Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Fin de l’éruption? // End of the eruption?

Après plusieurs hésitations, l’éruption du Piton de la Fournaise débutée dans l’après-midi du 11 août a cessé, probablement pour de bon, le 15 août vers 22 heures (heure locale). Seule persiste un dégazage au niveau des fissures éruptives et quelques rougeoiements au niveau des coulées de lave en cours de refroidissement. Cette éruption ne restera pas un grand cru. Certes, elle a pu être observée de loin depuis la RN2, mais son accès était trop compliqué. On remarquera que les dernières éruptions se sont produites à des altitudes de plus en plus basses et que le magma semble avoir des difficultés à atteindre la surface. De toute évidence, la pression dans la chambre magmatique superficielle n’est pas très forte, comme le montrent les courbes d’inflation de l’édifice volcanique. L’OVPF n’avance aucune hypothèse quant à l’évolution de la situation (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité ailleurs).Il faut tout de même noter que l’on continue à enregistrer une sismicité sous le sommet du volcan.

——————————

After several hesitations, the eruption of Piton de la Fournaise, started in the afternoon of August 11th, ceased, probably for good, on August 15th at about 22:00 (local time). One can only observe some degassing at the eruptive fissures and some glow along the cooling lava flows. This eruption will not remain a grand cru. Admittedly, it could be observed from RN2, but ther access to the lava field was too complicated. It should be noted that the last eruptions occurred at lower and lower altitudes, which probably means that magma finds it difficult to reach the surface. Obviously, pressure in the shallow magma chamber is not very strong, as shown by the inflation curves of the volcanic edifice. OVPF makes no forecast as to the evolution of the situation (definitive end, resumption of activity on the same site or elsewhere). One can still observe seismicity under the summit of the volcano.

Crédit photo: F. Juignier

La fonte du Glacier Blanc (Hautes-Alpes) [suite]

Dans une note publiée le 27 octobre 2017, j’attirais l’attention sur la fonte rapide du Glacier Blanc, dans les Hautes-Alpes. C’est le glacier le plus méridional de France. Il commence à se former à 4015 mètres d’altitude et descend jusqu’à 2350 mètres. En 2017, j’avais pu l’observer et le photographier depuis le célèbre Pré de Madame Carle, point de départ de nombreuses excursions dans le massif des Ecrins.

Un article paru dans la revue Sciences et Avenir en juillet 2019 confirme la fonte ultra rapide de ce glacier – il recule d’environ 25 mètres chaque année – et attire l’attention sur ses conséquences. Les dernières estimations des climatologues révèlent qu’il devrait perdre 90% de sa masse d’ici à 2050 si le réchauffement climatique continue au rythme actuel. Même si l’Accord de Paris était respecté, avec une hausse maximale de la température à 2°C, on estime que 71% de la masse glaciaire aurait disparu d’ici là.

Le glacier est surveillé attentivement par les glaciologues grenoblois qui utilisent les images obtenues lors de survols ainsi que les données satellitaires, sans oublier les visites sur le terrain à la fin de l’hiver et au terme de l’été.

Ces différentes observations montrent que le Glacier Blanc avait repris du volume dans les années 1920, puis de nouveau entre les années 1960 et 1980, avant de reculer de manière spectaculaire par la suite.

Les conséquences de cette fonte sont visibles sur le terrain où des espèces végétales ont commencé à prendre la place de la glace. Le changement de paysage ne sera malheureusement pas la seule conséquence de la fonte du Glacier Blanc. Il ne faudrait pas oublier qu’il est un important contributeur au remplissage du barrage de Serre-Ponçon qui permet de produire de l’hydroélectricité et d’arroser les terres de Provence en période de sécheresse. Il est fort à parier que dans un bref avenir, on ne pourra plus compter sur ce réservoir d’eau vital pour toute une région. Par sa situation, le Glacier Blanc n’est pas trop menacé par les éboulements ou les glissements de terrain. Lors de ma visite au Pré de Madame Carle en 2017, je regardais le chaos minéral qui entoure le site et je me disais que les alpinistes devraient se méfier de la fonte du permafrost de roche en haute altitude. Le phénomène génère des chutes de roches, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises dans le massif du Mont Blanc.

Source : Sciences et Avenir.

Photos: C. Grandpey