Etna (Sicile / Italie): Nouveau paroxysme! / New paroxysm!

   11h45: On assiste depuis le milieu de la matinée à une nouvelle violente séquence éruptive au niveau du Nouveau Cratère SE. L’activité quasi continue observée actuellement au sommet du volcan permet, à mon avis, de dire que l’Etna est en éruption sommitale.

13 heures : Le paroxysme du nouveau Cratère Se est maintenant terminé. Les images des webcams et de la caméra thermique montrent qu’il a été particulièrement intense.

Ces paroxysmes à répétition justifient pleinement l’interdiction d’accès à la zone sommitale de l’Etna.

20h30 : Le dernier rapport de l’INGV sur l’activité de l’Etna aujourd’hui indique que tout a commencé au cours de la matinée avec un nouveau paroxysme au niveau du Nouveau Cratère SE et l’ouverture d’une fracture éruptive dans la dépression qui sépare l’ancien et le nouveau cône du Cratère SE. Une coulée de lave émise par cette fracture a atteint le poste de mesures situé sur le Belvédère avant d’obliquer et de descendre le long de la paroi occidentale de la Valle del Bove. L’événement s’est accompagné d’un volumineux panache de cendre (voir capture d’image de la webcam) qui s’est dirigé vers l’E, avec des retombées importantes entre Milo et Fornazzo, ainsi que Giarre et Riposto. Comme je l’ai indiqué précédemment, ce paroxysme avait été précédé pendant la nuit d’une reprise intense d’activité strombolienne dans la Voragine et la Bocca Nuova.

La dernière image ci-dessous montre l’activité de la Voragine tôt ce matin, vue depuis la Station Spatiale Internationale.

A noter que ce soir les webcams montrent que la lave continue à s’écouler sur les flancs du Cratère SE.

 

   11:45: There is currently a new violent eruptive episode at the New Crater. As activity has been nearly continuous at the summit during the past hours, I think we can say that Mount Etna is going through a summit eruption.

13:00: The paroxysm at the New SE Crater is now over. The images of the webcams and of the thermal camera show that it was quite intense.

These events do justify the interdiction of access to Mount Etna’s summit area.

20:30: INGV’s latest report about today’s activity at Mount Etna indicates that it began in the forenoon with another paroxysm at the New Crater and the opening of an eruptive fissure in the saddle between the old and new cones of the Southeast Crater. A lava flow emitted from this fissure reached the monitoring station of Belvedere and descended onto the western slope of the Valle del Bove. A voluminous ash plume (see screenshot) was blown eastward, leading to heavy fallout in the areas between Milo and Fornazzo and Giarre and Riposto. This paroxysm had been preceded the night before by intense Strombolian activity both at the Voragine and at the Bocca Nuova.

The last photo here below shows Voragine early this morning, seen from the International Space Station.

This evening, the webcams show that lava is still flowing on the flanks of the SE Crater.

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L’Etna vu par les webcams de Radio Studio 7.

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Image diffusée par le site Etna Walk (www.etnawalk.it)

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Images fournies par la caméra thermique d l’INGV placée sur la Montagnola

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La Voragine ce matin, vue depuis l’ISS  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Etna & Stromboli

   Comme je l’écrivais hier soir, une nouvelle activité explosive a été observée hier à l’intérieur de la Voragine (le cratère central de l’Etna). Il est fait état de projections montant à une centaine de mètres au-dessus de la lèvre du cratère.  Un tel événement ne s’était pas produit depuis 1999. En fait, l’activité sommitale avait repris dès hier matin avec un épisode d’intense activité strombolienne et de petites fontaines de lave à l’intérieur de la Bocca Nuova. Cette phase éruptive était en tous points semblable à celles de la mi-janvier et du début février.

Dans le même temps, l’INGV indique qu’un nouveau débordement de lave s’est produit à Stromboli au niveau de la terrasse cratérique dans l’après-midi du 27 février. Ce débordement continue ce matin, comme on peut le voir sur les images de la caméra thermique.

Source : INGV.

