Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Images de l’éruption

 6 heures (heure métropole): Rien de très nouveau sur le front de l’éruption. Les conditions météo sont restées mauvaises au cours des dernières heures, mais la visibilité semblait meilleure hier soir. Les rares éclaircies ont permis d’apercevoir des coulées sur la partie haute des Grandes Pentes. Comme me le faisait remarquer un ami réunionnaise, il y a un vaste replat au ied de ces premières pentes et il est probable que la lave va y stagner un certain temps. la suite de son parcours dépendra de la vigueur des coulées. Si la lave devait réusir à franchir ce replat, elle pourrait aborder la deuxième partie de la desente qui pourrait la conduire vers la RN2 et la mer, mais nous n’en sommes pas encore là. Il faut toutefois que le dernier bulletin de l’OVPF montre que le tremor était encore bien vigoureux le 12 août.

Les conditions météo étant meilleures hier, mon ami Christian Holveck a pu se rendre sur le site de l’éruption. Il m’explique qu’une nouvelle fissure s’est ouverte avec une coulée qui a déjà dévalé les Grandes Pentes et se situe à environ 600 mètres, non loin du Piton Tremblet (éruption d’avril 2007). Il m’a envoyé quelques photos prises hier en fin d’après-midi et soirée. Je le remercie sincèrement.  Il m’écrit qu’il n’a pas réussi à s’approcher vraiment de la coulée.

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9 heures (heure métropole): L’OVPF a pu effectuer une reconnaissance aérienne le matin du 13 août 2019. Au total ce sont deux fissures éruptives, distantes l’une de l’autre de 1400 mètres environ, qui se sont ouvertes le 11 août 2019 dans le secteur est-sud-est de la partie haute des Grandes Pentes à 1700 et 1500 m d’altitude. Au moment du survol, vers 9h30 (heure locale), seule la fissure la plus basse en altitude était active. Trois cônes distincts s’étaient formés sur cette fissure par accumulation de dépôts de fontaines de lave. Par ailleurs, une zone de fumerolle non liée à une fissure éruptive ni à une coulée de lave a été observée entre les deux fissures à environ 1100 m d’altitude.

Source: OVPF.

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 6 am (Paris time) : Nothing really new about the eruption. Weather conditions remained poor during the past hours, but visibility seemed to have improved last night. However, it was sometimes possible to discern the lava flows in the upper part of the Grandes Pentes. As a friend of mine aptly remarked, there is a wide flat area at the bottom of these first slopes where lava will probably stagnate for some time. The next part of the travel will depend on the energy of the lava flows. If lava manages to cross this flat area, it will start the second part of the descent that could take it toward the RN2 road and to the sea. But this is not for tomorrow. One should notice that the tremor was still quite active in the OVPF’s latest update on August 12th.

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9:00 am (Paris time): OVPF was able to perform an overflight in the morning of August 13th, 2019. Two eruptive fissures, about 1400 meters apart, opened on August 11th, 2019 in the eastern-south-eastern sector of the upper part of the Grandes Pentes, 1700 and 1500 metres above sea level. During the overflight, around 9:30 am (local time), only the lower fissure was active. Three distinct cones formed on this fissure by accumulation of lava fountain deposits. In addition, a fumarole zone not associated with an eruptive fissure or a lava flow was observed between the two fissures about 1100 m a.s.l.

Source: OVPF.

Source: OVPF

Photos: Christian Holveck

Le 13 août, le tremor éruptif reste relativement soutenu, même s’il a perdu une bonne partie de son intensité. (Source: OVPF)

Les lacs cachés du Groenland // Greenland’s hidden lakes

Les scientifiques ont identifié 54 nouveaux lacs sous-glaciaires sous la calotte du Groenland. Jusqu’à maintenant, à peine quatre d’entre eux avaient été recensés.Les observations ont été effectuées par des chercheurs des universités de Lancaster et de Sheffield. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications. Les chercheurs ont passé au peigne fin 570 000 kilomètres carrés de données radar recueillies par le programme IceBridge de la NASA qui cartographie les couches internes de la calotte glaciaire et le substrat rocheux. En plus de 54 lacs subglaciaires, deux lacs actifs ont été identifiés. Leur rôle est loin d’être négligeable car de tels lacs se remplissent en faisant monter et descendre la glace qui les surmonte.
Contrairement aux 470 lacs de l’Antarctique, les lacs groenlandais sont de petite taille. Par exemple, le lac Vostok en Antarctique a une longueur de 250 km alors que le plus grand lac au Groenland n’a que 6 km de long. Au Groenland, les lacs se trouvent principalement en bordure de la calotte glaciaire, sous des glaces relativement lentes et stables. Les scientifiques pensent qu’ils sont aussi plus récents car la calotte a beaucoup évolué au cours du dernier cycle glaciaire.
Ces lacs sous-glaciaires intéressent les scientifiques car ils renseignent sur l’hydrologie et la dynamique de la calotte glaciaire. L’eau agit comme un lubrifiant et, avec le réchauffement climatique, accélère le glissement de la glace vers l’océan. Connaître la vitesse de ce glissement permettra de faire des projections sur l’effet de la fonte de la glace du Groenland sur le niveau des océans. On sait d’ores et déjà que la fonte intégrale de la glace du Groenland ferait monter ce niveau d’environ 7 mètres. Une récente étude de 2019 montre que la fonte du Groenland a connu une forte accélération à partir des années 2000; elle atteint en moyenne 286 gigatonnes par an.
Source: Presse internationale.

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Scientists have identified 54 new subglacial lakes under the Greenland ice sheet. So far, only four of them had been identified. The observations were made by researchers at Lancaster University and Sheffield University. The results were published in Nature Communications. The researchers combed 570,000 square kilometres of radar data collected by NASA’s IceBridge program, which maps the inner layers of the ice sheet and the bedrock. In addition to 54 subglacial lakes, two active lakes have been identified. Their role is far from negligible because while filling up, such lakes raise and lower the ice above them.
Unlike the 470 lakes in Antarctica, Greenland lakes are small. For example, Lake Vostok in Antarctica is 250 km long while the largest lake in Greenland is only 6 km long. In Greenland, the lakes are mainly at the edge of the ice sheet, under relatively slow and stable ice. Scientists think they are also newer because the ice cap has evolved a lot during the last ice cycle.
These subglacial lakes are of interest to scientists as they provide information on the hydrology and dynamics of the ice sheet. Water acts as a lubricant and, with global warming, accelerates the sliding of the ice towards the ocean. Knowing the speed of this slide will help make projections on the effect of the melting of Greenland ice on the level of the oceans. It is already known that the total melting of Greenland ice would raise this level by about 7 metres. A recent study of 2019 shows that the melting of Greenland has greatly accelerated since the 2000s; it averages 286 gigatonnes a year.
Source: International Press.

Photo: C. Grandpey