Volcans et risques volcaniques // Volcanoes and volcanic risks

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Bristol et publiée récemment dans le Journal of Applied Volcanology, permet de mieux comprendre les risques volcaniques et la menace des volcans pour ceux qui les fréquentent. L’étude est intitulée: “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.” – «Base de données sur les accidents mortels sur les volcans: analyse de la menace volcanique en fonction de la distance et classification des victimes».
Un dixième de la population mondiale vit dans des zones potentiellement exposées aux risques volcaniques et plus de 800 millions de personnes vivent à moins de 100 km de volcans actifs.
Entre 1500 et 2017, plus de 278 000 personnes sont mortes sur ou autour des volcans, ce qui correspond à une moyenne d’environ 540 personnes par an.
Les volcans sont source de danger en fonction de la distance, que ce soit en période d’éruption ou lorsque le volcan est calme. Les chercheurs de Bristol ont mis à jour d’anciennes bases de données concernant les décès causés par les volcans. Pour ce faire, ils ont ajouté des événements et inclus des informations sur le lieu des décès en fonction de la distance par rapport au volcan. Le lieu des accidents mortels a été déterminé à partir de rapports officiels, bulletins d’activité volcanique, rapports scientifiques et de récits dans les médias.

On aboutit aux statistiques suivantes :
– Près de la moitié de tous les accidents mortels ont été enregistrés dans un rayon de10 km des volcans, mais il faut aussi noter que certaines victimes se trouvaient jusqu’à 170 km de distance.
– À proximité des volcans (à moins de 5 km), les projections de matériaux comme les bombes volcaniques sont les principales causes de mortalité.
– Les coulées pyroclastiques sont la cause principale de décès à des distances moyennes, de l’ordre de 5 à 15 km.
– Les coulées de boue (lahars), les tsunamis et les retombées de cendre sont les principales causes de décès à de plus grandes distances.
En plus des distances, les chercheurs ont également fourni un classement plus détaillé des victimes que les études précédentes. Alors que la plupart d’entre elles sont des personnes qui vivent sur ou à proximité d’un volcan, plusieurs groupes ont été identifiés comme n’appartenant pas à des régions volcaniques. Il s’agit de touristes, de médias, de personnel d’intervention d’urgence et de scientifiques (principalement des volcanologues).
– 561 accidents mortels ont été enregistrés, principalement lors de petites éruptions ou en période de repos lorsque le volcan n’était pas vraiment en éruption. La plupart de ces décès ont eu lieu près du volcan (à moins de 5 km) ; dans ce cas, les projections de matériaux sont la cause la plus fréquente des décès.
Un exemple récent de décès parmi des touristes a été l’éruption de l’Ontake en 2014 au Japon, lorsque des randonneurs ont été surpris par une éruption soudaine qui a tué 57 d’entre eux.
Il y a quelques semaines, un enfant et ses parents sont morts dans les Champs Phlégréens en Italie, probablement asphyxiés par des gaz mortels lorsque le sol s’est effondré sous leur poids dans une zone interdite d’accès.
– 67 scientifiques (principalement des volcanologues et des personnes qui leur viennent en aide) sont morts, avec plus de 70% d’entre eux à moins de 1 km du sommet du volcan. Cette statistique met en évidence le danger auquel sont confrontés les scientifiques de terrain qui visitent le sommet des volcans actifs.
– Les personnels de prévention et d’intervention en cas de catastrophe, les services militaires et d’urgence venus évacuer, sauver ou retrouver les victimes d’éruptions volcaniques ont malheureusement également perdu la vie, avec 57 décès recensés.
– On enregistre également les décès de 30 journalistes. Ils relataient des éruptions et se trouvaient souvent dans les zones de danger.
Les chercheurs font remarquer que, alors que les volcanologues et le personnel d’intervention d’urgence ont des raisons valables de se trouver dans des zones dangereuses, les risques concernant les autres catégories doivent être soigneusement évalués. Les médias et les touristes auraient intérêt à respecter les zones d’exclusion et suivre les directives des autorités et des observatoires volcanologiques. Les accidents mortels pourraient également être réduits avec des restrictions d’accès appropriées, des mises en garde et une meilleure éducation.
Source: Université de Bristol.

