Sismicité dans la Maurienne

Plusieurs blogonautes m’ont contacté pour me demander mon avis sur la sismicité qui affecte  en ce moment la vallée de la Maurienne, en Savoie. Cette sismicité n’étant pas d’origine volcanique, je ne suis pas qualifié pour répondre. Je le suis d’autant moins que je ne connais pas le profil sismique de la région. De toute façon, notre capacité actuelle à prévoir les séismes avoisine le zéro. Nous connaissons les régions qui sont susceptibles d’être affectées, mais la prévision s’arrête là.

Pour avoir des explications sur l’essaim sismique de la vallée de la Maurienne, je conseille de consulter le site SISMalp à l’adresse suivante :

https://sismalp.osug.fr/

De plus en plus de gaz carbonique dans l’atmosphère // More and more CO2 in the atmosphere

La radio française France Info vient de publier un article intitulé « Réchauffement climatique: il n’y a jamais eu autant de CO2 dans l’atmosphère, selon l’ONU. » C’est ce qui s’appelle enfoncer une porte ouverte. Le phénomène n’est pas nouveau. D’ailleurs, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) citée dans l’article précise que ces concentrations étaient déjà de 400 parties par million (ppm) en 2015. Elles atteignent 403,3 ppm en 2016 et – toujours selon l’OMM – représentent désormais 145% de ce qu’elles étaient à l’époque pré-industrielle (avant 1750).  Pour être parfaitement à jour, il suffit de consulter la courbe de Keeling (https://scripps.ucsd.edu/programs/keelingcurve/) qui révèle les concentrations de CO2 sur le Mauna Loa à Hawaii. Le 28 octobre 2017, elles atteignaient exactement 403,98 ppm.

L’OMM rappelle que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. La température était alors de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel.

Selon l’OMM, la hausse rapide actuelle des concentrations en CO2 est due à « la conjonction des activités humaines et d’un puissant épisode El Niño »,  phénomène qui se traduit par une hausse de la température de l’océan Pacifique. [NDLR : Il faut tout de même noter qu’El Niño est actuellement terminé et remplacé par La Niña ; malgré ce changement, la hausse des concentrations de CO2 se poursuit !].

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l’atmosphère au cours du temps. Selon eux, « si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat. »

Depuis l’ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d’une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l’industrialisation et l’exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2. Celui-ci persiste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans l’océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques seront plus extrêmes à l’avenir. Comme l’a fait remarquer fort justement le secrétaire général de l’OMM, « les générations à venir hériteront d’une planète nettement moins hospitalière. »

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French radio France Info has just published an article entitled “Global warming: there has never been so much CO2 in the atmosphere, according to UNO”. This is called pressing an open door. The phenomenon is not new and the World Meteorological Organization (WMO) mentioned in the article states that these concentrations were already 400 parts per million (ppm) in 2015. They now reach 403.3 ppm in 2016 and – according to WMO –  they now account for 145% of what they were in the pre-industrial era (before 1750). To be perfectly up to date, we just need to look at the Keeling Curve (https://scripps.ucsd.edu/programs/keelingcurve/) which reveals CO2 concentrations on Mauna Loa in Hawaii. On October 28th, 2017, they reached exactly 403.98 ppm.
WMO recalls that the last time the Earth had a comparable CO2 content was 3 to 5 million years ago. The temperature was 2 to 3°C higher and the sea level was 10 to 20 metres higher than the current level.
According to WMO, the current rapid rise in CO2 concentrations is due to « the conjunction of human activities and a powerful El Niño event », which means an increase in the temperature of the Pacific Ocean. [Note: It should nevertheless be noted that El Niño is now over and replaced by La Niña; despite this change, the increase in CO2 concentrations continues!].
Researchers rely on ice cores to determine changes in CO2 content in the atmosphere over time. According to them, « if we do not quickly reduce greenhouse gas emissions, especially CO2 emissions, we will be facing a dangerous rise in temperature by the end of the century, well beyond beyond the target set in the Paris Climate Agreement.  »
Since the industrial era, namely since 1750, population growth, the practice of an increasingly intensive agriculture, a greater use of land, deforestation, industrialization and the exploitation of fossil fuels for energy purposes have caused an increase in the atmospheric content of greenhouse gases, the main one being CO2. It persists in the atmosphere for centuries and in the ocean, even longer. According to the laws of physics, the temperature will be significantly higher and there will be more extreme climatic phenomena in the future. As the WMO Secretary General rightly pointed out, « future generations will inherit a much less hospitable planet. »

La courbe de Keeling

Prévision et prévention volcaniques à Bali // Volcanic prediction and prevention in Bali

