Les gaz à effet de serre: Un bienfait pour l’humanité! // Greenhouse gases : A godsend for mankind !

drapeau-francaisLe titre de cette note n’est pas une plaisanterie. C’est à la conclusion que l’on peut tirer en lisant une étude publiée récemment dans la très sérieuse revue Nature. Cette étude nous apprend que l’humanité a échappé de justesse à une entrée en glaciation vers le milieu de l’Holocène, ce qui aurait inévitablement entraîné la quasi-suppression de la civilisation. Grâce aux modifications que l’Homme a fait subir au climat avant l’ère industrielle avec l’agriculture, les incendies et la déforestation, le déclenchement de cet âge de glace n’a pas eu lieu. Les auteurs indiquent que les importantes émissions anthropiques de gaz à effet de serre ont probablement « différé » d’au moins 100 0000 ans un autre âge de glace pour notre planète.
L’étude s’appuie sur l’idée que l’entrée (ou la non entrée) de la Terre dans une ère glaciaire dépend de deux facteurs. Il y a un facteur que les humains peuvent contrôler et un autre qui est indépendant de leur volonté. Le facteur incontrôlable repose sur les cycles de Milankovitch de la Terre, qui décrivent l’orbite de notre planète autour du soleil et sa rotation sur son axe, le tout sur de vastes périodes de temps. Le facteur contrôlable est la gestion du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Le dioxyde de carbone atmosphérique piège la chaleur et provoque donc un effet de réchauffement global, et ce phénomène se produit indépendamment des différents cycles orbitaux de la Terre. Si le gaz carbonique est en quantité suffisante, il peut contrecarrer la tendance de ces cycles pour faire apparaître, puis disparaître, les âges glaciaires.
En se référant à l’analyse des glaciations passées et à un modèle informatique de la Terre capable de prédire leur apparition, les chercheurs ont constaté que les concentrations de dioxyde de carbone il y a quelques milliers d’années avaient été légèrement trop élevées pour nous entraîner dans une glaciation.
Selon les auteurs de l’étude, «la Terre aurait été en passe d’entrer dans une nouvelle ère glaciaire si le niveau de CO2 pré-industriel avait été seulement de 40 parties par million (ppm) inférieur à ce qu’il était vers la fin de l’Holocène. »
L’étude pose une question très importante : Pourquoi les concentrations de dioxyde de carbone ont-elles été plus élevées au cours de l’Holocène, l’époque géologique actuelle qui a commencé il y a 11 700 ans ? Les auteurs pensent que les humains ont considérablement modifié le climat longtemps avant la révolution industrielle ; en particulier, ils ont augmenté les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère d’environ 240 ppm à 280 ppm essentiellement par la déforestation et l’agriculture.
Selon l’étude, en fonction de l’augmentation de nos émissions de dioxyde de carbone, il se pourrait que notre planète ne connaisse par de formation de grandes calottes glaciaires pendant 100 000 ans. Nous assistons d’ailleurs déjà à des bouleversements au Groenland et en Antarctique, même si on ne sait pas encore quelle quantité de glace disparaîtra dans ces régions. « Les deux prochaines glaciations seront annulées par les émissions de CO2 actuelles, auxquelles s’ajouteront inévitablement les émissions des 40 à 50 prochaines années, même si nous maintenons le réchauffement climatique en dessous de 1,5 à 2 degrés Celsius. »
Ce n’est pas la première fois qu’une étude scientifique américaine met en doute les effets négatifs de l’effet de serre. Tout le monde sait que les grands lobbies industriels américains ont toujours été réticents à admettre le réchauffement climatique d’origine anthropique et ont encouragé certains scientifiques peu scrupuleux à écrire des articles comme celui-ci.