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A new study by University of Bristol researchers, published recently in the Journal of Applied Volcanology, will help increase our understanding of volcanic hazards and the subsequent threat to life. The study is entitled “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.”

A tenth of the world’s population lives within areas of potential volcanic hazards, and more than 800 million people are living within 100 km of active volcanoes.

Between 1500 and 2017 more than 278,000 people died as a result of volcanic hazards, which corresponds to an average of about 540 people per year.

Volcanoes produce numerous hazards which affect different distances, in both times of eruption and when the volcano is quiet. The Bristol researchers updated previous databases of volcanic fatalities by correcting data, adding events and including information on the location of the fatalities in terms of distance from the volcano. The location of fatal incidents was identified from official reports, volcano activity bulletins, scientific reports and media stories.

– Nearly half of all fatal incidents were recorded within 10 km of volcanoes but fatalities are recorded as far away as 170 km.

– Close to volcanoes (within 5 km) ballistics or volcanic bombs dominate the fatality record.

– Pyroclastic flows are the dominant cause of death at more medial distances (5-15 km).

– Volcanic mudflows (lahars), tsunami and ashfall are the main cause of death at greater distances.

As well as the distances, the researchers were also able to classify the victims in more detail than any previous studies. While most victims were people who live on or near the volcano, several groups were identified as common victims. These were tourists, media, emergency response personnel and scientists (mostly volcanologists).

– 561 tourist fatalities were recorded, mostly during small eruptions or in times of quiescence when the volcano was not actively erupting. Most of these fatalities occurred close to the volcano (within 5 km), with ballistics being the most common cause of death in eruptions.

A recent example of tourist fatalities was the 2014 Ontake eruption in Japan when hikers on the volcano were caught out by a sudden eruption which tragically killed 57 people.

And, just a few weeks ago, a child and his parents died in Campi Flegri in Italy, likely overcome by deadly gases when the ground collapsed beneath them in a restricted area.

– The fatalities of 67 scientists (mostly volcanologists and those supporting their work) were recorded with more than 70 per cent of these within 1 km of the volcano summit, highlighting the danger to field scientists visiting the summit of active volcanoes.

– Disaster prevention and response personnel, military and emergency services working to evacuate, rescue or recover victims of volcanic eruptions have unfortunately also lost their lives, with 57 fatalities of emergency response personnel.

– The deaths of 30 media employees are also recorded; they were reporting on eruptions and were often within the declared danger zones.

The researchers indicate that while volcanologists and emergency response personnel might have valid reasons for their approach into hazardous zones, the benefits and risks must be carefully weighed. The media and tourists should observe exclusion zones and follow direction from the authorities and volcano observatories. Tourist fatalities could be reduced with appropriate access restrictions, warnings and education.

Source : University of Bristol.

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« Volcans et risques volcaniques » est le titre de l’une de mes conférences. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.

Comme indiqué dans la colonne de gauche de ce blog, mon exposé se poursuit avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer les deux grands types de volcans. La Java des Volcans conduit le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que Hawaii le Feu de la Terre fait côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

Si votre commune ou votre comité d’entreprise est intéressé, merci de me contacter par courrier électronique (grandpeyc@club-internet.fr) pour définir les modalités de mon intervention.

Vue du Mont Ontake (Japon) dont l’éruption soudaine en 2014 a tué 57 randonneurs (Crédit photo: JMA)

Les événements extrêmes s’enchaînent mais le monde s’en fiche! // Extreme events are accumulating but the world does not care !

