Quatre séismes secouent le Bárðarbunga (Islande) // Four earthquakes shook Bárðarbunga (Iceland)

Quatre séismes ont été enregistrés hier soir sur le Bárðarbunga. Ce sont les événements les plus significatifs depuis l’éruption volcanique de 2014-2015.
La première secousse avait une magnitude de M 3,9: elle est survenue à 23h02 le 26 octobre, et a été suivie d’un événement de M 3,2 à 23h03. Le troisième séisme a secoué le volcan à 23h26, avec une magnitude de M 4,7. Le quatrième séisme de magnitude M 4,7 s’est produit 16 minutes après minuit.
Leurs profondeurs étaient respectivement de 4,1 km, 0,1 km, 5 km et 3,1 km. Cette faible profondeur tend à prouver qu’il s’agissait d’événements purement tectoniques (et non volcano-tectoniques). En outre, aucune fluctuation significative n’a été observée dans le tremor éruptif.
Un séisme de M 4.1 a déjà eu lieu dans la même zone au début de cette semaine. Plusieurs autres séismes avaient également été enregistrés sur le volcan en septembre.
Source: Iceland Review.

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Four earthquakes occurred on Bárðarbunga volcano last night, the largest earthquakes since the 2014-2015 volcanic eruption.

The first earthquake had a magnitude M 3.9: it occurred at 23:02 on October 26th, followed by an M 3.2 event at 23:03. The third quake hit the volcano at 23:26 and measured M 4.7. The fourth earthquake of magnitude M 4.7 occurred 16 minutes past midnight.

Their depths were located at 4.1km, 0.1 km, 5 km and 3.1 km, respectively. These shallow depths tend to prove they were purely tectonic (and not volcano-tectonic) events. Besides, no significant fluctuation was observed in the eruptive tremor.

An M 4.1 earthquake already took place in the same area earlier this week. Several earthquakes had also hit the volcano in September.

Source : Iceland Review.

Source: IMO.

Maintien du niveau d’alerte maximum sur l’Agung (Bali / Indonésie) // Alert level kept at its maximum on Mt Agung (Bali / Indonesia)

Les autorités indonésiennes ont décidé de maintenir le niveau d’alerte de l’Agung à 4 (AWAS), le maximum), en dépit d’une baisse de la sismicité au cours de la semaine dernière. Par exemple, on n’enregistrait plus que 80 événements sismiques profonds, 74 secousses superficielles et 4 événements tectoniques locaux le 26 octobre. Les autorités ont également conservé la zone de danger comprise entre 9 km et 12 km autour du volcan, même si le gouvernement provincial de Bali avait proposé de l’abaisser à 6 km. Une nouvelle décision concernant le niveau d’alerte sera prise le 9 novembre 2017.
Le niveau d’alerte maximum a été décrété le 22 septembre 2017. Le gouvernement a estimé que la situation actuelle coûterait jusqu’à 2 milliards de roupies en raison de séjours touristiques annulés, d’opérations minières interrompues et d’heures de travail perdues.
Une réunion de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui devait avoir lieu à Bali a été déplacée à Genève suite à l’augmentation de l’activité volcanique sur le Mont Agung,
Source: The Jakarta Post.

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Indonesian officials have decided to maintain the highest alert status for Mount Agung, even though seismicity dropped significantly over the past week. Authorities also left intact the danger zone of between 9km and 12km around the volcano, even though the provincial government in Bali had proposed to lower it to 6km. A new decision about the alert level will be taken on November 9th 2017.

The highest alert status was declared on September 22nd and the government has estimated that it has cost up to 2 billion rupiah based on cancelled tourist visits, halted mining operations and lost working hours.

A meeting of the World Meteorological Organization (WMO) due to take place in Bali has been moved to Geneva, Switzerland, following an increase in the volcanic activity of Mount Agung,

Source: The Jakarta Post.

Source: Wikipedia

Le recul du Glacier Blanc (Massif des Ecrins / Hautes Alpes) // The retreat of the Glacier Blanc (Massif des Ecrins / Hautes Alpes)

Le recul des glaciers est devenu une évidence. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas de rendre compte de la situation catastrophique dans les Alpes. Comme on peut le lire fort justement dans un article paru ces jours-ci dans Le Dauphiné, « le passé glorieux des glaciers se lit sur des photos en noir et blanc. » Aujourd’hui, ils se font plus discrets et se retirent inexorablement, à l’image de la Mer de Glace à Chamonix ou encore du Glacier Aletsch dans les Alpes suisses.

