La tête dans les étoiles… // The head among the stars…

drapeau francaisQui n’a pas regardé le ciel par une nuit claire et essayé de voir les satellites ou encore la station spatiale internationale (ISS)? Je me souviens d’avoir scruté un tel ciel au cours d’une nuit de camping sur le Mauna Loa, avec l’impression de pouvoir attraper les étoiles avec les mains …
Lorsque les satellites sont en ligne directe avec le soleil, ils reflètent sa lumière et, s’ils sont suffisamment volumineux (avec plus de 6 mètres de longueur) et à une altitude assez basse (160 à 640 km de la Terre), ils peuvent même être vus à l’oeil nu.
Un satellite particulièrement remarquable pour ses capacités de mesure est le Terra de la NASA, qui est en orbite autour de la Terre depuis fin1999. Parmi les instruments d’imagerie à bord de Terra, l’un des plus impressionnants est ASTER (un  raccourci pour Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer). Il est capable d’obtenir des images de la Terre dans 14 longueurs d’onde différentes du spectre électromagnétique, allant du visible à l’infrarouge thermique.

Depuis son orbite d’environ 725 km d’altitude, ASTER peut détecter de petites structures à la surface de la Terre dans de bonnes conditions (voir la photo d’Oahu en cliquant sur le lien ci-dessous). Les données fournies par ASTER sont utilisées pour créer des cartes détaillées de la température et de l’altitude à la surface de notre planète, ainsi que la quantité de lumière émise et réfléchie par la surface de la Terre.
Les images d’ASTER, recueillies sur une certaine période, peuvent être utilisés pour détecter des variations de température et ont permis d’identifier les volcans dans le monde entier car ils connaissent une hausse de température quand leur activité augmente. Par exemple, à partir de Juin 2013, ASTER a détecté que la température du Pulaweh (Indonésie) avait augmenté de 6 à 80 degrés au-dessus de la normale. Le volcan a connu une éruption spectaculaire le 10 Août dernier.
ASTER permet également de détecter les émissions de SO2, paramètre important pour identifier l’activité volcanique et l’activité éruptive. Un changement de SO2 peut signaler un changement d’activité éruptive d’un volcan. Le SO2 absorbe l’énergie infrarouge thermique entre 8 et 9 microns de longueur d’onde, région de l’énergie lumineuse qu’ASTER mesure régulièrement.

Oahu vue par le satellite Terra:  http://www.hawaii247.com/wp-content/uploads/2013/09/20000603_aster-oahu.jpg

Source : Hawaii 24/7

 

drapeau anglaisWho has not looked at the sky on a clear night and tried to see satellites or even the International Spase Station (ISS)? I can remember scrutinizing such a sky one night while camping on Mauna Loa with the impression I could catch the stars with my hands…

When satellites have a direct line of sight with the sun, they reflect sunlight, and if they are large enough (typically more than 6 metres in length) and low enough (160-640 km above the Earth), they can be seen with the naked eye.

One satellite that is particularly notable for its measurement capabilities is NASA’s Terra, which has been orbiting Earth since the end of 1999. The imaging instruments onboard Terra include ASTER (an acronym for the Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer), which measures visible- to long-wave infrared light energy. ASTER provides detailed images of the Earth in 14 different energy ranges (bands) of the spectrum. From its approximately 725-km-high orbit, ASTER can resolve small features on the Earth’s surface under good conditions (see photo of Oahu by clicking on the link below). ASTER data are used to create detailed maps of surface temperature and elevation, as well as the amount of light emitted and reflected from the Earth’s surface.

ASTER images, collected over a period of time, can be used to detect changes in temperature and have helped identify volcanoes worldwide that are heating up as they become restless. For example, beginning in June 2013, ASTER detected that temperatures at Pulaweh Volcano, Indonesia, had increased from 6 to 80 degrees above the average background. Pulaweh erupted dramatically on August 10th.

ASTER can also detect SO2 emissions, an important measurement for identifying volcanic unrest and eruptive activity. A change in SO2 release may signal a change in eruptive status for a volcano. SO2 absorbs thermal infrared energy between 8 and 9 microns in wavelength, a light energy region that ASTER routinely measures.

