Climat: Ça va vraiment mal ! // Climate: Things are really in a bad way !

Comme je l’ai écrit précédemment, sur les 139 années d’archives de la NASA, juin 2019 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Ce dernier mois a aussi révélé une réalité encore plus inquiétante à propos du réchauffement climatique.
Le premier semestre de 2019, de janvier à juin, a été le deuxième semestre le plus chaud de l’histoire. Entre janvier et juin 2019, les températures ont été supérieures de 1,4 degrés Celsius à la moyenne de la fin du 19ème siècle. De plus, les semestres de janvier à juin pendant les cinq dernières années ont été les plus chauds jamais enregistrés. Les chiffres de la NASA montrent qu’à ce stade, la hausse inexorable des températures mondiales devient tout à fait prévisible. Il est clair que cette hausse ne peut pas être expliquée sans prendre en compte l’impact profond sur la planète de la combustion des combustibles fossiles et l’augmentation résultante des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui avaient déjà atteint leur niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans, atteignent maintenant des niveaux encore jamais observés..
Les conséquences de ce réchauffement de l’atmosphère sont bien visibles et de plus en plus fréquentes. En voici quelques exemples:
– La hausse des températures a multiplié par deux le nombre de terres ravagées par les incendies de forêt aux États-Unis au cours des 30 dernières années, notamment en Californie.
– Le Groenland, qui abrite la deuxième plus grande calotte glaciaire de la planète, fond à une vitesse sans précédent.
– Les 12 derniers mois ont été les 12 mois les plus humides de l’histoire des États-Unis, ce qui a provoqué de nombreuses inondations dans le pays. C’est facile à comprendre: pour chaque degré de réchauffement de 1 degré Celsius, l’air peut absorber 7% d’eau en plus.
– L’Arctique est en feu. Rien qu’en juin, les incendies de forêt en Alaska et en Sibérie ont émis 50 mégatonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions annuelles totales de la Suède. C’est plus que ce qui a été libéré par les incendies dans l’Arctique pendant tous les mois de juin réunis de 2010 à 2018.
– La température des océans augmente régulièrement.
– Depuis 1961, les glaciers terrestres ont perdu 9 000 milliards de tonnes de glace.
– La durée et la fréquence des vagues de chaleur augmentent.
– Les records de maxima de températures journalières dépassent les records de minima.
Dans l’ensemble, l’atmosphère connaît une hausse très rapide de sa température, mêle si cette tendance au réchauffement présente des hauts et des bas. Cela est dû aux influences climatiques naturelles, en particulier à des événements tels qu’El Niño qui peut favoriser une hausse supplémentaire des températures. .
Au train où vont les choses, 2019 sera certainement l’une des années les plus chaudes de l’histoire. Cela confirme une autre tendance tout aussi inquiétante. Dix-huit des 19 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu depuis 2001. De plus, les cinq années les plus chaudes ont été enregistrées au cours des cinq dernières années.
Source: NASA.

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As I put it before, in 139 years of NASA’s record-keeping, June 2019 was the warmest June ever recorded. But June 2019 also revealed a deeper warming reality.

The first half of 2019, January through June, finished up as the second warmest half-year on record. January through June 2019 temperatures were 1.4 degrees Celsius above average temperatures in the late 1800s. On top of that, each of the last five January through Junes are now the five warmest such spans on record. Only 2016 started off hotter than 2019. NASA’s figures show that at this point, the inexorable increase in global temperatures is entirely predictable. It simply cannot be explained without taking into account the profound impact on the planet of the burning of fossil fuels and the resulting increase in atmospheric greenhouse gas concentrations. Atmospheric carbon dioxide concentrations, already at their highest levels in at least 800,000 years, are now accelerating at rates that are unprecedented in both the historic and geologic record.

The well-predicted consequences of this heating of the atmosphere are now unfolding. Here are some, of many, examples:

– High temperatures have doubled the amount of land burned by wildfires in the U.S. over the last 30 years, notably in California.

– Greenland, home to the second largest ice sheet on Earth, is melting at unprecedented rates.

– The last 12 months have been the wettest 12 months in U.S. history, leading to widespread flooding around the nation. This easy to understand: For every 1 degree Celsius of warming, the air can hold 7 percent more water.

– The Arctic is on fire. In June 2019, the wildfires in Alaska and Siberia have released 50 megatons of CO2 in the atmosphere, which is the equivalent of the total annual emissions of Sweden. It is more than what has been emitted by all the wildfires in the Arctic during all the months of June between 2010 and 2018.

– Ocean temperatures are constantly going up.

– Since 1961, Earth’s glaciers lost 9 trillion tons of ice.