————————————-

drapeau-anglaisThe title of my post is not a joke ; it is the conclusion we can draw from a new research recently published in the influential journal Nature. It suggests that humanity narrowly escaped a glacial inception in the middle of the Holocene – which would have meant almost suppressing civilization – and that pre-industrial human modifications of the climate through agriculture, fires and deforestation might have just barely staved it off. The study says that massive human greenhouse gas emissions have likely « postponed » what might otherwise be another ice age « by at least 100,000 years. »
The new research is based on the idea that there are two key factors that shape whether the Earth goes into an ice age. There’s one that humans can influence, as well as one they really can’t. The factor out of our control is the Earth’s Milankovitch cycles, which describe the erratic way in which the planet orbits the sun and spins on its axis over vast time periods. The second factor in our control is how much carbon dioxide is in the atmosphere.
Atmospheric carbon dioxide traps heat and so causes an overall warming effect, and this will happen no matter where the planet is in its various orbital cycles. And if there’s enough of it, it can counteract the tendency of these cycles to make and then unmake ice ages.
Using analysis of past planetary glaciations and a computer model of the Earth that is able to predict their occurrence, the researchers found that carbon dioxide concentrations were only slightly too high to push us into glaciation a few thousand years ago.
According to the authors of the study, « the Earth system would already be well on the way towards a new glacial state if the pre-industrial CO2 level had been merely 40 parts per million lower than it was during the late Holocene. »
A key question raised by the research then becomes why carbon dioxide concentrations were higher during the Holocene – the current geological epoch that began 11,700 years ago. Here, the authors think that humans substantially altered the climate long before the industrial revolution, and specifically, that they upped atmospheric carbon dioxide concentrations from around 240 ppm to 280 ppm through deforestation, agriculture and other means.
Depending on how much more carbon dioxide we emit, the research says, the planet may not see large ice sheets build for 100,000 years. We’re now seeing major changes in Greenland and Antarctica, though it’s not clear yet just how much of these remaining ice sheets we could lose. « The next two glacial inceptions will be suppressed by the current cumulative emissions, plus the emissions we will unavoidably have over the next 40 to 50 years, even if we keep global warming below 1.5 to 2 degrees. »
This is not the first time an American scientific study has denied the negative effects of greenhouse gases. Everybody knows that major U.S. industrial lobbies have always been reluctant to admit anthropogenic global warming and have encouraged some unscrupulous scientists to write articles like this one.

Groenland-blog

Les calottes polaires sont-elles en passe de disparaître?  (Photo: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau-francaisLe niveau de la lave à l’intérieur du pit crater de l’Halema’uma’u varie en fonction des épisodes de gonflement et de dégonflement qui animent le Kilauea. La phase récente de gonflement a fait s’élever la lave qui pouvait être aperçue par moments depuis la terrasse du Jaggar Museum le 29 février. Toutefois, le spectacle ne devrait pas se prolonger car le volcan connaît maintenant une phase de dégonflement. Le lac de lave était déjà visible depuis le Jaggar Museum au mois de mai 2015, après un débordement le 30 avril de la même année. Le spectacle avait attiré la grande foule. Pour le moment, il ne semble pas qu’un débordement soit à l’ordre du jour, mais le comportement du Kilauea est imprévisible !

Source: HVO.

———————————-

drapeau anglaisThe lava lake within Halema’uma’u crater varies according to the episodes of inflation and deflation of Kilauea volcano. A recent significant inflation episode caused lava to rise so that it could be intermittently seen from the terrace of the Jaggar Museum on February 29th. However, the show should not be long as deformation has switched over to a deflationary tilt. The last (and only) time the summit lava lake was high enough to be seen from the Museum was May 2015, with huge crowds that came to watch the show. For the moment, nothing indicated that lava is about to overflow on the crater floor as it did on April 30th 2015.

Source: HVO.

Halemau 2

Vue de la déformation du Kilauea (Source: USGS / HVO)

Halemau-02

Lueur habituelle du lac de lave depuis la terrasse du Jaggar Museum

(Photo: C. Grandpey)

Les touristes sont-ils en train de tuer Pompéi ? Pas si sûr ! // Are tourists killing Pompeii ? Not so sure !