Au cours des dernières semaines, il y a eu une accumulation d’événements extrêmes probablement causés par le réchauffement climatique.
On peut citer, entre autres, des ouragans comme Irma qui ont dévasté le Texas, la Floride, Porto Rico, St Barth et St Martin. La mauvaise nouvelle, c’est que les climatologues affirment que les conditions météorologiques sévères observées cette année ne sont probablement que le début d’une longue série.
Les pires inondations jamais vues depuis des années frappent actuellement le Vietnam, avec un nombre de morts qui s’élève actuellement à 54 ; 39 personnes sont portées disparues, et une autre tempête menace le pays. Le pays souffre d’un nombre incroyable d’événements météorologiques défavorables. Au début de l’année 2016, en quelques mois, le Vietnam est passé de l’hiver le plus froid de son histoire dans le nord à la plus grave sécheresse dans les régions du centre et du sud. Ensuite, les intempéries ont provoqué de graves inondations dans de nombreuses régions, les provinces centrales et la côte étant les plus touchées. Le changement climatique a été tenu pour responsable de ces événements extrêmes et les climatologues pensent qu’ils vont devenir de plus en plus fréquents
Le réchauffement de la planète est également tenu pour responsable des incendies dévastateurs dans le nord de la Californie. Une longue sécheresse et un été record ont créé les conditions favorables aux feux de forêts.
Ces incendies ont ravagé la région viticole de la Californie du Nord, détruisant au moins 3.500 habitations et autres structures. Des dizaines de personnes sont mortes et des centaines sont portées disparues. Au moins 400 personnes sont portées disparues dans le seul comté de Sonoma où un incendie a détruit des milliers de maisons à Santa Rosa, une ville d’environ 175 000 habitants à environ 80 km au nord-ouest de San Francisco.
La cause des incendies fait l’objet d’enquêtes. Certains médias locaux ont évoqué la possibilité de la chute de lignes électriques. Indépendamment des causes, il y a de fortes chances que le changement climatique ait facilité la propagation de ces incendies. Le facteur le plus évident est la hausse des températures. L’air plus chaud fait remonter l’humidité des plantes, des arbres et du sol, en créant des conditions parfaites pour alimenter les feux de forêt. D’autres facteurs climatiques peuvent également entrer en jeu, y compris la diminution des précipitations et l’amincissement du manteau neigeux en montagne.
Malgré tous ces événements extrêmes qui ont frappé les États-Unis, peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent pour réduire l’impact du changement climatique. Scott Pruitt vient d’annuler le Clean Power Plan du président Obama et Donald Trump refuse de prendre en compte les décisions de la COP 21 de Paris. Les régions de l’Arctique et de l’Antarctique fondent, tout comme les glaciers. Le niveau des océans va continuer à augmenter. On s’en moque !

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In the past weeks, there has been an accumulation of extreme events most likely caused by climate change and global warming.

Among others, hurricanes like Irma have devastated Texas, Florida, Puerto Rico, St Barts and St Martin. The bad news is that climatologists affirm that the severe weather conditions seen this year may just be the beginning of a gloomy future.

The worst floods in years are currently striking Vietnam, with a death toll that rises to 54, with 39 people missing, as another storm approaches. The country is suffering from even more adverse weather events than ever before. Early in 2016, within months, the country went from the coldest winter in history in the north, to the most severe drought in a century in the central and southern regions. Then came consecutive downpours that caused severe floods in many parts of the country, with central provinces along the coast hit the hardest. Climate change has been blamed for these extraordinary events and many warn that they can become more common, or even become the norm.

Global warming is also held responsible for the devastating wildfires in northern California. A long drought and a record hot summer set the conditions for a brutal wildfire season.

The Fires have ravaged Northern California’s wine country, destroying at least 3,500 structures. Tens of people have died and hundreds are missing. At least 400 people are reported missing in Sonoma County alone, where a fire wiped out thousands of homes in Santa Rosa, a city of about 175,000 people roughly 80 km northwest of San Francisco.

The cause of the fires remains under investigation, but some local media reports raised the possibility that downed power lines may have played a role. Regardless of what produced the initial sparks, however, there is a good chance that climate change made it easier for those fires to spread. The most obvious factor of global warming that increases wildfire risk is higher temperatures. Warmer air draws moisture from plants, trees, and soil, increasing fuel aridity. This provides the dry fuel and conditions that feed wildfires. Other climatic factors can also contribute, including decreased rainfall and reduced or earlier-melting mountain snowpack.

Despite all these extreme events that have hit the U.S., little has been done so far to reduce the impact of climate change. Scott Pruitt has just cancelled President Obama’s Clean Power Plan and Donald trump refuses to take into account the decisions of the Paris Climate agreement. The Artic and Antarctic regions are melting, so are the glaciers. Oceans will keep rising. Who cares?

Les glaciers (ici en Alaska): De précieux témoins du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)