Confirmant cette tendance, le bilan de masse annuel du glacier Blanc dans le Parc des Ecrins (Hautes Alpes) vient de révéler la deuxième fonte estivale la plus forte en dix-sept ans. Les agents du parc national des Écrins (PNE) carottent en mai, sondent en août et septembre, analysent en octobre. Sans surprise, ils constatent que la Glacier Blanc souffre. En 2017, on enregistre une ablation de 2,79 mètres, après celle de 2003 qui atteignait 3,54 mètres. En clair, le recul en 2017 du front du glacier s’élève actuellement à 44 mètres. Quant au niveau du glacier, il est plus bas de 1,40 mètre par rapport à 2016. En moyenne, chaque année, le glacier Blanc perd sept mètres en épaisseur au niveau de l’extrémité de la langue glaciaire que l’on peut voir sur les photos ci-dessous, prises depuis le célèbre Pré de Madame Carle en septembre 2017 .

Source : Le Dauphiné.

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There is no doubt the glaciers are retreating. You really have to be blind to ignore the disastrous situation in the Alps.. As one can quite rightly read in an article published these days in Le Dauphiné, « the glorious past of glaciers can be read in black and white photos. Today, they are more discreet and retreat inexorably, like the Mer de Glace in Chamonix or the Aletsch Glacier in the Swiss Alps.
Confirming this trend, the annual mass balance of the Glacier Blanc in the Parc des Ecrins (Hautes Alpes) has just revealed the second fastest summer melting in seventeen years. The agents of the National Park of Ecrins (PNE) installed probes in May, took them out in August and September, and analyzed the results in October. Not surprisingly, they found that the Glacier Blanc was suffering. In 2017, there was a 2.79-meter reduction, after the 3.54-meter reduction in 2003. To put it shortly, the 2017 retreat of the glacier front is currently 44 meters. As for the level of the glacier, it is 1.40 meters lower than in 2016. On average, each year, the Glacier Blanc loses seven meters in thickness at the end of the glacier tongue that we can see in the photos below, taken from the famous Pré de Madame Carle in September 2017.
Source: Le Dauphiné.

Photos: C. Grandpey

Localisation des coulées de lave pahoehoe sur le Kilauea (Hawaii) // Locating pahoehoe lava flows on Kilauea Volcano (Hawaii)

Les coulées de lave pahoehoe constituent l’un des spectacles les plus populaires sur les volcans de type hawaïen, que ce soit sur la Grande Ile d’Hawaii ou sur l’Ile de la Réunion, par exemple. Lorsqu’elles sont accessibles, ces coulées avec leurs magnifiques cordages attirent des milliers de touristes chaque année. Cependant, à côté de leur aspect esthétique, les coulées de lave pahoehoe représentent un réel danger pour les zones habitées. Elles ont détruit une grande partie du village de Kalapana, recouvert la plus grande partie de la subdivision des Jardins Royaux et ont récemment menacé la bourgade de Pahoa.
Le problème avec les coulées pahoehoe, c’est que leur trajet est difficile à suivre et à prévoir, en grande partie en raison de leur comportement en fonction de la configuration du terrain. Lorsque la surface d’un épanchement pahoehoe se refroidit, des tunnels de lave peuvent se former et conduire la lave sous la surface d’écoulement. Cette lave peut alors émerger au niveau du front de la coulée active, ou sous forme de coulées éphémères qui s’échappent du réseau de tunnels. Ces émissions sporadiques peuvent se produire dans de nombreuses zones différentes le long d’une coulée à un moment donné et sont souvent dispersées sur des zones couvrant plusieurs kilomètres sur les flancs du Kilauea. La dispersion de ces sorties de lave éphémères rend difficile la surveillance des coulées pahoehoe. À certains égards, leur contrôle est souvent beaucoup plus difficile que celui des coulées a’a qui s’épandent souvent en un seul chenal de lave bien défini.
Jusqu’à récemment, les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) étaient dans l’incapacité de cartographier de manière fiable les bordures des coulées pahoehoe. Leur progression et élargissement donnaient une image de l’évolution du comportement de la lave, mais il était difficile de déterminer exactement l’emplacement de toutes les coulées éphémères à la surface de la coulée principale. En effet, ces émissions de lave ponctuelles se situent généralement bien à l’écart du front et des bordures des coulées. Parfois, elles avancent en direction de la bordure de coulée et entraînent la coulée principale dans une nouvelle direction.
Ces dernières années, les géologues du HVO ont développé une nouvelle technique pour cartographier l’activité sur l’ensemble de la surface d’une coulée pahoehoe. Au cours des survols en hélicoptère, ils utilisent désormais une caméra thermique portative pour recueillir une série d’images qui se chevauchent sur toute la longueur de la coulée de lave, depuis la source jusqu’à l’entrée dans l’océan. Ils utilisent ensuite un logiciel informatique pour assembler les images individuelles en une grande mosaïque. Ce type de logiciel utilise les images qui se chevauchent pour calculer la position 3D exacte de chaque pixel de l’image à la surface de la Terre. Les géologues insèrent quelques coordonnées connues dans la mosaïque d’images, comme des « points de contrôle au sol » (waypoints), qui permettent d’obtenir une «géo référence» de la mosaïque et sa position exacte à la surface de la Terre.
Cette mosaïque d’images thermiques est en soi une carte thermique de la surface de la coulée et elle révèle l’emplacement exact de toutes les émissions de lave actives à la surface de la coulée. La carte fournit ainsi une image très précise de l’activité de surface, ce qui permet aux géologues du HVO de mieux anticiper la progression de la lave. Un autre avantage est que les scientifiques peuvent cartographier avec précision la trajectoire du tunnel de lave principal qui présente une ligne de température plus élevée à la surface.
Ce logiciel montre avec quelle rapidité évolue la technologie. Il montre également comment de nouvelles techniques peuvent améliorer la capacité de surveillance des volcans hawaïens.
Source: USGS / HVO.
En ce qui me concerne, j’ai étudié le processus de refroidissement de la lave pahoehoe sur le Kilauea, en collaboration avec le HVO et le Parc National. Un résumé de ce travail se trouve sous le titre de ce blog.