drapeau-francaisSelon un représentant des Nations Unies, Pompéi est menacé par les foules de touristes qui viennent visiter le site chaque année. Ils sont accusés de « contribuer à l’usure des ruines. Les marches de l’entrée du temple d’Apollon, en particulier, ont été endommagées par l’afflux de touristes. » Le représentant de l’UNESCO pense que les visiteurs doivent être orientés vers d’autres sites archéologiques qui se trouvent à proximité, qui sont tout aussi intéressants, mais qui attirent moins de monde.
Environ 3 millions de touristes foulent le sol de Pompéi chaque année tandis que d’autres grands sites archéologiques comme Herculanum, Stabies ou la Villa Pompea sont beaucoup moins populaires. Ainsi, Herculanum reçoit 300.000 visites par an et la Villa Poppea seulement 30.000.
Une conférence a été tenue pour discuter d’un nœud ferroviaire installé à Pompéi et qui relierait les ruines de grandes villes italiennes et d’autres sites archéologiques. Un tel réseau permettrait de répartir le flux de touristes plus également entre les différents sites. Il a par ailleurs été suggéré de modifier le tracé des itinéraires de visites à l’intérieur de Pompéi. Cela permettrait de promouvoir d’autres parties du site, telles que les expositions, et de diriger les touristes vers des secteurs peu visités.
Source: The New York Post.

Personnellement, je ne suis pas certain que les touristes soient la principale cause du délabrement de Pompéi. Bien sûr, un trop grand nombre de visiteurs peut devenir une nuisance quand ces gens marchent dans les ruines ou piétinent le sol des anciennes demeures. Cependant, comme je l’ai écrit dans plusieurs articles, les autorités italiennes ont aussi leur part de responsabilité. Le 20 mars 2014, j’indiquais qu’un mur s’était effondré suite aux fortes pluies qui s’étaient abattues sur la Campanie. Quelques jours plus tard, on apprenait qu’un fragment de fresque de près de 20 centimètres de diamètre, sur lequel figure la déesse Artémis, avait été dérobé dans la maison de Neptune, située dans une zone non ouverte au public. Le 30 juin 2014, plusieurs articles de presse faisaient savoir que des parties d’une colonne et d’un mur s’étaient effondrées à Pompéi en raison de fortes pluies. C’était le dernier d’une série d’incidents qui ont fait du site un symbole de la mauvaise gestion des lieux culturels de l’Italie. Les autorités chargées de la préservation de Pompéi ont par la suite indiqué que la partie supérieure d’une colonne et un pan de mur avaient cédé dans un ancien magasin qui se trouve dans une partie du site fermée aux visiteurs et qui devait être restaurée dans le cadre du Grand Projet Pompéi, un plan de 105 millions d’euros en partie financé par l’Union européenne et lancé début 2013. Cependant, le travail a été interrompu en raison d’un procès intenté contre le groupe qui avait remporté l’adjudication de restauration!

—————————————–

drapeau anglaisAccording to a United Nations official, Pompeii is being threatened by the crowds of tourist who come to visit the site every year. They are accused of “wearing out the ruins. The entrance steps of the Temple of Apollo, in particular, have been ruined by the influx of tourists.” The UNESCO representative thinks visitors should be diverted to other nearby archaeological sites, which are just as impressive but less crowded.
About 3 million tourists trample through Pompeii every year while other major archaeological sites like Herculanum, Stabies or the Villa Pompea are far less popular. For instance, Herculaneum receives 300,000 visits annually and the Villa Poppea only 30,000.
A conference has been held to discuss the planned railroad hub at Pompeii that would connect the ruins to major Italian cities and other archaeological sites. This would distribute the flow of tourists more evenly among the key sites. Another suggestion has been made to redirect the itineraries within Pompeii and promote different parts of the site, such as the exhibitions and less-visited areas.
Source : The New York Post.

To my mind, tourists are not the main cause of Pompeii’s poor conditions. Sure, too many tourists can become a nuisance when they walk or trample inside the ruins. However, as I put it in several past articles, Italian authorities also have their share of responsibility. On March 20th 2014, I wrote that sections of a wall at the site collapsed during heavy rain in Campania. We later learnt that thieves had detached a 20-cm-wide section of a fresco depicting the goddess Artemis from a site known as the House of Neptune.
On June 30th 2014, several press reports told the public that “parts of a column and wall collapsed in Pompeii due to heavy rainfall, the latest of a string of incidents which have made the site a symbol of mismanagement of Italy’s cultural places. The authorities responsible for Pompeii’s upkeep said the upper part of a column and part of a wall had given way in an ancient shop in a part of the site already closed to visitors and due to be restructured under the Great Pompeii Project, a 105 million-euro restoration plan partly funded by the European Union and launched in early 2013. However, work was currently halted due to a legal case against the group that won the restoration contract!

Pompei-blog-5

Photo: C. Grandpey