Il y a quelques mois, j’avais fait part sur ce blog d’un projet d’exploitation de l’énergie géothermique dans le secteur du volcan Newberry dans l’Oregon. Un tel projet avait alors déclenché de nombreuses protestations car la région est potentiellement active d’un point de vue volcanique et sismique et le projet présentait donc des risques évidents.
Le profit guidant toutes les initiatives de ce type, le projet est en passe de se réaliser, malgré les réserves émises par les autorités locales et certains scientifiques. En effet, la dernière éruption du Newberry remonte à seulement 1400 ans et l’USGS a indiqué que d’autres éruptions étaient susceptibles de se produire.
Les sociétés AltaRock Energy et Davenport Newberry viennent donc de recevoir le feu vert pour effectuer des fracturations de roches en bordure du Newberry. L’opération consiste à injecter de l’eau sous très haute pression dans des fractures jusqu’à 3 kilomètres de profondeur. Il se produit alors une fracturation des veines de roches qui permet d’accéder à la chaleur enfermée en dessous. On obtient ainsi une interconnexion entre plusieurs réservoirs géothermiques. L’eau est ensuite introduite dans ces réservoirs et la chaleur la transforme en vapeur dont la pression actionne des turbines en surface afin de produire de l’électricité.
La fracturation est une technique employée pour extraire les énergies fossiles. Elle cause souvent des controverses comme on a pu le voir récemment en France à propos des gaz de schistes. Dans une zone volcanique comme celle du Newberry, on craint que la fracturation déclenche des séismes mais des études conduites par la Royal Society et la Royal Academy of Engineering indiquent que « les séismes sont peu probables si les sociétés utilisent les meilleurs moyens et respectent les procédures en vigueur ». On appréciera les nuances !
Si le projet rencontre le succès espéré, on aura franchi un grand pas en comparaison de l’extraction géothermique classique qui consiste à utiliser la vapeur d’eau chaude sous pression qui s’est accumulée naturellement dans les profondeurs. On peut donner l’exemple de Larderello en Toscane qui utilise cette technologie depuis longtemps.
Selon un rapport publié en 2006, un investissement d’un milliard de dollars aux Etats-Unis sur une période de 15 ans permettra de produire plus de 200 000 mégawatts d’électricité en 2050. A titre de comparaison, le plus puissant réacteur nucléaire français produit 1600 mégawatts.
Il est prévu de mettre en place les réservoirs géothermiques cet automne. On procèdera ensuite au forage des puits de production qui permettront de relier les fractures de roches. On effectuera ensuite des tests pour voir si l’échange de chaleur se produit efficacement et un réseau sismique très sensible sera mis en place afin de vérifier la sécurité du système. Cette phase devrait se terminer en 2014, année où la société Alta Rock espère avoir les preuves que le projet est à la fois performant et rentable.

Grande coulée l’obsidienne à proximité du Newberry (Photo: C. Grandpey)
Dans son dernier rapport, l’INGV décrit l’activité observée début octobre dans la Bocca Nuova. Tout a commencé dans la soirée du 2 octobre avec le début d’une petite activité strombolienne. Le 3 octobre, cette activité strombolienne s’est accompagnée d’une petite coulée de lave. Pendant les jours suivants, l’activité s’est progressivement intensifiée et a construit un petit cône sur les restes de celui qui s’était édifié en juillet-août. Le 6 octobre au soir, le tremor a connu une forte hausse qui correspondait à une vigoureuse activité strombolienne et l’apparition d’une nouvelle coulée de lave dans la partie ouest du cratère (voir la capture d’écran réalisée ce soir-là). Cette activité a atteint son maximum le 7 octobre, avec des projections au-dessus et sur la lèvre de la Bocca Nuova. L’activité a ensuite décliné et le 8 octobre le tremor retrouvait un niveau très bas, jamais observé depuis plusieurs semaines.
In its latest report, INGV describes activity within Bocca Nuova during the first days of October. On the evening of October 2nd, weak Strombolian activity resumed within the crater. On October 3rd, the Strombolian activity was accompanied by the emission of a small intracrater lava flow. During the following days, the activity slowly intensified, and began to construct a new pyroclastic conelet on top of the ruins of the cone formed in July-August. On the evening of October 6th, the volcanic tremor amplitude showed a rapid increase, with emission of a new, well-fed lava flow toward the western part of the crater floor, and vigorous Strombolian activity (see screenshot on that day). The intensity of the eruptive activity reached a peak shortly after midnight on October 7th. Some of the lava jets rose well above the elevation of the crater rim, especially during the final phases of the activity. This activity then stopped and the volcanic tremor amplitude decreased. On October 8th, it dropped to the lowest levels recorded for many weeks.
Comme je l’ai écrit il y a quelques jours, le Kilauea traverse actuellement (depuis une dizaine de jours) une longue phase de gonflement. Les effets se font sentir sur le lac de lave de l’Halema’uma’u puisque sa surface se situe à seulement 45 mères de profondeur, contre 60-80 mètres habituellement.
As I put it before, Kilauea volcano is going through a long period of inflation that has lasted ten days or so. The effects of this inflation can easily be observed on the lava lake within Halema’uma’u crater whose level lies 45 metre or so below the crater rim, against 60-80 metres previously.
