Toujours plus loin…

Après avoir convaincu tout le monde qu’une éruption du Katla (Islande) était imminente, les Britanniques passent à l’étape suivante ! La compagnie bas coût EasyJet affirme avoir mis au point un détecteur de cendre dont l’installation sur ses avions devrait éviter de les voir cloués au sol comme ce fut le cas au printemps 2010 avec l’éruption de l’Eyjaflallajökull.

 

Le système, baptisé AVOID (Airborne Volcanic Object Imaging Detector), a été testé il y a quelques semaines en Sicile à bord d’un petit avion au-dessus de l’Etna et le Stromboli [voir ma note du 24 novembre]. Des tests avec un appareil plus gros devraient avoir lieu prochainement. Comme je le faisais remarquer à l’époque, il faudrait que les tests soient effectués au moment d’un paroxysme de l’Etna et non pendant des périodes d’activité faible comme cela a été le cas jusqu’à présent.

 

AVOID utilise des caméras infrarouges capables de détecter des particules de cendre jusqu’à une centaine de kilomètres devant les avions, ce qui devrait permettre aux pilotes de prendre des mesures afin d’éviter la zone à risques. De plus, les données fournies par AVOID pourraient être confrontées à celles envoyées par les satellites pour obtenir une image en 3D.

 

Les responsables d’EasyJet sont très optimistes et sont persuadés que si leur système de détection avait existé au moment de l’éruption de l’Eyjafjallajökull au printemps 2010, des centaines de milliers de passagers ne seraient pas restés bloqués dans les aéroports.

 

Un scientifique de l’Institute of Mechanical Engineers met toutefois un bémol à cet optimisme. Il fait remarquer que le système AVOID ne rend pas les avions imperméables à la cendre volcanique. Si le système est capable de détecter la cendre à distance, il ne constitue pas un bouclier contre cette dernière !

 

De plus, si cette solution semble séduisante, on imagine facilement l’accumulation de problèmes que cela va représenter pour les contrôleurs aériens qui vont se retrouver face à de nombreux aéronefs en train de dévier ensemble de la trajectoire qui leur a été attribuée !

 

Il ne nous reste plus qu’à attendre l’éruption du Katla – Attention ! Le volcan est en retard sur son tableau de marche éruptif ! – pour voir si le « renifleur » de cendre EasyJet est efficace. Comme on peut s’en rendre compte régulièrement en volcanologie, il y a un fossé entre la théorie et la pratique ! Si l’éruption du Katla prend l’ampleur annoncée par un grand nombre de scientifiques, il y a fort à craindre qu’AVOID ne soit pas d’une grande utilité.

 

 

 

Le Kilauea: un volcan gentil?

Au cours d’une conférence lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à San Francisco le 6 décembre dernier, Don Swanson – géologue bien connu du HVO – a attiré l’attention du public sur le risque d’activité explosive sur le Kilauea. Il a rappelé que le volcan hawaiien n’avait pas toujours connu une activité effusive paisible comme c’est le cas à notre époque. Swanson a en particulier fait référence à une éruption de novembre 1790 au cours de laquelle quelque 400 guerriers avaient perdu la vie sous les blocs incandescents propulsés par le volcan. Plus récemment, en mai 1924, un photographe a perdu la vie au cours d’une phase explosive du Kilauea.

Les techniques modernes de datation ont permis aux scientifiques américains de découvrir que d’autres épisodes explosifs du Kilauea avaient eu lieu dans le passé. Ils pensent que ces éruptions violentes ont, pour la plupart, une origine phréato-magmatique. Il se peut aussi que, dans des temps reculés, le CO2 ait joué un rôle dans cette activité explosive.

Au cours des 2500 dernières années, 60% de l’activité du Kilauea a été explosive et elle a été effusive pendant les 40 autre pour cent. Selon Dan Swanson, ce serait une erreur de se complaire dans les coulées de lave telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Le retour à une période explosive poserait un gros problème car le sommet du Kilauea devrait être évacué et le Parc des Volcans devrait être fermé pendant une longue période. On imagine facilement les effets désastreux que cela aurait sur l’économie de l’archipel hawaiien qui tire une grande partie de ses revenues du tourisme.

 

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Aujourd’hui, les explosions se produisent essentiellement sur le littoral quand la lave entre en contact avec l’océan.
(Photo: C.Grandpey

 

Gamalama (Indonésie)

drapeau francais.jpgL’éruption du Gamalama se poursuit. Voici une vidéo montrant les torrents de boue et la fuite des habitants. Il faudrait toutefois savoir si les lahars sont le fait de l’éruption actuelle ou la remobilisation par les fortes pluies des matériaux déposés par les éruptions précédentes, ce qui semble l’hypothèse la plus probable.

http://www.wtol.com/story/16216546/thousands-flee-from-ternate-island-as-mount-gamalama-continues-to-spew-ash-and-lava

 

drapeau anglais.jpgThe eruption of Gamalama is going on. Here is a video showing the mudflows and the flight of the local population. However, it would be interesting to know if the lahars are caused by the current eruption or by the heavy rains carrying materials left by previous eruptions, which seems to be more likely.

http://www.wtol.com/story/16216546/thousands-flee-from-ternate-island-as-mount-gamalama-continues-to-spew-ash-and-lava

 

El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

drapeau francais.jpgLa Protection Civile (PEVOLCA) a décidé hier mercredi d’abaisser à la couleur Jaune le niveau d’alerte sur l’île d’El Hierro. Seule la zone de l’éruption au sud de la Restinga, qui correspond à la zone d’exclusion maritime de 4 milles marins, reste en alerte rouge. Toutefois, un couloir de quelques centaines de mètres devrait permettre le passage des embarcations en provenance de La Restinga

Même si des fragments de lave continuent à remonter à la surface de l’océan, les paramètres sismiques montrent que l’éruption est en perte de vitesse. Le tremor a montré un niveau particulièrement bas au cours des dernières heures. Les dernières observations ont permis de constater que l’éruption avait sa source sur trois cône adossés les uns aux autres, à une profondeur de 160 à 180 m.

Source : Canarias Ahora.

 

drapeau anglais.jpgThe Civil Defence (PEVOLCA) decided yesterday (Wednesday December 7th) to lower to Yellow the alert level at El Hierro. The Red colour only concerns the sea area south of La Restinga that corresponds to a maritime exclusion zone of 4 nautical miles. However, a passage a few hundred metres wide should allow the passage of boats from La Restinga.

Even though chunks of lava can still be seen at the surface of the ocean, seismic parameters show that the eruption is declining. The tremor has been quite low over the past hours. The latest observations at sea revealed that the source of the eruption was located on three cones standing close to each other at depths of 160-180 m.

Source : Canarias Ahora.

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Le déclin du tremor au cours des dernières heures.