La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Comme je j’ai écrit précédemment, la vague de chaleur qui a battu tous les records dans cinq pays européens à la fin du mois de juillet a maintenant atteint le Groenland. Comme prévu, elle accélère la fonte de la calotte glaciaire sur l’île et entraîne une importante perte de glace dans l’Arctique.
82% de la surface du Groenland est recouverte de glace. La partie de la calotte glaciaire qui montre des signes de fonte augmente chaque jour et a atteint un record de 56,5% le 31 juillet 2019. La situation devait s’amplifier et atteindre son maximum le 1er août avant que des températures moins élevées ralentissent la fonte de la glace.
Pendant la seule journée du 31 juillet, plus de 10 milliards de tonnes de glace se sont transformés en eau qui s’est déversée dans l’océan. Globalement, cela correspond à une perte de masse d’environ 197 milliards de tonnes au Groenland pour l’ensemble du mois de juillet.
Depuis le 1er juin 2019 – ce qui correspond au début de la saison de fonte – la calotte glaciaire du Groenland a perdu 240 gigatonnes (240 milliards de tonnes) cette année. Il est intéressant de comparer ce chiffre aux 290 gigatonnes perdues lors de la période de fonte en 2012, en sachant que la période de fonte dure généralement jusqu’à la fin du mois d’août.
Selon une étude réalisée en juin 2019 par des scientifiques américains et danois, la fonte de la glace au Groenland ajoutera entre 5 et 33 centimètres à l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100. Si toutes les glaces du Groenland fondaient, les océans du monde s’élèveraient de 7,20 mètres.
Au Groenland, la surface affectée par la fonte de la glace cette année est la deuxième en termes de superficie, derrière plus de 90% en 2012 ; on notera que les archives remontent à 1981. Une grande partie de l’eau de fonte peut ensuite se recongeler sur la couche de glace, mais, selon les scientifiques, la quantité de glace perdue définitivement cette année pourrait être identique à celle de 2012 ou même être supérieure.
Les vagues de chaleur ont toujours eu lieu, mais elles se produisent maintenant au moins 10 fois plus fréquemment qu’il y a un siècle. Ce sont des phénomènes météorologiques qui peuvent se produire naturellement, mais les études montrent que la fréquence et l’intensité de ces vagues de chaleur ont augmenté avec le réchauffement de la planète.
Comme je le souligne souvent dans ma conférence « Glaciers en péril », lorsqu’on dit que la température moyenne de la planète augmente d’un peu plus de 1 degré Celsius, cela n’a guère d’importance si l’on se trouve à Paris ou à Londres, mais la température moyenne revêt une autre importance dans les régions polaires où la calotte glaciaire sait faire la différence entre 15 et 16 degrés Celsius.
Source: Associated Press.

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As I put it before, the heat wave that smashed high temperature records in five European countries in late July is now over Greenland, accelerating the melting of the island’s ice sheet and causing massive ice loss in the Arctic.

Greenland has 82% of its surface covered in ice. The area of the ice sheet that is showing indications of melt has been growing daily, and hit a record 56.5% for this year on July 31st, 2019. The situation was expected to expand and peak on August 1st before cooler temperatures slow the pace of the melt.

More than 10 billion tons of ice was lost to the oceans by surface melt on July 31st alone, creating a net mass ice loss of some 197 billion tons from Greenland for the month of July.

Since June 1st, 2019 – roughly the start of the ice-loss season – the Greenland ice sheet has lost 240 gigatons (240 billion metric tons) this year. That compares with 290 gigatons lost overall in the 2012 melt season, which usually goes through the end of August.

A June 2019 study by scientists in the U.S. and Denmark said melting ice in Greenland alone will add between 5 and 33 centimetres to rising global sea levels by the year 2100. If all the ice in Greenland melted the world’s oceans would rise by 7.2 metres.

In Greenland, the melt area this year is the second-biggest in terms of ice area affected, behind more than 90% in 2012. Records go back to 1981.A lot of what melts can later refreeze onto the ice sheet, but because of the conditions ahead of this summer’s heat wave, the amount of ice lost for good this year might be the same as in 2012 or more, according to scientists.

Heat waves have always occurred, but they are now occurring at least 10 times more frequently than a century ago. They are weather events and can occur naturally but studies have shown that both the frequency and intensity of these heat waves have increased due to global warming..

As I often point out in my conference about glaciers at risk, when people talk about the average global temperature increasing by a little more than 1 degree Celsius, this is not a huge amount to notice if you are sitting in Paris or London, but this is a global average and it is much greater in the polar regionswhere the ice sheet makes the difference between 15 and 16 degrees Celsius.

Source: Associated Press.

Photo: C. Grandpey