– Heat waves are increasing in duration and frequency.

– Daily high record temperatures are dominating daily low records.

Overall, the atmosphere is experiencing an accelerated upward temperature climb, though there are some ups and downs within the greater warming trend. This is due to natural climatic influences, particularly from events like El Niño, which can give global temperatures an added kick.

2019 will almost certainly end up being one of the hottest years on record. This is in line with another stark trend. Eighteen of the 19 warmest years on record have occurred since 2001. Moreover, the five hottest years have occurred in each of the last five years.

Source: NASA.

Evolution des températures du mois de juin depuis 1880 (Source : NASA)

Etna (Sicile) : Ça se calme ! // Activity has declined !

Au cours des dernières heures, l’Etna a fait s’affoler les fous du volcan. Au moindre soubresaut du Mongibello, ils commencent à rêver d’une éruption de grande envergure… Depuis quelques jours, on observe une hausse de l’activité au niveau des cratères nord-est et surtout sud-est où a démarré hier une belle activité strombolienne accompagnée d’un épanchement de lave. Comme le fait remarquer Boris Behncke (INGV Catane) il ne s’agit pourtant pas d’un « paroxysme » comme l’ont écrit certains organes de presse, mais d’une simple activité sommitale qui a pris fin rapidement le 19 juillet au soir, sur le coup de 22h30. Sismicité et tremor ont décliné, sans toutefois retrouver les valeurs de base. Il n’est donc pas impossible que l’on assiste à de nouvelles séquences éruptives dans les prochains jours. L’Etna nous a déjà habitués à de telles situations. A noter que le trafic aérien a été perturbé dans les aéroports de Raguse et Catane.

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During the past few hours, Mt Etna has triggered some excitement among the volcano lovers. At the slightest jolt of the Mongibello, they begin to dream of a large-scale eruption… In recent days, there has been an increase in activity at the northeast and  south-east craters. A nice strombolian activity started yesterday at the SE Crater, together with an effusion of lava. As noted by Boris Behncke (INGV Catania) this was not a « paroxysm » as some press organs have written, but a simple summit activity that ended quickly in the evening of July 19th at 22:30. Seismicity and tremor declined, but did not return to basic values. We might see new eruptive sequences in the coming days. Mt Etna has already accustomed us to such situations. It should be noted that air traffic was disrupted in Catania and Ragusa airports.

Source: INGV

Prochaines conférences

Voici les dates de mes prochaines conférences, avec un rappel dans la colonne de gauche de ce blog :

  • 14 août 2019à 15h45 : Maison du Volcan de Morne-Rouge (Martinique) – Volcans de subduction : la Chaîne des Cascades (Etats-Unis)

 

  • 16 août 2019 à 18h30 : CDST de Saint Pierre (Martinique) – Points chauds, méga volcans et Yellowstone (Etats-Unis)

 

  • 15 octobre 2019 à 17h30 Amphithéâtre de l’IUT de Rodez (Aveyron) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 17 octobre 2019 Pôle Nature ZA du Moulin Cheyroux, Aixe-sur-Vienne (Haute Vienne) –  Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique 

 

  • 14 janvier 2020 à 14h15 Auditorium du Musée des Beaux Arts, 1 rue Fernand Rabier Orléans – Volcans et risques volcaniques

 

  • 3 février 2019 Le Blanc (Indre) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 11 mars 2020 à 20h30 au Centre Culturel, Place du Champ de Mars de Ruelle (Charente) – Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique

 

  • 8 avril 2020 à 19 heures Salle Charles Brillaud à Argenton-sur-Creuse (Indre) – Volcans et risques volcaniques

 

  • 9 avril 2020 à 18 heures à l’IUT d’Issoudun (Indre), rue Georges Brassens: Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique 

Photos: C. Grandpey

Ubinas (Pérou), Etna (Sicile) & Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska)

L’activité de l’Ubinas (Pérou) a été intense ces derniers jours. Dans ses derniers rapports, l’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indiquait qu’il y avait une augmentation de la sismicité et du tremor associés à des explosions accompagnées d’émissions et de retombées de cendre. La sismicité révélait également des mouvements fluides à l’intérieur du volcan, avec une moyenne de 120 événements par jour. Parallèlement, une moyenne de 140 signaux de fracturation de roche  était enregistrée chaque jour à l’intérieur de l’édifice volcanique.
Cette activité a culminé avec des explosions le 19 juillet 2019. Une violente activité explosive a débuté vers 2 h 35 (heure locale) ce même jour. Les images satellite ont montré que le nuage éruptif avait atteint une hauteur de 12,1 km au dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villages de la vallée d’Ubinas et de la région d’Arequipa
L’IGP a recommandé de relever le niveau d’alerte de Jaune à Orange.
Source: IGP.