Comme je l’ai indiqué précédemment, le niveau d’alerte de l’Agung a été ramené à 3 (SIAGA) et le diamètre de la zone de sécurité a été réduit. Cela signifie que les villageois qui ne vivent pas à l’intérieur du nouveau périmètre de sécurité seront autorisés à rentrer chez eux. Jusqu’à présent, 133 349 personnes ont été évacuées.
Au début, j’ai approuvé la décision des autorités balinaises d’évacuer une vaste zone d’un diamètre de 12 km dès que l’Agung a commencé à montrer des signes d’activité menaçants. C’était une bonne prévention. Les autorités indonésiennes n’avaient pas renouvelé l’erreur de l’éruption du Merapi en 2010 sur l’île de Java où les évacuations ont été effectuées pas à pas et ont entraîné la mort de 320 personnes. Je pensais que ces évacuations massives sur l’île de Bali étaient la bonne décision parce que le Mont Agung est connu pour ses éruptions violentes, accompagnées d’énormes panaches de cendre et de coulées pyroclastiques qui dévalent loin sur ses pentes.
Il fallait alors espérer que la prévision serait aussi bonne que la prévention. Malheureusement, ce n’est pas le cas et l’Agung n’est jamais entré en éruption. C’est un vrai problème, car les gens qui vivent sur les pentes du volcan seront moins enclins à faire confiance aux volcanologues. Ils se fieront davantage aux paroles des prêtres. Malgré l’interdiction officielle, quelques-uns d’entre eux ont grimpé jusqu’au cratère pour y déposer des offrandes et prendre des photos. Ils ont également déclaré que le volcan n’était pas prêt à entrer en éruption et ils ont continué à fréquenter les temples à l’intérieur de la zone interdite pour y faire des offrandes et prier.
Comme je l’ai écrit hier, je pense que la décision de baisser le niveau d’alerte ait été prise sous la pression des autorités qui craignaient que la situation sur l’Agung ait de graves répercussions sur le tourisme à Bali. Le directeur du VSI a bien sûr affirmé que la décision d’abaisser le niveau d’alerte reposait uniquement sur la baisse d’activité du volcan et non sur des pressions extérieures. L’imagerie satellitaire indiquait que l’activité thermique diminuait et les photographies prises par les drones dimanche indiquaient qu’il y avait moins de vapeur dans le cratère. On peut toutefois se demander pourquoi les volcanologues du VSI ont changé d’avis si rapidement. N’oublions pas que le vendredi 27 octobre ils indiquaient que le niveau d’alerte serait réévalué le 9 novembre !
Un autre facteur qui a probablement motivé la décision d’abaisser le niveau d’alerte est la proximité de la fête de Galungan qui aurait, sans aucun doute, poussé de nombreuses personnes évacuées à quitter les camps pour participer aux cérémonies, même à l’intérieur de la zone interdite. Jusqu’à présent, le temple Besakih, le temple hindou le plus grand et le plus sacré de Bali, se trouvait dans la zone rouge.
Tout cela ne semble pas très sérieux. Soit le volcan représente un danger pour la population et les autorités – sur les conseils des volcanologues – forcent les gens à rester dans les camps, soit les volcanologues sont sûrs que le volcan n’entrera pas en éruption et ils donneront le feu vert pour que les gens puissent rentrer chez eux. Pour le moment, la situation ne semble pas très claire. Espérons seulement que l’Agung ne se manifestera pas dans les prochains jours, une fois que des dizaines de milliers de villageois auront retrouvé leurs fermes autour du volcan!

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As I put it before, the alert level for Mt Agung has been reduced to 3 (SIAGA) and so has the diameter of the safety zone. This means that the villagers who are not living inside the new security perimeter will be allowed to return home. Up to now, 133,349 residents have been evacuated.

At the beginning, I approved the decision of the Balinese authorities to evacuate a large area with a diameter of 12 km from the very start, when Mt Agung began to show threatening signs of activity. This was good prevention. They had not renewed the mistake of the Indonesian authorities during the the 2010 eruption of Mt Merapi on the island of Java where the evacuations were made step by step and led to the deaths of 320 persons. I thought these evacuations on the island of Bali were the right decision because Mt Agung is known to erupt violently, sending huge ash plumes and pyroclastic flows far away down its slopes.

It was then to be hoped that prevision would be as good as prevention. Unfortunately, it was not and Mt Agung never erupted. This is a real problem, because the people who live on the slopes of the volcano will be less inclined in the future to trust the experts. They will rather have confidence in the predictions of the priests, for instance. Despite the official interdiction, a few of them climbed to the crater to make offerings and take photos. They also said that the volcano was not ready to erupt and they kept getting into the temples inside the restricted area for making offerings and praying.

As I put it before, I’m afraid that the decision to lower the alert level was made under the pressure of the authorities who feared the situation on Mt Agung might have a serious impact on tourism in Bali. Not surprisingly, the head of VSI stressed the decision to downgrade the alert level was based purely on the lessening activity of the volcano and not other pressures. Experts said satellite imagery indicated thermal activity was decreasing and photographs taken by drones of the crater on Sunday indicated less steam. One question remains: How does it come the VSI changed its mind so quickly? On November 27th, it indicated that the alert level would be upgraded on November 9th!

Another factor that probably motivated the decision to lower the alert level was the proximity of the Galungan festival which would undoubtedly have pushed many evacuees to leave the camps to participate in the ceremonies, even inside the restricted area. Up to now, Besakih temple, the largest and holiest Hindu temple in Bali and a popular tourist attraction, was in the red zone.

All this does not sound very serious. Either the volcano represents a danger for the population and authorities force people to stay in the camps, or they are sure the volcano will not erupt and they allow people to return home. For the time being, the situation does not seem that clear. Let’s hope the volcano does not start erupting in the coming days!

 

Temple Besakih, le plus populaire à Bali (Photo: C. Grandpey)