Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais.jpgEst-ce lié ou non à l’activité sismique de ces derniers temps ? Toujours est-il que le Popocatepetl a connu un regain d’activité les 14 et 15 avril, avec des émissions répétées de vapeur, de gaz et de cendre. Dimanche matin, un panache s’est élevé à près de 2 km de hauteur. Le CENAPRED a demandé à la population locale d’être vigilante et de ne pas s’approcher à moins de 10 km du volcan. Pendant la nuit, les webcams montrent de l’incandescence au niveau du cratère.

Ce regain d’activité du Popo intervient après plusieurs séismes de magnitude 6 mercredi et un événement de M 7,4 le 20 mars. Les scientifiques du CENAPRED indiquent que cette activité du volcan est une bonne chose, car elle permet une libération de la pression qui s’accumule sous l’édifice.

 

drapeau anglais.jpgIs there a link with seismic activity of the past days? We don’t know, but Popocatepetl went through a new outbreak of activity on Saturday and Sunday with repeated emissions of steam, gas and ash. On Sunday morning, a plume was rising up to 2 km above the crater. CENAPRED issued a precautionary warning to residents, advising them to stay alert for a worsening situation and to keep at least seven miles away from the volcano’s crater. At night, one can see incandescence on the webcam images.

The awakening of Popocatepetl comes after a series of M 6 earthquakes on last Wednesday and an M 7.4 event on March 20th. CENAPRED says this kind of activity is a good thing as it serves to prevent more dangerous pressure from building inside the volcano.

 

Popo-blog.jpg
Activité du Popo dimanche matin (Avec l’aimable autorisation du CENAPRED)

 

Une coulée pyroclastique sur l’Etna? Pas si sûr!

Pendant le 21ème paroxysme de l’Etna, le 4 mars vers 9h45 (heure locale), on a pu voir sur l’image de la webcam EtnaTrekking une fracture s’ouvrir dans l’espace qui sépare le Cratère SE des premières pentes de la Bocca Nuova. Au contact de la neige qui recouvrait cet endroit, la lave a tout d’abord fait naître un panache de vapeur qui, en grossissant, a commencé à glisser le long de la pente en donnant un spectacle particulièrement fascinant.

Etna PF.jpg

Dans ma note du lendemain, j’indiquais un lien vers une vidéo montrant ce que j’appelais « une coulée pyroclastique ».  Je n’étais d’ailleurs pas le seul, car d’autres sites volcaniques utilisaient cette expression, y compris le titre de la vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=aXbzbPlnAF4&feature=player_embedded

En repensant à cette scène magnifique, je me dis que le terme « coulée pyroclastique » n’était pas approprié. Si l’on se réfère à l’une des définitions d’une coulée pyroclastique, on se rend compte qu’il s’agit d’un « mélange à haute température (plusieurs centaines de degrés Celsius) de gaz volcaniques, de vapeur d’eau et de particules solides dues à un processus de fragmentation magmatique en cours,  relativement dense, qui s’écoule à grande vitesse (au départ à plusieurs centaines de km/h) au voisinage du sol, fortement soumis à la gravité et guidé par la topographie du terrain. Ce type d’écoulement résulte souvent de l’effondrement d’un panache volcanique ».

Cette définition ne correspond pas au phénomène observé sur l’Etna. Il n’y avait que très peu, voire pas, de particules produites par une fragmentation magmatique. Les particules qui se mêlaient à la vapeur d’eau provenaient essentiellement de dépôts présents au sol depuis longtemps. Ces nuages sombres de particules ne sont d’ailleurs apparus que vers la fin de l’épisode. Le mécanisme de formation de cette coulée n’était donc pas ‘pyroclastique’ ; il était surtout ‘phréatomagmatique’, avec interaction de la lave et de l’eau générée par la fonte de l’épaisse couche de neige ou de glace. Il est même probable que la partie inférieure de ladite coulée ressemblait davantage à un lahar. Si l’on avait pu introduire un thermomètre dans le panache, il n’aurait pas révélé une température élevée, contrairement à celle des vraies coulées pyroclastiques, comme celle qui a tué les Krafft sur l’Unzen au Japon. Enfin, la vitesse de progression du nuage de vapeur n’était pas très rapide, probablement quelques dizaines de km/h.

Il en va de même des coulées de lave dans la Valle del Bove. Au contact de la neige encore présente en cette saison, elles font s’élever des nuages de vapeur. Certains parlent là encore de coulées pyroclastiques, mais c’est inexact, même si, vus latéralement, ces phénomènes ressemblent physiquement  – en taille réduite- à des coulées pyroclastiques.

Pour les raisons énumérées ci-dessus, Boris Behncke (INGV Catane) trouvait lui aussi inappropriée l’appellation « coulée pyroclastique » pour définir l’épisode du 4 mars. Je pense personnellement qu’il serait préférable d’utiliser des expressions telles que « pseudo coulée pyroclastique » ou simplement « coulée phréatomagmatique ».

Imaginons l’ouverture de la fracture entre le cône SE et la pente de la Bocca Nuova au cœur de la saison estivale quand la neige a disparu. Q’aurions-nous vu ? Tout simplement une coulée de lave s’échapper d’une nouvelle fracture et parcourir quelques centaines de mètres vers l’aval. Il n’y aurait pas eu de panaches de vapeur, juste quelques nuages signalant le dégazage de la coulée.

Une vraie coulée pyroclastique, c’est autre chose, comme on peut s’en rendre compte sur cette photo du Mayon (Philippines) prise le 15 septembre 1984:

Mayon-blog.jpg
(Avec l’aimable autorisation de l’USGS)