 

   As I put it last night, new explosive activity started yesterday within Voragine (Etna’s central crater) with ejections up to 100 metres above the crater’s rim. Such an event had not been observed since 1999. Actually, activity at the summit craters resumed yesterday morning with an episode of strong strombolian activity and small lava fountains Bocca Nuova. This event was similar to the episodes observed at the same crater between mid-January and early February.

INGV also indicates that a new lava overflow started from the crater terrace of Stromboli on the afternoon of February 27th. This is confirmed this morning by the thermal camera’s images.

Source: INGV.

Geo-Etna

La Voragine en 1999   (Photo: C. Grandpey)

Un microcontinent au fond de l’Océan Indien ? / A microcontinent at the bottom of the Indian Ocean ?

   En lisant la presse indienne (The Telegraph, édition de Calcutta du 24 février 2013), on apprend que des scientifiques ont découvert au fond de l’Océan Indien un micro-continent qui, il y a quelque 750 millions d’années, était rattaché à l’Inde et qui, aujourd’hui, se cache au fond de l’océan sous l’Ile Maurice. L’étude vient d’être publiée dans la revue Nature Geoscience.

L’étude explique que ce micro-continent – baptisé Mauritia par les scientifiques – est resté coincé entre le sud de l’Inde et Madagascar pendant plusieurs centaines de millions d’années avant qu’il s’en sépare sous l’effet des activités volcaniques et tectoniques et qu’un océan vienne l’engloutir.

Les géologues ont utilisé des grains de sable prélevés sur les plages de l’Ile Maurice ainsi que des mesures de gravité dans cette partie de l’Océan Indien pour reconstituer la tectonique des plaques et montrer que les Iles Lakshadweep – qui dépendaient de l’Inde – et l’Ile Maurice appartenaient toutes à ce micro-continent.

Les chercheurs ont découvert que les zircons (silicate de zirconium, de formule ZrSiO4) dans le sable prélevé sur l’Ile Maurice avaient un âge allant de 1970 millions d’années à 690 millions d’années, preuve que ces zircons appartenaient à une ancienne croûte continentale que des panaches de lave ont fait remonter vers la surface. De plus, les mesures de gravité laissent supposer que la vieille croûte continentale sous l’Ile Maurice, aujourd’hui entourée par une croûte océanique un peu plus jeune (5 à 10 millions d’années seulement), faisait partie du micro-continent Mauritia.

L’étude est importante car elle va à l’encontre des connaissances qui affirmaient jusqu’à présent que l’Inde et Madagascar étaient accolées l’une à l’autre. La présence d’un micro-continent entre les deux pourrait modifier notre perception de l’histoire géologique de l’Inde occidentale.

Vous trouverez l’article (en anglais) ainsi qu’une carte à cette adresse :

http://www.telegraphindia.com/1130225/jsp/nation/story_16602787.jsp#.USuEQvJD58E

 

   On reading the Indian press (The Telegraph, Calcutta, 24 February 2013), we learn that scientists have discovered at the bottom of the ocean a microcontinent which was connected to India 750 million years ago and which is hidden today beneath Mauritius. The study has just been published in the journal Nature Geoscience.

The study suggests that this microcentinent – named Mauritia by the scientists – remained sandwiched between southern India and Madagascar for several hundred millions years before tectonic and volcanic activities broke it apart, and an ocean emerged to submerge it.

The geologists have used sand grains from the beaches of Mauritius and gravity measurements in the Indian Ocean region to reconstruct plate tectonics and show that India’s Lakshadweep Islands and Mauritius were both once part of this microcontinent.

The scientists found that zircons (zirconium silicates, ZrSiO4) in the beach sand had ages between 1,970 million years and 690 million years, an indication that the zircons were part of ancient continental crust brought to the surface by plumes of lava. Their gravity measurements also suggest that the old continental crust beneath Mauritius, now surrounded by a relatively younger oceanic crust (only five to 10 million years) was part of the microcontinent Mauritia.

The study is important as it changes long-standing notions that India and Madagascar were fused together. A microcontinent between India and Madagascar might change the ancient geological history of western India.

The article and a map can be found at this address:

http://www.telegraphindia.com/1130225/jsp/nation/story_16602787.jsp#.USuEQvJD58E