientists know little about the volcano, western scientists have been given extraordinary access to determine if — or when — it could wake up. Thus, American scientists Hammond and Clive Oppenheimer were invited by the government in Pyongyang to work with local scientists after small earthquakes beneath the volcano stirred fears it could erupt. But the team could not visit again the mountain until 2013 because of international sanctions and the convoluted process of obtaining the proper licenses for importing equipment.

More recent signs of activity at Mt Paektu have led an unprecedented international scientific study of the mountain. A team of Western, Chinese, and North Korean scientists deployed six seismometers on the North Korean side of the volcano for the first time, in an effort to better understand the volcano

It turns out the rocks below Mt. Paektu aren’t completely solid. There is a significant region of partial melt in the crust directly beneath the volcano. However, this does not mean the volcano will erupt in the short term. Researchers are still determining how much magma is stored and exactly how it fits into the plumbing of the volcano.

The next step will be to investigate the history of this volcano, beyond the Millenium Eruption. The characteristics and frequency of previous eruptions could help scientists predict future eruptions and how severe they might be.

Source : International press.

Baekdu

Cratère du Mt Paektu et Lac du Paradis (Crédit photo: Wikipedia)