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Une modeste activité éruptive a débuté le 14 juillet 2019 dans le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE) de l’Etna. Cette activité s’est ensuite intensifiée progressivement le 18 juillet. Des émissions fréquentes de cendre ne produisant que des anomalies mineures dans les images enregistrées par les caméras de surveillance thermique avaient été signalées le 17 juillet.
La situation a ensuite évolué avec des explosions stromboliennes toutes les 1 à 2 minutes au petit matin du 18 juillet et toutes les 20 à 30 secondes plus tard dans la matinée. Les explosions projetaient des matériaux incandescents à quelques dizaines de mètres au-dessus de la bouche éruptive située dans la partie orientale du NCSE.
Par ailleurs, à 05h48 (GMT), une émission de cendre s’est produite dans le Cratère Nord-Est (CNE), avec la formation d’un panache qui s’est rapidement dissipé dans l’atmosphère. Contrairement à l’activité du NCSE, les émissions de cendre du CNE n’ont produit aucun signal anormal dans les images enregistrées par les caméras de surveillance thermique.
Voici une courte vidéo montrant l’activité au Nouveau Cratère SE:
https://youtu.be/4h9qTJuwJP8

Source: INGV, The Watchers..

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La hausse de la sismicité observée sur le Semisopochnoi le 17 juillet 2019 s’est poursuivie dans les heures suivantes. L’augmentation du tremor enregistrée à 23h39 (heure locale) a également été détectée sur le réseau infrasonique à 260 km à l’est de l’île d’Adak. Cet événement est probablement à mettre en relation avec des émissions de cendre et des d’autres pourraient se produire à nouveau à tout moment. La couverture nuageuse se situe à environ 3000 mètres d’altitude au-dessus du Semisopochnoi et aucun nuage de cendre n’a été détecté au-dessus de cette hauteur. Un petit panache éruptif s’étirait à 18 km du Mont Cerbère ; il était visible dans les données satellitaires du 17 juillet, mais ne contenait pas de cendre. Rien n’a été détecté dans les données de foudre.
La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
Source: AVO.

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Activity at Ubinas (Peru) has been intense in the past days. In its latest reports, the Geophysics Institute of Peru (IGP) indicated that there is an increase in seismicity and tremor associated with explosions accompanied by ash emissions and ashfall. Seismicity also revealed fluid movements inside the volcano, with an average of 120 events per day. In parallel, an average of 140 rock fracturing events were recorded daily in the volcanic edifice.

This activity culminated with explosions on July 19th, 2019. This violent explosive activity started at about 2:35 (local time) on that day. Satellite imagery showed that the eruptive cloud reached a height of 12.1 km above sea level. Ashfall was reported in several villages across the Ubinas Valley and the Arequipa region

IGP has recommended raising the alert level from Yellow to Orange.

Source: IGP.

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Mild eruptive activity started at Mt Etna’s New Southeast Crater (NSEC) on July 14th, 2019. It gradually intensified on July 18th with frequent ash emissions. Minor anomalies were observed in the images recorded by the thermal surveillance cameras on July 17th.

Then, there was an evolution of the situation with strombolian explosions every 1-2 minutes in the early morning of July 18th and every 20 – 30 seconds during late forenoon. The explosions ejected incandescent material to a few tens of metres above the vent, which lies in the eastern part of the NSEC.

Furthermore, at 05:48 UTC, an emission of ash occurred at the Northeast Crater (NEC), which produced a plume that rapidly dissipated in the atmosphere. Differently from the activity at the NSEC, the ash emissions of the Northeast Crater have not produced any anomalous signal in the images recorded by the thermal surveillance cameras.

Here is a short video showing activity at the New Southeast Crater :

https://youtu.be/4h9qTJuwJP8

Source: INGV, The Watchers.

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Elevated seismicity that began at Semisopochnoi on July 17th, 2019 increased in the following hours. A stronger tremor signal recorded at 23:39 (local time) also produced an infrasound signal on an infrasound array 260 km east on Adak Island. This event likely produced ash emissions, and similar events could occur with little to no warning. The cloud cover has been around 3000 metres high above Semisopochnoi and no ash signals have been detected above this height. A small plume extending 18 km from one of the Cerberus vents was visible in satellite data on July 17th, but did not contain an ash signal. Nothing has been detected in lightning data.

The aviation colour code remains at Orange.

Source: AVO.

Image artificielle du Semisopochnoi avec au centre les trois cratères du Mont Cerbère (Source : AVO)