Oahu seen by the Terra satellite:  http://www.hawaii247.com/wp-content/uploads/2013/09/20000603_aster-oahu.jpg

Source : Hawaii 24/7.

Alasta-Terra

Image de l’Alaska acquise par le système MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) embarqué à bord du satellite Terra.

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Une île oubliée: Tristan da Cunha (Royaume Uni) // A forgotten island: Tristan da Cunha (United Kingdom)

Dans ma note du 1er mars 2013, j’indiquais que la NASA avait mis en ligne une photo de Tristan da Cunha prise depuis la Station Spatiale Internationale (ISS). Voici quelques informations supplémentaires sur cette région du monde fort méconnue, du fait de son éloignement.

Tristan da Cunha se trouve à plus de 3700 kilomètres du continent antarctique, 2800 km de la côte sud de l’Afrique et plus de 3000 km de la côte orientale de l’Amérique du Sud. Elle fait partie du Territoire Britannique d’Outre-Mer, archipel qui inclut Ste Hélène, l’Ascension et Tristan da Cunha. Unique île habitée de l’archipel, ses habitants forment, d’après le livre Guinness des records, la communauté la plus isolée du monde.

D’un point de vue géologique, Tristan da Cunha est un volcan bouclier et, en tant que tel, essentiellement composé de laves pauvres en silice. Le cratère sommital – Queen Mary’s Peak – culmine à 2060 mètres.

En 1961, le volcan se réveille pour la première fois depuis la colonisation du pays. L’éruption est précédée de séismes qui provoquent des éboulements le long des falaises de l’île. Habitués aux tremblements de terre, les Tristanais ne sont guère inquiets mais les grondements qui suivent les séismes leur rappellent que leur volcan est loin d’être éteint.

En octobre 1961, les habitants sont évacués et, dans un premier temps, sont expédiés au Cap, en Afrique du Sud. Leur destination finale sera l’Angleterre, où ils sont logés dans une ancienne base militaire du Surrey. Hervé Bazin, dans son roman Les Bienheureux de la Désolation, a fait un récit de cette évacuation, des difficultés d’adaptation des insulaires face à la société de consommation anglaise, et de leur retour sur leur île.

En 1962, la Royal Society organise une expédition pour connaître l’ampleur des dégâts causés par l’éruption et pour étudier ses conséquences sur l’environnement. Les chercheurs découvrent que le bourg d’Édimbourg (Edinburgh of the Seven Seas) est presque intact car la lave s’est arrêtée tout près de la localité. Toutefois, les autorités ne veulent pas rapatrier les insulaires, prétendant qu’ils sont mieux là où ils sont. Devant ce refus, les Tristanais entreprennent d’organiser leur propre rapatriement. Les autorités reviennent alors sur leur décision et font le nécessaire pour venir en aide aux habitants.

En 1963, les Tristanais regagnent leur pays, sauf cinq qui en ont décidé de rester en Angleterre, et cinq des leurs qui sont décédés lors de leur séjour en Grande Bretagne. En revanche, la population s’est accrue de huit nouveau-nés entre-temps.

Avant la fin des années soixante, les habitants construisent une nouvelle conserverie de homards de nouvelles installations portuaires, les deux existantes ayant été détruites par l’éruption de 1961.

En février 2008, la conserverie de homards est la proie des flammes, tout est perdu. Elle sera reconstruite, mais ne sera pas opérationnelle avant 2009. En attendant, les Tristanais doivent se contenter des revenus provenant de la vente des timbres-poste et des quelques touristes qui font escale sur l’île.

La population actuelle de Tristan da Cunha est, en moyenne, de 270 habitants.

Tristan-da-Cunha

Sur cette photo de Tristan da Cunha prise depuis l’espace en 2006, on reconnaît Queen Mary’s Peak au centre de l’île. Les autres carrés correspondent à Edinburgh of the Seven Seas au NO, Rookery Point au NE, Sandy Point à l’E, Stony Hill Point au SE, Seal Bay au SO et Anchorstock Point à l’O.  (Avec l’aimable autorisation de la NASA).

