Le processus éruptif du Mont Hood (Oregon / Etats Unis) [suite]

Dans une note rédigée le 6 août 2010, j’avais mentionné une étude récente, effectuée par des géologues des universités de l’Oregon et de Californie, qui montrait que les éruptions du Mont Hood étaient dues au mélange de deux types de magma – mafique et felsique, différenciés par leur teneur en silice – et qu’elles se produisaient peu de temps après que ce mélange ait eu lieu, sous l’effet d’une brutale montée en pression.

Des chercheurs de l’Université d’Oregon viennent d’apporter un complément à cette étude. Ils confirment la présence de deux types de magma sous le Mont Hood en indiquant que leur température et donc leur consistance, sont différentes. Une forte température rend plus fluide un magma visqueux et les gaz potentiellement explosifs peuvent donc s’échapper plus facilement. C’est ce qui expliquerait pourquoi le Mont Hood a des éruptions moins violentes que les autres volcans de la Chaîne des Cascades, le Mont St Helens par exemple.

Les scientifiques pensent qu’une éruption du Mont Hood sera annoncée bien à l’avance par une hausse de la sismicité et des émissions gazeuses. Il sera donc facile de protéger les populations menacées. D’ici là, il ne faudra toutefois pas négliger le risque de glissement de terrain ou de lahar, susceptibles de se produire en dehors des périodes éruptives, en particulier avec les fortes pluies.

Ces études sont intéressantes mais seul le Mont Hood détient la vérité. L’avenir dira si ses éruptions sont aussi faciles à prévoir !

 

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Zone sommitale du Mont Hood (Photo: C. Grandpey)

 

 

El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

drapeau francais.jpgDans un communiqué diffusé le 14 février, les scientifiques espagnols ont indiqué qu’ils avaient identifié deux cônes dans la zone éruptive de Las Calmas. Le cône principal a une hauteur de plus de 300 mètres et son sommet se trouve à 120 mètres sous la surface. Le second cône présente une hauteur de 75 mètres et son sommet se dresse à 200 m de profondeur.

De plus, le communiqué indique que le processus éruptif se poursuit avec une « réactivation magmatique dans le système insulaire ». En effet, si la sismicité et le tremor marquent le pas au niveau de l’éruption sous-marine, le nombre de séismes sous l’île proprement dite est en hausse. Le 15 février, plus de 20  secousses d’une magnitude inférieure à M 2 ont été enregistrées, essentiellement dans les parties NO et SO de l’île, à une dizaine de km de profondeur. Il se peut que cette sismicité soit due à des intrusions magmatiques qui n’utiliseraient pas le même cheminement que précédemment, ce qui expliquerait le calme au sud de La Restinga. Il se peut aussi que cette sismicité soit provoquée par de simples réajustements au niveau de la croûte sous El Hierro.

L’éruption actuelle aura vraiment été déroutante et la source de très nombreuses questions.

La couleur du niveau d’alerte reste Rouge au niveau de la zone éruptive et Jaune sur le reste de l’île.

Source : Canarias7.

 

drapeau anglais.jpgIn a report released on February 14th, the Spanish scientists indicated that they had identified two cones in the eruptive zone of Las Calmas. The main cone is 300 metres high and its summit rises 120 metres below the surface. The second cone is 75 metres high and its summit 200 metres deep.

Moreover, the report indicated that the eruptive process is going on with “magma reactivation in the island system”. Indeed, is seismicity and the tremor are decreasing in the area of the submarine eruption, the number of earthquakes under the island is currently rising. On February 15th, more than 20 events below M 2 were recorded, mainly in the NW and SW sectors of the island, at a depth of 20 km or so. This seismicity may be due to possible new magma intrusions that would not use the same paths as until now, which would account for the low activity south of La Restinga. It can also be caused by simple adjustments of the crust beneath El Hierro.

The current eruption at El Hierro is quite disconcerting and raises quite a good number of questions.

 

The colour of the alert level is kept at Red on the eruptive zone and Yellow elsewhere on the island.

Source: Canarias7.

 

La zone de subduction Cascadia (suite)

drapeau francais.jpgUn séisme de M 6 a été enregistré mardi 14 février à 19h31 (heure locale) à 240 km au large de la côte de l’Oregon, à une profondeur de 10 km. Il n’est fait état d’aucun dégât majeur. Il se produit 10 jours après un séisme de M 5,7 enregistré le 4 février 2012 à 160 km au large de l’île de Vancouver, dans la partie septentrionale de la ligne de subduction Cascadia (voir ma note du 8 février).

Cette zone a été la cause de séismes majeurs dans le passé. Au vu du document montrant les séismes de l’année 2011 (voir ma note du 13 février), un sismologue américain me faisait remarquer que la zone de la plaque tectonique Juan de Fuca était très peu affectée par les secousses sismiques. Il se demandait s’il n’existait pas un blocage dans cette région, donc une accumulation d’énergie, et si un événement majeur n’était pas à redouter.

 

drapeau anglais.jpgAn M 6 earthquake was recorded on February 14th at 19:31 (local time) 240 km off the coast of Oregon, at a shallow depth of 10 km. No major damage was reported. The earthquake occurred 10 days after the one (M 5.7) that was observed 160 km off Vancouver Island, in the northern part of the Cascadia subduction line (see my note of February 8th).

The Cascadia fault line was the cause of major earthquakes in the past. Looking at the document showing all the major earthquakes in 2011 (see my note of February 13th), an American seismologist noticed that the area around the Juan de Fuca tectonic plate was little affected by seisms. He wondered whether the plate was not blocked and accumulating energy, with the risk of a major event in the near future.

 

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Derniers événements sismiques au large des côtes de
Colombie Britannique et d’Oregon.
(Avec l’aimable autorisation de l’USGS)

 

Cleveland (Alaska / Etats Unis)

drapeau francais.jpgAu vu des images satellites, l’AVO indique que la taille du dôme de lave dans le cratère du Cleveland a augmenté de 25% par rapport à la semaine dernière. Le 6 février, le dôme avait un diamètre de 40 mètres ; il est maintenant de 50 mètres.

Toutefois, le dôme actuel est beaucoup plus petit que celui qui a été pulvérisé par l’activité explosive des 25 et  29 décembre 2011. A l’époque, le dôme avait un diamètre de 200 mètres.

Le fait que la taille du dôme soit plus petite ne signifie pas forcément qu’une explosion serait moins violente ; elle pourrait malgré tout perturber le trafic aérien dans la région.

Il y a aussi la possibilité que le dôme cesse de croître et reste inactif pendant plusieurs années.

La couleur du niveau d’alerte pour l’aviation est maintenue au Jaune.

 

drapeau anglais.jpgJudging from satellite images, AVO indicates that the lava dome has grown by 25 percent since last week. The dome was reported to be 40 metres across on February 6th, and has now increased to 50 metres in size.

However, the current lava dome is much smaller than the previous one that was removed by explosive activity on December 25th and 29th 2011 and which covered most of the 200-metre-diameter summit crater.

AVO indicates that the current lava dome being significantly smaller than the dome in December does that mean an explosion would be smaller and it might as well affect air traffic in the region.

A possibility is that after the new lava dome has stopped expanding, it could stay inactive for years.

The colour of the alert level for aviation is kept at Orange.

 

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(Avec l’aimable autorisation de l’AVO)