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Pahoehoe lava flows are a common and spectacular feature on Hawaiian volcanoes. When they are accessible, they attract thousands of tourists every year. However, together with their aesthetic aspect, pahoehoe lava flows are a serious hazard to residential areas. They destroyed much of the town of Kalapana, buried most of the Royal Gardens subdivision, and most recently threatened the town of Pahoa.

A challenge with pahoehoe flows is that they are difficult to track and forecast, in large part owing to how they spread out on the ground. As the surface of a pahoehoe lava flow cools, lava tubes can develop and transport lava beneath the flow surface. This lava emerges at the active flow front, and on the flow surface in “breakouts” from the tube system. These lava breakouts can occur in many different areas along the length of a flow at any given time and are often scattered over areas spanning kilometres on Kilauea volcano. The scattered nature of breakouts is the main challenge for monitoring and forecasting pahoehoe flows. In some ways, monitoring pahoehoe flows can be much more difficult than monitoring aa flows, which are often focused in a single, well-defined lava channel.

Until recently, geologists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) could only effectively map the margins of a pahoehoe flow. The advance and expansion of the flow margins provided a picture of evolving behaviour at the edge of the flow, but it was difficult to map out exactly where all the breakouts on the flow surface were located. Indeed, these breakouts are commonly positioned well away from the flow front and margins. Sometimes they advance to reach the flow margins, and drive the flow in a new direction.

Over the past few years, HVO geologists developed a new technique to map activity across the entire surface of a pahoehoe flow. During their routine helicopter overflights, they use a handheld thermal camera to collect a series of overlapping, oblique images along the entire length of the lava flow, from the vent to the ocean entry. They then use a computer software to stitch the individual images into a large mosaic. This type of software uses the overlapping images to calculate the exact 3-D position of each image pixel on the surface of the Earth. Geologists insert a handful of known coordinates in the image mosaic as “ground control” points, which provide “georeference” for the mosaic and orients it to its correct position on the Earth’s surface.

This mosaic of thermal images is basically a thermal map of the lava flow surface, and reveals the exact location of all the active surface breakouts. The map provides a highly accurate picture of surface activity, improving HVO’s ability to anticipate where lava might advance. The added benefit is that geologiqts can precisely map the path of the main lava tube, which produces a subtle line of warm temperatures on the surface.

This software is another example of how rapidly technology is changing. It also shows how new techniques can improve the ability to monitor Hawaiian volcanoes.

Source : USGS / HVO.

As far as I am concerned, I studied the cooling process of paehoe lava flows on Kilauea volcano, in collaboration with HVO and the national Park. An abstract of this study can be found under the title of this blog.

Carte physique et image thermique des coulées de lave du Kilauea le 12 octobre 2017 (Source : HVO).

Coulées éphémères sur le Kilauea (Photos: C. Grandpey)