Une éruption volcanique à la fronière indo-birmane? // An eruption on the border between India and Myanmar?

drapeau francaisSelon le Times of India du dimanche 20 octobre, il se pourrait qu’une éruption volcanique ait eu lieu dans un village reculé du Manipur, près de la frontière entre l’Inde et le Myanmar (ex Birmanie). Les autorités locales ont dû évacuer la zone. Les habitants disent avoir entendu un bruit assourdissant, avant qu’un énorme rocher roule sur le flanc d’une colline à proximité du village. Un liquide qui ressemblait à de la lave s’est ensuite écoulé, en brûlant la végétation le long de la colline.
Bien que l’incident se soit produit le 13 Octobre, les routes étaient si mauvaises qu’il a fallu plusieurs jours aux villageois pour transmettre l’information aux fonctionnaires concernés. Aucune victime n’a été signalée. Les rapports officiels ont déclaré que la boue, de l’eau et d’autres matériaux continuaient à s’écouler le long de la colline. Les villageois se sont déplacés vers des endroits plus sûrs dans le voisinage.
Les sources ont indiqué qu’il faudrait du temps pour déterminer si l’événement était une éruption volcanique ou non.

 

drapeau anglaisAccording to The Times of India (Sunday, October 20th), a suspected volcano-like eruption has been reported in a remote village of Manipur, near the border between India and Myanmar. It forced local authorities to evacuate the area. Local inhabitants are telling about a deafening sound followed by the rolling down of a huge boulder from a nearby hilltop which then released a lava-like liquid that charred trees and plants on the hill slopes.

Although the incident reportedly occurred on October 13th, the roads were so bad that it took the villagers several days to reach the information to the officials concerned. No casualty was reported in the incident. Official reports said that mud, water and other materials were still flowing from the hilltop. Villagers have moved to safer places in the neighbourhood.

Sources said it would take time to assess whether the event was a volcanic eruption or not.

Les volcanologues islandais ont-ils raté une éruption? // Did Icelandic volcanologists miss an eruption?

drapeau francaisOn peut lire sur le site web Iceland Review un article intitulé L’Islande a-t-elle raté la dernière éruption volcanique?
En effet, de nombreuses preuves indiquent qu’une éruption volcanique sous-marine s’est récemment produite au large de la côte nord de l’Islande, entre les îles Grímsey et Kolbeinsey. Des échantillons de lave fraîche (les scientifiques pensent qu’ils sont âgés au plus de quelques mois) ont été récupérés au fond de l’océan à environ 50 km au nord de Grímsey. Une analyse plus détaillée sera effectuée pour confirmer l’âge de cette lave.
Une éruption sous-marine dans cette zone ne serait pas vraiment une surprise car de puissants séismes ont eu lieu au cours des dix dernières années. Par exemple, un séisme de magnitude 5,5 a été enregistré en 2002 ; il se pourrait qu’il corresponde à une petite éruption.

 

drapeau anglaisOne can read on the Iceland Review website an article entitled Did Iceland Miss Latest Volcanic Eruption?

Indeed, evidence indicates that an underwater volcanic eruption occurred off North Iceland recently, between the islands Grímsey and Kolbeinsey.  Fresh lava samples (scientists believe they may be at most a few months old) have been recovered from the ocean floor approximately 50 km north of Grímsey. More detailed analysis will be performed to confirm the age of this lava.

A submarine eruption in that area would not really come as a surprise as powerful earthquakes have occurred in the past ten years. For instance, a M 5.5 magnitude event was recorded in 2002, which may have been connected with a minor eruption.

Kolbeinsey

Kolbeinsey est un îlot rocheux au NO de Grimsey. Rongé par l’érosion, il est en passe de disparaître. C’est l’émergence de la dorsale du même nom. C’est aussi  le point le plus septentrional de l’Islande.  (Crédit photo:  Sindre Skrede / Wikipedia)